L’Oued.


Tempus Fugit....

L'Oued

4 Mai 2018 – 4 Mai 1956.

Dans quelques jours, je rejoindrai, fidèle à un rituel qui dure depuis très longtemps, mes camarades  » survivants » de la 2ème Compagnie du 25ème Bataillon de Chasseurs Alpins, pour partager, après des retrouvailles toujours émouvantes, un moment d’exceptionnelle fraternité. Nous évoquerons, une fois de plus des souvenirs qui n’appartiennent qu’à nous, tant il est difficile de les partager avec ceux qui ne les ont pas vécus. Nous évoquerons ceux qui ont laissé leur vie là-bas, pour rien, et les autres, disparus, mais toujours présents dans nos souvenirs. Puis, nous nous séparerons, en espérant être encore en vie l’an prochain, pour nous retrouver, une fois de plus…..

Chaque année, à la même date, je me réveille, au lever du jour : Impossible de continuer à dormir. Les yeux mi-clos, la poitrine oppressée, je revois les images qui défilent dans ma mémoire. Des images semblables à…

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Regards obliques…


L’âge ne confère plus aucun privilège dans le monde d’aujourd’hui. Il en est même un qui, parmi ceux que l’on considère comme faisant partie des plus brillants esprits de notre époque, tel Jacques Attali, estiment qu’il faudra bien un jour songer à euthanasier les vieux qui vivent trop longtemps et qui coûtent bien trop cher à la société…..

Je conçois parfaitement que pour une génération qui s’est forgée dans un culte égoïste, celui de l’individualisme, la génération des »selfies’, celle de l’autocélébration, celle qui a renoncé à savoir d’où elle vient, qui a une conscience aigüe de ses « droits » mais ne s’interroge jamais sur ses devoirs, et qui se nourrit de l’illusion d’avoir inventé un « monde nouveau », il est irritant de sentir le regard « oblique » des anciens qui observent son agitation fébrile à travers le prisme de leur propre vécu.

Il est vrai qu’un monde sépare ma génération et celles qui m’ont suivi.

Il y a celle qui a connu la pauvreté et les tickets de rationnement dans sa jeunesse,  l’armée et la guerre, la soif, la peur, la fraternité d’armes, les semaines de 48 heures de travail,,.. et il y a celle qui a reçu en héritage les richesses créées au cours des « trente glorieuses ».

Il y a celle qui a eu plus d’une fois à risquer sa peau en croyant « faire son devoir », et qui s’est élevée dans la hiérarchie sociale par les travail et les sacrifices et celle pour qui l’ascenseur social a bien fonctionné et qui est passée d’un amphi de l’ENA à un fauteuil de banque ou de préfecture, avec, au milieu, le rituel stage de « young leader » aux USA, et qui, en conséquence, s’exprime dans un anglais parfait…..

C’est à cette dernière que je m’adresse, car je sais , par ailleurs qu’il y a au sein de cette jeune génération , ceux qui souffrent, angoissés par la précarité de leur avenir.

« Cela dit, on ne peut reprocher à personne sa date de naissance, ni d’avoir jamais senti passer « le vent du boulet »….( Régis Debray ).

Ces « têtes » là, je les ai toutes connues, et vues à l’œuvre: les meilleures  comme les pires d’entre elles.

Il en manque même une qui, dans l’imaginaire de ceux qui lui ont succédé, personnifiait « le monde ancien »: c’est René Coty, dont l’épouse, qui n’avait pas encore accèdé au grade de « Première Dame », était la cible des humoristes « d’avant-garde », car elle personnifiait une gentillesse quasi maternelle, et était adorée par le peuple….

Car si certains se glorifient encore d’avoir « fait Mai 68 », moi, je fais partie de ceux qui ont vécu « Mai 58 » et le célèbre « Je vous ai compris »….Dois-je faire comprendre que ça laisse des traces ???

En creusant un peu plus, dans ma mémoire, me revient le souvenir de la Déclaration de guerre à l’Allemagne par Édouard Daladier ( l’homme des « Accords de Munich »  une lâcheté qui aura couté cher à une génération d’européens !!! ) écoutée par mon père, l’oreille collée à sa vieille radio.  Je me souviens aussi d’avoir chanté, enfant, à l’école, lors de la levée des couleurs, chaque matin, « Maréchal, nous voilà, devant toi le sauveur de la France »…..

Car il se trouve que j’ai une redoutable mémoire.

Les dures épreuves que j’ai dû affronter durant ma longue existence, m’ont appris à « relativiser » bien des situations, ce qui m’autorise, aujourd’hui, à porter un regard « distancié » sur l’ époque actuelle, en m’interrogeant sur les échecs d’une certaine génération, – la mienne –  héritière des Lumières, éduquée dans le latin-grec, convaincue qu’elle pourrait agir sur les événements par l’exercice de la raison critique et construire une société plus juste, fondée sur un ordre républicain aujourd’hui chancelant,

Mais, comme l’écrit fort bien Régis Debray, dans un article publié dans « Le Figaro Vox », »la fabrique de l’opinion a changé d’échelle, et les industries lourdes de l’image-son ont rendu cette ambition pédagogique obsolète ». Et comme le regrette le même Régis Debray,  » L’action publique a coupé les ponts avec la pensée. Place aux communicants: sondeurs, animateurs, acteurs, cameramen, photographes, spin doctors… », relayés par des « commentateurs » bavards, incultes et imbus de la fonction médiatique qu’ils remplissent, fort mal, dans une société en plein désarroi.

Je crois, comme le prétend Régis Debray dans le même article, que la mondialisation  » crée partout un déficit d’appartenance culturelle, donc un trou d’air où s’engouffre le retour à des sources identitaires plus ou moins fantasmées. La mondialisation heureuse, c’est à l’arrivée une balkanisation furieuse. « 

Je ne crois pas un seul instant à la « mondialisation heureuse » que l’on promet à nos enfants. Je pense, au contraire que la mondialisation à marche forcée est vouée à l’échec, car elle ne sert que les intérêts d’un monde de « marchands ».

La machine à broyer les identités ne tardera pas à s’enrayer. Le seul espoir que l’on puisse nourrir à son égard, c’est que son coup d’arrêt ne suscitera pas de désordre, car un vent mauvais souffle sur l’Europe ( c’est Macron qui le dit et je crois qu’il a raison ) et l’on peut craindre des soubresauts tragiques dans un futur qui n’est plus tellement éloigné.

Car jamais l’analphabétisme en Histoire de ceux qui ont entre leurs mains le destin des générations futures n’a été aussi grand. Or, jamais l’Histoire n’a été aussi présente dans l’actualité qu’aujourd’hui et aussi absente de la tête de nos décideurs.

Les énormes erreurs commises dans l’appréciation de l’état du monde et particulièrement du Moyen Orient qui est à nos portes, en témoignent. Nos stratèges  auraient dû faire un peu d’histoire et de géographie, et apprendre ce que sont le chiisme et le sunnisme et s’informer auprès des ethnologues ( ils pullulent au CNRS !!! ) avant de se lancer dans des aventures aux lendemains tragiques. Et apprendre ce que fut la menace ottomane pour les pays d’Europe Centrale et des Balkans avant de les montrer du doigt en raison de leur résistance à une politique migratoire dont nul ne sait comment tarir le flux….

Ma génération va s’éteindre. Ce qui se joue aujourd’hui, c’est le sort des générations futures qui risquent de devoir payer au prix fort la superficialité suffisante de ceux qui ont leur destin entre les mains, et qui ont « oublié que l’Histoire est tragique ».

Tiens, curieusement, c’est le reproche que faisait Raymond Aron, un philosophe qui a marqué son époque, – la mienne-  à Valéry Giscard d’Estaing, auquel on compare souvent Emmanuel Macron pour « sa classe », « son intelligence brillante » et l’ardeur de son « extrême-centrisme »…..

 

Zemmour, Houellebecq, avec ou Sansal ???


BoualemBoualem Sansal est un écrivain algérien,  romancier et essayiste, censuré dans son pays d’origine à cause de ses positions très critiques envers le pouvoir en place. Il vit néanmoins toujours en Algérie, considérant que son pays a besoin de la présence des artistes pour ouvrir la voie à la paix et à la démocratie.

Boualem Sansal fait partie des écrivains algériens dont j’ai toujours suivi le travail d’écriture, et ce, depuis de nombreuses années. C’est un écrivain courageux, – ils ne sont pas légion à l’époque où, partout, le « politiquement correct » envahit l’édition -,et ses prises de positions lui ont valu d’être limogé du poste de Haut Fonctionnaire au Ministère de l’Industrie algérien.

Ce diplômé de l’Ecole Nationale Polytechnique d’Alger, titulaire d’un Doctorat en économie, s’est consacré depuis à l’écriture et on lui doit une oeuvre abondante, et de nombreux ouvrages, interdits de publication en Algérie, ont été sanctionnés par des Prix Littéraires, en France et en Europe.(1)

Le dernier ouvrage que j’ai lu de lui m’avait passionné. J’y retrouvais l’expression de sentiments, des révoltes que j’avais moi-même éprouvés, de l’autre côté de la barrière qui s’était dressée entre nous, depuis que la terreur dressait nos deux communautés l’une contre l’autre…. « Rue Darwin », pour lequel il avait reçu le Prix du Roman Arabe, est l’histoire d’une famille prise dans la guerre d’Algérie. Dans ce livre, le personnage de Yaz est, en fait, une projection de Boualem Sansal lui-même. A noter que la rue Darwin, à deux pas de chez moi, dans un quartier populaire, est une rue où l’auteur a vécu dans son enfance, tout près de la maison où a vécu la famille d’Albert Camus.

Boualem Sansal

Ce petit rappel destiné à « situer » Boualem Sansal, l’un des meilleurs écrivains algériens de langue française de sa génération, permet de mesurer l’impact qu’aura le brûlot qu’il vient de publier, et dont je doute qu’il reçoive un accueil chaleureux des médias français.

Car dans ce livre, il développe exactement la même thèse que celle qu’on défendue  Zemmour et Houellebecq : selon lui, l’Europe, tétanisée par la peur, ligotée par ses propres « valeurs », passera sous contrôle islamique autour de 2084 !!!

Je n’ai pas encore lu cet ouvrage, qui vient de sortir et que je vais tenter de me procurer. Mais d’ores et déjà, on trouve, dans la Presse algérienne, les premières réactions qu’il suscite. Je vous en laisse juge:

http://www.elwatan.com/culture/nouveau-roman-de-boualem-sansal-l-islamisme-prendra-le-pouvoir-en-europe-en-2084-20-08-2015-301903_113.php

Je cite:

« La mondialisation va conduire l’islamisme au pouvoir dans une cinquantaine d’années, notamment en Europe, prédit l’écrivain algérien Boualem Sansal qui publie 2084, un roman terrifiant inspiré du chef-d’œuvre de George Orwell 1984.
Orwell a fait une très bonne prédiction et on y est toujours», observe dans un entretien à l’AFP l’écrivain de 66 ans qui réside dans la petite ville côtière de Boumerdès, à une cinquantaine de kilomètres à l’est d’Alger.
Selon lui, «les trois totalitarismes imaginés par Orwell (l’Océania, l’Eurasia et l’Estasia) se confondent aujourd’hui dans un seul système totalitaire qu’on peut appeler la mondialisation».
«Nous sommes gouvernés par Wall Street», résume Boualem Sansal. Mais «ce système totalitaire qui a écrasé toutes les cultures sur son chemin a rencontré quelque chose de totalement inattendu : la résurrection de l’islam», analyse l’écrivain qui se dit «non croyant».
«Dans mon analyse, c’est le totalitarisme islamique qui va l’emporter parce qu’il s’appuie sur une divinité et une jeunesse qui n’a pas peur de la mort, alors que la mondialisation s’appuie sur l’argent, le confort, des choses futiles et périssables», juge le créateur de Abi (Père), le «Big Brother» islamique, délégué de «Yölah» sur Terre.
Si 2084, un roman écrit en français qui sort jeudi en France chez Gallimard, est une œuvre de pure invention, Boualem Sansal estime que «la dynamique de la mondialisation musulmane se met en place». « Le terrain à observer est l’Europe ».
Après le monde arabe et l’Afrique, l’islamisme se propage aussi en Occident avec une présence physique de plus en plus visible de barbus, de femmes voilées et de commerces halal», décrit-il. L’écrivain Michel Houellebecq, souligne-t-il, a «fait» la même analyse dans son roman Soumission, où il imagine la France de 2022 gouvernée par un parti musulman.
«Les Européens se trompent»
Dans 2084, Sansal imagine un pays, l’Abistan, soumis à la cruelle loi divine d’un dieu qu’on prie neuf fois par jour et où les principales activités sont d’interminables pèlerinages et le spectacle de châtiments publics. «La peur de Dieu sera plus forte que celle des armes» et «les gens pourront vivre de peu. Ils auront juste besoin de mosquées pour prier, par conviction ou par peur», résume l’écrivain, dont les propos rappellent le projet mis en œuvre par le groupe djihadiste Etat islamique en Irak et en Syrie.
Pour l’auteur du Serment des barbares, les Européens «se trompent sur l’islamisme comme ils se sont trompés sur le communisme» et sous-estiment la menace. Notamment à cause de l’autocensure sur la montée de l’islamisme, qui «tue le débat» alors que «le débat c’est comme une plante : si on ne l’arrose pas par la contradiction il disparaît».
M. Sansal laisse cependant poindre une note d’espoir en soulignant que «tous les systèmes totalitaires s’effondrent». «Après le règne de l’islamisme, il y aura une nouvelle mondialisation mais je ne sais pas sous quelle forme», présume-t-il. Imaginant le sort de son propre pays en 2084, il reste sombre. «Je ne sais même pas si l’Algérie existera en 2084 sous la forme d’un pays moderne relativement administré» car «la fin du pétrole va la conduire dans une situation indescriptible».
L’écrivain, honni tant par les islamistes que par le régime, juge par ailleurs «terrifiant» le flux des migrants algériens vers l’Europe et l’Amérique du Nord. «L’émigration est un vrai drame. Elle touche les riches, les hyper-diplômés.
Quand elle atteint un certain seuil en volume, cela veut dire que le pays ne peut être sauvé». Boualem Sansal est jusqu’à présent resté en Algérie, où cet économiste a mené une longue carrière de fonctionnaire, en se souvenant que son pays «était très agréable à vivre» lorsqu’il avait lui-même «entre 20 et 30 ans». «Après, je n’ai jamais ressenti un besoin suffisamment fort pour me dire : ‘‘Je fais mes valises, je m’en vais’’. J’ai toujours eu la possibilité de voyager. Je peux émigrer à n’importe quel moment». AFP

On ne peut rester indifférent ou traiter par le mépris la thèse d’un Boualem Sansal. Certes, ceux qui ont déchaîné leurs critiques, parfois très en dessous de la ceinture, contre le succès « nauséabond » et « rance » des oeuvres récentes de Zemmour et de Houellebecq, vont être alertés.

Mais ce livre est écrit par un Arabe, un Musulman algérien. Il échappe aux soupçons de parti pris plus ou moins raciste dont on a accusé les deux auteurs français. Le « Padamalgam » va probablement être appelé en renfort….

Il sera intéressant de suivre l’accueil que lui réservera la critique française, particulièrement partisane, dont les minables petites lâchetés se cachent derrière des pseudo-sentiments « humanistes », et qui déteste les oeuvres qui vont à l’encontre de la doxa médiatique actuelle….

 (1).- Distinctions reçues par l’oeuvre de Boualem Sansal.

prix du premier roman
prix Tropiques
prix Michel-Dard
grand prix RTL-Lire
grand prix de la francophonie
prix Nessim-Habif
prix Louis-Guilloux
prix Édouard-Glissant
prix de la paix des libraires allemands
prix du Roman arabe
chevalier des Arts et des Lettres (2012), Grand prix de la francophonie de l’Académie française (2013), Grand prix du roman de la Société des Gens de Lettres (2008), Médaille d’Or de la Renaissance française (2014),

Docteur Honoris Causa de l’Ecole normale supérieure de Lyon (2013)

Festivons, festivons….


BienAlors que médias et élites se concentraient sur la crise en Grèce ces dernières semaines, les dérapages de la nuit du 14 juillet et la menace d’attentats terroristes passaient aux oubliettes. Read more at:        http://www.atlantico.fr/decryptage/et-pendant-temps-france-brule-t-elle-dans-indifference-generale-thierry-get-xavier-raufer-2240737.html#YQtujh34J7m3svMU.99

C’était prévisible. Mon allusion d’hier à Philippe Muray et à « Festivus, Festivus », son petit chef-d’oeuvre de dérision littéraire, m’a donné envie de feuilleter, une fois de plus cet ouvrage, dans son édition de 2008, publiée chez Flammarion, dans la collection « Champs, essais », ainsi que « L’Empire du Bien », un essai au vitriol…

« Festivus, Festivus », est construit autour d’une conversation avec Elisabeth Lévy, dont on sait les talents de polémiste portant un regard aigu et critique sur notre société à la dérive.

C’est plus fort que moi.

Chaque fois que je vois s’ébrouer dans notre société festive et libertaire, tous ces parangons du « nouveau vivre-ensemble », éperdus d’insouciance, et libérés de toute entrave depuis la proclamation bénie d’une société où « il est interdit d’interdire », je ne puis m’empêcher de replonger dans la lecture de ce bouquin, annoté, page après page, des mes observations personnelles, voire de mes « exclamations » quand le passage provoque mon hilarité quelques fois amère, tant l’écriture de Muray, qui manie avec subtilité, le paradoxe, ou l’ironie jubilatoire, suscite chez moi, des fous-rires bienfaisants….

Ainsi, à la page 76 de « Festivus, Festivus », où Elisabeth Lévy rapporte que selon « le Directeur du Guide du Routard », soixante-dix pour cent des libraires étant des femmes, celles-ci devraient en quelque sorte refuser de vendre « Plateforme » de Michel Houellebecq, au prétexte que ce livre est « avilissant ». De même que , dans une librairie « branchée » de Paris, il est impossible de se procurer le livre de Renaud Camus, « Corbeaux », dans lequel celui ci relate « l’Affaire Renaud Camus ». On sait que Renaud Camus dénonce, avec un talent littéraire reconnu, le « Grand remplacement » du peuple français par des peuples venus d’ailleurs…. Le libraire questionné répond : « je ne vends pas ce genre de livres » !!!! Curieuse conception de la tolérance, au pays de la « liberté de pensée » et de la démocratie….

Les libraires font ainsi partie, avec les journaleux, du vaste réseau de censure qui règne sur le monde littéraire français, animé par des « rejetons du soixante-huitisme », prompts à mettre en accusation, voire à poursuivre pénalement tout ceux qui ne pensent pas comme eux….

Pour Murray, ils participent désormais «  à toutes les expéditions plumitives fomentées sans cesse, et pour diverses raisons, plus vertueuses-venimeuses les unes que les autres, contre tel ou tel écrivain un peu hérétique, par rapport, disons, aux diktats des calotins sociaux du Monde et de Télérama, dont la vision pieuse et cafarde a détrempé à peu près tout ce qui reste de la littérature et de la pensée. Depuis que les libraires donnent publiquement leur avis , ils ne sont plus libraires mais « garde-chiourme ». (Fin de citation ).

La dernière « expédition plumitive » de l’hebdomadaire « L’Obs », s’en prend aux écrivains blancs, hétérosexuels qui selon le plumitif auteur de l’article seraient privilégiés par rapport à leurs concurrents noirs. Le temps serait donc venu de boycotter les écrivains blancs, pour les punir d’attirer plus de lecteurs que leurs collègues noirs !!!!

http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20150708.OBS2305/faut-il-arreter-de-lire-les-livres-ecrits-par-des-hommes-blancs.html?xtref=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com#https://www.facebook.com

Comme on le voit, on touche le fond de la stupidité prétentieuse d’une certaine classe intellectuelle !!!

Certaines émissions prétendument « littéraires » apparemment destinées à susciter la curiosité et le goût d’ouvrir des livres, et qui, en réalité n’ont d’autre but que de canaliser les goûts, et orienter les lecteurs vers « ce qu’il faut lire » pour être « dans le vent », et surtout  pour détourner le lecteur de ce qu’il faudrait lire pour préserver son esprit critique et sa capacité de jugement personnel….

Le monde du Livre s’associe ainsi, à son tour, à l’énorme farce médiatique que nous inflige le « couple obscène médias-politiciens » – selon le mot du sociologue Michel Wierviorka. La France est anesthésiée par une classe médiatico-politique qui s’évertue à détourner l’opinion des réalités aux quelles notre pays est désormais confronté.

La fureur déclenchée dans le « microcosme »par le succès littéraire rencontré, – malgré un déferlement de la critique chargée du « conservatoire de la bienpensance » -, par la parution des livres de Zemmour et de Houellebecq est significative : ces deux auteurs ne font que tendre à notre société, un miroir dans lequel elle refuse de se voir.

Notre société plongée dans un coma profond se détourne du « réel »auquel elle oppose un déni hargneux.

Elle se complait dans une sorte de rêve entretenu sournoisement par une classe politico-médiatique, en lévitation.  La fête continue. Il faut que la fête continue !!! Festivons !!! A tout prix.

Nous sommes condamnés à vivre sous « l’Empire du Bien ». Un livre qu’il faut avoir lu, pour apprendre à ouvrir les yeux sur ce que nous réserve la « société progressiste » dans laquelle nous vivons.

’Empire du Bien reprend sans trop les changer pas mal de traits de l’ancienne utopie, la bureaucratie, la délation, l’adoration de la jeunesse à en avoir la chair de poule, l’immatérialisation de toute pensée, l’effacement de l’esprit critique, le dressage obscène des masses, l’anéantissement de l’Histoire sous ses réactualisations forcées, l’appel kitsch au sentiment contre la raison, la haine du passé, l’uniformisation des modes de vie. »

Ceux qui restent éveillés vivent un cauchemar.

Philippe Muray nous en décrit quelques bribes, dans son style burlesque et inimitable . Une fête de l’absurde qui se déroule sous nos yeux, sur le modèle d’une vaste gay-pride ( je le cite) : « Un bataillon d’agents de développement du patrimoine ouvre la marche, suivi presque aussitôt par un peloton d’accompagnateurs de détenus. Puis arrivent, en rangs serrés, des compagnies d’agents de gestion locative, d’agents polyvalents, d’agents d’ambiance, d’adjoints de sécurité, de coordinateurs petite enfance, d’agents d’entretien des espaces naturels, d’agents de médiation, d’aides-éducateurs en temps périscolaire, d’agents d’accueil des victimes et j’en passe. […] Il s’agit du rassemblement imaginaire de tous les nouveaux « emplois jeunes » de Martine Aubry, […] une sorte de Halloween à l’échelle nationale, une Love Parade en plein Paris, une Job Pride, pourquoi pas ? »

Et, page 240 de Festivus, Festivus, :  » L’opinion d’en haut se fout pas mal de l’opinion d’en bas. C’est elle qui a la parole, et elle a déterminé souverainement un certain nombre d’urgences parmi lesquelles, en effet, l’éradication de la différence des sexes figure à une place de choix. …..

Le féminisme outré, le militantisme gay obsessionnel et divers autres communautarismes déchaînés sont les réservoirs inépuisables d’où jaillissent de nouveaux moines fanatiques qui, s’ils ont un anneau dans le nez, des piercings partout et des roulettes aux pieds, n’en sont pas moins les exacts descendants des insatiables Tartuffes simoniaques de l’Inquisition espagnole ».( Fin de citation )

Telles sont les « forces intellectuelles » qui, tenant le haut du pavé de la pensée, préparent notre société à l’émergence, de « l’Homme Nouveau », parfaitement « formaté », que l’on peut admirer dans les séquences publicitaires de la télévision, un brin efféminé, toujours un peu gland,un brillant à l’oreille, le torse épilé, mais pourvu d’une barbe de quelques jours, l’anti-macho, à peine propre sur lui, mais correct, du moins politiquement. Amateur de glisse et de patin-à-roulettes que l’on voit, parfois le Dimanche, traversant Paris en files indiennes, se « réappropriant » la Capitale chère à l’Andalouse….Et sur les plages, il étale son penchant pour l’adoration de soi : la mode des « selfies » illustre le narcissisme d’une certaine jeunesse qui n’adore plus rien qu’elle-même, tatouée,  alcoolisée, droguée, elle ne rêve que de finir sa vie « en boîte » , dans l’hystérie des danses collectives, noyée dans des torrents de décibels…

« Plus rien ni plus personne n’est différent de rien ni de personne, sous l’effet de la déferlante hyperfestive, et ce ne sont jamais, pour dire le vrai, que des effondrements de frontières dont se réjouit Homo festivus, avec l’exubérance que l’on sait, chaque fois qu’il descend dans la rue : la destruction de la très vieille loi oedipienne (dont la défaite ouvre enfin une voie royale au matriarcat), l’effacement de la fonction paternelle, la disparition du passé, le triomphe de la vision infantile du monde, la réduction à néant de la différence sexuelle, l’évanouissement de l’univers concret et de ses divisions obsolètes (intérieur/extérieur, public/privé, intime/social)sont ses profondes et vraies raisons de faire la fête. » ( Fin de citation ).

Telle est l’ambiance festive dans laquelle nous baignons, avec une sorte d’insouciance immature, entretenue  par les faiseurs d’opinion sous la dépendance intellectuelle desquels on souhaiterait nous maintenir, en condamnant au silence tous ceux qui ne marchent pas dans la combine….

Mais, est-ce bien cette France-là que le peuple veut ????

Eloge des Livres et de la Lecture.


LivresNotre époque, placée sous le signe du fugitif, du jetable, et de l’éphémère, fait planer une sourde menace sur le Livre. L’apparition des « tablettes »de lecture promues par de puissants intérêts, bouleverse le destin du livre et inquiète les libraires. A juste titre car les générations nouvelles grandissent dans un environnement où le « presse-bouton » devient un geste familier et dispense de bien des efforts.

Et pourtant, le livre continue à avoir ses fidèles. Mais les libraires, les vrais, ceux qui ne se contentent pas de disposer des livres sur des rayons et dans des vitrines, ceux dont la curiosité intellectuelle les incite à lire eux-mêmes, à s’informer sur les bons auteurs, à mettre leur culture au service de leur clientèle, sont devenus rares. Car être « libraire », c’est un vrai métier.

Depuis que le livre est en vente dans les supermarchés, il est devenu un « produit » comme un autre, un « objet de marketing »dont la vente est soumise à des règles qui conditionnent son succès. En « tête de gondole » une oeuvre aura bien plus de chance de rencontrer ses lecteurs , au détriment de telle autre, de qualité littéraire supérieure, mais moins bien exposée à la vente.

Cette évolution m’attriste.

Le livre a été un compagnon fidèle tout  au long de ma vie. J’ai toujours vécu entouré de livres, et aujourd’hui encore, j’ai du mal à trouver une place pour chaque livre que je referme après l’avoir lu, tant les rayons de mes étagères sont encombrées… Et pourtant, j’ai bien du mal à me séparer de mes vieux livres. J’ai même du mal à les prêter à mes amis. Le livre que je referme, après l’avoir lu, devient un objet personnel, précieux, car je lis un stylo-mine à la main, pour mieux me concentrer et souligner certains passages ou annoter certaines pages de remarques personnelles, ou de signes tels que !!! ou ???, qui fixent pour toujours mes réactions, mes acquiescements, ou mes réfutations. Je suis souvent étonné, en rouvrant plusieurs années après, un livre lu il y a très longtemps, par le contenu de mes propres annotations…..

Je crois pouvoir dire que je me suis « construit » intellectuellement en partie grâce aux livres. Enfant, déjà, mon goût de la lecture me poussait à des excès qui suscitaient la réprobation de mes parents: je lisais, après avoir « fait mes devoirs » scolaires, tard dans la nuit. J’en ai conservé l’habitude aujourd’hui. Je me souviens de ma mère, se levant dans la nuit, pour venir à mon chevet et m’enjoindre de dormir après avoir éteint la lumière de ma chambre. Mais, passionné par le sujet de mon livre, j’en poursuivais la lecture en cachette, sous la couverture à l’aide d’une lampe électrique….

Le Général Dourakine, un petit chef d’oeuvre de littérature pour enfants m’a servi d’entrée dans l’oeuvre romanesque de la Comtesse de Ségur. Puis ce fut la Bibliothèque Verte et les oeuvres de Jack London :  » L’Appel de la Forêt » et « Croc Blanc » ont éveillé ma curiosité pour les destinations lointaines, et enrichi mon imaginaire en permettant au petit algérois de Belcourt que j’étais, d’affronter dans de merveilleuses aventures, les froids et la glace du Grand Nord. Pierre Loti m’a fait frissonner de terreur en partageant les dangers affrontés par les « Pêcheurs d’Islande ». Avec lui, j’ai voyagé, au Sénégal, et en Turquie. J’ai ainsi fait la découverte d’une « niche littéraire », celle des écrivains voyageurs que je n’ai plus quittée, pendant de longues années.

Avec Jules Verne, Joseph Conrad, Blaise Cendrars, Joseph Kessel, et bien d’autres encore, j’ai parcouru le monde à une époque où je n’avais pas encore les moyens de voyager. Avec Kessel j’ai su bien des choses sur les moeurs de l’Afghanistan et sur le bouzkachi, avant l’heure des Talibans, de même que j’ai connu Hong-Kong et Macao avant que la Chine n’y installe de nouveau sa souveraineté…Je connaissais Valparaiso et Montevideo, avant même d’y avoir mis les pieds….

J’ai passé des heures passionnantes au côté de Henri de Montfried : ensemble, avec « Abdi, l’Homme à la main coupée », avec « L’enfant Sauvage », nous avons écumé les rivages et percé « Les Secrets de la Mer Rouge », en affrontant pirates et trafiquants en tous genres.

Mais les grands moments de lecture, qui ont plus tard inspiré mon tropisme envers le désert saharien, je les dois à Roger Frison-Roche dont j’ai relu bien des fois « Le Rendez-vous d’Essendilène »,  » La Piste Oubliée », ou « L’Esclave de Dieu ». Plus tard, parcourant le Sahara, de la Mauritanie à la Jordanie, en passant par l’Algérie, bien sûr, mais aussi par la Lybie, je plongerai dans les oeuvres de Théodore Monod dont les récits m’ont appris à aimer les grandes étendues de silence et de solitude….

Devenu adulte mes passions ont évolué et m’ont orienté vers des lectures plus sérieuses: la Philosophie, l’Histoire, la Politique, la Géopolitique ont excité ma curiosité. Les « Vies des Hommes Illustres » de Plutarque, « l’Histoire de l’Empire »de Thiers, « l’Histoire de France » de Jules Michelet, les oeuvres Braudel m’ont fait adorer la France, et ont fait de moi un « zemmourien », avant même que Zemmour ne soit né…

Aujourd’hui encore, je reconnais être assez peu attiré par les oeuvres romanesques, même si j’ai pu consacrer, de temps à autres des heures de loisir à la lecture de Romain Gary ou de Milan Kundera. Et pourtant, comment omettre la passion que m’ont inspiré Chateaubriand et son « Voyage de Paris à Jerusalem », de même que partie de l’oeuvre monumentale de Victor Hugo, de Balzac et de Flaubert et d’Ernest Renan.

Mais, parvenu au soir de ma vie j’essaie, avant de disparaître, de comprendre le monde surprenant dans lequel nous vivons, et d’apercevoir celui dans lequel vivront nos enfants et petits enfants.

La Presse que je parcours chaque jour, avec beaucoup de recul et une certaine défiance, car je la crois beaucoup plus préoccupée de « conditionner » l’opinion, que d’informer, ne suffit pas à satisfaire ma curiosité. Que sont devenues les belles plumes que furent Raymond Aron, François Mauriac, et même dans les années 50, Albert Camus: leurs analyses, leur point de vue sur la société dont ils étaient les contemporains n’ont plus d’équivalent aujourd’hui.

Il m’arrive, entre deux ouvrages récents, de me replonger dans Camus, pour la beauté du style, et pour ses fulgurances dès lors qu’il parle des rivages méditerranéens, de la vie de l’enfant de Belcourt que j’ai été comme lui, de ses professeurs du Lycée Bugeaud, de « L’été à Alger »….

J’aurais pu allonger encore ce billet en citant tant d’autres auteurs qui m’ont procuré le bonheur de lire….

Mais mon but était seulement de dire à tous ceux, et j’en connais autour de moi, qui n’ont presque jamais ouvert un livre dans leur vie, qu’ils se privent, à tort, d’un immense bonheur, pourtant à la portée de tous, qui ne nécessite aucun mérite si ce n’est celui d’avoir des réserves de curiosité, de patience, et le goût de l’évasion.

C’est à eux que je dédie ce billet.

Aveugles ???


Si j’avais raconté à mon pauvre père, dans ses vieux jours, que des Français, issus de familles catholiques plus ou moins pratiquantes, au fond de la Bretagne ou de la Normandie,  se convertissent à l’Islam, et bien plus, quittent la France pour aller combattre l’Occident, en volontaires d’ une armée de barbares djihadistes en Syrie ou en Irak, il ne m’aurait jamais cru.

Cette réalité qui explose à la face de notre société déboussolée donne la mesure du chemin parcouru en moins d’un demi-siècle de présence massive de l’Islam sur la terre de France.

Il y a longtemps que, sur ce blog, j’affirme que « le ver est dans le fruit ». Que notre unité nationale de façade, une illusion entretenue par un discours politique fallacieux, est gravement menacée. Et que nous allons devoir nous habituer à vivre sous la menace permanente de « compatriotes » devenus des « fous d’Allah ».

Endoctrinés et convaincus qu’en détruisant notre société débraillée, libertine et corrompue ils mériteront leur place au paradis des Musulmans, ces Français bien de chez-nous, rompus au maniement des armes et des explosifs, capables de se livrer à d’inimaginables atrocités, s’ils ne sont pas exterminés sur place, reviendront un jour et deviendront le cauchemar de la République.

Tout ce que l’on nous présente comme des « progrès de la société », qu’il s’agisse de la « libération sexuelle », du « mariage pour tous », de « la place de la femme » dans la famille et dans la société, et bien d’autres « avancées » dans nos moeurs d’Occidentaux, tout cela représente, à leurs yeux, autant de justification de leur combat.

Ce n’est pas nouveau. Ayant grandi entouré d’Arabes, je sais dans quel mépris ils tiennent nos moeurs, je sais quel regard ils portent sur nos femmes, et ce depuis leur plus jeune âge.

djihad

Ce qui est nouveau c’est que cette hostilité, ce mépris, s’inscrivent désormais dans un autre projet de société dont les fondements s’inspirent du Coran ou du moins d’une certaine interprétation du Coran, et que la vocation messianique de ceux qui veulent imposer à l’Occident un retour à ce que fut notre Moyen-âge, s’inscrit dans une « Croisade » soutenue par une armée disposant sinon d’un Etat, mais d’un territoire, de ressources financières et d’un armement puissant et de combattants fanatiques.

Nier la progression de cet Islam là, sur toute la planète, c’est faire preuve d’un aveuglement dont nous risquons de devoir payer le prix fort un jour où l’autre.

La France est silencieusement minée, de l’intérieur, par ceux qui propagent une idéologie pernicieuse, à l’abri de toute dénonciation et de toute menace, grâce au bouclier de « l’Islamophobie »qui est brandi dès lors qu’on s’avise d’émettre la moindre suspicion à cet égard. Pointer du doigt les dangers qui menacent, c’est « se rendre coupable d’amalgames ».

Ces menaces, la propagande ( n’ayons pas peur des mots ) dont nos médias sont complices nous empêche de les percevoir. Elle « cloue le bec » de ceux qui s’aventurent à les pointer du doigt. 

Alors le peuple français qui, contrairement à ses élites n’est pas aveugle, se tait. Mais il rumine en silence sa vengeance. L’opinion se durcit et le fossé se creuse entre ceux qui « gouvernent »(?) et ceux qui aimeraient être gouvernés autrement. Car le peuple se sait floué, trompé par le discours lénifiant de ceux qui se soucient plus de ratisser quelques voix de plus pour assurer leur prochaine réélection, que de veiller à la protection et au respect de nos Lois, qui sont précisément ce contre quoi les djihadistes sont « en lutte ».

La « Laïcité », les « djihadistes » la perçoivent comme une Loi scélérate. Un obstacle sur leur route qu’il faut à tout prix bousculer. Les femmes voilées de noir, de plus en plus nombreuses sur les marchés de France, sont là pour enfoncer un coin dans notre cohésion républicaine. Les « zélites » font mine de ne rien voir, et s’efforcent de minimiser les dangers. Ces dangers, d’autres les dénoncent: http://www.kabyle.com/revue-de-presse/lislam-envahit-tous-espaces-publics-france-23506

Ce que d’autres voient, il faudrait être aveugles pour ne pas le voir. Serions-nous au Royaume des Aveugles ???

« Le Suicide Français ».


zemmour1Le hasard a fait que j’ai eu l’occasion de regarder, la semaine dernière, les deux émissions de Télévision au cours desquelles Zemmour s’est « illustré » dans la présentation et la défense de son dernier livre « Le Suicide Français »: »On N’est Pas Couché » face à Aymeric Caron et Léa Salamé ou sur le plateau de « C A Vous » face à Anne-Elisabeth Lemoine.

J’ai assisté, médusé, comme beaucoup de Français, au « passage à tabac » télévisé de ce polémiste honni de la classe médiatique. Car Zemmour cristallise sur lui, tout ce qu’une certaine bobocratie déteste.

Dans l’émission « C A Vous », l’hôtesse du jour, Anne-Elisabeth Lemoine, qui n’avait manifestement pas lu le dernier brûlot de Zemmour, était en « service commandé » pour dénigrer son dernier livre , mais ne faisait pas le poids, face à l’assurance tranquille de son hôte et à ses réponses fortement argumentées à des questions qu’on avait préparé à l’avance, pour une « animatrice » habituée à traiter de sujets plus futiles que celui du « destin de la France ».

Pendant toute la durée de l’émission « On n’est pas couché », Zemmour avait dû affronter également l’ironie volontairement blessante d’un Aymeric Caron dans tous ses états, les attaques plus feutrées de Léa Salamé, et la verve gouailleuse de Daniel Cohn-Bendit s’efforçant de répondre aux dénonciations de l’héritage de Mai 1968, sous l’oeil rigolard de Ruquier qui sentait qu’il tenait là le « buzz » de la soirée….

Dans la Presse, les chroniqueurs, y compris parmi ceux qui font preuve, en général, d’une certaine indépendance d’esprit par rapport à la « pensée unique », se sont déchaînés : même Charles Consigny dans « le Point », après avoir reconnu les mérites éditoriaux de Zemmour, ne lui pardonne pas son propos sur le « régime de Vichy ».

Je le cite: «  Le succès d’Éric Zemmour comme son aisance dans les médias sont le fruit d’un diptyque gagnant : il est sincère et cultivé, deux qualités qui font défaut à la plupart de ses interlocuteurs. À l’heure où tout le monde parle sans savoir et contraint son verbe par peur du « dérapage », l’éditorialiste du Figaro fait mouche auprès de téléspectateurs et de lecteurs qui ont le sentiment qu’enfin quelqu’un dit la vérité. »

Mais, plus loin, il ajoute : « Les affirmations polémiques sur la distinction faite par Vichy entre Juifs Français et non Français, quand bien même elles seraient basées sur une réalité, sont au moins maladroites, car elles donnent du grain à moudre aux négationnistes qui sévissent sur Internet et notamment dans les banlieues où leurs thèses rencontrent un certain écho, et qui pourront désormais brandir des « même Zemmour le dit ! ». 

Ce qui équivaut, aux yeux de l’intelligentsia parisienne à une condamnation sans appel. Je n’ai lu, dans toute la Presse, aucune analyse critique objective et argumentée de ce livre qui soulève pourtant de réelles et graves interrogations sur le destin de notre pays qui glisse dangereusement sur les pentes de la médiocrité.

Par contre je n’ai lu que des articles traitant du passage de l’ouvrage traitant du sort des Juifs, sous Pétain, qui, pour ceux qui ont réellement lu le livre ne tente nullement de réhabiliter la « Collaboration » et le Régime de Vichy. Comme s’il s’agissait du passage principal du livre……

Zemmour inspire, à certains, une profonde détestation, car Zemmour dérange, dans le paysage journalistique français. C’est un homme cultivé, qui avance ses arguments en les étayant  de références historiques difficilement contestables. Et cela irrite ses adversaires , car rares sont sur nos médias, les journalistes de talent, sachant écrire et s’exprimer dans une langue correcte, et disposant du « répondant culturel » à la hauteur des débats soulevés par le polémiste.

En outre Zemmour qui adore « appeler un chat, un chat », hérisse le poil de ceux qui sont habitués à envelopper leurs idées du « prêchi-prêcha »conformiste habituel, dont la pseudo-générosité hypocrite masque mal un déni récurrent de réalité, ainsi que l’égoïsme générationnel du « tout pour nous, ici, et maintenant » et « après nous la fin du monde »….

Mais, sans doute est-ce un signe des temps. Il faut croire que le discours « droitisant » de Zemmour choque de moins en moins de Français.

Car si le livre de Valérie Treirveiler s’est déjà écoulé à 450 000 exemplaires – et la barre des 700 000 pourrait bien être atteinte d’ici la fin de l’année,le pamphlet rageur et ravageur qui lui succède au palmarès  est bel et bien « Le Suicide Français » d’Eric Zemmour.

Selon « Le Point », il se vend 5 000 exemplaires par jour de son dernier ouvrage, sorti le 1er octobre dernier : la première impression de 100 000 exemplaires pourrait ainsi être écoulée en seulement quelques semaines. Son éditeur Albin Michel pronostique un tirage final à 200 000 livres, si ce n’est plus : Zemmour est d’ailleurs passé devant Trierweiler sur Amazon ainsi que sur Datalib .

Je l’ai vérifié moi même, dans une grande Librairie de Bruxelles , chez « Filigranes », le livre se vend comme des petits pains et le libraire craint de ne pas disposer d’assez de stocks d’ici la fin du week-end : Zemmour est donc lu, et apprécié, au-delà de nos frontières….

Zemmour n’en est pas à son premier coup de maître. Ses précédents ouvrages ont été des succès de librairie, dépassant le plus souvent les 100.000 exemplaires.

C’est le signe le plus probant de la rupture intellectuelle qui s’est installée entre nos « zélites » et une fraction grandissante de Français.

 Car ce livre, dont le succès éditorial est édifiant, ne fait que hurler, peut-être avec un brin de grandiloquence, ce que « le peuple » pense tous bas.

Ce déclin que Zemmour décrit, sans délectation, et même avec une certaine amertume, c’est ce que ressentent tous ceux qui se sont détournés de « l’Establishment », qui, sans succès, essaie de faire passer pour de la « modernité » ce qui n’est que rejet de valeurs dont nos « zélites » se sont détournées, et auxquels un vieux fond de sagesse populaire reste accroché.
A « les » entendre, la Famille, c’est ringard, la Patrie, n’en parlons pas, quand au Travail il est désacralisé…au profit des Loisirs.

Sans doute parce qu’un certain Pétain a eu une intention incongrue, – à un moment où les « zélites » avaient pour la plupart déserté la France laissant ce vieillard sénile, seul devant le désastre – l’intention de revaloriser ces valeurs si décriées aujourd’hui par la « bobocratie »….

Car pour les cervelles de colibri qui servent de « maîtres à penser »autoproclamés, il y a des mots qu’il est interdit, voire dangereux d’utiliser sous peine d’être traités de « nostalgiques » d’une époque révolue. Or, le Travail, la Famille, et surtout, la Patrie, sont devenus des mots « maudits »par nos « zelites » .

Or, Zemmour ne se prive pas d’en user, en esprit libre qui refuse de se plier aux dérives de « la pensée unique ».

C’est pourquoi, même si je trouve que parfois il en fait un peu trop, je considère que Zemmour est irremplaçable dans le paysage médiatique actuel, ne serait-ce que pour y laisser souffler un peu d’air frais…Car si le discours de Zemmour est qualifié de « rance », par « Libération », je n’ai aucun scrupule à proclamer que l’haleine de ceux qui le critiquent a un parfum de moisi….

Car on sait que l’idéologie est une passion française. Mais chez ceux chez qui elle remplace la foi religieuse, l’aveuglement interdit d’évoquer les réalités qui dérangent. Et Zemmour, c’est un électron libre qui dérange………… (http://www.causeur.fr/l%E2%80%99ideologie-une-passion-francaise-6053.html )