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Petit despote « en marche »….


 

 

L’affaire de la démission du Chef d’État Major des Armées n’est pas qu’un « incident de parcours ».

Elle révèle, à travers le comportement du Président de la République, l’émergence d’un petit despote en herbe, dont le succès électoral – qui doit être nuancé, car 57% de Français ne lui ont pas accordé leur voix -, semble l’avoir grisé.

Ce personnage sorti de nulle part, et dont beaucoup de Français pensent qu’il est une « créature » d’un système médiatico-financier qui aurait trouvé, en lui l’instrument permettant d’imposer aux Français, un modèle de société qu’ils refusent majoritairement, tant est grande leur défiance à l’égard de l’oligarchie dont il est issu et qui est celle qui a conduit le pays au bord de la faillite et de la fracture ….

Car cette « affaire », si on l’analyse à travers les faits tels qu’ils se seraient déroulés, montre clairement que Mr Macron a un très sérieux problème d’ego.

De toute évidence, il ne supporte pas la moindre contradiction et encore moins, la moindre opposition y compris lorsque celle ci s’exprime selon les règles éprouvées de la Démocratie.

Car ce Général démissionnaire, entendu selon les formes constitutionnelles, par la Commission de la Défense nationale, n’a rien fait d’autre que de remplir son devoir en expliquant, devant cette Commission, les difficultés que l’Armée rencontre dans l’exercice de sa mission, et en contestant des mesures de restrictions budgétaires sévères, prises sans concertation avec ceux qui auraient à les mettre en œuvre, et contraires aux engagements et aux promesses faites à ce même Général au moment de la prolongation de son mandat.

Les Parlementaires, – toutes familles politiques confondues -, y compris, parmi eux, certains membres de la Commission de la Défense Nationale, qui se sont exprimés sur cette affaire l’ont fait sans équivoque: le Général était parfaitement dans son rôle, s’exprimant à huis-clos devant une instance parlementaire dont le rôle est de contrôler la politique gouvernementale.

Je ne suis pas certain que « cette affaire » nuise au prestige de ce Général dont tout le monde s’accorde à reconnaître les grandes qualités morales et tout particulièrement le courage.

Par contre, cette affaire constituera une grosse tache sur l’image que cherche à imposer le Chef de l’État, celle d’un chef « jupitérien » devant lequel chacun doit se coucher….Elle mettra de nombreux Français en alerte sur les risque d’une dérive dangereuse de « l’État Macron »….

Car l’avertissement donné aux Armées est sévère : il s’adresse en même temps à tous les Directeurs des Administrations. Mr Macron ne supportera « ni commentaire ni opposition » à ses décisions….

Cet épisode marque, sans aucun doute,  le retour au réel du président et c’est peut-être le début d’une longue série…

D’autres chantiers comme l’Université l’attendent où il aura également du mal à tenir ce fameux «en même temps» qui consiste à promettre une hausse des budgets et des investissements dans de nombreux secteurs et une réduction du déficit public….

Nous sommes « en marche » vers une sorte de « despotisme doux » qui, peu à peu, remplacera le « communisme mou » dans lequel la France se vautre depuis tant d’années….

Macron va devoir nous montrer s’il a autant d’autorité sur les corps sociaux auxquels il va devoir s’attaquer que sur les militaires habitués à obéir….

Le vieil homme….


Thon

L’homme et la mer

Charles Baudelaire

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

Charles Baudelaire

Rien de mieux, pour fuir une actualité décevante, que de se réfugier dans la Littérature dont les mots traversent le Temps, ce Temps qui fuit, et dont chaque minute devient précieuse à qui sait que la vie est courte….

La littérature nous aide à oublier les misères du quotidien.

La semaine dernière, errant une fois de plus, à travers les rayons de la grande Librairie « Filigranes » de Bruxelles, je tombe en arrêt devant un livre que j’ai dû lire une bonne dizaine de fois, à l’époque où, passionné de pêche et de chasse sous-marine, je dévorais tout ce qui, en littérature, avait trait aux choses de la Mer.

« Le vieil homme et la mer », ce petit chef-d’œuvre d’Hemingway me tendait les bras et m’invitait à plonger, encore une fois – peut-être la dernière pour moi – dans la lecture de la prose de cet auteur dont l’œuvre sait si bien évoquer la dimension tragique de l’héroïsme dans certaines circonstances de la vie humaine.

J’ai toujours aimé lire ceux qui savent de quoi ils parlent….C’est le cas d’Hemingway qui a toujours vécu dangereusement….

Le vieil homme que je suis devenu retrouve à la lecture de cet ouvrage, des émotions qu’il a connues, plus jeune, lorsque seul sur son bateau il attendait que « ça morde », et remontait sa palangrotte, le cœur battant, impatient de savoir quel était le malheureux poisson qui frétillait pour tenter de décrocher l’hameçon qu’il avait imprudemment avalé, dans l’espoir d’échapper à la friture….

Mais « Le vieil homme et la mer » n’est pas qu’un simple histoire de pêche !!!.

C’est l’histoire d’un vieux pêcheur malchanceux, qui revient trop souvent bredouille, jusqu’au jour où aux prises avec un énorme marlin, il rencontrera pour une courte durée, et après un combat héroïque, la chance de sentir que l’énorme poisson a mordu l’hameçon . Une chance de courte durée car le marlin, trop gros pour être remonté à bord du petit bateau, sera dévoré, sur le chemin du retour par les requins qui rodaient dans les parages….

C’est aussi l’histoire de l’amitié entre le vieux pêcheur et un enfant à qui il a tout appris de la pêche, racontée avec beaucoup de sensibilité et des mots justes par un Hemingway au sommet de son art de conteur.

A une heure avancée de la nuit, et au moment de refermer ce petit livre de 141 pages, je sentais que le sommeil m’envahissait.

En fermant les yeux, je me suis revu enfant.

Mon père avait, en Algérie,  pour copain un certain Mr Martinez, qui tenait à Francis Garnier, un tout petit village de bord de mer, sur la route de Ténès, une petite auberge, très modeste: il n’y avait que deux chambres équipées chacune d’un vieux lit de deux étagères et d’un lavabo.

Pour me récompenser d’avoir réussi au BEPC, mon père m’avait offert une semaine de vacances dans cette auberge me laissant aux bons soins de Mr Martinez, un petit vieux tout voûté, et de son épouse, une brave femme pleine de gentillesse et d’attention pour le gamin de 14 ans que j’étais.

La spécialité de la table de cette auberge, c’était le poisson frais que Mr Martinez ramenait de sa pêche tous les jours, à bord de sa « pastera », un bateau pointu, qui n’avançait qu’à coups de rames.

Pendant mes huit jours de vacances, je fus, tous les matins, celui qui devait ramer jusque sur les lieux de pêche, c’est à dire pendant une bonne heure et autant au retour. Le vieil homme m’encourageait tout en mâchonnant un petit bout de bois qu’il promenait d’un bord à l’autre de sa bouche moustachue.

Avec lui, j’ai appris à « monter une palangrotte », à amorcer un palangre composé de centaines d’hameçons, et à « caler des filets »….

Partis au lever du jour, nous revenions sur le coup de 11 heures avec deux corbeilles de vigneron remplies de dorades roses, de sarres aux couleurs d’acier, de rascasses rouges aux dards dangereux, d’oblades grises avec leur tache noire sur la nageoire codale, et surtout de pageots dodus qui frétillaient encore en arrivant à l’auberge….

Les mains douloureuses en raison des ampoules encore saignantes, je me jetais sur le verre de menthe à l’eau glacée, épuisé mais heureux, conscient d’avoir été initié aux vieux secrets de la pêche par ce vieil homme usé par le temps, au visage buriné par les embruns, le sel et le soleil, dont la pêche était le gagne pain et la mer, le seul horizon. Mais quel horizon !!!

Le vieil homme que je suis n’a jamais oublié ces moments là. Et c’est sans doute à ces moments que je dois l’affection particulière que j’ai depuis toujours pour le personnage d’Hemingway.

 

Voltairien….


Cela explique tout le reste…

Tempus Fugit....

Publié le 4/10/2007 sur mon ancien blog « berdepas.blog.lemonde.fr ».
Au cours d’une conversation sympathique, autour d’une excellente bière (belge) bien fraîche, un ami, qui de temps à autres, fréquente les pages de mon blog, se demandait hier soir ce qui me poussait à être aussi ironiquement provocateur, avec un soupçon de parti pris vachard dans mes propos. Je m’en suis tiré par une boutade, qui m’a épargné d’avoir à en dire plus long sur moi même….
Mais,de retour chez moi,cette conversation a continué à m’occuper l’esprit, m’empêchant de m’endormir de mon sommeil de plomb, comme chaque soir.
Quelques scènes de mes jeunes années me sont revenues à la mémoire.

Lycée Bugeaud, à Alger, en 1948. Classe de seconde C. Le « prof de lettres », un dénommé Poupon,- ce qui, déjà, m’incitait à la moquerie facile – était un communiste déclaré, qui avait ses « chouchous » , dans une classe d’élèves issus en majorité du quartier…

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Du haut de mon Aventin….


la+deuxième+sécession+de+la+plèbeRetiré sur mon « Aventin » comme plus de 57% de citoyens français en âge de voter et qui se sont abstenus lors d’une élection présidentielle extravagante, j’attends désormais de voir ce qui va advenir.

Je reste convaincu que l’Histoire, avec le recul qui sied aux historiens, dira, un jour, si le « coup d’État institutionnel »qui a porté Jupiter à la tête de ce qui reste de la démocratie française aura permis de sortir la France de l’état de torpeur dans lequel plusieurs décades d’un régime politique qui s’apparente à une sorte de Communisme mou et de totalitarisme « soft »l’ont plongé….

Pour être parfaitement sincère, je dois dire avec force, que je ne souhaite pas l’échec du gouvernement de « marionnettes » dont la France s’est dotée. Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, j’aime trop mon pays pour souhaiter que celui ci affronte de nouvelles épreuves qui le décrocheraient définitivement du peloton des Nations qui avancent et qui comptent dans le monde.

Mais je demeure sur ma réserve, convaincu que l’on ne gouverne pas à coups de tours de « passe-passe », et que pour reprendre une litote que j’emprunte à François Mitterrand, « on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment »….

Car le mélange de « verticalité » jupitérienne sur le plan économique, et d’horizontalité soixante-huitarde sur le plan sociétal qui semble être le fil conducteur de la politique que Macron entend mettre en œuvre, ne me dit rien qui vaille.

J’éprouve, depuis toujours, une aversion naturelle, à l’égard des héritiers de la « pensée 68 » qui depuis plus d’un demi-siècle nous expliquent qu’il faut abattre « le monde ancien » sans être capables de nous expliquer clairement vers quel « nouveau monde » ils voudraient nous conduire….

Leur discours nébuleux – auquel mes 84 ans m’ont habitué – s’abrite derrière une forme de volapük que Wikipédia définit comme « une langue agglutinante à structure d’actance accusative » : selon eux, la France est devenue un pays « à vomir »aux relents pétainistes, colonialistes, que de « brillants intellectuels »trainent systématiquement dans la boue pour le soumettre au jugement de ceux pour qui de Gaulle était un fasciste, mais pour qui Lénine, Trotski, Staline, Castro, Mao ou Pol Poth furent d’aimables »héros de la libération des peuples »….

Ces mêmes « zintellectuels » ( je pense à Roland Barthes dans une de ses leçons au Collège de France ) nous expliquent du haut de leurs chaires universitaires, que la langue française est « fasciste » et qu’il faut consciencieusement s’appliquer à la détruire, ce qu’un quarteron de « pédagogistes » ont entrepris de faire depuis un quart de siècle, en faisant des bancs de l’Ecole, le lieu où des générations d’enfants « désapprennent » à parler et à écrire en Français, ainsi qu’à faire des additions, des soustractions, des multiplications, et des divisions…..

Et qu’on se le dise !!! Tous ceux qui refusent d’adhérer à ce catéchisme de la modernité, sont définitivement classés dans la catégorie méprisée des ringards et des déclinistes….

Mon cuir s’étant durci avec l’âge, ce discours ne m’atteint pas….

Mais nul ne peut m’empêcher de faire observer que depuis quelques mois la France vit sur un petit nuage: les mots qui comptent sont ceux de «renouvellement», de «jeunesse», de « bienveillance », d’apparition de «nouveaux visages» (dont beaucoup ont été reliftés pour l’occasion ou ont été accolés à celui, angélique, d’Emmanuel Macron), le tout baignant dans une atmosphère d’«énergie», de «dynamisme», d’«optimisme»…

Pour appuyer cette magie du verbe, une mise en scène « maîtrisée » par des professionnels de la communication a pour but,- illusoire – sinon de résoudre, tout au moins de faire oublier les angoisses et fractures de la société française, en évitant les sujets qui fâchent: incivilités et violences, insécurité sociale et culturelle, vagues migratoires, influence des salafistes et des Frères musulmans dans certains quartiers, revendications de la PMA et de la GPA pour tous

Ce nuage temporaire qui culmine après la victoire d’Emmanuel Macron a tout d’une fuite dans le rêve imaginaire d’une France réconciliée, d’une « Union européenne et d’une mondialisation heureuses » ( mais sans préciser pour qui…) peuplées de «motivés» et de « gagnants-gagnants » se réjouissant dans l’entre-soi, et communiant dans la bonne nouvelle du nouveau monde annoncé.

Il faut néanmoins admettre que l’irruption de Macron dans le cours de notre histoire contemporaine n’est pas fortuite.

Elle correspond à une mutation sociologique et générationnelle, dans la mesure où elle marque l’arrivée au pouvoir de catégories sociales qui ont été éduquées et formées dans un terreau sociétal qui n’a plus grand-chose à voir avec les cadres culturels et idéologiques qui ont antérieurement, bon gré mal gré, structuré les générations aux quelles j’ai appartenu.

Ce phénomène dépasse largement le cadre du mouvement «En marche» : mais celui-ci a su se constituer en structure d’accueil à une génération de jeunes « motivés » et diplômés, qui ont une certaine idée d’eux-mêmes et de leurs talents, mais qui sont, surtout, le produit d’une société libertaire et d’un modèle éducatif profondément dégradé par des années d’un « pédagogisme » sans frein et d’un laxisme  s’opposant à toute forme d’autorité et de discipline.

«Qu’importe la rigueur intellectuelle, la significations précise des mots, l’Histoire…, le langage réduit à un outil de communication est devenu fluide et flottant.»

Tout cela se traduit par une crise intellectuelle sans précédent : celle du rejet, dans l’oubli, des grands récits historiques ajoutée à la méconnaissance des « expériences idéologiques » passées  entraîne un changement dans le rapport à la politique et à la culture.

La crise identitaire qui en résulte est aggravée par la perte des repères moraux qui ont structuré les comportements des générations aux quelles j’appartiens.

Ma génération n’a jamais autant entendu parler de «vivre-ensemble» en ignorant les difficultés des rapports humains, et sociaux qu’impliquent le déclassement de catégories sociales entières et l’apparition d’une vague incontrôlée d’immigration de masse….

J’ai conscience d’appartenir à une génération qui s’éteint et dont l’opinion ne compte plus guère quand il s’agit du futur de mon pays. Ma génération, celle des « années glorieuses », sait que le retour des beaux jours n’est pas pour demain….

Il n’empêche que je reste convaincu, du haut de mon Aventin, que mon pays ne s’en sortira pas grâce à des artifices de communication.

Et que le seul chemin qui peut conduire à son réveil et à son redressement c’est celui qui consiste à remettre la loi, l’ordre, la République, la stricte laïcité, les valeurs de travail et d’excellence au centre du fonctionnement de la cité, et à replacer la politique étrangère sous le strict sceau des intérêts de la France.

Cela  signifie, entre autres, qu’il faut considérer l’Europe comme un moyen, et non comme une fin en soi, pour moderniser l’économie française en adoptant un programme de réformes drastiques qui ramènera le coût de l’action publique à son juste niveau, afin de sortir, enfin du « communisme mou », caractérisé par l’accaparement par un Etat vorace de 57% de la richesse nationale.

Si, par bonheur, Macron réussissait cet exploit, je serais parmi les premiers à le saluer.Pour l’heure j’attends de voir comment il passera du Verbe à l’Action…..

La Droite à la recherche d’elle-même.


vita latina

La Droite française est désemparée.

Il faut reconnaître que, paresseusement, elle s’était contentée d’attendre la fin du quinquennat catastrophique de Hollande pour bénéficier d’une alternance qui lui semblait promise, ce qui la dispensait de faire les efforts nécessaires pour repenser en l’actualisant son message politique et pour renouveler un leadership à bout de souffle, car épuisé par les « combats de chefs »….

Elle a cru pouvoir, enfin, faire émerger un leader incontesté en singeant le Parti Socialiste et en s’imposant la redoutable épreuve des « primaires » qui a fait émerger en Fillon, un candidat qui attendait son heure après avoir été dans l’ombre d’un Sarkozy usé jusqu’à la corde, et à propos duquel il m’a parfois été reproché par les lecteurs de ce blog de considérer qu’il n’avait pas de pire ennemi politique que lui-même ….

L’Histoire dira peut-être, un jour, qui a tiré les ficelles d’un hold up monté de façon magistrale et qui s’est transformé en un coup fatal pour la Droite: l’affaire était conçue pour tuer politiquement et elle a permis de descendre en plein vol le candidat Fillon qui semblait pourtant être celui des leaders de la Droite qui avait le plus travaillé son programme de redressement du pays.

La stratégie était imparable et digne, par son habileté, d’une manœuvre que n’aurait reniée  Bonaparte, en stratège de la grande époque : en frappant les armées de la Droite à la tête, le combat ne pouvait que conduire cette dernière à la défaite, car une Droite sans chef n’est plus qu’une armée mexicaine condamnée à la déroute.

Le vote de dimanche prochain consacrera sans doute la déconfiture de cette Droite qui, pour se relever, devra se choisir une ligne politique tirant les leçons des échecs passés, une stratégie de reconquête de son électorat, et un nouveau chef, ce qui ne sera pas l’exercice le plus facile….

Car la Droite républicaine paie ses hésitations à pratiquer une vraie politique de Droite, économe et rigoureuse dans la gestion des deniers publics quand elle est au pouvoir, tout comme le Parti Socialiste paie une politique velléitaire et libérale contraire à ses promesses et aux attentes de son électorat…..

Les notables bourgeois qui en ont pris le contrôle n’ont jamais su apporter des réponses claires aux interrogations du peuple de Droite :  sont-ils pour une France souveraine ou diluée dans l’Europe? Sont-ils pour une réforme profonde de la sphère publique? Sont-ils prêts au retour à un respect des marqueurs identitaires du pays, à une réorientation de notre politique étrangère pour vaincre le péril islamiste? Sont-ils désireux de réduire les dépenses d’État Providence afin de rendre au citoyen sa responsabilité? Estiment-ils que le monde est dangereux et que notre armée doit être forte, ou au contraire bienveillant et qu’en conséquence les frontières doivent continuer à disparaître?

Faute d’avoir su apporter des réponses convaincantes à ces questions qui, hélas, les préoccupent moins que leur sort personnel, ils auront été balayés par le souffle d’un vent venu d’ailleurs…

Tirer la leçon des échecs passés et surtout du nouvel état des lieux : l’analyse des résultats des différents scrutins conduira, sans doute, à un retour aux valeurs fondamentales d’une Droite qui n’a jamais su se dégager de l’emprise intellectuelle culpabilisante de la Gauche.

J’en veux pour preuve les sursauts d’indignation qu’ont provoqué durant les quinquennats précédents la seule évocation de l’émergence d’une « Droite décomplexée », comme si le destin de la droite était de « survivre » honteusement face à une Gauche qui s’est appropriée depuis toujours les thèmes de la Justice sociale et de la générosité.

La stratégie de reconquête du pouvoir devra prendre en compte une évolution majeure de la société française, évolution que la quinquennat de Macron ne fera qu’amplifier.

Car il existe désormais deux grands courants, à droite: celui de la Droite bourgeoise des grandes métropoles, prête à toutes les concessions et à tous les renoncements pour tenter de conserver sa place, « son rang », et ses privilèges, et celui de la Droite Populaire crispée sur ses valeurs identitaires et larguée par les effets d’une mondialisation dont personne ne maîtrise les conséquences à moyen terme, et qui ressemble à une sorte de fuite en avant sous couvert d’une course au progès dont nul ne sait quel en sera le point d’arrivée….

Quand à l’émergence d’un Chef, il faudra attendre les résultats et les conséquences des « combats de Chefs » qui ne manqueront pas d’émailler la vie politique des mois et des années qui viennent.

Dans un monde devenu instable et sans repères, la Droite Bourgeoise compte sur sa capacité d’innovation pour survivre. Elle ne voit pas qu’innover, c’est rompre avec le passé, déconstruire des valeurs traditionnelles pour inventer le monde nouveau mais c’est aussi se couper de ses racines et qu’il est devenu difficile de trouver un équilibre entre ces deux pôles qui lui avait permis jusqu’ici, de traverser le temps…

Tout cela, la « France profonde » le ressent : les résultats des élections récentes montrent que plus d’un Français sur deux s’installe dans la réserve et dans l’attente, ce qui fait peser un doute sur la légitimité du pouvoir qui s’installe.

Car la France profonde se méfie des feux de paille et des emballements, et encore plus lorsqu’ils sont « orchestrés » par de talentueux « communicants »

Le Voltairien que je suis, depuis toujours, se méfie de « Pangloss », « ce mentor de Candide, brocardé par Voltaire pour son optimisme impénitent, pour son «tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles» sans cesse asséné à son jeune protégé devant les pires catastrophes ».

Lucide et cramponné à ses propres « valeurs », le voltairien que je suis se méfie des Dieux, même lorsqu’ils descendent de l’Olympe….

Notre Macron est devenu en quelques mois, une vedette des médias français et occidentaux ébahis par une audace et un culot hors normes et qui se prend pour Jupiter, Dieu de l’Olympe, qui gouverne la terre et le ciel, ainsi que tous les êtres vivants s’y trouvant.

Je n’ai pas trouvé mieux pour conclure ce billet que de citer le propos de l’essayiste Jean-Claude Barreau (1) dans le Figaro ( Je cite ):

« En l’an 494 avant Jésus Christ, les citoyens pauvres de Rome s’estimant bafoués, quittèrent tous la ville et se retirèrent sur la colline de l’Aventin. Cet épisode est connu sous le nom de «Sécession de la plèbe». Les Patriciens furent obligés de faire des concessions. Ainsi furent créés les «Tribuns de la plèbe», inviolables et sacrés, chargés de défendre le peuple.

« L’histoire romaine (que l’on n’apprend plus) est riche d’enseignements mais aujourd’hui, seuls les plus âgés ont entendu parler au collège de la «Sécession de la plèbe».

« C’est bien dommage car c’est exactement ce qui vient de se passer . Le patriciat c’est-à-dire la petite moitié de Français gagnant plus de 3000 euros par mois a acclamé Macron. La plèbe, c’est-à-dire l’autre moitié gagnant en moyenne 1500 euros, la France périphérique de Christophe Guilly, délaissée par l’État, menacée dans son identité par une immigration trop nombreuse et que l’oligarchie au nom du «droit à la différence» se refuse à assimiler ( Alain Juppé a déclaré en mars dans le Figaro que «l’Assimilation était une folie»), victime désignée des «Plans Sociaux», s’est abstenue.

Abstention non encore hostile, résignée à laisser sa chance à Macron, mais qui pourrait le devenir.

C’est la première fois que l’électorat est ainsi séparé en deux, les «gagnants en Marche» «les perdants sur L’aventin».

Dans la précédente élection, le Président avait des partisans et des opposants à la fois dans le patriciat et dans la plèbe. Pour la première fois le partage électoral est complètement un partage de classe lourd de menaces. »( Fin de citation).

(1).- Jean-Claude Barreau, né en 1933 à Paris, est un essayiste français. Ancien conseiller sur l’immigration de François Mitterrand puis de Charles Pasqua et de Jean-Louis Debré.

 

 

Le rire de la « France d’en haut »


Je reblog, car je partage le point de vue de Maxime Tandonnet, plein de bon sens et de lucidité …..

Maxime Tandonnet - Mon blog personnel

La France d’en haut, parisianiste, privilégiée, supposée « instruite », celle des bons quartiers urbains qui monopolise la parole officielle, sur les plateaux de télévision et à la radio, jubile et s’amuse en ce moment. Elle vit une période d’allégresse et d’euphorie. L’heure est à « l’optimisme », un mot à la mode. Et dans cette France dite d’en haut, tout esprit de dissidence, toute ombre porté en grand soleil de la joie collective est désormais suspect, vaut au récalcitrant d’obscures messes basses et de mauvais regards en coin.  Il est beaucoup question de la majorité absolue que la France d’en haut s’apprête à remporter à l’Assemblée. La majorité absolue, pour avoir la majorité absolue. Voilà, c’est à peu près tout. Et pour quoi faire? Quelle importance. Le troupeau, par définition, se laisse guider. D’ailleurs quelle majorité absolue? D’après les sondages, lrem serait à 30%. Avec une misérable participation de 60%, cela donne environ 20% du corps électoral. Majorité absolue à l’Assemblée, correspondant à l’adhésion de 20%…

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Marx, Brecht…et les « identitaires » !!!


Amazonie

Les temps sont durs pour les peuples qui ne veulent pas mourir…

Je regardais l’autre soir, à une heure tardive de la nuit, une émission sur les ravages que « la civilisation » peut provoquer dans les coins les plus reculés de l’Amazonie brésilienne.

La construction de routes permettant d’accéder à des richesses minières enfouies sous le sol fertile de la forêt amazonienne, entraine la destruction d’une partie de cette forêt, « en même temps » qu’elle permet la pénétration dans ces parties sauvages de la planète, du « progrès et de la civilisation »….

Du moins, c’est ce qui ressortait du commentaire qui accompagnait des images magnifiques d’une nature demeurée intacte depuis la naissance du monde,…ou presque.

Jusqu’au moment où le commentateur aborde « le sujet qui fâche »: celui du destin tragique de population demeurées, elles aussi, à l’état sauvage et qui, se sentant agressées par ceux qui, sous pretexte de leur vouloir du bien, sont acculées à la révolte et à un combat meurtrier, mais sans espoir…..

Ce documentaire m’a laissé perplexe, jusqu’à perturber mon sommeil : car j’avais du mal à chasser de ma mémoire, les images de ces populations vivant pacifiquement, nues, et en parfaite harmonie avec la nature qui les entoure, sachant en recueillir les fruits tout en la respectant.

Des populations qui ont su élaborer, seules, loin de toute influence, des techniques de survie, inventer un art primitif, certes, mais plein de couleurs….

Des populations qui tentaient, armées de lances dérisoires et de leurs arcs à flêches, de dissuader les ouvriers des chantiers de poursuivre, à coups de bulldosers, la destruction d’un territoire dont ils se considèrent comme les légitimes propriétaires puisqu’ils y ont planté leurs racines….

Comment alors ne pas s’interroger sur ce que l’on nous a appris autrefois, quand j’étais lycéen, sur les « bienfaits du progrès sur la civilisation » qui fut à la base de l’idéologie coloniale « à la française », celle que prônaient alors de grands noms du socialisme, au nom de la « mission civilisatrice de la France » ???

De quoi nourrir de longues insomnies….

Que faire lorsque les peuples refusent ce que l’on veut leur faire accepter comme un progrès, alors que cela vient détruire les fondements de leur existence ???

Le débat qui suivait ce documentaire, opposait un sociologue « expert » en connaissance des sociétés dites « primitives » et un journaliste empêtré dans un discours « politiquement correct » et vaguement « marxisant ».

Le débat aurait pu s’élever en abordant philosophiquement l’inépuisable sujet de controverse entre « conservateurs » et « progressistes »….

Il s’est cantonné dans la défense par le sociologue, de la légitimité du combat mené par ces peuplades sympathiques, pour tenter de sauver leur identité, et leur culture, contre l’agression de ceux qui veulent leur imposer les contraintes du « progrès » et de la « civilisation ».

Et l’on a vu surgir soudain, comme s’il avait envahi tous les domaines de la pensée contemporaine, le redoutable « relativisme » !!! Car bien évidemment il est de bon ton dans un débat, de proclamer, – mais sans en tirer les conséquences -, que « toutes les cultures se valent » et que « toutes les civilisations sont égales », et « mort à ceux qui pensent que la leur est supérieure à celle des autres » !!!

Il me semblait soudain entendre Jack Lang, ministre de la culture de François Mitterrand, proclamant que désormais, tout est culture, tout est art, de la cuisine à la haute couture……

En face de ces arguments éculés, notre journaliste brandit alors l’arme absolue des « progressistes »: les peuples n’ont qu’à s’adapter au « progès », et ceux qui le refusent, – les ringards – n’ont qu’à disparaître !!!!

A cette heure avancée de la nuit me revenait alors en mémoire l’apostrophe célèbre de Berthold Brecht : « puisque le peuple refuse de suivre ceux qui le gouvernent, il suffit de dissoudre le peuple »….

Comment échapper à l’énervement dû au désordre des idées et à l’insomnie après un tel débat ???

Pour m’endormir enfin, j’ai dû faire appel à mon subconscient qui, sournoisement me suggérait qu’il ne reste plus qu’à dissoudre « les identitaires » !!!

A moins que ceux ci ne redécouvrent en la mettant au goût du jour, et pour une nuit, l’apostrophe célèbre de Marx: « identitaires de tous les pays, unissez-vous » !!!

Refusez de disparaître !!!

De quoi nourrir un vrai cauchemar.