Entre « Mediacratie » et médiocrité.


Médias

Je suis tombé au hasard de mes promenades matinales sur le Web, sur le blog d’une journaliste qui, – le phénomène n’est pas courant – semble avoir quelques difficultés dans ses rapports avec ceux de sa « corporation ».

https://blog.causeur.fr/lavoixdenosmaitres/ce-que-le-media-nous-dit-des-medias-00662.html

Dans un article fort bien tourné, Ingrid Rocrieux qui n’est pas n’importe qui ( elle est agrégée de Lettres et spécialiste en Grammaire et en Rhétorique stylistique ) s’en prend sans ménagement à une profession formatée dans des écoles dont l’enseignement est « orienté », comme il convient, à Gauche, depuis toujours.

Elle leur reproche « leur attitude moralisatrice, leurs partis-pris présentés comme des évidences indiscutables et l’hypocrisie qui leur fait prétendre que leurs opinions politiques n’ont pas d’impact sur leur propos » !!!(  je cite ).

Bien évidemment, je me suis senti concerné par ce propos, dans la mesure où, sur mon blog, je ne me prive pas, moi aussi, de critiquer l’absence de neutralité, bien plus, la partialité, et bien pire chez certains journalistes, le sectarisme intellectuel assumé.

Je me suis senti concerné d’autant plus que ce type de critiques est suffisant, aux yeux de certains, pour que celui qui les émet soit catalogué comme participant à la « redoutable fachosphère », cette « nébuleuse » « dont un récent ouvrage a montré le caractère hétéroclite, tout en mettant en évidence que le seul critère constant commun et identifiable de cette galaxie des fascistes n’était pas un marqueur idéologique clair  mais une opposition systématique aux médias ». ( Je cite ).

fachosphère

Ainsi, donc, pour ceux qui se considèrent comme les interprètes d’une « bien-pensance » assumée, le critère d’appartenance à la fachosphère serait donc le fait de suspecter le discours médiatique dominant. Bien pire: la « fachosphère » régnerait sur les réseaux sociaux et y entretiendrait un climat délétère, alimenté par la diffusion de « fausse nouvelles »…..

En y regardant de plus près, on discerne un certain désarroi dans les rangs des défenseurs de « la pensée progressiste » et de la « liberté d’expression » comme si ces « laboratoires » de contrôle de la pensée, se sentaient désormais incapables de maîtriser la diffusion de la « pensée non conforme »….

Et, bien pire, au lieu de chercher à comprendre pourquoi, dans la Grande-Bretagne du Brexit, dans la France du Front national ou dans l’Italie du mouvement populiste 5 Étoiles, en Allemagne bavaroise, en Pologne, en Autriche, en Hongrie, en Slovenie et en Tchéquie, la gauche a abandonné à son sort les couches de la population qui étaient autrefois sa raison d’être au profit des minorités issues de l’immigration, on préfère, une fois de plus, diaboliser ceux qui pointent leur doigt et leur propos sur les vraies raisons du recul du « Parti du Bien ».

Et, en parlant de « fake-news », ou de présumées interventions russes, – ce qui revient à prendre les citoyens pour des imbéciles -, on évite d’aborder les vrais sujets : ceux qui dérangent…..

La démonstration de cette journaliste était à ce point convaincante que j’ai fini par me convaincre, moi-même, que je devais être quelque part, et sur les bords, un petit peu fasciste.

Du moment que l’on s’accorde sur ce que l’on entend par là, à la limite, cela ne me dérange pas : je ne suis ni le premier, ni le dernier à avoir mérité ( ? ) ce qualificatif qui, dans l’histoire politique de notre pays a été généreusement attribué à bien plus illustre que moi ; de Gaulle fut qualifié de tel par Mitterrand et Chirac a dû longtemps porter ce qualificatif en bandoulière, à une époque où il trouvait que certaines « odeurs »avaient un parfum nauséabond dans des immeubles où la « mixité », et le « multiculturalisme »se traduisaient sur le plan gastronomique par des différences de goût, mais aussi d’odeurs qui pouvaient nuire à la qualité du « vivre ensemble ».

Cela a suffit à Chirac pour être traité de « facho », une étiquette fort dévalorisante, car elle s’accompagne de ses dérivés sémantiques que sont les termes de « raciste »qu’ont rejoint plus récemment, ceux de « populiste »: des mots qui font peur aux petits enfants et qui sont employés dans le but d’effrayer les « bien-pensants »……

Car, qu’on se le dise, les thèses de Chirac, à l’époque de ses « dérapages », n’étaient autres que celles du RPR, le parti dominant du Gaullisme pur et dur….. Elles n’aurait rien, ou pas grand chose à envier au Front National d’aujourd’hui, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes actuels.

Jacques Chirac, président du RPR lorsque lui-même était secrétaire général du parti tenait ce discours qui soulèverait l’indignation des « belles âmes » d’aujourd’hui:

«Le problème, c’est que depuis plusieurs années et notamment depuis 1981, de très nombreux immigrés sont arrivés en France. Compte tenu de la situation économique, il y en a trop. Il faut donc que leur nombre diminue» . «Cela veut dire qu’il ne faut plus accepter d’immigration nouvelle et réprimer de manière sévère les clandestins, il faut appliquer avec rigueur les lois de la République, expulser systématiquement ceux qui sont en situation irrégulière et sans doute promouvoir une politique d’encouragement au retour».(entretien de Jacques Chirac dans Libération, 30 octobre 1984) 

Scandaleux, non ??? Même Marine LePen n’oserait pas, aujourd’hui !!!

Poursuivant ma visite de ce blog de plus en plus intéressant, je finis par comprendre qu’en réalité, la cible d’Ingrid Robrieux n’est autre que le nouveau « Média » que vient de lancer « La France Insoumise ».

« Le Média » de Mélenchon annonce « sa couleur », – sans jeu de mots -, et s’affiche comme « engagé ». Mais « ses concepteurs n’hésitent pas à dénoncer l’hypocrisie du mythe de la neutralité journalistique », selon les termes mêmes d’Ingrid Rocrieux.

« Le Média » se présente en outre, comme « vraiment progressiste », ce qui inciterait à déduire que les autres médias, contrairement à ce qu’il est d’usage d’affirmer, ne le sont pas réellement. Tout est relatif….

 « Le Média » dénonce l’hypocrisie des journalistes qui se disent de gauche (et que l’on dit tels), alors qu’ils sont totalement acquis à la logique de l’ultralibéralisme, ce qui a un impact jusque dans les choix éditoriaux (ne pas déplaire à l’actionnaire, etc)« . ( Je cite ).

Tout cela ne permettra pas de masquer ce qui apparaîtra dès la première lecture, à savoir que « Le Média » n’est rien d’autre qu’un organe de propagande de plus.

Car on ne voit pas ce qui le différenciera de ce que l’on lit, ce que l’on entend ou ce que l’on voit dans les médias dits « institutionnels ».

Je ne prendrai qu’un seul exemple, ô combien symbolique :

Le traitement de l’information qui tourne en boucle depuis l’élection de Wauquiez à la tête du Parti Républicain, la manière dont lui et ses supporters sont interrogés par certains journalistes, les commentaires, médiocres, tous orientés pour tenter de diaboliser ce nouveau chef d’un Parti qui aspire à devenir le premier parti de l’opposition, comme si l’objectif à atteindre par la « médiacratie » dans l’opinion était de l’installer dans la même suspicion, la même condamnation – avant même qu’il n’ait pu être jugé sur ses actes -, que celle qui poursuit les dirigeants du Front National dont on sait que la permanence est la meilleure assurance vie des Partis dits « progressistes »…..

La hargne médiatique a été telle que l’on peut considérer que«Wauquiez doit sa victoire à la hargne qu’il a subie».

Car, après tout, Wauquiez ne fait que se proclamer « d’une Droite sans complexe », ce en quoi il n’est pas le premier….

Mais on sait, hélas,  ce qu’il est advenu de ceux qui l’ont précédé !!!

« L’Art de perdre »….en restant digne.


L'Art de perdre

Comme toujours, lorsque je referme un livre qui a réveillé en moi, des souvenirs plus ou moins douloureux, ou des sentiments complexes, je m’accorde un certain temps,- le temps du recul -, avant de livrer mes impressions et de tenter de faire partager mon jugement.

C’est le cas, alors que j’ai refermé, il y a quelques jours l’excellent livre d’Alice Zender, qu’elle a intitulé « L’Art de perdre ». Ce livre a obtenu une récompense méritée avec le Prix Goncourt des Lycéens. ( Quelques négligences dans l’écriture lui ont probablement couté l’attribution du Prix Goncourt des écrivains….)

 Il m’aura fallu quelques jours, en effet, pour mettre de l’ordre dans les impressions que ce livre m’aura inspirées, tant il évoque pour moi, des souvenirs restés présents dans ma mémoire et que je porterai en moi jusqu’à mon dernier jour.

La Kabylie si souvent parcourue dans ma jeunesse, avec mon père, et son peuple si attachant, les harkis que j’ai côtoyés, courageux et fidèles, dont le destin tragique continue à me hanter( 1 ).

Ce livre commence comme un conte pour enfants, ont écrit certains critiques. Dans les années 1930, Ali et ses frères, petits paysans d’un village de Kabylie, se baignent dans l’oued lorsqu’ils aperçoivent un objet volumineux et lourd qui dévale dans les flots. Les trois garçons remontent l’objet sur la rive: il s’agit, miraculeusement, d’un pressoir à olives. Cette découverte inattendue va faire leur fortune, car elle permettra à Ali de transformer les olives des plantations familiales, en huile, et fera de lui, à l’échelle de son village Kabyle, un petit industriel et un notable.

Devenu prospère, Ali se marie. De cette union, naitront plusieurs enfants dont Hamid. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Ali s’engage dans l’armée française. Il en revient , couvert de médailles, comme beaucoup de ses semblables qui ont combattu pour la France et ont connu l’horreur des combats, notamment lors de la « bataille d’Italie ».

A son retour, il retrouve sa vie familiale, son statut de paterfamilias, et ses champs d’oliviers. Mais le temps du bonheur et de l’opulence est de courte durée. Les premiers troubles de ce qui va devenir la guerre d’Algérie agitent le village : les partisans de l’Indépendance algérienne ne pardonnent pas à Ali et à ceux qui ont combattu dans l’armée française leur fidélité à la France. Pour eux, ce sont des traîtres.

A cet endroit, je tiens à faire une remarque personnelle à l’intention de ceux qui, en tant que critiques, ont commenté ce livre dans différents médias : Ali est présenté dans presque tous les commentaires, comme un Harki, ce qu’il n’a jamais été, car à aucun moment du récit, l’auteur n’évoque sa participation à une harka ni à des combats. Rien, dans ce récit, ne donne à penser qu’ Ali ait pris les armes pour combattre ceux que l’on désignait alors sous le terme de « fellaghas ».

Je tiens à cette précision, car ceux qui suivent mon blog depuis longtemps connaissent mon attachement à la cause de Harkis, si durement et si injustement traités par la France, pour laquelle ils se sont battus.

Ali est, tout simplement, un homme auquel les FLN d’abord, puis la France ensuite ont fait payer chèrement le fait qu’il avait combattu sous notre drapeau pour la libération de la France, ce qui le rendait suspect à l’égard de ceux qui combattaient la présence française et luttaient pour l’indépendance de l’Algérie.

Il y eut, au cours de cette guerre sur laquelle la France a longtemps hésité avant de la nommer, des dizaines de milliers d’Algériens à qui le FLN a fait payer de leur vie, et dans d’atroces souffrances, leur attachement et leur fidélité à la France.

Pour échapper à cet injuste châtiment, Ali devra s’exiler et quitter le petit village kabyle perché au sommet d’une montagne dont le décor ressemble à l’arrière-pays provençal, pour gagner la France, cette terre mythique et inconnue où il trouvera refuge.

Alice Zeniter,  déroule, dans son roman,  la succession d’événements historiques, toujours racontés à travers la « saga » de la famille d’Ali: la montée du FLN, les pressions subies par les populations prises entre deux feux, – celui des « terroristes » et celui de l’Armée française -, la façon dont les Français ont instrumentalisé les harkis, les massacres, les attentats, les accords d’Evian, l’exil, le racisme ordinaire et les humiliations subies par les « Harkis », certes, mais aussi par tous les Maghrébins qui ont servi la France et combattu sous ses couleurs, même si, comme c’est le cas pour Ali, ils se sont contentés de lui rester fidèles sans pour autant s’engager dans une « Harka »et prendre les armes contre les « fellaghas ».

Le traitement infligé à ces fidèles de la France est choquant lorsque l’on sait que d’anciens tueurs du FLN ont, après 1962, trouvé un refuge confortable en France, le pays qu’ils ont combattu , pour bénéficier de sa protection, et pas seulement…..

Celui qui, jusqu’au déclenchement de la Guerre atroce que connaîtra l’Algérie pendant près de huit ans, était devenu un notable dans son village, et une sorte de patriarche dans sa famille, devra donc s’exiler en France, afin échapper aux égorgements et autres supplices aux quels ceux qui sont restés auront succombé.

Ali et les siens deviendront, dans un pays qu’ils ne connaissent pas, et qui ne les reconnaîtra et ne les remerciera jamais pour leur fidélité,  des « moins que rien » une fois arrivés de l’autre côté de la Méditerranée, des invisibles parqués dans des camps de fortune. «On ne leur a pas ouvert les portes de la France, juste les clôtures d’un camp», écrit Zeniter. J’ajouterai d’un camp entouré de barbelés…..

Il tentera, pendant ce terrible « purgatoire », de rester, avec dignité, le patriarche qu’il fut pour sa famille, dans son village kabyle.

En décrivant ainsi les années de misère de ces familles livrées au dépaysement dans une société dont ils ne comprennent pas les règles , traités avec mépris par les nouveaux maîtres de l’Algérie qui les considèrent comme des traîtres, et voués à l’ingratitude et à l’indifférence d’une certaine France, Alice Zender nous montre comment cette malédiction se transmet de génération en génération, à travers une histoire parcellaire dont hérite Naïma, la narratrice, fille de Hamid et petite-fille d’Ali.

En retournant en Algérie, la jeune femme va tenter de recomposer son passé et avec l’aide de ceux qui ont connu son Grand-Père, de reconstituer son identité.

Alice Zeniter déploie son récit avec, selon moi, une maîtrise narrative incontestable, transformant l’Histoire de la Guerre d’Algérie en une saga familiale dont les acteurs deviennent peu à peu familiers et attachants pour le lecteur.

Pour avoir vécu cette sombre période, pour avoir combattu aux côtés de Harkis, pour m’être interrogé tout au long de ma vie sur le sort qui leur a été réservé après que j’aie été « libéré de mes obligations militaires », ce livre m’a profondément bouleversé.

Et pourtant, il ne traite que d’un des volets de cette guerre dont la trace subsiste chez plusieurs générations d’Algériens, et qui a marqué une génération de jeunes Français « du contingent » confrontés, – à l’âge de vingt ans, ne l’oublions jamais – à des atrocités qu’ils portent en eux, et qui est recouverte dans notre pays par un silence gêné des autorités cherchant à faire oublier leurs crimes et leurs lâchetés….

Car la guerre d’Algérie reste un morceau d’histoire tabou, un séisme dont les répliques se font encore sentir aujourd’hui.

Mettre des mots sur ce que l’on a trop longtemps qualifié «d’événements» («Cette guerre avance à couvert sous les euphémismes», écrit encore Alice Zeniter), évoquer le destin des harkis relégués à des notes de bas de page dans les manuels d’Histoire est un exercice difficile. 

Il faut rendre hommage au talent et au courage d’Alice Zender de s’être attaqué à un sujet douloureux de part et d’autres des acteurs de ce drame, sur lequel la parole doit être laissée, désormais, aux jeunes auteurs qui n’ayant pas vécu ces moments tragiques de notre Histoire, peuvent enfin, sans passion,  dans des œuvres romanesques, traiter d’un sujet sur lequel peu d’Historiens authentiques ont eu le courage de s’exprimer jusqu’ici, laissant le champ libre à ceux qui, aveuglés par leur sectarisme ont instrumentalisé cette guerre, dont quelques uns – tel les trotskystes Benjamin Stora, ou Edwy Plenel – ont fait leur « fonds de commerce »….

( 1 ) –  https://berdepas.com/2017/09/16/abdallah/

Vers un « césarisme bourgeois »….


César

Durant la Révolution française puis sous le Directoire, le Consulat puis les premier et second Empires, apparaissent en France des régimes qualifiés de « césarisme démocratique » pour désigner des gouvernements qui concentrent les pouvoirs au bénéfice de l’exécutif tout en feignant de s’appuyer sur le peuple, quand ça les arrange.

Ainsi, nous vivons un curieux instant de la vie politique de la France : nous assistons, au moins en apparence, à la juxtaposition d’un pouvoir personnalisé et centralisé avec un régime parlementaire, synonyme de pluralisme et inclinant ( théoriquement ) vers la limitation de l’exécutif.

Et pourtant, sommes-nous  en train d’assister à la naissance d’une nouvelle manière de concevoir la Démocratie, ou à l’émergence d’une nouvelle forme de « césarisme soft » ????

J’emprunte l’expression de « césaro-centrisme » à Jacques Julliard, philosophe et éditorialiste d’une Gauche encore capable de réfléchir, à l’extrait d’un de ses articles publiés dans le Figaro Vox ( Je cite ): » D’où l’expression de césarocentrisme que je propose pour désigner le système macronien, forgée sur le modèle du «césaropapisme», régime où le pouvoir temporel prétend exercer un droit de contrôle sur le pouvoir spirituel de l’Église (Byzance, le Saint Empire romain germanique) !!!

http://premium.lefigaro.fr/vox/politique/2017/12/03/31001-20171203ARTFIG00130-jacques-julliard-macronvers-le-cesarocentrisme.php

Ce « césarisme » semble vouloir appuyer sa légitimité, non pas sur la majorité des citoyens, ce qui est la base de la Démocratie, mais sur les « minorités » qui sont passées du statut de « groupuscules protégés » à celui de « groupuscules dominants » dans l’opinion, grâce aux relais médiatiques dont ils disposent.

Qui ne voit, en effet que l’opinion populaire , celle de ce que l’on désigne sous le vocable de « la France profonde » est désormais enfermée dans le tiroir catégoriel d’un « populisme » qui n’a plus droit à la parole.

Ceux qui prétendent s’exprimer au nom de cette  » France des oubliés », sont immédiatement classés dans la catégorie des « extrémistes identitaires », ringardisés,  condamnés au silence afin de ne pas couvrir la voix des « bobos » devenus les porte-voix de toutes les minorités chères au « Think-tank » Terra Nova, inspirateur de la Gauche socialiste.( 1 )

Minorités sexuelles, ethniques, religieuses, sexistes, conjuguent leurs efforts pour clouer le bec de ceux qui sont devenus les « vrais indigènes de la République », c’est-à-dire, les « Français de souche »considérés avec mépris comme les héritiers de tous les crimes de notre Histoire: esclavagisme, colonialisme, racisme, sexisme, et intolérance aux « nouveaux genres » qui sous le vocable de LGBT, sortent de l’ombre, toisent et provoquent le citoyen ordinaire de couleur blanche, hétérosexuel et attaché à ses valeurs « traditionnelles », rangées au tiroir des antiquités perverses….

Je ne suis pas le seul à le penser: comme le montrent les articles cités ci-après, nous sommes entrés, en douceur et en rasant les murs, dans l’ère d’un « totalitarisme mou », teinté de snobisme bourgeois, dont notre société donne de plus en plus de signes avant-coureurs.

Cette évolution est favorisée par un climat entretenu, où le culte quasi puéril, chez certains, de la personnalité du « Guide », l’abaissement du niveau dans tous les domaines de la culture, l’analphabétisme reconnu des candidats à l’Université ne sont que les symptômes d’un déclin perceptible par tous, sauf par ceux qui en tirent le meilleur parti….

En même temps la conséquence visible du recul de l’enseignement des « humanités », – ce qui est singulier à une époque où il est de bon ton de se piquer « d’humanisme »- , l’abrutissement de générations entières par des jeux vidéo violents et des émissions de télévision débiles, l’illettrisme et l’incapacité chez beaucoup de jeunes d’exprimer une pensée cohérente, une aptitude à la mémorisation ( 2 ) ravagées chez ceux qui sont accrocs au cannabis quand ce ne sont pas à des drogues plus « dures », tout cela favorise le formatage de la pensée collective.

Ce climat est encouragé par le bavardage creux des médias, destiné à empêcher le citoyen de réfléchir, par l’élévation de la sexualité au rang des obsessions collectives avec ses dérives pornographiques, et surtout le bannissement de tout discours de nature à élever le « sens moral » des individus.

A cela s’ajoute le traitement par la dérision de tout ce qui ne va pas dans le sens d’un « pseudo-progressisme » et de tout ce qui s’écarte d’un discours « politiquement correct ».

Nous voilà sous la férule de la « tyrannie douce » tatillonne et bien-pensante prophétisée par Tocqueville, où les blagues les plus innocentes attirent la foudre sur ceux qui osent, même avec humour, s’écarter des chemins du « politiquement correct »….

Dans un article du Figaro, Gaspard Koenig, s’inquiétant des rumeurs concernant la volonté des Pouvoirs Publics de « contrôler » les réseaux sociaux, dénonce les formes variées que peut prendre « la Police du langage » chargée de réprimer touts dérive sémantique, et tout écart de la pensée de ceux qui n’ont pas encore compris qu’ils devaient allégeance à cette forme douce de tyrannie:

http://premium.lefigaro.fr/vox/societe/2017/12/08/31003-20171208ARTFIG00049-gaspard-koenig-la-liberte-d-expression-n-est-pas-faite-pour-tenir-des-propos-courtois-et-raisonnables.php

Tout comme Franz-Olivier Giesbert qui, dans « Le Point », s’inquiète de voir se multiplier les interdits de traiter certains sujets, dès lors qu’ils sont abordés avec humour. « L’hystérie de tous les pseudo-comités de vigilance qui crient au racisme dès qu’il s’agit de l’Afrique ou du Maghreb » est telle que l’on se demande si, aujourd’hui des Coluche ou des Desproges pourraient avoir encore le droit de nous faire rire :

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/franz-olivier-giesbert/fog-defense-de-rire-09-12-2017-2178387_70.php

Comme nous l’enseigne la Philosophe Hannah Arendt : « C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal ». Or, la pensée d’Hannah Arendt nous permet de réfléchir sur notre époque:  elle prend une acuité exceptionnelle sur certains thèmes : les notions de Démocratie, la notion de frontières, celle des contours de l’Europe, les questions que soulèvent la fragilité de nos identités, face à une immigration mal maîtrisée….

Le vide de la pensée chez la plupart de nos dirigeants, obsédés par l’épanouissement de leurs egos, ce vide, sidéral, prépare le terrain pour le glissement d’une société de « bisounours », dont chacun peut contempler autour de soi, ceux qui s’admirent et diffusent les « selfies »de leur propre image avec une auto-satisfaction puérile, signe d’une société immature.

Vivons-nous dans une société qui se laisse mener en douceur, sous la conduite d’un totalitarisme « soft »vers un monde dont les héros ne sont plus ceux qui risquent leur vie pour la défense d’un idéal patriotique, car ceux ci sont remplacés par des mythes qui leur sont imposés à grand renfort médiatique ???

Quelques exemples pris dans l’actualité récente pourrait le laisser penser…..

( 1 ) – En mai 2011, le think tank progressiste Terra Nova, publiait une note intitulée: «Gauche, quelle majorité électorale pour 2012?» dans laquelle elle présentait la base sociologique sur laquelle la gauche devait selon elle s’appuyer pour être majoritaire, celle des minorités. Les auteurs écrivaient ceci: «Contrairement à l’électorat historique de la gauche, coalisé par les enjeux socioéconomiques, cette France de demain est avant tout unifiée par ses valeurs culturelles, progressistes: elle veut le changement, elle est tolérante, ouverte, solidaire, optimiste, offensive. C’est tout particulièrement vrai pour les diplômés, les jeunes, les minorités. Elle s’oppose à un électorat qui défend le présent et le passé contre le changement, qui considère que «la France est de moins en moins la France», «c’était mieux avant, un électorat inquiet de l’avenir, plus pessimiste, plus fermé, plus défensif».

( 2 ) – « A l’âge de 10 ans, un écolier français a plus de mal à lire que ses homologues européens. Déjà derniers (22e) dans l’Union européenne en mathématiques et avant-derniers en sciences dans l’enquête internationale Timss (Trends in Mathematics and Science Study ) publiée l’an dernier , les écoliers français, en l’occurrence les collégiens de CM 1, partagent le bonnet d’âne européen pour la lecture avec les belges francophones, et la 34e position sur 50 pays dans le monde dans le classement Pirls (Progress in International Reading Literacy Study) réalisé tous les cinq ans et publié ce 5 décembre. 319 000 élèves de 9 à 10 ans, 310 000 parents, 16 000 professeurs et 12 000 écoles de 50 pays ont participé à ce programme mené au cours de l’année 2016 par l’Association internationale pour l’évaluation du rendement scolaire (IAE), qui dépend du Boston College. Les champions internationaux sont la Russie et Singapour. Malgré dix heures d’enseignement hebdomadaire du français du CP au CE 2 et huit heures par semaine en CM 1, les collégiens testés au printemps 2016 comprenaient mal ou pas du tout le texte qu’ils lisaient. Seuls 4% des CM1 ont été jugés aptes  «à comprendre et à utiliser les formes du langage écrit que requiert la société ». Depuis 2001, année de lancement du programme,  les résultats de la France n’ont cessé de décliner, avec 14 points perdus. « 

Jean-Jacques Rousseau et le « totalitarisme snob »….


Jean-Jacques_Rousseau

L’irruption soudaine de Macron sur la scène politique, son affirmation d’une volonté de pouvoir d’inspiration « jupitérienne », m’a incité à revenir à la lecture des œuvres de J-J Rousseau. Ce penseur qui fut, à mes yeux, l’un des grands inspirateurs du mouvement révolutionnaire, est, si on le lit attentivement, un auteur aux idées corrosives véhiculées sous une fausse naïveté, dans des œuvres au caractère « bucolique »dont la postérité ne semble avoir retenu que les pages « qui font rêver »….

Une lecture attentive du « Contrat Social », de « La Nouvelle Héloïse », des « Rêveries du Promeneur solitaire »  – ou même de « l’Émile » qui donne à l’éducateur un pouvoir immense sur la construction intellectuelle de son élève – , ne tarde pas à révéler l’idée qui traverse toute l’œuvre de Rousseau, à savoir que « l’Homme est bon, naturellement bon, mais que c’est la Société qui le corrompt », idée qui est à la racine de toute inspiration révolutionnaire et du désir permanent des « socialistes » de réformer la « société » pour la rendre conforma à leur conception de « l’Homme nouveau »….

J’ai évoqué dans un billet déjà ancien, les difficultés auxquelles j’ai été confronté, jeune lycéen, pour avoir dans une dissertation traitant du classique sujet littéraire auquel des générations d’élèves ont été confrontées : la comparaison entre l’oeuvre de Voltaire et celle de Rousseau est une source inépuisable de controverses auxquelles je n’ai pas échappé, au Lycée, en classe de Littérature.

https://berdepas.com/2009/03/18/voltairien-je-suis/

Encore bien jeune, et à cette époque, éloigné de toute conviction politique, j’avais commis, aux yeux d’un excellent professeur de littérature, qui ne cachait pas, lui, son engagement au Parti Communiste et ses idées marxisantes, – ( c’était l’époque où les Communistes régnaient sans partage sur la vie intellectuelle du pays ) – l’invraisemblable erreur de suspecter Rousseau de véhiculer des idées de nature à inspirer une forme « d’autoritarisme populaire » qui sera désigné plus tard sous le vocable de « totalitarisme ».

La place que Rousseau donne aux antagonismes sociaux créés par la division des tâches dans le monde moderne, et, selon lui, par la propriété privée, en fait également un précurseur du marxisme. Pourtant, Marx ne cite que très peu Rousseau. Quand il se réfère à la partie du chapitre 7 du livre II du Contrat social, c’est de façon négative pour noter que c’est « un excellent tableau de l’abstraction bourgeoise ».

En fait, Karl Marx reproche à Rousseau de ne pas assez valoriser l’antagonisme des rapports sociaux.

Pour éviter que le choc de nos libertés ne nous place à chaque instant sous la menace d’autrui, Marx considère que la  fatalité irréversible des antagonismes sociaux nous contraint à  apprendre à « vivre ensemble »et à « accepter l’autre comme nous-mêmes ». Rousseau propose, lui, une autre définition du contrat social: il faut que chacun d’entre nous reconnaisse la décision publique comme sa propre décision. Ainsi, en obéissant à la loi commune, nous n’obéirons qu’à nous-mêmes, et nous pourrons continuer de nous trouver aussi libres qu’avant !!!

Nous nous interdisons ainsi de contester, et encore plus de combattre, toute décision collective ce qui, en soi, est un renoncement à nos libertés individuelles …

Par là, Rousseau se montre, bien sûr, tel un précurseur de la Révolution française, dont il est, à n’en pas douter, l’un des plus grands inspirateurs.

En découle, selon moi,  le fait que cette conception de la Société asservit l’Homme. Une fois qu’il s’est fondu dans le tout, il n’existe plus en tant que personne. Le tout, c’est à dire le Parti ou l’État quand celui ci est « confisqué » par un Parti unique,, peut tout sur l’individu, qui lui a délégué ses pouvoirs. Toute désobéissance au Parti ou à la loi, est punie de mort civile quand ça n’est pas de mort tout court dans les pires régimes totalitaires. C’est la fin du « libre arbitre »cher à toute conception libérale de la société.

Ainsi, la voie est ouverte aux Saint-Just, aux Robespierre, et à tous les idéologues révolutionnaires qui leur ont succédé dans d’utopiques et sanglantes entreprises .

C’est par ce chemin que l’on peut, sans voir venir le danger, glisser soudain de la conception « jupitérienne » du pouvoir « macronique », qui tend à ressembler à un nouveau totalitarisme « soft », d’inspiration bourgeoise, un tantinet élitiste et snobinard, vers la conception « mélenchonienne »du pouvoir, d’inspiration rousseauiste, foncièrement « populiste », qui se rapproche de la « dictature du prolétariat » chère aux marxistes et dont Rousseau fut, sans aucun doute, l’un des inspirateurs naïfs et « généreux »….

La « Grande Aventure », quoi !!!

C’est pourquoi je continue à croire qu’une une société a besoin de structures qui rassurent par leur stabilité : famille, commune, région ou nation pour assurer sa survie. De même que toute société a besoin de repères identitaires solides pour assurer sa stabilité et maintenir sa cohésion.

Dans un monde devenu incertain, où pèsent de lourdes menaces, l’homme européen se sent vulnérable face à des dangers que ni Rousseau, ni Marx n’ont imaginés: les menaces climatiques, la perspectives de grandes migrations dont nul ne sait comment elles pourront être maîtrisées, la montée des risques de conflits armés qui se multiplient, le sentiment d’inquiétude, qui fait douter de la capacité de nos dirigeants à les maîtriser, tout cela n’incite pas à faire confiance , à terme, à ceux qui se bercent de l’idée salvatrice d’une fuite en avant au nom de ce qu’ils croient être « le nouveau monde », à la recherche désespérée de « l’Homme nouveau ».

Refusant de savoir d’où ils viennent, ils partent à la recherche d’un monde dont ils ignorent s’il peut encore laisser une petite place aux « bisounours »….

Sous Mitterrand circulait une blague qui le comparaît à Christophe Colomb qui lorsqu’il s’est embarqué pour les Amériques, ne savait pas où il allait. Lorsqu’il est arrivé, il ne savait pas où il était, pas plus qu’il ne savait quand ni comment il reviendrait. Mais tout cela n’avait pas d’importance, puisque le voyage ne lui avait personnellement rien coûté !!!

J’ai refermé, ce soir, ma vieille édition du « Contrat Social », avant d’aller me coucher, convaincu, une fois encore, que seul un libéralisme équilibré, respectant à la fois le besoin de Justice et la nécessaire défense des structures sociales héritées d’un long passé et qui seules ont su résister aux épreuves, peut permettre de calmer les angoisses justifiées de ceux qui doutent.

Le Conservatisme a encore un bel avenir face à un monde troublé et qui doute de son avenir.

L’Europe en crise ???


Merkel

Le résultat des élections allemandes provoque un réel désarroi parmi les « zélites » politiques au pouvoir dans les Démocraties européennes.

La Chancelière en difficulté !!! Et, nous dit-on, ces difficultés résulteraient de l’impossibilité de trouver le compromis sur lequel repose la stabilité politique allemande, face à la menace d’une spectaculaire irruption de l’Extrême-Droite au sein du Bundestag.

Au cœur de tous les débats qui agitent les plateaux télévisés, une seule et même question exprime l’angoisse, passé l’instant de la sidération, qui s’est emparée de ceux qui rêvaient depuis l’élection de Macron, de la reconstitution d’un couple franco-allemand conforme aux rêves déçus de ceux qui- sautant comme des cabris, en criant l’Europe, l’Europe, l’Europe – espérent une relance du « projet européen », dont nul ne sait en quoi il consiste réellement.

Car, faute d’un réel débat, à l’échelle du continent européen, et faute de rechercher un réel consensus sur l’Europe souhaitée par les peuples, il se développe dans presque tous les pays, une forme sournoise de suspicion à l’égard des « zélites », qui semblent avoir un « projet » caché qui alimente les réticences de ceux qui, qualifiés de « populistes », – la dernière injure à la mode – tentent de faire entendre démocratiquement leur voix.  Sans succès.

L’idée d’une Europe sans frontières à l’intérieur de laquelle les Européens, partageant un même socle de valeurs, circuleraient librement a été détournée au profit d’une Europe sans frontières extérieures, ouverte à une immigration incontrôlée, et condamnée à accepter avec fatalité, l’augure d’un envahissement de son territoire, l’acceptation d’un multiculturalisme enchanteur, doublé d’un métissage des peuples, et à contraindre ses habitants à renoncer à des éléments constitutifs de leur identité, pour se soumettre unilatéralement, – au nom d’un hypothétique « vivre ensemble » –  aux exigences de « nouveaux arrivants »qui ne se privent plus d’abuser de nos libertés pour contester nos valeurs, nos traditions, notre Histoire, notre culture et même depuis peu, notre langue …..

Il existe chez nos « zélites » une forme d’autisme qui les empêche d’admettre l’existence d’un fossé culturel à franchir par l’immigré qui rend ce « vivre ensemble » impossible, tel qu’il est perçu par ceux qui sont au contact quotidien de réalités insoupçonnées par ces mêmes « zélites », qui vivent à l’écart de ces réalités, confinées dans les « beaux-quartiers ».

Ceux que les « zélites » désignent sous le vocable volontairement réducteur « d’identitaires », un peu partout, en Europe, relèvent la tête.

Et partout, en Europe, cette forme de mépris dispense nos « zélites » de répondre aux interrogations, aux alertes, aux angoisses, et aux arguments de ceux qui, au contact quotidien d’une immigration dont nul ne sait quand ni comment son courant pourra être maîtrisé, sont obligés de déserter les quartiers et les banlieues où ils vivaient autrefois paisiblement, et où le sentiment d’un envahissement se développe, aggravé par les exactions, les « incivilités », les destructions, les agressions que les médias s’efforcent d’occulter pour en minimiser les conséquences aux yeux de ceux qui en supportent quotidiennement les effets.

Il existe un refus d’admettre que si le modèle d’intégration par les États européens de leurs immigrés a fonctionné correctement tout au long du XXe siècle avec des populations d’origines très différentes, ce modèle semble impuissant à  intégrer les populations de confession musulmane.

Les exemples quotidiens montrant le refus d’une proportion élevée de musulmans de s’adapter à nos mœurs et à notre mode de vie ne suffisent pas à ébranler les « certitudes » des fanatiques d’une société nouvelle, multiculturelle et largement métissée….

Mais les attentats djihadistes, et les nombreuses provocations qui témoignent du refus de trop nombreux musulmans d’accepter les codes de notre société judéo-chrétienne, ne font qu’aggraver, dans l’ensemble de l’Europe, un malaise qui explique, – s’il ne la justifie -, la montée en puissance de Partis populistes.

Les « populistes » estiment, à juste titre, que c’est à l’immigré de s’adapter aux sociétés dans lesquelles il pénètre et non aux sociétés de s’adapter à lui.

Or, il faut bien admettre que les sociétés européennes contemporaines ont de la peine à séduire nombre de jeunes musulmans qui, élevés dans leur milieu familial dans la détestation de nos modes de vie, ont tendance à constituer une « contre-société, à base de communautarisme et de rejet amer de notre culture.

Le procès d’Abdelkader Merah nous en a administré la preuve….Dans un article paru dans le Figaro, le sociologue Gilles Kepel, l’un de nos meilleurs connaisseurs des banlieues, nous en apporte la confirmation .

http://premium.lefigaro.fr/vox/societe/2017/10/26/31003-20171026ARTFIG00329-gilles-kepel-une-radiographie-de-la-contre-societe-salafiste.php

Si vous êtes un jeune musulman et que vous ne vous sentez pas à l’aise dans le monde des grandes surfaces, de Disney World, de la téléréalité et du fast-food, et de la pornographie, et que vous vous cherchiez un idéal, quelles options avez-vous? Le communisme? Il a fait faillite. Le christianisme? La majorité des Européens le désertent….

Reste, pour des esprits certes peu cultivés, l’islam fantasmé des premiers califes.

Le jeune immigré musulman en vient à penser, comme le proclament les Frères musulmans, que «l’islam est la solution» : la solution à tous ses propres problèmes, comme à tous ceux de la société qui l’entoure. La charia devient la seule voie possible au bon gouvernement des hommes. « Il faut à tout prix revenir aux mœurs de nos pieux ancêtres » (les «salafs»).

Toutes ces réalités, qui « dérangent » ceux qui veulent les ignorer se conjuguent pour nourrir, dans un nombre croissant de pays européens, la montée de Partis contestataires, qui risquent de constituer une menace croissante pour l’équilibre et la stabilité de nos régimes démocratiques.

L’Allemagne vient, à son tour d’en faire l’expérience. La percée de l’extrême-droite dans ce pays qui croyait en avoir fini avec un passé toujours présent dans les mémoires trouble désormais le jeu politique et risque, à la faveur du « désamour » dont sont victimes partout en Europe, les Partis traditionnels, de constituer une vraie menace dans de nombreux pays.

Les « magouilles » électorales ne suffiront plus, bientôt, à contenir la montée en puissance d’un courant contestataire qui trouve sa source dans la défiance qu’inspire une Europe technocratique aux méthodes et aux objectifs de plus en plus opaques pour le citoyen européen qui attendait autre chose de ce projet qui a pu enthousiasmer ceux de ma génération.

Après le « Brexit », partout, en Autriche, en Hongrie, en Pologne, mais aussi en Italie, en France, et aujourd’hui en Allemagne, la menace se précise. Car les grands peuples ne sont plus sensibles aux discours abscons de ceux qui prétendent construire « leur » Europe contre la volonté des peuples….

Markel avoue s’être trompée en provoquant un « appel d’air » sans précédent pour la masse des candidats à l’immigration qui piétine d’impatience, de l’autre côté de la Méditerranée. Mais l’Allemagne n’a pas fini de payer cette erreur….

Être conservateur,…ou ne pas être ???


Il n’est pas en France de famille de pensée et de sensibilité politique plus méconnue et caricaturée que celle des conservateurs, auxquels j’assume mon appartenance, nonobstant le souffle de « l’air du temps », qui gonfle les voiles du « progressisme » ambiant : ce dernier voudrait nous convaincre, par médias interposés, que la Droite conservatrice, émiettée, n’existe plus.

En oubliant un peu vite le résultat électoral des primaires de la Droite qui ont porté, à la surprise de ceux qui avaient misé sur une victoire aux points de Juppé, à la tête du scrutin, le candidat Fillon, sans doute le plus « conservateur » de tous les concurrents.

J’ai toujours considéré qu’il valait mieux s’efforcer d’être un « conservateur éclairé » plutôt qu’un « progressiste borné », surtout à une époque où « le Progrès » ne se conçoit plus qu’à travers le reniement, l’oubli, voire l’effacement de tout ce qui a précédé : nul n’échappe aujourd’hui à l’évocation enthousiaste et naïve de « la fin du monde ancien » et de l’avènement du « monde nouveau »….

La lecture de Tocqueville m’a enseigné que le penchant vers « l’égalitarisme » du processus démocratique s’oppose à l’expression d’un courant « libéral conservateur »et génère tôt ou tard la « crise de l’autorité », à laquelle la plupart des Démocraties sont, aujourd’hui, confrontées : il suffit pour s’en rendre compte de se référer aux sondages qui sont devenus l’étalon de la popularité des Chefs d’État. Après de Gaulle, qui, pendant longtemps a bénéficié d’une légitimité due à la place qu’il occupe dans l’Histoire du pays, mais qui a fini par s’éroder pour aboutir à la « chienlit » de Mai 1968, tous les Chefs d’Etat en sont victimes.

Le taux de popularité du Président Jupiterien que la France s’est donnée, après six mois de mandat, est spectaculairement inférieur à celui de Hollande à la même époque, lequel était lui-même très inférieur à celui de Sarkozy, lui même inférieur à celui de Chirac etc….

Notre époque a un talent fou pour brûler ses idoles d’hier…

Qu’est-ce qu’être « conservateur » et à quoi cela sert-il si tout est aboli et supprimé dès que l’on disparaît? Pourquoi s’acharner à maintenir, à préserver ce qui sera très bientôt perdu, ou confisqué par un État vorace, sans que ses descendants, ses amis, ses disciples puissent obtenir la moindre parcelle de ce qui a été patiemment construit ou amassé tout au long d’une vie?

Mais aussi, pourquoi, en ce cas, se projeter dans la durée et s’empêcher de tout dépenser au plus vite, en égoïste, sans limite ni discernement en proclamant : « que chaque génération se débrouille » ( pour rester correct )  !!!

La remarque n’est pas absurde à un moment où « le monde nouveau » s’interroge sur la légitimité de l’héritage dont procède « le conservatisme » au sens actuel du terme….

Pour moi, « être conservateur », demeure inséparable de la notion de fidélité. Fidélité à ses origines, aux liens du sang qui rassemblent la famille, fidélité à des traditions, à l’héritage culturel légué par « les anciens », et pour ceux qui sont croyants, fidélité à l’appartenance à une communauté partageant la même foi et les mêmes principes de vie.

Pour moi, si « être progressiste » consiste à célébrer le rejet de l’autorité et de la morale commune héritée de nos traditions, ou à célébrer le saccage de l’École des Beaux-Arts et à lacérer, en Sorbonne, le Richelieu de Philippe de Champagne, ou à faire passer des bateleurs d’estrades pour des orateurs, et des guignols stupides pour des humoristes, alors,….. je me sens plus « conservateur » que jamais.

L’ironie teintée de mépris avec laquelle on évoque le « c’était mieux avant »me révolte. Je ne dis pas que TOUT était mieux avant !!!!Mais je reste sceptique sur les perspectives d’un « monde nouveau » qui donne souvent l’impression de ne pas savoir où il va….sans doute parce qu’il s’obstine à refuser de savoir d’où il vient.

Le « transhumanisme », ce n’est pas ma tasse de thé, pas plus que la GPA et bien d’autres « progrès » de notre « civilisation »….

Cette volonté systématique de cracher sur le passé et sur la tradition me révolte. Il est devenu intelligent de célébrer les délires de la contre-culture et la haine de la vraie culture.

La musique, la vraie, celle de la sonorité profonde et « boisée » du violoncelle et mieux encore, celle de l’orchestre symphonique accompagnant le concertiste dominant son piano à queue, a été étouffée par la « musique électronique » qui confond trop souvent les bruit et la débauche de décibels avec celui des sons harmonieux d’une symphonie.

On célèbre la déculturation de l’école et l’abandon de la transmission du patrimoine littéraire. Même la langue française, ce superbe héritage, se voit contester et soumis à des velléités de « rafistolage » par des bricoleurs. 

On assiste à la ruine de l’enseignement supérieur, sous la pression d’un égalitarisme hystérique proclamant le droit de tous aux diplômes universitaires.

J’appartiens à une génération qui a été « enseignée » par des Maîtres respectés, parce qu’ils se respectaient eux-mêmes. Ils arrivaient en classe, costumés, cravatés, bien rasés et « propres sur eux ».

Du même coup ils avaient une légitimité à vérifier, avant d’entrer en classe, la propreté de nos mains, a exiger que l’on ne s’assoie pas avant d’en avoir reçu l’autorisation, et que l’on « lève le doigt » pour demander à prendre la parole afin que la classe ne se transforme pas en un véritable « foutoir » où la parole de l’enseignant devient inaudible.

bugeaud-les-profs

Lycée Bugeaud d’Alger : nos Profs. Années 50.

Je n’ai jamais pu me résoudre à choisir entre les deux grandes tendances qui inspirent la gauche qui s’est emparée du qualificatif de « progressiste »: le collectivisme et le courant libertaire.

Aux deux pôles extrêmes et largement antagonistes de cette gauche, jugée « irréconciliables » par quelques uns  de ses éminents dirigeants, on trouve le projet d’une société unanime aux individus standardisés, totalement soumis au dogme de l’égalité, face à une Gauche libertaire ivre de ses fantasmes individualistes et de ses désirs de jouissance, qui confond la libération de l’individu avec la satisfaction de toutes ses pulsions et de ses caprices.

Qui ne voit qu’avec l’élection de Macron s’est accompli pleinement le grand basculement par lequel la gauche libertaire,  a pris le pas sur la gauche collectiviste d’inspiration marxiste ???

Car si le souhait de voir la France sortir de l’ornière où l’ont engluée trois ou quatre quinquennats de laxisme et de lâchetés maquillées en preuves de « tolérance », est présent dans l’esprit de chaque Français attaché à son pays, il y a fort à craindre que si ce succès se révèle, il sera payé au prix fort par des « réformes sociétales » présentées comme des avancées majeures de nos sociétés, et qui ne seront rien que des atteintes portées à la « morale traditionnelle », celle dont nous sommes les héritiers.

Des atteintes qui mettent en danger, non seulement la paix sociale des générations futures, mais encore la survie de l’espèce humaine dont les gènes sont désormais entre les mains de quelques « Professeurs Folamour »qui contribuent déjà à l’émergence d’une génération d’enfants qui ne grandiront pas, comme c’est le cas depuis que l’humanité existe, entourés de l’affection d’un père et d’une mère….

De même, je demeure sceptique sur le devenir d’une Europe occidentale dévotement soumise à la « religion » des Droits de l’Homme, dont le dernier postulat à la mode est que le déferlement sans fin de l’immigration extra-européenne est inscrit dans sens de l’histoire de ce Continent . Héritage d’un marxisme moribond qui tenta d’imposer l’idée saugrenue et fataliste d’un « sens de l’Histoire »auquel il serait criminel de s’opposer, et que l’Histoire elle-même s’est chargée de démentir.

En conséquence de quoi, il faudrait accepter l’idée que les Européens n’auraient d’autre alternative que celle de se plier avec empressement à une fatalité historique qui nous est présentée comme le dernier avatar « généreux » du progressisme…..

J’observe, n’en déplaise aux « belles âmes » que des pays comme la Hongrie, la Pologne ou la Tchéquie, qui furent martyrisés par le communisme, ont été du même coup protégés contre l’endoctrinement des fanatiques du « droits-de-l’hommiste ».

Si bien qu’ils sont restés eux-mêmes, ils ont gardé l’amour et l’estime qu’un peuple sain se porte naturellement à lui-même.

Ayant été victimes du stalinisme, ils ne se sentent coupables de rien, contrairement aux peuples d’Europe occidentale. Ils se sont du même coup, protégés du masochisme occidental qui découle de la « religion » des Droits de l’Homme.

Ils apprécient les libertés publiques – la propriété individuelle, la liberté d’expression, et la prospérité – aux quelles leur appartenance récente à l’Union Européenne leur a donné accès, mais ils sont vaccinés contre les grands discours prétendument vertueux inspirés par l’utopie d’une Europe « ouverte » et « sans frontières ».

Refusant de faire des Droits de l’Homme l’alfa et l’oméga de leur politique, des pays comme l’Autriche, la Hongrie, la République Tchèque, la Pologne – dont il faut observer qu’ils forment sensiblement le cœur de l’ancien empire Habsbourg et qu’ils ont payé, – il y a trois siècles à peine -,  le prix du sang pour se libérer de la menace et du joug musulman de l’Empire Ottoman – se donnent du même coup la possibilité d’apporter une réponse politique – et non pas vertueusement suicidaire – aux grands défis de l’immigration extra-européenne et de l’islamisation.

Je pourrais allonger la liste des raisons qui me renforcent dans mes convictions « conservatrices », et alimentent mon scepticisme à l’égard des emballements que suscitent les promesses d’un « monde nouveau ».

Les dévots du « macronisme » ne devraient pas perdre de vue le fait qu’avec 24 % des voix au premier tour de la présidentielle, Macron part d’une base électorale restreinte. Il était flanqué d’une opposition de droite qui, en additionnant les voix de François Fillon et celles de Marine Le Pen, dépassait les 40 % du corps électoral, tandis que l’opposition de gauche s’élevait à 28 %. Redoutable équation pour celui qui aurait tendance à se prendre pour « César » !!!

La lecture d’Orwell, d’Huxley, de Caldwell, et celle d’Huttington, m’ont rendu méfiant à l’égard de trop de perspectives que les lubies progressistes et les emballements naïfs d’une « bobocratie » satisfaite d’elle-même tentent de nous faire passer pour les conquêtes d’un horizon indépassable…. 

Alors, être ou ne pas être conservateur ???

La réponse appartient à ceux qui ne supportent pas de vivre en marge des idées à la mode mais aussi, à ceux qui ne craignent pas le mépris et les invectives de ceux qui, évangélistes du « monde nouveau » croient détenir la Vérité, en vertu du bric-à-brac de prétendues valeurs qu’ils se sont auto-fabriquées….

Le rêve andalous : un fantasme ???


Patio andalous

C’est une banalité que de prétendre que l’Histoire ne peut se jauger et s’apprécier qu’à travers le miroir du temps long.

Notre époque le démontre, jour après jour : le jugement porté par les « Historiens » sur les faits, et les évènements historiques est éminemment fluctuant, et ses fluctuations dépendent essentiellement des variations du climat idéologique ambiant.

Nous traversons une époque caractérisée par l’affaissement des idéologies. Le phénomène  est particulièrement  ressenti s’agissant des idéologies marxisantes qui ont dominé la pensée française au cours des années écoulées.

Ces idéologies ont alimenté un certain nombre de contre-vérités, autour de la dénonciation du fait colonial, dont découle un irrépressible besoin de repentance, et s’agissant de la France, qui a vécu le processus de décolonisation comme un tragique psychodrame, un désir frénétique de se faire pardonner ses fautes passées en manifestant l’angélique volonté de réévaluer sa relation avec l’Islam.

Une faiblesse qu’exploitent trop de Musulmans, à la recherche de justifications de leur incapacité à s’inscrire dans un monde moderne dont ils sont devenus soit les spectateurs de leur propre déclin, soit les rivaux jaloux et inquiétants quand il ne sont pas entraînés dans des pulsions criminelles et destructrices…

Les chroniqueurs de notre époque, trop souvent enclins à une forme insidieuse de soumission à l’Islam par haine de la civilisation chrétienne dont ils sont issus, ont rivalisé d’inventivité pour réécrire l’Histoire en tentant d’effacer les pages sombres de notre relation avec une religion qui, de tout temps, a été conflictuelle tant elle s’est  montrée agressive et conquérante.

Parmi les idées répandues par une « sous-intelligentsia » marxisante occupant le haut du pavé de notre vie intellectuelle, il y a celle qui consiste à réécrire l’Histoire de la période au cours de laquelle le pourtour de la Méditerranée était sous domination arabe.

Des historiens de pacotille tentent de nous faire oublier ce qu’a été, en réalité, l’occupation musulmane du Sud de l’Europe.

Pour « faire simple », je dirai que les idées répandues, – non sans arrière-pensées obscures -, consistent à décrire les Croisades – dont le but était de délivrer d’un envahissement musulman des terres que les Chrétiens d’Orient occupaient depuis des siècles – comme des expéditions ravageuses et quasi criminelles, alors que l’envahissement par des hordes de cavaliers arabes réputés pour leur cruauté, du Sud de l’Europe se seraient traduites par un progrès pour notre civilisation.

De là découle une autre escroquerie intellectuelle qu’un Historien espagnol  dénonce dans un ouvrage intitulé « El Andalus, l’invention d’un mythe ».

Dans cet ouvrage récent traduit de l’Espagnol par Nicolas Klein, Serafin Franjul , qui est à la fois philologue et professeur de littérature arabe, dénonce le mythe romantique d’un Islam éclairé qui, dans une démarche « missionnaire » et « civilisatrice » aurait enfanté, notamment en Andalousie, une sorte de »Paradis perdu » au cœur d’un Moyen Age européen, où Musulmans ; Juifs et Chrétiens cohabitent pacifiquement et s’enrichissent mutuellement dans une mixité culturelle, à l’ombre de la Grande Mosquée de Cordoue.

Ce mythe, scrupuleusement entretenu par certains de nos historiens contemporains, correspond à une volonté « politiquement correcte » de nous faire croire que cet « Islam des Lumières » a réellement existé et qu’il pourrait redevenir un modèle de société répondant aux besoins de notre époque et à la nécessité de cohabiter pacifiquement, en Europe, avec un monde musulman.

En 700 pages d’une cruelle précision, Fanjul, docteur en philologie sémitique, professeur de littérature arabe et ancien directeur du Centre culturel hispanique du Caire, broie la légende d’un multiculturalisme précoce et éclairé. Il défait un mythe qui doit beaucoup au romantisme et à un exotisme de pacotille entretenu par de écrivains qui étaient bien plus des poètes que des historiens, et illustré par une multitude d’images véhiculées par des peintres orientalistes fascinés par le « mirage oriental ».

Anti-franquiste, Serafin Fanjul n’est pas un « militant » de l’Espagne catholique, pas plus qu’un contempteur de l’Islam . Mais, armé d’une immense érudition, il a décortiqué les chroniques de l’époque, souvent écrites en langue arabe, une langue peu connue par nos historiens, ce qui explique souvent de graves malentendus dans l’interprétation de cette religion.

Ces chroniques ,dans la langue du Coran, il les a confrontées aux clichés ambiants, du type de ce savoureux point de vue de l’historien arabisant Garcia Gomez : «  La cohabitation de toutes les races et de toutes les religions avait créé une atmosphère morale, pure et exquise…. La même que celle qui existait dans la Bagdad des Mille et Une Nuits mais dépourvue de tout ce que l’Orient a pour nous d’obscur et de monstrueux : l’air subtil et rafraîchissant de la Sierra Morena l’avait occidentalisée « !!!

Une forme indépassable de l’angélisme culturel …

À propos de la « cohabitation », Fanjul nous rappelle la longue et fastidieuse liste des tueries de chrétiens sans oublier les pogroms qui ont ensanglanté cette époque. Il nous décrit dans le détail du quotidien, en quoi consistait le statut de dhimmi pour un non-musulman: par exemple, ne pas parler à voix haute à un musulman ou ne pas construire une maison plus haute que la sienne.

Al-Andalus, paradis sensuel, comme se complut à l’imaginer Théophile Gautier?

Fanjul nous remémore qu’elles étaient les prescriptions d’un islam devenu très rigoriste sous l’influence des Almohades. Interdiction de tous les jeux, notamment les dames et les échecs, prohibition de la musique et relégation des femmes.

Les islamistes n’ont rien inventé.

Dans un esprit voltairien qui n’est pas pour me déplaire, Fanjul conclut: «Ce que l’islam a perdu n’est en rien un paradis originel (…). Que les musulmans réfléchissent donc et ne nous impliquent pas dans leurs frustrations et leurs échecs: ce sont les leurs avant toute chose.»

Car la tendance est ancrée dans l’esprit de nombreux musulmans, à considérer que les retards, l’incapacité du monde musulman à entrer dans la modernité sont imputables à l’Occident et à la « colonisation » alors que les causes de ses échecs, le monde musulman doit les rechercher dans sa propre Histoire et dans le modèles de société que lui imposent les prescriptions du Coran.

«Al Andalus l’inventiond’un mythe», de Serafin Fanjul, traduit de l’espagnol par Nicolas Klein, L’Artilleur, 708 p., 28 €.