L’Honneur de Denoix de Saint-Marc.


Aujourd’hui serait l’anniversaire de la mort de de Hélie Denoix de Saint-Marc. Rendons hommage à ce héros, Grand Soldat, qui a payé pour être resté fidèle à ses Valeurs !!!

Tempus Fugit....

Le fait que le Maire de Béziers ait décidé de donner à une place de cette ville le nom de Denoix de Saint-Marc , pour remplacer la date du 19 Mars , date de signature des accords d’Evian considérés comme une victoire pour les uns, et comme un renoncement indigne par les autres, a une haute valeur symbolique.

Je veux seulement dire ici, à tout les petits journaleux, qui, en plumitifs asservis tentent de salir la mémoire du Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, qu’il y a un mot qui a disparu de leur pauvre vocabulaire: c’est le mot « Honneur ».

Aucun d’entre eux n’arrivera jamais à la cheville d’un homme dont ils feignent d’ignorer le parcours, qui fut un pur héros, un de ceux  dont le courage, le sens de l’honneur, et le respect de la parole donnée n’ont rien à envier à ceux d’un de Gaulle, qui fut, lui-même…

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Démocraties en sursis ???


Brecht

Face à l’émergence dans de nombreux pays, de pouvoirs autoritaires incarnés par une nouvelle génération d’apprentis dictateurs, les Démocraties – affaiblies par ceux-là même qui se prétendent « démocrates » – tentent de survivre, sous la menace d’un mal nouveau qui les ronge sous couvert de « populisme ».

On voit poindre, un peu partout, dans le monde, dans des pays où la Démocratie est en échec,car trop souvent instrumentalisée, la tentation de s’en remettre à un pouvoir autocratique, légitimé par sa capacité à « incarner » les aspirations populaires. ( 3 ) .

Et dans la plupart des pays où ce processus s’est développé, on constate que c’est « démocratiquement » que les autocrates s’emparent du pouvoir, mettant à profit les maux dont souffrent les Démocraties : la Russie nous en a fourni un bel exemple, avec Poutine, qui a su, sous couvert de procédés « démocratiques », installer une oligarchie à sa botte, comme tente de le faire plus récemment, en Turquie, un Recep Tayyip Erdogan . Je pourrais allonger substantiellement cette liste….

http://premium.lefigaro.fr/vox/monde/2018/08/06/31002-20180806ARTFIG00309-renaud-girard-pourquoi-l-afrique-a-t-elle-tant-de-mal-avec-la-democratie.php

Partout où la Démocratie s’affaiblit, renaît la tentation d’un recours à « l’Homme Providentiel » capable de répondre enfin, aux aspirations supposées du Peuple. Même une vieille démocratie comme la France n’y échappe pas, tant l’aventure « macronienne » semble inspirée par la tentation de capter, au profit d’une petite oligarchie, la légitimité du pouvoir conféré par la volonté populaire.

Car, si Macron a été légitimement élu Chef de l’État, nul ne doit oublier qu’il n’a obtenu, en vote d’adhésion à son programme et à sa personne, que moins de 20 % des voix du corps électoral au premier tour, et qu’il ne doit sa majorité qu’au ralliement des électeurs effrayés par un « vote Le Pen » !!!

De nombreux observateurs politiques s’en inquiètent, et l’on voit fleurir chez de nombreux éditorialistes une formule qui n’est pas neuve: « la Démocratie contre le Peuple » devient une expression à la mode.

Quelques essayistes vont même jusqu’à considérer que l’arrivée inattendue de Macron au pouvoir en France, grâce à la promesse d’exemplarité et de renouvellement qu’il portait. est  le résultat d’un vertigineux scandale.Un documentaire diffusé sur BFMTV considère cette élection comme « Le casse du Siècle » !!!

Cette élection s’inscrivait dans le contexte d’un pays traumatisé par la succession d’affaires et de drames mettant en cause ses dirigeants, à l’image de l’emblématique « affaire Cahuzac », ou de la rocambolesque éviction de Fillon, victime de ses propres errements, tous deux symboles aveuglants des maux dont souffre notre Démocratie. ( 1 )

http://premium.lefigaro.fr/vox/politique/2018/01/31/31001-20180131ARTFIG00125-derriere-bourgi-la-deliquescence-de-la-politique-francaise.php

Ajoutez à cela les effets d’une « politique migratoire » défiant tous les réflexes du bon sens populaire et qui peu à peu accrédite l’idée autrefois émises par l’écrivain Allemand de l’Est  Berthold Brecht, selon laquelle « puisque le Peuple ne veut plus suivre les « zélites », il ne reste plus qu’à « dissoudre » le Peuple  ( https://www.monde-diplomatique.fr/mav/106/BRECHT/17658 ). La citation exacte du tract célèbre de Brecht est : « J’apprends que le gouvernement estime que le peuple à trahi la confiance du régime’ et ‘devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités . A ce stade, ne serait-il pas plus simple de dissoudre le peuple et d’en élire un autre? »!!!.

« Dissoudre le peuple » !!!

C’est la question qui se pose dans de nombreux pays européens, dont les dirigeants sont soupçonnés de nourrir un projet destiné à modifier, en profondeur, la démographie européenne, par un métissage à grande échelle et par l’agrégation forcée, aux peuples enracinés dans la vieille Europe, de populations faméliques issues d’un continent africain qui, depuis la « décolonisation », s’est englué dans un déclin dû le plus souvent à une gouvernance irresponsable et corrompue résultant elle aussi de détournements systématique de processus démocratiques….

Le but de la démarche étant, à long terme, de dissoudre les identités nationales afin d’imposer un modèle de société dans lequel le peuple deviendrait plus docile….

Toutes ces réflexions hantaient mes pensées au cours ma soirée d’hier après la lecture d’un article paru dans Marianne ( 2 ) qui s’interrogeait sur les dérives possibles du pouvoir personnel dans la République « néo- bonapartiste » de Macron, à l’aube de la naissance d’un « Monde nouveau’, quand je décidai, une fois de plus, de recourir aux sources de la pensée démocratique, en feuilletant l’ouvrage de Tocqueville sur « De la Démocratie en Amérique ».

Un paragraphe de ce livre, prémonitoire, attire alors mon attention. Ce livre que tout Démocrate devrait relire aujourd’hui pour se ressourcer et prendre conscience des dangers qui, depuis toujours guettent les Démocraties.

Pour Tocqueville, le respect de la liberté d’opinion, celui de la volonté populaire exige de la part des gouvernants, une haute idée de l’idéal démocratique. Celui-ci est bafoué lorsque une oligarchie s’en écarte, considérant qu’elle sait mieux que ceux qui l’ont portée au pouvoir, ce qui est bon pour le Peuple.

Tocqueville s’inquiétait déjà, – son livre sur « la Démocratie en Amérique » remonte aux années 1835-1840 -, de la tentation de ceux qui parvenus au pouvoir affichaient pour objectif prioritaire, celui de « modifier les Institutions », …  à leur avantage….

( 1 ) .- L’affaire Benhalla n’aura fait que renforcer l’idée, dans le Peuple, que rien n’a changé dans ce « Monde Nouveau ».

( 2 ).- https://www.marianne.net/politique/le-pouvoir-personnel-jusquou

( 3 ).- https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=ac3221e0-a34b-11e5-8e9e-005056a87c89

Citoyenneté


Algériens....

Parmi les impostures de l’Histoire, celle-ci restera dans les Annales !!!

Pour le fun, je vous propose d’inverser les termes de cette affiche, destinée aux Pieds Noirs pour les convaincre de la nécessité d’approuver les « Accords d’Evian », accordant l’Indépendance à l’Algérie.

 

Vous qui êtes Algériens

Que serez- vous dans la France Nouvelle ???

L’Algérie ayant choisi d’être un État indépendant coopérant avec la France

Pendant 3 ans, rien n’est changé à votre statut actuel. Vous êtes Algériens et vous exercez tous les Droits des Français.

Après 3 ans, selon votre choix, ou bien vous prenez la nationalité Française: vous êtes Français en France, avec des garanties particulières. touts en restant Algériens en Algérie, ou bien vous ne prenez  pas la Nationalité Française : vous êtes Algériens en France, et protégés par un STATUT PRIVILÉGIÉ.

A TOUT MOMENT : Vous pourrez rentrer en Algérie puisque vous avez conservé la nationalité algérienne.

….. DANS TOUS LES CAS VOUS RESTEZ ALGERIENS.

Étonnant, non ??? C’est ce qui s’appelle un renversement de situation, une sorte d’appropriation par les Algériens des « promesses » faites aux Français d’Algérie!!!

En somme, toutes les promesses faites aux Français d’Algérie, – qui n’ont évidemment jamais été tenues -, ce sont les Algériens qui en bénéficient, en France, avec la complaisance des « belles âmes »….

Un mensonge d’État de plus, qui explique bien des frustrations et des rancunes à l’égard du Pouvoir gaulliste de l’époque !!!

Souveraineté et immigration.( Suite ).


Europe

 » … l’idée que l’avenir du monde tient au dépassement des nations a totalement échoué, et même réveillé son contraire. Les peuples résistent à l’acharnement des élites à dissoudre leur souveraineté et leur identité. Il y a une forte demande pour une mondialisation moins nivelante et pour une Europe plus respectueuse des intérêts de chaque pays et des cultures nationales. ».( Figaro Vox, 26/7/2018 )

Cette phrase tirée d’un entretien accordé au Figaro par Hubert Védrine, fin connaisseur des « affaires du monde », – que je respecte depuis toujours -, résume fort bien le fond de ma pensée sur la question de l’immigration.

Il est de bon ton, dans le petit monde des « sachants »de faire passer pour des imbéciles tout ceux qui, comme moi, considèrent qu’il n’y a pas d’avenir pour un monde sans frontières, ouvert, et sans contrôle, à tous les phénomènes migratoires, et ce, au nom d’une prétendue générosité et d’une conception délétère des Droits Humains.

Les courants migratoires ont toujours existé et constituent une sorte de « respiration » pour les peuples : une soupape d’échappement pour ceux qui se trouvent à l’étroit dans leur pays de naissance, et un enrichissement économique et culturel pour les pays d’accueil, ainsi qu’un stimulant pour leur démographie.

Je ne suis pas assez stupide pour ne pas en être convaincu. Sauf que les courants migratoires ont besoin d’être maîtrisés, et ne peuvent se concevoir sans le consensus souverain des peuples d’accueil: aucun peuple civilisé n’acceptera jamais que l’on s’installe chez lui, contre son gré, en s’appropriant son espace, en lui imposant des mœurs et des coutumes qui ne sont pas les siennes, en refusant ses règles élémentaires de vie commune.

 Tout comme Hubert Védrine, je pense que l’idée «d’ouverture totale», d’un monde sans frontières, est irresponsable, et conduit à l’explosion des sociétés occidentales.

Il faut, entre ces deux extrêmes, « gérer les flux ». C’est une question de bon sens, et de dosage, avant d’être une question de valeurs. Certes, c’est compliqué à mettre en œuvre, mais il faut dépasser les affrontements binaires et pseudo-moraux en cherchant des solutions concrètes.

Les « solutions concrètes » passent par un respect de la souveraineté populaire des États, et par une régulation maîtrisée, tenant compte à la fois des besoins et des capacités d’intégration des pays d’accueil : c’est une question de pur bon sens, et de quantités avant d’être une question de « valeurs ».

Ceux qui mettent en avant leur prétendues valeurs pour prêcher en faveur d’une ouverture illimitée des frontières, suscitent la colère des citoyens de bon sens et poussent à des affrontements « binaires »dont le seul résultat est de faire monter les extrêmes et d’encourager « la lèpre » populiste.

Le « phénomène identitaire » que les crétins traitent avec mépris n’est rien d’autre qu’un réflexe grandissant de défense contre la négation de l’identité des peuples.

( http://premium.lefigaro.fr/international/2018/08/10/01003-20180810ARTFIG00047-amazonie-les-kayapos-choisissent-l-arme-de-la-culture.php )

Mais l’arrogance et l’agressivité de ceux qui se posent en gardiens de « valeurs » qu’ils se sont fabriquées – et qui leur permettent de jouer les « généreux » et de se fabriquer une bonne conscience pour pas cher, – est telle qu’aucun dialogue constructif n’est possible, tous ceux qui combattent cette forme de délire « immigrationniste »étant considérés comme des « fachos » !!!

L’excellent livre de Stephen Smith,  » La ruée vers l’Europe », ( Grasset ), – que j’ai déjà évoqué dans un précédent billet – devrait pourtant les inciter à réfléchir.

Ce fin connaisseur de l’Afrique, dans une étude extrêmement fouillée et documentée des données démographiques et des perspectives de développement économique du continent africain, démonte péremptoirement la Légende qui veut  que ce soit la misère qui pousse les jeunes africains à s’engager sur les routes qui mènent en Europe. Bien au contraire et paradoxalement, c’est un début d’amélioration de leur niveau de vie qui leur permet, enfin, de réunir les fonds nécessaires à la rémunération des passeurs et au financement d’un long voyage plein de dangers et d’incertitudes.

Conclusion : plus l’Afrique sortira de la misère, plus il y aura de candidats à l’émigration.

L’Union Européenne compte aujourd’hui 510 millions d’habitants vieillissants, quand l’Afrique en compte 1,25 milliards, dont quarante pour cent ont moins de quinze ans. En 2050, 450 millions d’Européens feront face à 2,5 milliards d’Africains. D’ici à 2100, trois personnes sur quatre venant au monde naîtront au sud du Sahara !!! On voit que ce formidable défi exige de la part de nos responsables politiques, autre chose que des postures d’angélisme humaniste….

L’idéalisme des « zélites » cosmopolites, qui défendent l’idée d’un État-providence sans frontières constitue une illusion ruineuse et dangereuse pour la paix sociale dans les pays européens. La génération des « anywhere » trouvera sur sa route celle des « somewhere », attachée à ses racines, à sa culture, à son Histoire, et à ses valeurs qui ne sont pas moins glorieuses que celles des « généreux irresponsables ».

Le livre de David Goodhart « The road to somewhere » décrivant la fracture politique qui traverse la plupart des démocraties libérales entre une élite intégrée et très mobile « les anywhere », et les « somewhere » représentant des populations plus ancrées, aussi bien dans leurs valeurs que dans leur territoire, décrit fort bien le scenario de la rupture qui se profile dans les sociétés occidentales.

Déjà les premières fissures apparaissent en Europe, au point d’en menacer la survie. Les mêmes fissures se profilent en France, et les prochaines élections européennes risquent d’être le révélateur du fossé profond qui sépare deux conceptions du destin des nations européennes.

Car l’Europe n’ira plus très loin, si ses Institutions continuent à pratiquer un ersatz de « Démocratie sans le Peuple ». On est passé outre le refus du peuple lors du référendum sur la Constitution européenne. On ne refera pas « le même coup » aux peuples européens !!!!

Les « zélites » haïssent le peuple prétend Michel Houellebecq dans un excellent article de « Valeurs Actuelles ». Il n’a pas tort, mais que les « zélites » prennent garde. Le peuple pourrait bien se réveiller !!!

https://www.valeursactuelles.com/societe/michel-houellebecq-les-elites-haissent-le-peuple-67809

On ne pourra pas continuer encore longtemps à piétiner la souveraineté populaire en Europe, au nom d’obscures motivations, tout en se prévalant d’être un modèle de société démocratique habilité à faire la leçon, en permanence, au monde entier .

J’ajoute que le « bon sens populaire » n’est pas dupe: il y a un « projet » derrière le laxisme affiché d’une puissance nucléaire dont les armées combattent pour défendre l’intégrité de pays lointains et qui n’est pas capable de sécuriser les frontières de son propre pays !!!

 

Songes d’une Nuit d’été….


rivage méditerranéen

Aussi loin que ma mémoire se souvienne, je n’ai jamais pu imaginer de vraies vacances d’été ailleurs que sur les bords de la Méditerranée.

Ma jeunesse, jusqu’à l’âge de trente ans – j’ai quitté l’Algérie en Janvier 1963 – ressemble, en tous points, à celle que décrit Albert Camus dans plusieurs de ses œuvres, la plus significative étant pour moi, depuis toujours, celle tirée de « Noces », dans laquelle il décrit « l’Été à Alger ».

Des circonstances heureuses m’ayant permis de poursuivre ma carrière à Ajaccio, en Corse, pendant près de cinq ans, le lien qui unit mon destin à la Méditerranée ne s’est pas rompu.

Puis, nommé en France métropolitaine, j’ai fait en sorte de conserver un point de chute en Espagne, non loin du lieu où avaient vécu mes arrières grands-parents espagnols.

Je pourrais écrire , paraphrasant Camus, que « J’ai grandi dans la mer et la pauvreté m’a été fastueuse, puis, j’ai perdu la mer, tous les luxes alors, m’ont  paru gris, la misère intolérable ».

Loin de la Méditerranée, pour des raisons de carrière, j’ai patienté.

J’ai supporté la grisaille, avec le sourire, me sentant le plus souvent étranger à tout ces gens avec lesquels je n’avais rien en commun.

Dans les années soixante, il n’était pas facile d’appartenir à ce petit peuple d’exilés, de déracinés qui, la rage au cœur entendait conquérir sa place, non plus au soleil, mais dans les brumes humides, entouré de ces gens dont l’égoïsme et l’absence de chaleur humaine m’étonnait à peine, et dont les outrages ne m’atteignaient guère: ils étaient le plus souvent dus à des préjugés que leur inculquait un Parti intellectuel de dégénérés marxisants qui, à cette époque encore, dominait le monde des idées.

Le « couteau entre les dents », j’ai affronté, animé d’un puissant désir de revanche, des Énarques semblables à certains de ces petits marquis qui nous gouvernent aujourd’hui.

Seul, et « sans réseaux », je me suis heurté à de petites combines dont seuls les médiocres ont le secret, trainant le lourd fardeau d’une réputation qui voulait que les Pieds Noirs étaient des fainéants habitués à  « faire suer le burnous aux autres »…..J’ai surmonté ces obstacles par un travail acharné.

Mais sur ma route, j’ai rencontré, aussi, des personnages d’exception, qui ont marqué ma vie et ont profondément influé sur mon destin. Je leur dois une fidèle reconnaissance.

 Rien ne m’a jamais détourné de mon projet: celui d’atteindre les sommets. Mais rien, non plus, ne m’a empêché de rêver.

Car, durant toutes ces années, je n’ai jamais cessé de rêver.

Les plus beaux chênes de la forêt d’Orléans ne m’ont jamais fait oublier la beauté majestueuse des oliviers séculaires de ma jeunesse de méditerranéen.

Je n’ai jamais cessé de rêver aux plages désertes, bordées de maquis odorants où les pins, le thym et le romarin disputent leur rayon de soleil à l’héliotrope et aux absinthes odorantes entre lesquelles se glisse un lézard furtif….

Et de revoir en songe ces levers de soleil triomphants sur une mer d’un bleu étincelant.

Et d’entendre au loin les cloches d’un troupeau de chèvres et la musique arabe d’un berger soufflant dans sa flûte de roseau comme un personnage sorti d’un poème de Virgile….

Au soir de ma vie, j’aime toujours autant admirer , au cœur de l’été, la jeunesse insouciante qui s’ébroue sur la plage. Mais j’aime tout autant le silence relatif de la plage déserte, à peine rompu par le murmure rythmé de la vague qui vient mourir sur le sable….

Et au bord de la nuit, de retour à la maison, m’enivrer du parfum des jasmins, du « galan de noche » et de la lavande en fleurs…..

 

Cassiopée.


Cassiopée

Hier soir, éprouvé par une journée caniculaire, je me  laissais flotter, pendant un long moment, dans la piscine, comme chaque soir, avant d’aller au lit….

Au-delà de minuit, la luminosité de la ville voisine s’atténue, et, enveloppé par la nuit, je contemplais le ciel étoilé de l’été, à la recherche de la planète Mars, dont on nous avait dit, tout au long du jour, qu’elle serait plus lumineuse, car exceptionnellement proche de notre planète.

Déçu par la pâleur de la lumière rougeâtre de Mars, je portai mon regard sur une constellation plus lumineuse et c’est le W de Cassiopée qui, captant mon attention a ouvert le champ de mes rêveries : car je ne connais pas de plus grand plaisir que celui de rêver en divagant, et en se laissant flotter dans la piscine, accroché à une « frite », en regardant la voute céleste.

Il m’arrive très souvent de me dire, tel Blaise Pascal dans ses Pensées que  » «le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie», et d’éprouver en regardant les étoiles, le vertige de l’Infini….

Hier soir, la fraîcheur bienfaisante de ce bain nocturne a soudain réveillé ma mémoire et me sont revenus à l’esprit de vieux souvenirs de l’époque où j’étudiais le grec en classe de seconde au Lycée Bugeaud d’Alger.

J’ai toujours été passionné par la mythologie grecque et je me souviens encore de la légende de Cassiopée. 

Dans la mythologie grecque, Cassiopée épouse de Céphée, roi d’Éthiopie, prétendit un jour que sa fille Andromède était plus belle que les Néréides, nymphes de la mer pourvues d’une beauté incroyable. Outrées par cette insolence, les nymphes demandèrent à Poséidon, dieu de la mer, de les venger de cette insulte. Mais pour punir l’orgueil de la reine Cassiopée les Dieux décidèrent de la condamner à tourner autour du Pôle, tête en bas.

Cassiopée est ainsi devenue l’une des constellations les plus remarquables de la Voie lactée.

Dans un éclair de mémoire, je revois la silhouette voutée de notre professeur de Latin-Grec et son visage émacié orné d’une petite barbiche poivre et sel….

Il me revient alors que Mr Lahile, notre excellent professeur, m’avait sévèrement puni pour avoir remis un « travail bâclé »sur la traduction d’un texte où il était question de  » l’Allégorie de la Caverne » de Platon, que bien plus tard je redécouvrirai dans toute sa signification symbolique.

L’allégorie de la caverne est une des plus fameuses allégories exposée par Platon, dans le « Livre VII de La République ».

Elle met en scène, au fond d’un caverne, des hommes enchaînés qui tournent le dos à l’entrée, et ne voient donc que leurs ombres et l’ombre des objets présents derrière eux dans la caverne. Ces hommes croient connaître la vérité du monde (ils croient que les ombres sont des objets), quand ils vivent dans l’erreur, car ils n’ont jamais vu la lumière du jour.

Ceci symbolise l’Humanité, qui n’a pas connaissance de la Lumière Divine et de la Vérité. Les hommes ne connaissent des choses que leur ombre.

Si l’un d’entre eux venait à se libérer de ses chaînes et à accéder au grand jour, il serait ébloui par le contraste entre le monde qu’il supposait et le monde réel. Il en souffrirait.  Refusant la Vérité du monde réel, il ne parviendrait pas à percevoir ce que l’on veut lui montrer.

Alors, cèderait-il à la tentation de revenir à sa perception antérieure ?

En persistant, il s’accoutumerait à la lumière et il pourrait voir le monde dans sa réalité. Prenant conscience de sa condition antérieure, ce n’est qu’en se faisant violence qu’il retournerait auprès de ses semblables. Mais ceux-ci, incapables d’imaginer ce qui lui est arrivé, le recevraient très mal et refuseraient de le croire.

Dans cette allégorie, Platon explique donc, par une métaphore, la pénible accession des hommes à la connaissance de la réalité, ainsi que la non moins difficile transmission de cette connaissance.

Platon veut nous montrer également que les hommes ne peuvent accéder à la connaissance par la seule faculté de leurs sens.

En d’autres termes, Platon veut nous enseigner qu’il faut se défier des apparences….souvent illusoires.

A une époque où le déni de réalité devient pratique courante, cette leçon de Platon, mal apprise pendant ma jeunesse m’entraine sur un terrain de réflexion accidenté et mes idées se bousculent, entre deux clapotis d’eau fraîche, sous le ciel étoilé !!!

Il est temps que j’aille rejoindre mon épouse qui dort déjà d’un sommeil profond….

L’imprécateur.


Au début des années 70, un certain René-Victor Pilhes sortait un livre, intitulé  » L’Imprécateur », qui eut un spectaculaire retentissement dans le Landerneau littéraire, et provoqua quelques remous dans le monde des Entreprises, dont certaines se sont senties concernées par le sujet évoqué dans ce livre.

Je crois même me souvenir qu’il avait obtenu le « Prix Fémina »….

J’ai, par hasard, exhumé ce livre, enfoui derrière une rangée de livres plus récents dans ma bibliothèque et je l’ai feuilleté, retrouvant avec  surprise et émotion, – plus de 40 ans plus tard -, les commentaires et annotations que j’ai coutume d’inscrire pendant mes lectures, en marge, sur les pages ayant retenu mon attention.

A cette époque, j’étais en activité et occupais de lourdes fonctions dans un groupe bancaire de premier plan, et le sujet de ce livre ne pouvait pas me laisser indifférent…

L’auteur évoque, en effet, le cas d’une entreprise fictive, la « Rosserys & Mitchell », parmi les plus grandes entreprises du monde .

De mystérieux événements surviennent dans sa filiale française… Rapidement, la simple perturbation laisse place à la panique dans l’esprit des dirigeants, des principaux cadres et du personnel, car un « imprécateur » rôde, et dénonce le mépris glacial des dirigeants de la multinationale pour son personnel et par la même occasion met en lumière les mille petits travers, faiblesses, et magouilles des acteurs de cette entreprise, jusque là dissimulés par ce que les dirigeants avaient mis en place : une sorte d’Omerta, sous couvert de « protection de l’image de marque » de la maison, et d’une forme de « patriotisme « , véhiculés par la « culture d’Entreprise », qui imposait que l’on s’en tienne à  un discours « politiquement correct », sous peine de passer pour un « traître à l’Entreprise »qui pouvait coûter cher, en termes de carrière.

En refermant ce livre, j’ai éprouvé un sentiment bizarre : rien n’a changé, car dans les sociétés actuelles, dont la « Roserys & Mitchell »serait une sorte de microcosme, il n’est pas facile d’être un imprécateur et d’évoquer des sujets qui, – sous la pression des forces « politiquement correctes », agissent notamment à travers des médias « aux ordres » – sont considérés comme des « Tabous »dangereux .

J’en ai, personnellement fait plus d’une fois l’expérience.

Ainsi, dans le monde où nous vivons, alors même que l’on n’éprouve aucune sympathie pour le personnage de Poutine, il n’est pas facile de faire partager l’idée que Poutine a hérité d’un empire soviétique en pleine décomposition, et qu’il a redonné à la Russie, asservie et éprouvée par plus d’un demi-siècle d’un Communisme criminel, une place – que pourtant on lui conteste – dans le concert des nations. Et que Poutine aura sa place dans l’Histoire de la Russie, et que nous avons tort de traiter par le mépris ce grand peuple qui possède tant d’affinités culturelles avec notre Europe, bien plus que n’en ont bien des peuples auxquels nous ouvrons largement nos portes, notamment lorsqu’ils fuient des dirigeants que nous traitons avec une soumission et des égards qu’ils ne méritent pas, et dont les méthodes de gouvernement sont infiniment plus critiquables que celles de Poutine…..

J’observe que ceux qui tiennent sur Poutine les propos les plus féroces, – sur le personnage lui-même, comme sur ses méthodes -, sont souvent ceux qui furent les plus discrets sur la période stalinienne, ses goulags et les menaces qu’elle fit peser sur l’Occident ….et qui ne seraient pas loin d’adopter des méthodes comparables, en « version soft »….

J’ai bien conscience du fait que ce que j’écris là, est loin d’être « politiquement correct » et peut s’assimiler chez certains, à une sorte « d’imprécation » !!!

De même, lorsque j’évoque le cas de Trump et de ses rapports à l’Occident.

J’ai parfaitement conscience du fait que le personnage de Trump n’inspire aucune sympathie. Mais il est le Président démocratiquement élu d’une grande nation à laquelle nous sommes loin d’être en mesure de donner des leçons de Démocratie.

Ce qui dérange notre petit monde « politiquement correct » qui baigne dans son autosatisfaction, c’est que Trump avec ses méthodes de gardien de vaches texan, renverse une table où les convives européens se bâfrent, selon lui, sur le dos de l’Amérique. Trump est convaincu de ce que ses alliés profitent de la générosité américaine pour se comporter en « passagers clandestins » et financer leurs systèmes sociaux sous couvert du parapluie militaire américain. Ils achètent, en quelque sorte, selon lui, leur « paix sociale » avec le fric des américains….

L’exemple le plus flagrant est celui de l’Allemagne dont la prospérité n’est pas due seulement à sa rigueur et à ses grandes aptitudes économiques : son refus des sacrifices budgétaires nécessaires à l’entretien d’une armée compétitive participe largement à son « respect des équilibres budgétaires » exigé par Bruxelles !!!

Trump ne peut pas être plus clair : « D’un point de vue commercial, ils profitent vraiment de nous », a-t-il répété, s’en prenant plus particulièrement à l’Allemagne, comme il l’a déjà fait auparavant. « Comme l’Allemagne a un accord sur un gazoduc avec la Russie, ils vont payer des milliards et des milliards de dollars par an pour l’énergie, et je dis que ce n’est pas bien, ce n’est pas juste. » « Vous êtes supposés vous battre pour quelqu’un et cette personne donne des milliards de dollars à une autre dont vous devez, en fait, vous prémunir, je pense que c’est ridicule ».( Cité par « le Point.fr » ).

A-t-il vraiment tort ???

En outre, j’ajoute que Trump est fidèle à une ligne « isolationniste » qui est celle qui a toujours inspiré le Parti Républicain. Il rejette la conception démocrate selon laquelle les relations internationales devraient reposer sur un « multilatéralisme » qui permet au petites nations de parler d’égal à égal avec les grandes.

Ceux qui l’ignorent ne se sont jamais beaucoup intéressés à l’Histoire des États-Unis….

 Trump, lui, ne croit qu’aux « rapports de forces »et entend bien s’en servir pour défendre les « intérêts du Peuple américain ». Ce dont son électorat lui est reconnaissant.

Le fait d’énoncer cela est, en soi, une imprécation !!!

Ceux qui me trouvent complaisant à l’égard de Trump devraient se poser une question : Donald Trump est-il un accident de l’histoire, élu sur un concours de circonstances, ou est-il la manifestation de forces plus profondes qui traversent l’Amérique, et qui, d’ailleurs, ont leur équivalent en Europe ???

La vulgarité et la personnalité brutale de Trump, choque dans une Europe en voie de « dévirilisation » !!! Son parcours d’homme d’affaires enrichi, passé par la télé réalité, ainsi que son inexpérience gouvernementale, lui permettent de jeter un regard neuf et sans complaisance sur les « zélites » de Washington, et en font à coup sûr un animal politique sans précédent dans l’histoire américaine. Une sorte de »corps étranger » au sein de la camarilla de « gens bien élevés » du G7, qui avait déjà éliminé Poutine de ses agapes et ses bavardages.

Mais son impopularité orchestrée comme savent le faire les médias inféodés aux « zélites » doit être relativisée. Car le soutien fidèle de sa base électorale lui reste acquis malgré les tombereaux de critiques et d’attaques qui se déversent sur lui, y compris en Europe, où « l’intelligentsia »habituée à manier la « diabolisation »de tous ceux qui se trouvent en travers de sa route, et ne partagent pas ses « hautes convictions », n’est toujours pas guérie de son « Obamania » puis, de la défaite d’Hillary Clinton.

Une défaite qui est, en fait, la défaite par procuration de l’impressionnant complexe militaro-industriel qui vit depuis plus d’un demi-siècle, de la rente que constitue l’OTAN qui entretient une menace qui n’existe plus que dans l’imaginaire de quelques crétins, qui n’ont pas encore compris que, pour l’Occident, la menace ne vient plus de l’Est mais du Sud….

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/michel-colomes/le-meilleur-allie-de-l-otan-c-est-poutine-11-07-2018-2235241_55.php

Traiter Donald Trump comme une aberration historique qui serait suivie bientôt par un retour à « la normale » serait une erreur majeure de la part des Européens, qui n’ont pas encore compris que le nouvel état du monde nécessite la mise à jour de leur logiciel diplomatique, et qu’un début d’accord entre Trump et Poutine le rendrait complètement obsolète.

 Cet « optimisme » serait aggravé  par la nouvelle donne politique aux États Unis, où  le Parti Démocrate, profondément divisé et durablement décrédibilisé peine à faire émerger de nouvelles personnalités. Concentré sur la diabolisation de Trump, le message politique de ce Parti n’est plus audible .

Car, sous Trump, l’économie américaine se porte bien, et le Dow Jones n’a jamais été aussi haut, alors que le chômage n’a jamais été aussi bas. De nombreux États américains, qui se considéraient comme sacrifiés sous Obama, reprennent confiance en leur avenir.

La réélection de Trump en 2020 n’est donc pas du tout à exclure ; mais l’enjeu va bien au-delà.

Tout d’abord, l’Amérique traverse une période de questionnement profond sur son leadership international et les objectifs de sa politique étrangère, conséquence tardive de la fin de la Guerre Froide qui l’a privée d’adversaire clair et donc de continuité stratégique.

Ce questionnement n’épargne pas l’OTAN, ce qui explique les récents « échanges musclés » avec les Européens sur ce sujet.

Ce qui surprend, c’est la « surprise » des européens qui auraient dû s’attendre, depuis longtemps, à une telle remise en question : Obama l’avait déjà clairement laissé entendre quand il était au pouvoir : l’avenir de l’Amérique, c’est de se tourner vers l’Asie et ses immenses potentialités, et non vers une Europe sur le déclin, dont le navire prend l’eau de toute part….

Les Européens doivent donc se préparer, durablement, à une Amérique distante voire hostile. L’Europe doit admettre que son modèle de multilatéralisme et de coopération internationale a du plomb dans l’aile !!! Il n’y a que les européens qui n’ont jamais voyagé dans le monde, pour croire que « les Valeurs » qu’ils revendiquent sont « Universelles » !!! La montée des « populismes » en Occident devrait inciter à la réflexion, bien plus qu’à l’invective …..

Cette remise en question implique un retour à un ordre mondial plus cohérent, en cessant de faire semblant de croire que l’ONU puisse continuer à jouer le rôle d’un « arbitre impartial » des différents entre Nations et veiller au respect de nos sacro-saints « Droits de l’Homme », surtout quand on sait que la Commission en charge de ces questions sensibles, majoritairement représentée par des Africains dont on sait l’immense respect pour ces « valeurs », a été longtemps présidée par un Prince du Golfe…..

Cette remise en question implique également la nécessité de réviser, à l’échelle européenne, nos politiques de Défense, de protection de nos frontières, et de la sécurité de nos concitoyens menacée durablement par un terrorisme devenu endémique :  la crise syrienne, avec ses conséquences sur l’Union Européenne confrontée à une arrivée massive de réfugiés, et l’émergence d’un islamisme conquérant, aurait dû servir de réveil stratégique. Or, la posture européenne s’est essentiellement limitée, jusqu’ici, à espérer, par le déni, échapper aux nouveaux dangers qui menacent nos sociétés et à compter sur la protection américaine hors des frontières de l’Europe.

La France, et plus encore l’Union européenne, restent attachées à une vision irénique du monde, celle des fameux « dividendes de la paix », qui a anesthésié les esprits depuis 1989. L’Union européenne, par construction, est incapable de penser la conflictualité. Son ADN est celui du commerce, du droit, des rapports internationaux de coopération. L’Union européenne n’a pas d’ennemis : elle n’a que des partenaires commerciaux – du moins le croit-elle.

L’Union européenne a pour ambition d’être au monde ce que le Liban est à la méditerranée : un docile continent de commerçants qui ne menace personne, mais qui sera sans cesse menacé. Elle ne conçoit pas qu’elle puisse devenir une proie, dont les richesses et le passé conquérant suscitent des désirs de conquête, voire de revanches…

Elle le découvrira bientôt, à son détriment.

Dans ce contexte, l’attitude de Donald Trump est salutaire, car elle a le mérite de secouer les consciences endormies par un demi-siècle de discours lénifiants.

L’Europe est  au pied du mur ; et Trump n’hésitera pas à exploiter les faiblesses et les divisions européennes. Tout cela est « choquant » pour les chroniqueurs « bisounours », et surtout pour ceux qui ont en main les destinées de ce Continent.

Ils trouveront , une fois de plus, que mon propos éloigné des discours « mean stream » est un propos « d’imprécateur. »

 

TrumpAu risque de « faire de la peine » aux « angélistes »….

Mais j’assume !!!