« Le camp des Saints » ou celui des « barbares » ???


( Suite ).

RussieLa question posée dans mon précédent billet était : Est-ce raisonnable d’aborder ce conflit, qui ressemble de plus en plus à une nouvelle guerre mondiale, compte tenu des métastases développées par le fondamentalisme, dans différentes parties du monde, en affrontant une situation de (nouvelle) guerre froide avec la Russie ???

Une Russie qui ne se privera pas de multiplier les entraves aux initiatives de la coalition d’Obama, au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU, et en interdisant les violations d’espaces aériens en Syrie, notamment, et en nous interdisant le survol de son territoire.
Une Russie qui ne fera rien pour inciter son alliée traditionnelle, l’Iran, à coopérer avec la « coalition » ….
Comme l’explique fort bien Hubert Védrine dans la video reproduite dans mon précédent billet, les frappes aériennes c’est bien !!! Mais après ??? Comment gère-t-on « l’après » ??? Non seulement sur le plan militaire quand il faudra substituer aux frappes aériennes une nouvelle phase de cette guerre par des actions au sol ??? Mais, comment gère-t-on « l’après politique » en supposant avoir réussi « l’éradication » du régime fou qui tente de se mettre en place en Irak. Car un tel conflit laissera des traces dans tout le monde musulman…

L’affaire Ukrainienne complique considérablement la donne, face au conflit majeur qui se dessine. Car dans cette affaire, nous avons manqué de réalisme, entrainés par nos « bons sentiments », par une conception à courte vue de la défense de « nos valeurs ».

href= »http://www.dailymotion.com/video/x1dltfd_ukraine-comprendre-les-origines-de-la-crise-en-5-minutes_news » target= »_blank »>Ukraine : comprendre les origines de la crise… par lemondefr

Car l’idée était saugrenue, d’offrir à l’Ukraine la perspective de rejoindre l’hydre européenne, sans tête, et apparemment sans cervelle, sous la pression d’un Obama qui cherche à redorer un blason terni par les échecs de sa politique intérieure, en affrontant un Poutine bien plus habile et bien meilleur stratège que lui, et en installant les batteries de l’Otan aux marches de l’ancien Empire russe…

Les  » russophones » d’Ukraine, qui refusent de se fondre dans un état en pleine décomposition, et qui font plus confiance à Poutine qu’à l’Etat Ukrainien, pourquoi n’auraient-ils pas ce Droit que nous défendons, au nom de nos « valeurs », ce « Droit à l’autodétermination »que nous préconisons partout où un peuple veut reprendre en mains son destin ??? Pourquoi ne consulte-t-on pas ces « Ukrainiens » par référendum pour savoir à quelle nation ils souhaitent lier leur destin ???

Tout comme est saugrenue l’idée de couper la Russie de l’Europe, au risque de la pousser vers l’orbite chinoise à la grande satisfaction de la Chine, qui sera demain la première puissance mondiale, et qui pour l’instant cherche avant tout, et pour y parvenir, à sécuriser ses sources d’approvisionnement en énergie et en matières premières, dont l’immense Russie regorge.

On peut penser ce que l’on veut du personnage de Poutine.

Mais comment imaginer que nous puissions nous aliéner l’amitié du peuple russe, avec lequel nous avons plus à partager sur le plan des valeurs civilisationnelles qu’avec le monde arabe ou africain, contrairement à ce que la mode intellectuelle voudrait nous faire croire à tout prix.….
La nation russe nous a donné Pouchkine , Dostoïevsky, Tolstoï, Sakarov, Soljenistine, Tchaïkovsky, Rachmaninoff, Stravinsky, Nijinsky et le Lac des Cygnes, et bien d’autres grands symboles de raffinement et de culture. ( J’aurais du mal à trouver un quelconque équivalent dans le monde arabe et en Afrique !!! ).

La nation russe a l’une des plus riches traditions scientifiques au monde, elle qui fut la première à envoyer un homme dans l’espace (et la dernière, à ce jour, capable avec ses Soyouz d’y envoyer des fusées pour maintenir le lien avec la station spatiales qui tourne autour de la terre avec des américains à bord).
Elle réussit, non sans mal, à maintenir son unité sur un territoire immense, avec ses Tatars et ses millions de musulmans, Tchétchènes, khazars, bouddhistes, Tchouktches, Bouriates et Toungouzes, et j’en passe.
Et elle a reconstitué, sous Poutine, une classe moyenne en moins de quinze ans après la période de « tiers-mondisation » héritée d’Eltsine , après plus d’un demi siècle d’un régime communiste qui avait ruiné le pays. Son église orthodoxe, qui appuie Poutine dans sa démarche, exalte le sentiment patriotique et l’attachement des Russes à la Nation. Elle entretient la foi populaire dans l’unité du peuple slave à la quelle se réfère constamment Poutine.
La Russie est une immense nation, qui gouverne le sixième des terres émergées. Elle ne mérite pas d’être traitée, du jour au lendemain, comme un pays de « moujiks » qu’il s’agit de débarrasser d’un dictateur caricatural et sanguinaire.

Qui sommes nous pour tenter de déstabiliser, de l’extérieur, un chef d’Etat plus populaire dans son pays que tous ces « roitelets »autocrates, aux moeurs tribales et moyen-âgeuses, auxquels nous déroulons nos tapis rouges, et faisons des courbettes indignes, pendant qu’ils financent ceux qui nous combattent ???
L’Europe doit tout faire pour maintenir la Russie dans l’orbite occidentale, éviter de créer l’irréparable dans ses difficultés avec un pays qui cherche à retrouver , sur la scène internationale, la place qu’il a perdue après l’effondrement, sur lui-même, de l’Empire colonial soviétique.

Quand la guerre menace, quand se profile un conflit qui sera sanglant, il faut envisager les alliances les plus sûres, les plus rationnelles, les plus efficaces pour atteindre ses objectifs.
Comme nous le rappelle fort opportunément Hubert Védrine, nous n’avons pas hésité à nous allier à Staline pour abattre Hitler, alors que ce même Staline avait déjà beaucoup, beaucoup de sang russe sur les mains.

Pour les mêmes raisons, l’Occident ne pourra pas aboutir à une solution politique durable dans cette partie du monde, sans accepter autour de la table de discussion, la présence de l’Iran Chiite, quelles que soient les oppositions de l’Arabie saoudite et du Qatar. L’Islam Chiite qui règne en Iran dispose d’un clergé. Il est hiérarchisé et nous pouvons plus facilement dialoguer avec cet Islam là qu’avec l’Islam Sunnite, ingérable parce que réfractaire à toute discipline hiérarchique.

Qui veut la fin veut les moyens.

La lutte contre le djihadisme sera longue et sanglante. Elle aura des prolongements dans toute l’Afrique où la vérole islamiste a déjà ses antennes. Le fondamentalisme musulman est un cancer dont les métastases se sont développées partout dans le monde, même si nous feignons de ne pas nous en apercevoir. Ce cancer n’épargnera ni l’Afrique, ni l’Asie, ni l’Europe, ni la France.

Il est peut-être temps de ranger provisoirement au placard, en période de guerre, les vieilles lunes qui paralysent les Démocraties avec leurs faux scrupules, leurs « états d’âmes », leurs « valeurs à géométrie variable », et cet « Etat de Droit », dont se servent très habilement ceux qui nourrissent à notre égard, un mépris profond et un désir de revanche redoutables, et que nous devons nous préparer à affronter.

Le mauvais camp, ou « le Camp des Saints » ???


Camp des SaintsLa France aurait-elle choisi le mauvais camp dans des conflits , annoncés depuis longtemps, par ceux qui gardent les yeux ouverts sur « le nouvel état du monde », et qui se précisent en s’aggravant à vue d’œil ???
J’ai soulevé cette question à plusieurs reprises sur ce blog, notamment à propos de notre alignement inconditionnel sur la vision américaine du monde d’aujourd’hui, sur le rôle supplétif que les Etats Unis nous font jouer là où des zones conflictuelles se développent et nécessitent un engagement militaire que l’Amérique refuse désormais d’assumer.

Je l’ai soulevée à propos de « l’affaire ukrainienne », dans la quelle nous avons suivi aveuglément un mouvement qui a pris, sous le chapeau de l’OTAN, l’allure d’une coalition anti-russe, à un moment où l’évolution de l’Europe fait face à un tournant stratégique décisif , et où la Russie hésite entre le choix d’un destin tourné vers l’Europe, ou vers l’Asie.

Tout cela mérite quelques explications.

S’agissant du monde arabe, nous étions jusqu’à un virage récent, les héritiers d’une tradition « gaullienne » : de Gaulle, dont je suis loin d’être un adorateur -tout le monde l’aura compris – avait une vraie politique arabe qui lui a valu un prestige personnel, qui rejaillissait sur la France, dans tout le monde arabe.
Dans les affaires du monde et tout particulièrement dans celles qui concernent le monde arabe, les américains n’ont pas été souvent nos « alliés ». De Gaulle le savait car il avait peu d’illusions sur les Américains.

Faut-il rappeler « l’affaire de Suez », où américains et soviétiques se sont ligués , dans un ultimatum mémorable, pour nous contraindre de renoncer à porter un coup décisif au Dictateur arabe Nasser qui soutenait partout où elles se développaient les révoltes arabes contre les Britanniques et contre la France.
Les Américains ont soutenu la rébellion algérienne. Ils l’ont soutenue financièrement, et diplomatiquement, notamment devant les Nations Unies. Pourtant, à l’époque, la rébellion algérienne utilisait les mêmes méthodes de guerre que celles qui soulèvent les cris d’horreur de l’ensemble du monde civilisé, aujourd’hui….(Je pourrais, ici même, dénombrer les égorgements, les décapitations, les émasculations, les tortures de tous ordres qui ont été commis, pendant la guerre d’Algérie, et dont les Musulmans fidèles à la France ont été les principales victimes). Pour ceux à qui l’horreur ne fait pas peur, je conseille: https://www.google.es/search?q=Alg%C3%A9rie+%C3%A9gorg%C3%A9s&client=firefox-a&hs=nXG&rls=org.mozilla:fr:official&channel=sb&biw=1280&bih=576&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ei=cLoaVP7sFYm9jAKIhoG4Aw&ved=0CAYQ_AUoATgK

Mais, à cette époque, il y avait de « belles âmes » pour considérer qu’il y a des horreurs « légitimes » sur le plan moral , et des horreurs « illégitimes » : celles que l’Armée française a dû assumer, à la place des politiciens qui lui en donnaient l’ordre…

Dans les années 90, l’Algérie devenue indépendante, a dû combattre à son tour le FIS, qui n’était rien moins que l’ancêtre des mouvements djihadistes d’aujourd’hui, avec les mêmes méthodes, celles de la terreur, des égorgements, et de l’horreur, dans l’indifférence quasi unanime du monde occidental…

Aujourd’hui, l’horreur semble être devenue un sentiment partagé par tous. Du moins par tous ceux qui ont une certaine idée de ce qu’est « la Civilisation »….
Nous voici donc devenus les « alliés inconditionnels » des Etats-Unis dans une sorte de « croisade » contre l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL).
Des Etats Unis qui ne savent du monde arabe, que ce que leur dictent leurs intérêts, et plus particulièrement leurs intérêts pétroliers. Leurs analyses sont toujours aussi sommaires : il était souhaitable d’évincer la France et la Grande Bretagne des territoires qu’elles contrôlaient, partout où il y avait du pétrole. Aujourd’hui, toute puissance, tout mouvement politique armé ou non armé qui menace les intérêts pétroliers de l’Amérique sont à combattre par tous les moyens.

C’est le cas dans tout le moyen-orient et c’est notamment le cas de l’Iran qui refuse de se soumettre à la puissance américaine et reste proche de la Russie qui « joue » sur l’antagonisme entre iraniens et américains.

De toute évidence, la Russie a choisi « le camp chiite », car il pourrait faire contre-poids à une éventuelle menace sunnite sur son territoire, où vivent pas moins de 50 millions de musulmans, alors que l’Amérique, entraînant dans son sillage le monde occidental est étroitement liée par ses intérêts pétroliers au « camp sunnite » sur lequel semble régner l’Arabie saoudite et les Etats du Golfe, qui juqu’ici, croyaient intelligent de financer à coups de pétrodollars, le fondamentalisme musulman, sous toutes ses formes, partout où il se manifestait, à condition que l’agitation ne gagne pas  ces Monarchies assises sur un tas d’or qui tôt ou tard excitera les convoitises des Djihadistes…

Mais, ne perdons jamais de vue que, pour l’Amérique, le danger d’un Islam totalitaire n’est pas à ses portes. C’est un danger lointain, qu’il faut combattre car il peut tuer jusque sur le territoire américain: nous venons de célébrer l’anniversaire de la tragédie du World Center de New york, encore présente dans les mémoires américaines.

Pour nous, ce danger est à nos portes. Que dis-je ??? Il est même déjà dans nos murs, conséquence des années d’aveuglement naïf, face aux ambigüités de l’Islam désormais massivement présent sur notre territoire….Ceux qui glosent sur « l’Islam deuxième religion en France », pour faire enrager les « Cathos », ne tarderont pas à déchanter….

Dans le combat qui s’engage contre l’Etat djihadiste en Irak et en Syrie en train de naître, il faut garder les yeux ouverts.
Ce qui se développe, c’est le conflit latent, séculaire, inévitable, entre un fondamentalisme « Sunnite » qui se considère comme le seuls héritier de « l’Islam authentique et pur », et l’Islam des « Chiites » considérés comme des mécréants au sens littéral du terme. La guerre meurtrière qui avait opposé l’Irak de Sadam Hussein à l’Iran de Khomeini , qui s’est terminée sans vainqueur, en a été un premier épisode, qui a exacerbé les passions et les haines confessionnelles.
Le conflit actuel en est un second épisode, aux racines à peine différentes.
La stratégie totalitaire de « l’Etat Islamique », est claire : éliminer dans un premier temps, les non-musulmans minoritaires en Irak et en Syrie. D’abord les Chrétiens et les autres minorités, puis les Chiites,  pour constituer un « Etat pur » appliquant une « Charia » pure et dure. Ensuite ce sera le tour des « Monarchies du Golfe » considérées comme « corrompues par l’Occident ». Et enfin ce sera l’extension du Califat à toutes les « provinces » qui allaient autrefois, à l’époque des grandes conquêtes arabes, du Maghreb au Machrek.

href= »http://www.dailymotion.com/video/x20dsur_comprendre-la-montee-en-puissance-de-l-eiil-en-5-minutes_news » target= »_blank »>Comprendre la montée en puissance de l’EIIL en… par lemondefr

Ce n’est pas pour rien que l’on entend de plus en plus souvent parler, s’agissant de l’Espagne, de la « reconquista » des anciennes provinces ibériques de l’Islam. Et on comprend l’irritation de certains musulmans, lorsque l’enseignement de l’Histoire de France s’attarde un peu trop sur Charles Martel « qui arrêta les Arabes à Poitiers »….
La dernière phase de ce projet fou, ce sera la conquête, par la terreur, du monde occidental foyer de tous les vices, de toutes les corruptions, et de toutes les entorses à la Loi coranique.

Pour cela, « le Djihad » possède sur place, en Occident, des troupes qu’il suffira, le moment venu, de réveiller, car, comme je le répète ici souvent, « le ver est dans le fruit »…..

Le juge Trévidic, l’un des meilleurs connaisseurs du terrorisme, fait cette confidence inquiétante au Figaro: «Il y a dans nos dossiers antiterroristes des cas de jeunes Français qui ont été formés à couper des têtes par les djihadistes en Syrie. Certains ont directement mis en pratique ce qui leur a été enseigné en décapitant des personnes, lors d’exécutions publiques, notamment à Racca», ville syrienne tombée aux mains des djihadistes et proclamée capitale du Califat créé le 29 juin dernier.
Ce magistrat français très chevronné, qui a repris le cabinet d’instruction du juge Bruguière depuis de nombreuses années, précise même que «circulent actuellement sur Internet des images de jeunes Français qui tiennent une tête coupée dans leur main». À le croire, «ils s’habituent à l’horreur», comme les enfants soldats d’Angola. «C’est dire leur degré de dangerosité» lorsqu’ils reviennent en France, selon lui.

Cf: http://www.lefigaro.fr/international/2014/09/11/01003-20140911ARTFIG00105-djihad-le-juge-trevidic-alerte-sur-les-coupeurs-de-tete-francais.php

C’est dire également que la France n’échappera pas aux exactions des « fous de Dieu »….

Or, tous les stratèges en conviennent. On n’abattra pas l’Etat Islamique avec les seules frappes aériennes. Nous mettons, aux côtés des Etats Unis et de la coalition en cours de formation, les doigts dans un engrenage fatal. On n’éradique pas un « Etat » sans occuper le terrain qu’il recouvre.
Et la question que je pose ici, que je traiterai dans mon prochain billet, est la suivante :

Est-il raisonnable de s’engager dans un tel conflit en demeurant en conflit ouvert avec la Russie, qui dans cette affaire devrait-être notre alliée naturelle, car elle nourrit les mêmes craintes que nous à l’égard de l’emprise du Djihadisme sunnite sur le monde Musulman ???
Ecoutez, à ce sujet ce qu’en pense Robert Védrine, qui demeure, – bien que socialiste – l’un des analystes les plus lucides sur les questions de politique internationale.
http://video.lefigaro.fr/figaro/video/hubert-vedrine-l-invite-de-ruth-elkrief/3780660483001/

(à suivre ).

(1).- Il y a une quarantaine d’années Jean Raspail publiait un ouvrage intitulé « Le Camp des Saints » dans lequel il décrivait une situation apocalyptique dans la quelle sombrait l’Occident envahi par des hordes barbares. Pour les uns, cet ouvrage était une « provocation ». Pour d’autres, il préfigurait une réalité qui pourrait bien se révéler un danger mortel….
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Camp_des_saints

Le « silence des agneaux »….


Agneaux

L’actualité médiatique est actuellement saturée par les « affaires » Sarkozy. Tout se passe comme si un mystérieux chef d’orchestre dirigeait ce concert assourdissant, sur une musique écrite par un compositeur discret, qui tient à rester dans l’ombre….

Je regardais ce matin l’intéressante émission intitulée « Choisissez votre camp », sur LCI. Une de ces émissions de débats où s’affrontent de manière partisane, des journalistes, des politiciens, de droite et de gauche, sous un arbitrage conduit avec doigté et impartialité par une journaliste expérimentée,en la personne de Valérie Expert.

Ces affrontements prennent parfois l’allure d’empoignades où les uns et les autres, emportés par le feu et la passion de la discussion, perdent quelque peu le sens de la rationalité et même parfois du ridicule.

Ainsi donc, ce matin, le sujet central du débat était de savoir si notre Grand Président et son ineffable Ministre de la Justice étaient au courant des écoutes téléphoniques pratiquées à l’encontre de Sarkozy et de son Avocat. La réponse était évidemment NON….à en croire les partisans de la Gauche. On a de fortes raisons d’en douter….

Je vous passe le récit de l’argumentation de chaque participant à ce débat, que tout le monde aura entendue, reproduite à l’infini sur toutes les ondes….

Mais à un certain moment du débat, l’un des intervenants soulève une question qui semble embarrasser ceux qui sont là pour faire entendre la voix de la Gauche: le Grand Président dont la France s’est dotée depuis 20 mois doit-il s’exprimer, en se positionnant au dessus des Partis ( ce qui me parait déjà au-dessus de ses forces…)  pour arbitrer le grave conflit qui se dessine entre une Magistrature soupçonnée d’abuser de ses pouvoirs et les Auxiliaires de Justice que sont les Avocats, dans une vraie démocratie. Question fondamentale, s’il en est.

Et j’entends alors une affirmation, aussi péremptoire que stupéfiante de la part d’une sénatrice socialiste, affirmation que je résumerai ainsi:  » Sarkozy étant un justiciable comme les autres, il est hors de question que François Hollande s’adresse aux Français dans une banale affaire d’application du droit » .

Et mon épouse, qui écoutait jusqu’ici ce débat d’une oreille distraite me fait la remarque pertinente suivante:  » nous avons donc un Président de la République qui peut « s’élever » en prenant la parole dans un débat fumeux qui concerne la possibilité du retour de Léonarda, mais il est hors de question qu’il « s’abaisse » à s’exprimer dans une affaire qui, parce qu’elle concerne son prédécesseur, soulève un problème de fond concernant le fonctionnement d’une Institution dont il est le garant !!!! »

Dans quelle République vivons-nous ???

Vraiment !!!

Petite frappe ???


Ou Grosse Frappe ??? That is the question !!!

Les atermoiements des « Occidentaux », dont la France fait partie, face aux décisions à prendre, concernant une intervention en Syrie, montrent que peu à peu, le doute s’installe dans les esprits de ceux-là mêmes qui « anti-militaristes » viscéraux, n’hésitent pas quand l’opportunité s’en présente, à jouer les « va-t-en-guerre », pour tenter de redorer leur blason.

Les exemples ne manquent pas, dans notre Histoire récente, de dirigeants socialistes, qui dans leurs discours militants ne cachent pas leur défiance, pour ne pas parler de détestation, vis à vis de l’Armée, mais qui n’hésitent pas à « s’en servir » dès lors que cela peut « servir » leurs intérêts ou leur « prestige ».

La Droite de Sarkozy, elle aussi, manipulée par quelques « intellectuels » et « philosophes » auto-proclamés a cédé à la tentation de montrer ses muscles sur la scène internationale, au nom de valeurs, certes, respectables, mais au mépris des réalités complexes d’un monde arabe auquel nos « élites » ne comprennent pas grand chose.

Face à l’épouvantable drame que traverse la Syrie, la tentation est de retour, et Normal 1er, dit « Zigounette », brûle d’envie d’en découdre avec celui que l’on considère en Occident comme l’un des dictateurs les plus sanguinaires de notre époque.

Une fois de plus, l’opinion que je voudrais développer dans ce billet, s’inscrira à contre-courant des opinions « médiatiquement », donc politiquement correctes.

On pourra se reporter à mes précédents billets pour constater mes réserves, pour ne pas dire mes objections à propos de « l’enthousiasme » suscité par les « Printemps arabes », dans lesquels nos « zozos » voyaient le signe d’une évolution du monde arabe, en faveur de la Démocratie, telle que nos « intellectuels » occidentaux la conçoivent.

Car nos « penseurs », imbibés d’eurocentrisme, formés à l’école marxiste, sont convaincus que l’Histoire du Monde s’écrira sous la poussée d’une sorte de déterminisme inspiré par les révolutions européennes, – la Française et la Russe (!!!) – et qu’aucune portion de notre planète n’y échappera….Ils sont « formatés » pour raisonner, en toute circonstance, de manière « binaire » ( la bourgeoisie, le peuple, ou les riches, les pauvres, ceux qui ne sont pas pour la révolution sont des traîtres, les progressistes , les réactionnaires, etc…)

Le « déni de réalité » qui, en outre, aveugle nos « élites » contemporaines, masque l’échec de toutes les tentatives d’installer la Démocratie dans des pays habitués à une gouvernance ferme, autoritaire, souvent à l’excès, exercée par un pouvoir personnel fort s’appuyant sur une connaissance profonde et la manipulation des courants qui traversent ces pays, courants issus des différence ethniques, de leur culture tribale, et de la complexité de leur histoire religieuse, même là où existent de réelles aspirations à plus de liberté et de justice.

L’Histoire retiendra qu’en terre musulmane, toutes les interventions militaires occidentales, toutes, sans exception, se sont soldées par des échecs douloureux, que par « pudeur », on évite d’évoquer aujourd’hui.

La mise au pas de Serbes -( qui furent pendant la guerre de 1914-18, nos précieux alliés et que nous avons trahis) -, confrontés à une présence musulmane envahissante, héritée de l’occupation ottomane, vaincus après avoir été écrasés par l’aviation occidentale, a permis la naissance d’un Etat musulman, le Kosovo, qui dès que sa souveraineté a été reconnue, s’est empressé de se livrer à une épuration ethnique sans précédent destinée à éliminer les Serbes d’un territoire sur lequel ces derniers avaient des droits historiques légitimes, avant de sombrer dans une sorte d’anarchie corrompue, et de devenir un des foyers, à nos portes, de l’islamisme européen.

L’omerta médiatique sur le résultat de ce piteux exploit de nos dirigeants,- c’est « Tonton Mitterrand » qui à l’époque, était aux manettes, en France -, a été rompue, il y a déjà quelques temps, par le journaliste d’investigation Pierre Péan, qui dans un ouvrage remarquablement documenté, décrit la réalité du Kosovo, devenu un Etat maffieux,…mais « musulman » !!!

KosovoUn ouvrage assez peu commenté dans nos médias, sans doute peu motivés pour faire l’éloge d’un brûlot qui montre comment, avec de « bons sentiments », on peut faire une guerre « juste », dont le résultat est tragiquement désastreux.

Je n’aurai pas la cruauté de m’étendre sur le résultat des guerres « justes », destinées à installer la « Démocratie », en Afghanistan, en Irak, et plus récemment en Libye…..

S’agissant de la Syrie, je considère que la France a tout à perdre dans cette affaire.

En n’intervenant pas, elle encourt la condamnation des « belles âmes » au nom des valeurs de générosité, et de compassion à l’égard des souffrances réelles d’un peuple martyr. Elle subit, de surcroît la pression de pays arabes amis, qui eux n’enverront jamais un soldat ni un avion au combat, mais qui tirent, par dessous, les ficelles de ce conflit aux multiples dimensions, ethniques, religieuses, tribales, dans un affrontement dans lequel certaines minorités, dont la minorité copte, tout comme en Egypte, jouent leur survie.

En intervenant, elle met le doigt dans un engrenage infernal, car nul n’est capable de prévoir jusqu’où les multiples affrontements qui se produisent en Syrie, conduiront cette région du monde qui est en train de devenir un baril de poudre. Car quelques missiles et quelques « bombinettes » ne suffiront pas à abattre Bachar El Hassad.

Pour comprendre la complexité des forces qui s’affrontent dans toute cette région, il est utile de parcourir un ouvrage que viennent de publier conjointement deux auteurs dont nul ne peut nier leur profonde connaissance du monde arabe.

Deux auteurs que vous verrez rarement sur vos écrans….

Il s’agit d’Alexandre Adler et de Vladimir Fedorovski.

Le premier est un historien et politologue qui entretient des relations anciènnes avec de nombreux chefs d’Etat arabes, et avec de nombreuses personnalités du monde diplomatique international.

Le second a exercé de hautes fonctions diplomatiques sous la Russie soviétique: c’est un « arabisant » qui maîtrise non seulement la langue, mais également la culture du monde arabe. Car, ne l’oublions pas si on veut comprendre l’attitude Russe dans le conflit syrien, la Russie est un grande puissance musulmane, et elle est attentive à tout ce qui peut susciter des vagues de fond dans l’espace politique du Moyen-Orient, dont elle redoute le ressac.

La Russie redoute, pardessus tout, un affrontement dont le risque se profile, entre l’Islam Chiite et l’Islam Sunnite, un affrontement qui embraserait une vaste partie de son territoire, avec à ses portes l’Iran doté d’ici peu, avec le Pakistan, de la force nucléaire.

islam

Cet ouvrage, dans un dialogue passionnant, entre deux « vrais experts »pose la vraie question à laquelle, les générations actuelles vont devoir trouver une réponse.

L’islamisme va-t-il gagner ?

L’actualité en France et dans le monde n’en finit pas de provoquer cette question: Hamas vengeur en Palestine, tensions dangereuses en Egypte et en Libye, crise syrienne, et l’Iran en train de se doter de l’arme nucléaire.

Et peut-être aussi, demain, une nouvelle coalition, une « internationale » islamique, un « croissant » allant de l’Afghanistan et du Pakistan au Maghreb en passant par la Turquie.

Les auteurs ont enquêté auprès de tous les protagonistes, modérés ou extrémistes.
L’ouvrage n’esquive aucune question : les réfugiés du Moyen-Orient, la « rue » et les révolutions islamiques, la guerre des lobbies aux Etats-Unis, le rôle de Barack Obama, le droit international, le poids des théologies, la démographie.

A travers un échange vif et argumenté, Alexandre Adler et Vladimir Fédorovski nous donnent les quelques clefs qui nous manquent pour comprendre de fragiles équilibres actuellement menacés.

Petites frappes, ou grosse frappe en Syrie ???

La question paraît presque dérisoire, face aux enjeux que recèle l’avenir de ce petit Etat qu’est la Syrie. Un « petit » Etat exposé à un conflit qui synthétise toute la complexité d’un Moyen Orient qui ne peut surtout pas être abordé avec des idées simples.

En refermant ce livre, je me suis demandé, si ce n’est pas Poutine qui fait l’analyse la plus juste de l’évolution du monde arabe. Car la prudence, le pragmatisme, le réalisme, en l’occurrence, paraissent mieux adaptés que les rêves ambitieux mais irréalistes des « zozos »….

Egypte. 2.- La France: tétanisée ou Qatarisée ???


Sphinx

Les « Révolutions arabes » en sont le révélateur: la Diplomatie française est empêtrée dans le filet de ses relations vénales avec un Qatar qui, pour tenter d’échapper à des révoltes internes, joue à fond la carte des « islamistes », partout où les pays arabes sont en crise….

 La France n’a plus de réelle « politique arabe », depuis que ses prétentions de « donneuse de leçons » en matière de Démocratie et de Droits de l’Homme, ont pris le pas sur le pragmatisme et la « realt politik », dans sa stratégie diplomatique. Avec, pour conséquence, le risque de se trouver, de plus en plus souvent, dans des situations paradoxales, comme c’est le cas actuellement, en Syrie ou en Egypte.


Fidèle à « ses valeurs », la France se doit, (du moins le croit-elle), de venir en aide à ceux qui luttent contre la dictature de despotes comme le monde arabe en secrète périodiquement .

Cela l’amène à soutenir indirectement, ici, en Syrie, le « djihad » des « islamistes », qu’elle combat ailleurs, là, au Mali, où d’autres djihadistes lui ont déclaré la guerre….

Chacun de nos « commentateurs », feint d’ignorer que partout, ce sont les mêmes qataris qui tirent les ficelles de ces combattants illuminés….

En dehors de quelques pseudo-chercheurs du CNRS ou de quelques « spécialistes » qui travaillent pour des officines, la France semble ne plus avoir de vrais spécialistes du monde arabe capables de dénoncer les contradictions de ces postures…. 

On le constate à l’occasion des débats télévisés de certaines chaînes qui font toujours appel aux mêmes « experts », englués dans un discours convenu, le plus souvent « téléguidé »……….

Rares sont ceux qui, ayant longtemps vécu dans cet Orient auquel le Français moyen ne comprend rien, sont aptes à éclairer le grand public sur les mutations qui sont en train de bouleverser les équilibres et la stabilité cet « Orient compliqué ».

Rares sont ceux, parmi ces « scientifiques », qui se livrent à une analyse intelligible de la fracture sociale et culturelle qui ébranle, de l’intérieur, les sociétés arabes.

A l’évidence, ces sociétés sont déchirées par l’impossibilité d’un dialogue constructif entre les » musulmans traditionalistes » et les »modernistes » qui aspirent à une société libérée de ses tabous religieux, et à une pratique paisible de leur foi.

Un fossé de plus en plus large sépare la population éduquée, connectée à internet et aux réseaux sociaux, sur laquelle la « propagande religieuse » n’a plus beaucoup de prise, et qui aspire à de profonds changements, et une population restée d’autant plus crispée sur ses valeurs conservatrice, qu’elle sent ses traditions archaïques menacées par la modernité.

Entre ces deux fractions des sociétés arabes la rupture est consommée, et les chances d’un compromis, pourtant nécessaire à la stabilité du monde arabe, s’éloignent à vue d’oeil.

L’autre fracture, encore plus profonde, parce que plus ancienne, entre Chiites et Sunnites, remonte au VIIe siècle. Elle est fondamentale pour comprendre la complexité des forces qui s’opposent dans le conflit en cours en Syrie ou dans les événements de Bahreïn ou du Liban, et plus généralement dans la lecture des événements qui secouent de nombreux pays musulmans.

A ces paramètres s’ajoute désormais la rivalité de plus en plus ouverte qui oppose l’Arabie et le Qatar. Cette rivalité intervient en toile de fond dans de nombreuses situations, qu’il s’agisse du conflit Malien, ou de la guerre civile qui ruine la Syrie.

Cette même rivalité est entrain de produire ses ravages collatéraux en Egypte.:http://www.lepoint.fr/monde/comment-le-qatar-et-arabie-saoudite-s-affrontent-en-egypte-21-08-2013-1716008_24.php

Ajoutons que l’on ne peut comprendre la révolte des Egyptiens descendus dans la rue pour combattre l’Etat islamique que le Président déchu était entrain d’installer avec une sorte d’arrogance qu’il justifiait par sa « légitimité » démocratique, si on omet de se pencher sur le passé historique de l’Egypte.

L’Egypte n’est pas seulement une pièce maitresse de « l’oumma », ce à quoi les islamistes voulaient la réduire, en espérant y installer le Califat de leurs rêves fous, rayonnant sur tout le monde arabe.
L’Egypte existait en tant qu’Etat, 3.500 ans avant que Mohamed ne surgisse du fond des déserts d’Arabie et n’impose, par le glaive une nouvelle religion. Une religion qui a dû cohabiter pendant des siècles avec celle qui lui était antérieure, la religion des Coptes qui ont fourni à la nation égyptienne les plus brillantes de ses élites.

L’Egypte est donc une vraie nation, la plus puissante du monde arabe, riche de son Histoire et d’une culture spécifique. L’Egypte a été pharaonique, romaine, byzantine, ottomane, et elle est restée partiellement chrétienne: l’église d’Egypte a été fondée par Saint Marc, et c’est à Alexandrie que cet apôtre du Christ fur martyrisé.

Les Frères Musulmans ont cru pouvoir réduire, en très peu de temps, l’identité égyptienne à une version étriquée et sectaire de l’Islam, et ils ont sous-estimé la capacité de révolte de ce vieux peuple devant l’emprise croissante sur la société égyptienne, d’une conception rétrograde d’un Islam qui peine, – comme d’autres religions d’ailleurs -, à s’adapter aux évolutions accélérées du monde moderne.

Sans tenir compte de toutes ces réalités, malheureusement peu évoquées par les commentateurs, il est difficile de définir et d’adopter un ligne de conduite politique cohérente.

C’est sans doute tout cela qui explique les atermoiements et les ambigüités des attitudes occidentales face à ces nouveaux conflits dont la violence surprend les « belles âmes »qui dominent la pensée politique contemporaine dans nos pays.

La perte d’influence de l’Amérique d’Obama est évidente dans l’ensemble du Moyen Orient. Ne parlons pas de celle de la France de plus en plus absente d’une aire géographique dans laquelle son influence politique n’avait d’égal, au siècle dernier, que son influence culturelle.    Aujourd’hui, les États du Golfe, ainsi que l’Arabie saoudite et le Koweït, envoient plus d’argent  à l’Égypte que les États-Unis, et le Qatar est devenu l’un des principaux soutiens financiers des Frères musulmans, et des djihadistes qui prolifèrent en Afrique sur le terreau de la misère….. 

On comprend mieux, à la lumière de ce qui précède, l’embarras de la diplomatie française, car soutenir les révolutions arabes revient progressivement à soutenir les mouvements les plus radicaux, les plus actifs, les mieux organisés et les mieux dotés financièrement, c’est-à-dire les mouvements islamistes soutenus par notre « grand ami », le Qatar….

Ne pas les soutenir revient à aider les dictatures, – que la culture traditionnelle et « tribale »du monde arabe génère un peu partout -, à se maintenir en place….

La France est donc en train de perdre influence et crédibilité dans la jeunesse du monde arabe émergent qui aspire à un accès à la modernité et qui rejettent un islamisme sectaire, fut-il issu d’un vote « démocratique »….

Tout ça pour les quelques poignées de dollars que le Qatar investit dans nos meilleures entreprises industrielles.

Une « amitié » qui nous coûtera cher….et dont il faudra, un jour ou l’autre, payer le prix.

Propos d’un soir…


Ce qui préoccupe les gens de ma génération, c’est l’inquiétante poussée de violence qui affecte la vie politique française depuis quelques temps. Les échanges de noms d’oiseaux sont devenus monnaie courante dans les débats qu’il s’agisse des débats à la Télévision, au Parlement ou au sein même des Partis politiques.

Sans doute, cette violence est-elle le reflet de la violence qui a envahi la société française, et qui atteint aujourd’hui des sommets, dans certaines banlieues où les réglements de compte et les exécutions sont quotidiennes, et se banalisent….

Dans le même temps, ce qui étonne et inquiète à la la fois, c’est l’inaptitude des deux plus grands partis de gouvernement que compte la France à se hisser à la hauteur des difficultés que doit surmonter notre pays, et à se poser en modèles de respect des règles de la démocratie.

Cette inaptitude semble être le vice de toute une génération politique, celle qui est « aux affaires »aujourd’hui, et qui a été marquée par sa révolte « d’enfants gâtés » contre les générations qui l’avaient précédée. La « génération de Mai 1968 », habituée à se laisser griser par des utopies sans lendemain, et par « l’abus de la violence des mots creux », n’a pas fini de tirer la France vers le bas….

Ainsi, les Primaires, pourtant bien organisées au Parti Socialiste, nous avaient fourni un échantillon de la violence verbale qui caractérise les débats, et on peut dire que François Hollande,-entre autres-, aura été « habillé des pieds à la tête » par ses concurrents, en qualificatifs dégradants. Cela ne l’a certes pas empêché de devenir Président de la République.

On vient d’assister à l’UMP, à des échanges insultants qui ne volent guère plus haut. Et dans ce Parti qui aspire à représenter une alternance crédible à la majorité actuelle, on assiste également, à une débauche de violations des règles de la démocratie électorale.

La violence verbale, dans chaque camp, ne fait, à mes yeux, que masquer la pauvreté des idées et elle concoure à l’abaissement du niveau du débat démocratique.

Il suffit d’assister sur la Chaîne Parlementaire à une séance de questions au Gouvernement, à l’Assemblée Nationale, pour avoir un aperçu de cette violence stérile, et de l’absence de débat, jusqu’à la caricature. 

Certes, je sais bien que le phénomène n’est pas nouveau, et qu’à d’autres époques de notre Histoire, il s’est manifesté aussi bien à la tribune du Parlement que dans la Presse, mais il est facile de montrer qu’il réapparaît notamment dans les périodes critiques  que traverse notre Pays.

Or la période que nous traversons, est à bien des égards, une période des plus critiques: la France se trouve sur l’arrête étroite d’un chemin bordé de précipices. Selon le côté où elle glissera, son destin et celui des générations futures s’écrira dfféremment.

Or le peuple français est aveuglé par la démagogie de ceux qui l’ont habitué à ne plus voir les réalités en face, et bâtissent leur discours politique sur un « langage d’évitement », qui consiste à refuser de nommer les faits et les évènements, sous prétexte que « dire les choses, c’est clivant »…   

Une classe politique, qui, obsédée par ses « égos », a habitué le peuple français, par facilité et par calcul, à se contempler le nombril, ce qui l’empêche de voir qu’il est confronté à un « nouvel état du monde », et que ce n’est pas en traitant avec mépris les propos lucides de ceux qui sont devenus, pour certains, des « déclinologues », qu’il  échappera à son destin. 

Hier soir, après avoir fait un tour sur les chaînes d’information en continu, puis sur l’émission « C’est dans l’Air », j’ai éteint mon poste, écoeuré par tout ce que j’ai entendu.

 Et pour éviter de me coucher avec des idées noires, je me suis réfugié, pendant une heure, dans le silence de la nuit, au coeur des pages en « papier bible » de l’ouvrage de « la Pléïade » consacré à Alain, ce philosophe passé de mode, dont Monsieur Alavoine, ce professeur de Philo que je vénère, nous parlait si souvent.

Et je me suis offert, pour une heure, une cure de bon sens et de sagesse, un retour à des idées simples mais généreuses, portées par une langue intelligible et pure.

J’ai ouvert, par hasard, ce livre à la page des « Propos », une suite de textes sans lien logique entre eux, mais dont il est possible de dégager, par petites touches, des constantes qui sont les idées maîtresses de ce philosophe: défense de la noblesse de l’individu, et de sa liberté, et le doute comme condition indispensable de la liberté de penser par soi-même.

Ecrits au jour le jour, ces textes mêlent habilement ,en évitant une terminologie philosophique hermétique, son expérience humaniste, ainsi que la pensée des maîtres aux quels il se réfère constamment: Platon, Aristote, Spinoza, Comte et Kant.

Une lecture apaisante, qui élève l’esprit, et qui donne au lecteur le sentiment d’acquérir une forme de sagesse et de distanciation par rapport aux misères de notre condition humaine.

Je vous en offre ces extraits:

« …Penser librement, c’est chercher l’accord, et l’accord par liberté. Il n’y a pas un esprit libre qui n’aime et ne cherche les esprits libres. C’est se mettre à la recherche du semblable; c’est vouloir l’éveiller et le reconnaître en toute forme humaine. Dès que l’on aime la dispute de bonne foi, l’accord est fait. Celui qui me contredit je ne peux point vouloir qu’il soit esclave, qu’il soit flatteur, qu’il soit vaniteux, qu’il ait peur de tout. Au contraire, c’est la hardiesse d’esprit et le feu de l’invention que l’on aime dans l’autre, comme on l’aime en soi-même ».

Et plus loin,… » le doute est le sel de l’esprit… Le vrai c’est qu’il ne faut jamais croire, et qu’il faut examiner toujours…Croire est agréable. C’est une ivresse dont il faut se priver. Ou alors, dites adieu à la liberté, à la justice, à la paix……La fonction de penser ne se délègue point…. »(Alain, »Propos. » Gallimard 1956).

Il n’y a pas de Démocratie sans dialogue, et pas de République sans Démocratie. Revenir au dialogue, avec de bons, de vrais arguments, et tourner le dos à l’invective qui ruine le dialogue.

Et surtout, ne pas avoir peur de mettre des mots sur les choses. Appeler « un chat, un chat, ça n’a jamais blessé les oreilles d’un chien » disait ma grand mère…..

  

Ô Sole mio….


Il se dessine, parmi les « faiseurs d’opinion », une tendance à mettre l’Allemagne en accusation, et à lui reprocher une certaine forme d’aveuglement face à l’évolution de la situation économique en Europe, où la menace d’une récession se fait de plus en plus précise.

D’autres, plus intelligemment, comme l’Italien Mario Monti, s’efforcent de procéder par la persuasion et plaident auprès de l’opinion allemande, pour tenter d’infléchir ce qui ressemble à une forme de « psychorigidité », pour ceux qui font mine d’ignorer les moments difficiles que les Allemands ont dû traverser au lendemain de la réunification, et surtout, lors de la mise en oeuvre, par Gherard Schroeder, d’une politique de redressement financier qui pèse encore lourd dans la mémoire collective allemande, qui reproche, à l’Europe d’alors, de l’avoir laissée seule affronter ces difficultés. Ces mêmes difficultés aux quelles l’Europe d’aujourd’hui est confrontée.

Comme toujours, en pareille situation, il faut s’efforcer, avant de se forger un jugement, de prendre en compte tous les aspects du problème, et d’entendre tous les arguments, y compris ceux qui écorchent nos oreilles….

« L’affrontement » Italie-Allemagne, fait l’objet des titres des grands journaux italiens.

La Stampa y consacre un article au titre évocateur, soulignant la somme d’orgueil national et de préjugés qui, de part et d’autre, pollue un débat difficile qui, pour être constructif, ne peut se poursuivre que d’une manière sereine et dans l’objectivité.

Je reproduis, ci-après cet article, paru le 6 Août, dans une traduction réalisée par « Presseurope ».

« Trop d’orgueil et de préjugés »

6 août 2012

La Stampa                        Turin       Partagé 167 fois en 10 langues

Malgré les efforts du Premier ministre italien Mario Monti pour amadouer l’opinion allemande, ses concitoyens déplorent un sentiment nationaliste et anti-européen en Allemagne. La faute aux idées préconçues, mais aussi à l’attitude des Italiens, écrit La Stampa.

« Comment convaincre les Allemands que nous ne voulons pas de leur argent ? Dans l’interview qu’il a donné au Spiegel, Mario Monti a fait cette fois tout son possible.

Fort de sa compétence, il a tenté à nouveau d’expliquer que nous autres italiens avons payé bien plus cher qu’eux l’aide à la Grèce, à l’Irlande, au Portugal et que, étant donnés les taux actuels de rendement des titres de la dette publique, ce sont les Italiens et les Espagnols qui subventionnent les Allemands, et non le contraire.

Il n’est pas facile de le faire comprendre.

En Allemagne aujourd’hui, les difficultés de l’Union monétaire ne produisent pas seulement un désenchantement de masse envers l’intégration européenne, semblable à ce qui se passe aussi en Italie, mais aussi un véritable phénomène culturel auprès d’une partie de la classe dirigeante allemande, qui tend à considérer qu’elle a raison contre le reste du monde, ou presque.

« La semaine dernière, le quotidien très populaire Bild a annoncé à grands cris à ses lecteurs, comme si c’était un scoop, que la prolongation de la crise était tout bénéfice pour l’Allemagne, estimant que celui-ci était de 60 milliards d’euros pour les trente derniers mois. Un chiffre considéré comme assez vraisemblable par plusieurs experts. Et pourtant, pas grand chose n’a bougé. Les populistes se glorifient de cette nouvelle preuve de succès patriotique, la plupart font semblant de ne rien voir.  

« Qu’est-ce qu’il se passe sur les marchés ? Quelques traders l’ont très bien expliqué récemment au New York Times : ils savent que les titres de la dette italienne, actuellement de haut rendement, pourraient être une excellente affaire, mais ils continuent à les vendre au lieu de les acheter, par peur que ne se propage parmi leurs collègues un “tsunami de pessimisme collectif” qui pourrait désarçonner l’Italie.

« C’est cette réalité que persistent à nier de nombreux économistes allemands. Leur théorie ne la prenant pas en compte, pour eux, elle n’existe pas. Ils affirment que les rendements à 6 ou 7% pour la dette de l’Italie et de l’Espagne sont rationnels, et que c’est même bien fait pour elles. Le hic c’est que [au sein du directoire de la Banque centrale européenne], tous ont pris acte de cette évidence, sauf le représentant de la Bundesbank. C’est là toute l’importance des décisions de jeudi dernier.

« Le nouveau nationalisme allemand répond le plus souvent à côté de la question, dans un court-circuit dangereux entre démagogie électorale et dogmes d’un monde académique conformiste. On accuse les pays du Sud et la France de vouloir pousser la BCE à faire marcher a planche à billets pour financer la gabegie des politiciens, comme ils l’ont fait par le passé. En Italie, cette pratique irresponsable a été abandonnée dès 1981, dix ans avant le Traité de Maastricht.

« En même temps, il faut reconnaître que divers événements italiens ont contribué à alimenter la défiance allemande.

« Dans les années 1990, les deux pays souffraient de maux similaires. Mais, pendant la décennie suivante, se sont succédés à Berlin des gouvernements capables de les soigner, alors qu’à Rome, ce fut loin d’être le cas. L’invocation à la légère des eurobonds par nos responsables politiques trahit leur désir que les Allemands payent une partie de l’addition à notre place.

« Il est donc juste, même si cela peut paraître bizarre, que le compromis issu de la réunion du conseil de la BCE [Francfort achètera de la dette souveraine des Etats en difficulté uniquement après que ceux-ci auront demandé l’intervention du Fonds européen de stabilité financière] subordonne les interventions pour dompter les marchés à des initiatives politiques (précisément parce qu’il s’agit de redresser les marchés ; on ne crée pas de monnaie en excès).

« Nous explorons un nouveau territoire, où il faut vérifier à chaque moment ce qui doit être décidé par le vote des citoyens et ce qui est du ressort des techniciens. Dans les deux pays, il faut être plus vigilants sur l’esprit que sur la lettre des Constitutions qui nous ont apporté la démocratie à la fin des années 1940. Quant aux traités européens, au besoin, on peut les modifier. »(Fin de citation).

Traduction : Françoise Liffran

Il reste donc encore beaucoup de travail à « Super-Mario », pour emporter l’adhésion des Allemands à une thèse en faveur de laquelle, ne plaident pas le comportement économiques passé, de l’Italie,…ce qui explique le scepticisme du citoyen allemand. Pour s’en convaincre, il suffit de lire cet article du « monde.fr »:  

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/08/08/l-italie-minee-par-la-corruption_1743830_3214.html

La « petite phrase » du jour….


 

Je regardais ce matin avec une certaine curiosité, l’émission de la Chaîne d’information continue LCI, intitulée « Choisissez votre camp », qui faisait suite à l’émission d’hier soir dont Sarkozy était la « vedette ».

Je passe rapidement sur l’extraordinaire mauvaise foi du « journaleux » Collombani, ancien patron du « quotidien de révérence »(à la Gauche, évidemment ), « Le Monde ».

Cet éditorialiste ,  nous a gratifié, brillamment, d’une plaidoirie en faveur de François Hollande, qui est manifestement « son candidat », assortie d’un réquisitoire contre Sarkozy, reprenant touts les accusations, les attaques, les contre-vérités, les mensonges distillées par la Gauche pendant cinq ans, refusant d’entendre les arguments des autres participants à ce débat, qui tentaient, vainement, de rétablir un équilibre et de ramener, au centre de la discussion, les réformes accomplies sous le mandat qui expire, et les engagements que prend le Président-candidat, s’il est élu.

Le comble de l’autisme de Collombani a été atteint, lorsque le sujet a « dérapé » sur l’immigration.

Carayrou et Bercoff s’efforçaient de plaider en faveur des Français qui ressentent certaines conséquences de cette immigration comme un problème, tout en reconnaissant que ce problème ne devait pas occulter les problèmes économiques.

Autant de propos balayés d’un revers de main par Collombani, pour qui, parler de l’immigration c’est « faire le jeu de Front National », vieille rengaine d’une Gauche qui compte précisément sur les immigrés pour reconstituer, à terme, les bataillons populaires qui l’ont désertée, et sur l’aide du Front National pour battre Sarkozy…

Bien évidemment, le débat sur l’immigration ne pouvait qu’atterrir sur le terrain fraîchement choisi par Marine LePen pour relancer sa campagne, celui de la viande Hallal, et sur les propos maladroits du Premier Ministre François Fillon.

Et c’est alors, qu’ après un échange foireux avec Colombani que Bercoff, furieux, cramoisi, s’est exclamé:

« Non, mais !!! Tout de même !!! On ne s’est pas battu à mort pendant un siècle contre l’Eglise en « bouffant » du curé chaque matin, pour se coucher aujourd’hui devant les Immams et les Rabbins »!!!! 

Celle-là, je la retiendrai. Ce sera « ma » petite phrase du jour….

Intégration.


 

A l’heure ou un film évoquant « la desintégration » est sur le point de sortir, avec comme vedette masculine le »petit frère » de Djamel Debbouze, cet extrait d’une enquête diffusée sur TF1 prend tout sons sens.

Le sujet du film:

« Une cité dans l’agglomération Lilloise, aujourd’hui.
Ali, Nasser et Hamza, âgés d’une vingtaine d’années, font la connaissance de Djamel, dix ans de plus qu’eux.
Aux yeux d’Ali et ses amis, Djamel apparaît comme un aîné aux propos acérés et au charisme certain. Habile manipulateur, il endoctrine peu à peu les trois garçons, connaissant mieux que quiconque leurs déceptions, leurs failles et leurs révoltes face à une société dans laquelle ils sont nés, mais dont aucun des trois ne pense plus désormais faire partie. »

Tout cela dans l’agglomération Lilloise. Comme par hasard…

Si vous êtes patients, et pour faire connaissance avec ceux qui oeuvrent, dans l’indifférence générale, à la désintégration de la France, cliquez sur:

http://www.wat.tv/video/harry-roselmack-avec-fondamentalist-2fjrn_2fqon_.html 

Et allez jusqu’au bout : savourez cet excellent reportage « en immersion » de Harry Roselmack , chez les « fondamentalistes », qui avait été diffusé sur TF1.

Passionnant.

Juste pour voir comment la France s’avance, lentement, et sans bruit, vers un « ailleurs » dont nul ne sait de quoi il sera fait.

 Un couple sympa, non ??? Un vrai couple de Français, et un bel échantillon de la diversité…. QUOI !!!  

A méditer par tous les « idiots utiles » qui pratiquent en toute inconscience la religion de « l’islamophilie ».

Socialisme: la déconfiture….


 

La droite portugaise a largement remporté dimanche les élections législatives au Portugal sur fond de crise financière. Après la démission de Socrates, le nouveau Premier ministre sera Pedro Passos Coelho, qui a annoncé vouloir former un gouvernement de droite-centre droit, pour mettre un terme à l’incertitude politique.

En Espagne, le Gouvernement de Zappatero est en sérieuse difficulté, après une nette défaite aux élections Régionales et Municipales, qui laisse mal augurer du résultat du prochain scrutin législatif qui devrait consacrer la chute du gouvernement socialiste.

En Angleterre, les travaillistes ont laissé la place au Parti conservateur, confronté à une situation d’endettement de l’Etat impliquant une politique de rigueur qui rappelle aux Britanniques les années Thatcher….

Ne parlons pas de la Grèce, ou le Gouvernement socialiste fait face à une situation catastrophique, et semble désemparé devant l’ampleur des sacrifices à imposer au pays pour retrouver les équilibres sans lesquels une nation voit sa souveraineté gravement menacée.

Cette défaite du PS portugais conclut, en effet, quatorze années de reculs de la gauche dans toute l’Europe.

En 1997, treize des quinze gouvernements de l’Union européenne étaient à gauche et l’arrivée de Lionel Jospin au pouvoir résonnait comme le symbole d’un véritable printemps de la gauche. Lorsque survient la crise financière en 2008, la gauche est encore au pouvoir au Royaume-Uni, en Allemagne, en Irlande, en Espagne, en Lituanie, en Bulgarie, en Hongrie, au Portugal et en Grèce. Trois ans après, l’Espagne et la Grèce apparaissent comme les derniers bastions de la gauche. Pour combien de temps ?

Ainsi donc, un peu partout, en Europe, les Socialistes sont en situation d’échec pour répondre aux défis engendrés par la crise internationale: les caisses sont vides et le socialisme ne dispose plus des leviers classiques avec lesquels il excelle dans l’art de séduire son électorat d’assistés.

C’est la déconfiture…..   

 Car, pendant les années de croissance mondiale, les politiques sociales-démocrates ont connu d’importants succès pratiques. Toutes les analyses statistiques dans les années 1950-1970 ont montré que les plus faibles inégalités de revenus, la protection sociale la plus développée, les meilleurs équilibres entre l’emploi, les investissements et les salaires, ont été le fait de pays où la social-démocratie a exercé durablement le pouvoir – sans même parler de la comparaison avec les pays communistes.

Mais aujourd’hui, les armes traditionnelles de la politique keynésienne, notamment la politique monétaire, avec le jeu des dévaluations, et la politique budgétaire, avec des déficits importants, ne peuvent plus avoir cours. Notre appartenance à la zone Euro nous interdit d’avoir recours aux recettes du passé.

 En outre, la mondialisation rend difficile la navigation à contre-courant des cycles économiques dominants – comme le gouvernement socialiste français l’a éprouvé en 1982 et 1983 avec « le changement de pied » imposé au Gouvernement Mauroy, obligé à renier partiellement les engagements électoraux pris par Mitterrand.

Cela explique que tous les partis sociaux-démocrates et socialistes, à des dates différentes, aient révisé leurs programmes pour demeurer dans le jeu politico-économique national, et aient fait le choix de l’Europe, et celui du respect des engagements monétaires, pour continuer à exister dans la mondialisation.

Par ailleurs, les Socialistes sont tenus de prendre en compte les évolutions  intervenues dans la structure des sociétés et les cultures ambiantes. La transformation du salariat, avec le déclin de la classe ouvrière traditionnelle, et l’existence de millions d’ouvriers et d’employés qui vivent des conditions de travail faites de précarisation et d’isolement, l’importance des classes moyennes salariées, la place majeure des femmes dans le travail, l’allongement du « moment » de la jeunesse, et, en même temps, le vieillissement, la présence et le poids croissant de populations immigrées, la force de l’individualisme, tout cela a fragilisé les structures de représentation traditionnelle mises en place par la social-démocratie.

Partisans d’une politique d’immigration active, ils ont espéré vainement, que l’afflux d’un nouveau prolétariat compenserait le déclin de leurs « troupes » traditionnelles. 

Les syndicats n’ont plus la même homogénéité « de classe » et ont pris leur autonomie. Les partis sociaux-démocrates et socialistes doivent réunir plusieurs électorats aux intérêts différents et volatils.

L’identité de la social-démocratie s’est transformée depuis une vingtaine d’années: combattue sur sa gauche par les courants nostalgiques de la période marxiste, elle est de moins en moins à son aise sur le terrain idéologique.

 Elle est donc plus fragile, plus dépendante des résultats de sa politique, qui en raison de la crise, ne sont guère différents de ceux des politiques de droite, ce qui affaiblit le  sentiment d’appartenance de ses sympathisants. Et cela d’autant plus qu’elle doit affronter de nouveaux concurrents, les partis verts, qui défendent des valeurs post-matérialistes et ont une influence dans les nouvelles générations urbaines, ainsi que les partis populistes, qui attirent des catégories populaires inquiètes.

Ce sont bien les fondements des « compromis sociaux-démocrates » qui sont à repenser dans un nouvel âge du capitalisme et, en France, devant l’ampleur de la tâche les divisions partisanes, les courants animés par des « chefs » devenus des « ego-psychopathes » rendent l’élaboration de programmes de gouvernement difficiles tant il y a de contraires à concilier.

Les remèdes classiques sont d’une efficacité et d’une portée limitée par les contraintes budgétaires.

L’ État-providence qui protège la population des risques liés à la santé ou au travail a atteint partout ses limites dans le monde occidental, face à la concurrence des pays émergents, plus travailleurs et moins « gloutons ».

Le système public d’éducation, de santé, de garde d’enfants, etc., « financièrement accessible à tous », est à bout de souffle. 

Les niveaux de prélèvements fiscaux élevés afin de financer ces dépenses publiques via un impôt progressif sont incompatibles avec la « liberté de circulation des personnes et des capitaux » sur laquelle repose l’édifice européen.

La politique d’immigration et le multiculturalisme prônés par les socialistes au nom des « valeurs universelles » rencontre de plus en plus d’opposition, y compris dans les classes sociales les moins favorisées.

Restent la laïcité , la libéralisation des mœurs avec l’ institution du mariage homosexuel, la protection du droit à l’avortement, voire parfois la dépénalisation des drogues les moins nocives et une politique étrangère basée sur la promotion des valeurs démocratiques, la défense des droits de l’homme et la concertation  pour se démarquer d’une politique « de droite », ce qui réduit la spécificité des options socialistes à des sujets « sociétaux » et non « économiques ».

L’engagement en faveur de la construction européenne pour promouvoir le fédéralisme européen est combattu, en France, par l’aile gauche de la Gauche.

Mais une  des raisons essentielles du discrédit qui semble frapper aujourd’hui les partis sociaux-démocrates en Europe, tient d’ailleurs au fait que beaucoup d’entre eux ont nagé dans le sens du courant.

A la fin des années 1990, les gouvernements à dominante ou à participation socialiste étaient onze sur quinze dans l’Union européenne. On ne peut pas dire qu’ils aient profité de cette hégémonie numérique pour mettre en œuvre une politique différente des conservateurs. Bien plus, ils ont souvent mené une politique de réformes de l’Etat-providence et de dérégulation que les gouvernements de droite n’avaient pas le courage de décider. Avoir été pendant des années les compagnons de route de la mondialisation nuit à leur crédibilité quand ils se targuent d’avoir, avant les autres, dénoncé les dangers du « tout libéral ».

La défaite que les partis du socialisme démocratique viennent de subir dans certains pays européens ne doit sans doute pas être surestimée.

Mais elle ouvre un vaste champ d’interrogations sur la capacité de ce courant idéologique à imaginer des solutions réalistes et d’une efficacité durable, pour sortir de la crise.

Car, pourquoi élire des socialistes, si c’est pour, en définitive, être condamnés à pratiquer une politique semblable à celle qui s’impose en Grèce, au Portugal ou en Espagne ???

C’est bien là, la question qui fera débat dans les mois qui précéderont, en France, l’élection présidentielle de 2012.