Affaire Audin: le tour de force !!!


Algérie

Paroles, paroles, paroles ….

 

Macron vient de reconnaître « la responsabilité de l’Etat » dans la mort mystérieuse du Communiste Audin, mort attribuée, sans qu’il soit possible de le prouver, mais avec de fortes présomptions, aux Parachutistes de Général Massu.

Cette « reconnaissance » procède d’une volonté d’apaisement des mémoires, ce qui, en soi, n’est pas condamnable, soixante ans après….même si on peut s’interroger sur l’opportunité de rouvrir les blessures toujours béantes et inguérissables que portent ceux qui ont vécu ces années noires.

Elle eût été estimable, si elle n’était pas suspecte de minables petits calculs politiques, et entachée d’un parti pris qui ne manquera pas de réveiller des colères jusqu’ici difficilement contenues.

En effet, s’il est juste de concevoir que la responsabilité de l’État a été engagée dans des actes commis en son nom dont ont été victimes ceux qui ont combattu la France, au cours de cette guerre atroce, il est injuste d’ignorer, dans cette « reconnaissance », ceux qui ont combattu aux côtés de la France, tels que les dizaines de milliers de harkis désarmés sur ordre du même État, par l’Armée française, et livrés aux pires tortures avant de connaître la mort dans des conditions souvent ignobles.

De même, il serait légitime de concevoir que la responsabilité de l’Etat français a été formellement engagée lorsque, après la signature des Accords d’Evian, et après la date du 19 Mars 1962 considérée comme la date de fin des hostilités, – accords qui garantissaient, sur le papier, aux Pieds Noirs une protection des personnes et des biens – des centaines de Français, ont été, notamment à Oran, mais aussi dans toute l’Algérie,  victimes de rafles suivies de viols, de tortures, d’exécutions, ou de disparitions dans des conditions sans doute analogues à celles du malheureux Audin, alors même que l’ignoble Général Katz commandant les forces françaises encore présentes sur le sol algérien, avait donné l’ordre aux troupes française de ne pas intervenir.

Mais le vrai tour de force des médias « aux ordres », c’est d’être parvenus, à travers « l’affaire Audin », réveillée par Macron, à culpabiliser l’Armée et par ricochet, la Droite prompte à la soutenir, sans jamais rappeler que cette période tragique de la Guerre d’Algérie s’est déroulée à une époque où le Socialiste Guy Mollet dirigeait le Gouvernement, que son Ministre de l’intérieur se nommait François Mitterrand       ( « L’Algérie, c’est la France » !!! ) et que le Gouverneur de l’Algérie, aux immenses pouvoirs de pro-Consul, était Robert Lacoste.

Lacoste, un socialiste bon teint, dépassé par le nombre et la violence des attentats commis par le FLN contre la population civile algéroise, qui s’est, en quelque sorte, « déchargé » sur l’Armée de la tâche de rétablir l’ordre dans un Alger mis à feu et à sang par des attentats aveugles et terriblement meurtriers conçus pour « terroriser » ses habitants.

Ce même Lacoste a couvert de son silence les méthodes de l’Armée…des méthodes qu’il est facile de condamner aujourd’hui par ceux qui n’ont pas vécu cette époque, et dont nul n’aura le courage de reconnaître l’efficacité….

L’autre tour de force consiste, pour nos médias « vertueux », à faire du cas Audin un exemple de la sauvagerie des méthodes de l’Armée française,  en passant sous silence le rôle criminel de beaucoup de communistes français devenus au nom d’une idéologie qui pour eux, trouvait sa source à Moscou dont il a fallu attendre la chute du mur de Berlin pour qu’il soit mis fin à la « colonisation » des « pays frères »….

Or on ne peut pas évoquer le triste sort de Audin, sans rappeler que les Communistes, à Alger, étaient devenus des « traîtres » présumés depuis la désertion du Lieutenant Maillot, avec un chargement d’armes qui ont servi, dans la fameuse embuscade de Palestro à décimer une section entière de jeunes du contingent fraîchement débarqués en Algérie. Et que des jeunes femmes communistes étaient des poseuses de bombes à l’origine de la mort de dizaines d’innocents. 

L’une d’entre elles,- c’est un exemple parmi d’autres –  Daniele Minne, fille et belle-fille d’activistes communistes condamnés à mort,  est une militante du Front de libération nationale, une porteuse de valise et une poseuse de bombes pour le compte du FLN4 à Alger durant la guerre d’Algérie.

Rappel : Le samedi , Danièle qui est encore mineure (17 ans) participe à un triple attentat du FLN dans trois brasseries de la rue Michelet située dans le quartier européen. Elle pose sa bombe dans le bar Otomatic à Alger, tandis que ses complices déposent d’autres engins explosifs au Coq-Hardi et à La Cafeteria.

Le bilan de ces attentats est de « quatre femmes tuées, 37 blessés hospitalisés dont 21 femmes, dont 2 dans un état alarmant » selon Le Journal d’Alger.

Attentas

Condamnée le 4 décembre 1957 à sept ans de prison, incarcérée à la prison de Barberousse, transférée en suite en France, elle est libérée en avril 1962 à Rennes et amnistiée en application des Accords d’Évian.

 Bénéficiaire de l’amnistie générale de 1962. Installée en Algérie, après l’indépendance, elle devient le premier professeur d’histoire de nationalité algérienne. Mariée durant la guerre à Khellil Amrane, tué peu avant le cessez-le-feu, elle épouse en secondes noces le frère de Khellil Amrane, Rabah Amrane. Elle porte en prénom son nom de guerre, Djamila.

Paradoxe, durant les années 1990, « fuyant la violence en Algérie » ( !!! ), elle enseigne l’Histoire de la décolonisation en France, à l’Université Toulouse II-Le Mirail ; elle est membre du Groupe de recherche sur l’histoire immédiate ….

On imagine sans peine ce qu’a pu être son « enseignement » !!!

C’est dire la mansuétude, – pour ne pas parler de complaisance -, dont ont bénéficié, de la part de ceux qui gouvernaient la France, ceux qui l’avaient combattue et qui avaient du sang de Français sur les mains.

Beaucoup de dirigeants algériens, anciens combattants et tueurs de FLN coulent aujourd’hui des jours heureux en France, certains dans de luxueux appartements de l’Avenue Foch à Paris, enrichis par une « Révolution » dont le peuple algérien n’a reçu que les miettes et vivent pauvrement dans un pays riche, avec la bénédiction des « Grandes Consciences Françaises »…..

Post-scriptum : Qui était Audin ??? Maurice Audin, en poste à l’Université d’Alger, membre du Parti communiste algérien, interdit en raison de ses liens avec les terroristes du FLN, qui se range, lors de la Bataille d’Alger, aux côtés des indépendantistes contre son propre pays et qui ira même jusqu’à héberger et soigner à son domicile Hadjadj, le poseur de bombe du casino de la Corniche, responsable de la mort de 8 civils français (et 92 blessés)..

Cela aussi, nos vertueux médias auraient pu le rappeler à la mémoire de ceux qui l’ont perdue….

« Gauloiseries » sur l’Europe de Macron.


Carte E-D

Il n’est pas de Progrès dans le reniement des racines et des traditions.

Je fais sans doute partie de « l’autre France insoumise » !!! Celle qui n’a pas apprécié le « trait d’humour » de Macron sur les « Gaulois réfractaires ».

Même si comme tout jeune écolier j’ai appris que j’avais des ancêtres Gaulois, je n’y ai jamais cru un seul instant.

Réfractaire, oui, sans conteste !!! Réfractaire à une certaine vision de ce qu’ils nomment le « progressisme »et qui n’est qu’une tentative, velléitaire, de raboter tout ce qui, dans la société française, refuse de s’aligner et se soumettre aux oukases d’une prétendue élite qui sait tout sur tout sans avoir jamais rien appris, ni de l’Histoire ni des malheurs passés.

Car comme l’exprime fort bien la Phuilosophe Chantal Delsol ( 1 ), dans un entretien accordé au Figaro Vox, « la rivalité qui oppose aujourd’hui l’universalisme et l’enracinement est un nouvel épisode de ce qui s’est passé au XXe siècle. D’autant que cette «guerre civile» est aussi en train de devenir, comme au XXe siècle, une guerre mondiale, avec des alliances interlopes. Voyez par exemple les «16+1», alliance de pays d’Europe centrale avec la Chine. »

Le Pied Noir que je suis, et dont je n’ai jamais renié les origines, – ce, malgré les innombrables clichés méprisants véhicules sur cette petite communauté -, ce Pied Noir dans lequel ne coule pas une goutte de sang ‘gaulois », qui a connu la tragédie de l’exil des « rapatriés » jetés à la mer avec une famille et deux jeunes enfants, et quelques valises, ce Pied Noir-là, n’en a pas  pour autant conçu une quelconque rancune à l’égard de la France. Tout juste une grande déception et un soupçon de détachement à l’égard d’une certaine catégorie de Français…

Les Pieds Noirs savent mieux que quiconque, que lorsqu’on a tout perdu, il ne reste plus pour retrouver l’espoir, que « la Patrie » que l’on porte, malgré les déceptions, et l’amertume, dans son cœur.

«La France, c’était la vie ; l’Algérie, la nostalgie. La France, la grande nation ; l’Algérie, la petite patrie», résume fort bien Zemmour, ce compatriote tellement décrié par des « Français de souche » qui n’ont pas, comme lui, l’amour de la France accrochés à leurs semelles de chaussures ….

A ce propos, ( petite parenthèse ), Zemmour vient d’écrire un livre, – « Destin Français « – qui, comme le précédent, rencontrera, je le lui souhaite, un succès d’édition comparable au précédent, un livre qui en dit long sur ce qu’est « l’identité » chez beaucoup de ces français qui , comme moi, n’ont aucune ascendance gauloise, et qui, néanmoins se sentent farouchement Français,…en Europe.

Aussi détesté qu’il soit par certains, le point de vue de Zemmour sur la question de l’identité française ne manquera pas de passionner bien des Français. Dans le Figaro, l’éditorialiste Alexandre Devecchio observe que comme Michel Onfray l’a noté dans FigaroVox avec son sens de la formule habituel: «Invité en bout de table, pour le dîner de cons, Eric Zemmour a retourné la situation et montré à toute la tablée que le con, ça n’était pas lui…»

« Gaulois « ??? Je ne le suis donc pas plus que Zemmour !!! Et sur ce plan, je ne me sens certainement pas solitaire au sein du Peuple français.

Revenons à notre sujet !!! Réfractaire ??? Je le suis, sans aucun doute !!!

Réfractaire à cette forme de mépris pour la volonté populaire profondément attachée à son « identité » ( pardon pour ce gros mot ), qui dénote, chez Macron, le dessein d’une marche forcée vers l’Europe, avec toujours plus d’Europe, sans jamais dire vers quelle Europe !!!

Car, Emmanuel Macron, cramponné à ses postures « progressistes  » ne semble voir dans le patriotisme qu’une forme ringarde d’attachement à l’idée démodée de Nation, et de repli sur soi.

Je lui suggère, en ces temps de doutes, de relire Ernest Renan. Et notamment, la  merveilleuse définition qu’il donne  de la Nation «Une Nation est une âme, un principe spirituel (…) L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs, l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis».

Passionné de la riche Histoire de France, amoureux de tant d’auteurs qui font partie de mon univers intellectuel, et qui appartiennent au patrimoine culturel accessible à tout Français, pourvu qu’il en ait l’appétit ou la curiosité, j’ai reçu, grâce aux maîtres qui m’ont enseigné, et aux quels je dois beaucoup de ce que je suis devenu, ma petite part de ce riche héritage. Et j’en suis fier.

Car les héritages culturels, sont souvent transmis par de grandes figures intellectuelles du passé, n’en déplaise à ceux qui souhaiteraient en effacer la trace, pour complaire à d’autres qui ne rêvent, secrètement, que de nous imposer la leur.

Ce qui semble avoir échappé aux « progressistes », c’est que «l’enracinement, c’est-à-dire l’inscription dans une histoire et un lieu, est une nécessité anthropologique.»

Ils n’ont pas compris, me semble-t-il, que l’Europe ne se fera pas contre les peuples.

Macron  espère former un bloc dont le noyau dur serait constitué de lui-même et de Mme Merkel, pour lutter contre l’influence de ce qu’il définit avec une pointe de mépris, comme des « populistes ». C’est-à-dire « la lèpre » de ceux qui ne sont pas prêts à s’opposer à la volonté populaire des citoyens qui les ont élus, pour les conduire, tel un troupeau de veaux, vers cette Europe soumise, au nom de l’acceptation d’un « multiculturalisme » et d’un « vivre ensemble’ fantasmés par des élites bourgeoises en mal d’exotisme, à la recherche d’une « bonne conscience »qui ne leur coûte pas très cher….

L’Universitaire Chantal Delsol s’exprimait récemment, dans le Figaro à propos du terme « populiste » utilisé désormais en « élément de langage » par les « bonnes consciences » françaises pour désigner ceux qui refusent de plier devant le diktat de Bruxelles à propos de la « crise migratoire »:

« Chantal DELSOL – Gardez à «populistes» ses guillemets. Car c’est un adjectif par lequel on injurie ses adversaires, ce n’est pas un substantif qui aurait une signification objective. Aucun gouvernement ne se dit «populiste», seuls ses adversaires le nomment tel. Ainsi à la limite, le mot renseigne davantage sur celui qui le prononce que sur celui qui l’endosse. En tout cas, ce mot de combat désigne une guerre idéologique: celle que se livrent d’une part les courants progressistes universalistes, cosmopolites, libéraux-libertariens et, d’autre part, les courants demandeurs d’enracinement et d’identité. Au fond, c’est le dernier en date des combats entre les modernes et les anti-modernes. Il y en a eu d’autres. Il y en aura d’autres. » ( Fin de citation ).

Macron se trompe lourdement et risque de conduire l’Europe à une impasse, et à réduire le projet européen, – à supposer qu’il réussisse -, à un face à face entre la France et l’Allemagne, la France se soumettant à une forme de « vassalisation » devant une Allemagne forte de sa domination économique.

Or, la marge de manœuvre politique de Mme Merkel s’est considérablement réduite. L’opinion publique en Allemagne rejette, de plus en plus, les politiques de solidarité en Europe, l’avancée vers le fédéralisme, et l’immigration de masse. Assise sur un magot qu’elle a constitué à l’ombre de l’OTAN et du parapluie américain, et grâce à un Euro dont elle maîtrise le cours et favorise son commerce extérieur, l’Allemagne ne fera aucun cadeau à la France.

Macron n’a pas pris la mesure du durcissement de l’opinion, outre-Rhin , qui rejette désormais, pour les raisons évoquées ci-dessus, l’idée d’une mutualisation des risques avec les autres pays européens (rejet d’un budget de la zone euro, de l’émission d’Eurobonds, d’approfondissement de l’Union des capitaux ou de l’Union bancaire…).

Un rejet qui condamne les avancées vers le fédéralisme dans la zone euro !!! Auquel s’ajoute un rejet croissant de l’immigration, qui s’accompagne d’une dangereuse montée de l’extrême droite, pourtant prévisible dès le lendemain de la folle invitation de Mme Merkel aux réfugiés de venir, en masse en Allemagne. Une initiative solitaire prise par la Chancelière au mépris de toute consultation de ses partenaires européens, et sans souci de la réaction populaire que cette initiative susciterait….

Une initiative dont Macron avait applaudi la « générosité », au lieu d’en dénoncer l’absence de vision quand aux conséquences prévisibles dont l’Allemagne, à son tour, paie le prix….

(http://www.lepoint.fr/monde/migrants-le-jour-ou-l-europe-a-bascule-07-09-2018-2249342_24.php )

Les élections de Matteo Salvini et de Viktor Orban, pour ne citer que les plus récents, ne sont que les symptômes d’une aspiration démocratique profonde des peuples européens, de leur exaspération et de leur rejet absolu, de toute immigration exogène et massive.

Même les peuples scandinaves se réveillent !!! L’Europe du Nord n’échappe pas à la vague « populiste » !!! Croyez-vous que cela ferait réfléchir nos « progressistes » en peau de lapin ??? Pas du tout !!!

En Suède, on prédit la forte poussée d’un parti d’extrême droite aux élections de ce week-end. Au Danemark et en Norvège, des formations nationalistes ont fait de spectaculaires percées, s’imposant dans le paysage gouvernemental. Tous ces partis ont prospéré sur le même terreau: le refus de l’immigration de masse. 

Le Discours de la Sorbonne du 26 septembre 2017, acte fondateur de la politique européenne de Macron, semble déjà très loin .

Il apparaît clairement que depuis quelque temps déjà les difficultés à refonder le projet européen – même avec ses partenaires les plus proches, bousculés politiquement au sein même de leurs pays respectifs -, lui sautent au visage.

Car, au fur et à mesure du réveil des Peuples, les partis eurosceptiques gagnent du terrain partout, engrangent des voix et font fructifier leur capital politique de façon fulgurante auprès d’un grand nombre d’électeurs. Et les tirs de barrage des « extrémistes européens » n’y changent rien malgré le discrédit sémantique dont ils affublent les termes de «nationalisme», «populisme», et le fameux «repli sur soi» brandis à tout bout de champ.

http://premium.lefigaro.fr/vox/monde/2018/09/06/31002-20180906ARTFIG00389-chantal-delsol-populiste-c-est-un-adjectif-pour-injurier-ses-adversaires.php

La réalité politique de cette Europe, de plus en plus fracturée, affronte brutalement le retour des peuples à la démocratie.

Et la technocratie bruxelloise semble en avoir perdu la main, en même temps que son arrogance et ses certitudes.

Les « Gaulois » attendent patiemment les prochaines élections européennes pour faire entendre leur voix et faire savoir que l’alternative n’est pas entre une Europe du « Grand Bazar », et une Europe du « repli sur soi », mais entre une Europe des marchands et une Europe des Nations, des Peuples, des « savoirs-faire », des cultures enracinées, tournant le dos à des métissages hasardeux et exotiques….

Il serait temps qu’enfin, des voix s’élèvent, dans toute l’Europe, pour proclamer que le choix n’est pas, comme le prétend imprudemment Macron, entre les « progressistes » autoproclamés, et l’ Extrême-Droite populiste, mais qu’il existe une voie médiane : celle d’une politique européenne réformiste et réellement démocratique et d’une Europe respectueuse des identités nationales,  attentive au respect des volontés populaires et de la diversité des peuples qui en font la richesse. En clair : une Europe fière de sa CIVILISATION !!!

Cette conception « clivante » du destin de l’Europe ne sert que ceux qui y voient l’opportunité de déstabiliser une construction fragilisée par des années d’errements.

Comme l’écrivent, dans le dernier numéro du « Monde Diplomatique, Serge Halimi & Pierre Rimbert :

« Ramener obstinément la vie politique des décennies qui viennent à l’affrontement entre démocratie et populisme, ouverture et souverainisme n’apportera aucun soulagement à cette fraction croissante des catégories populaires désabusée d’une « démocratie » qui l’a abandonnée et d’une gauche qui s’est métamorphosée en parti de la bourgeoisie diplômée. Dix ans après l’éclatement de la crise financière, le combat victorieux contre l’« ordre brutal et dangereux » qui se dessine réclame tout autre chose. Et, d’abord, le développement d’une force politique capable de combattre simultanément les « technocrates éclairés » comme les « milliardaires enragés ». Refusant ainsi le rôle de force d’appoint de l’un des deux blocs qui, chacun à sa façon, mettent l’humanité en danger. »

Ce que souhaitent les européens sincères, c’est une Europe soucieuse de protéger les peuples qui en ont construit le rayonnement et la prospérité au prix du sacrifice des générations qui les ont précédés. Car l’El Dorado européen n’a pas fini d’exciter des convoitises !!!

Mais cette Europe là, c’est le contraire de l’Europe technocratique actuelle qui trahit, jour après jour, l’idéal de ses « Pères fondateurs » !!!

( 1 ).-Chantal Delsol ou Chantal Millon-Delsol, née le à Paris, est une philosophe et écrivaine française.

Elle fonde l’Institut Hannah Arendt en 1993 et devient membre de l’Académie des Sciences morales et politiques en 2007. Catholique, « libérale-conservatrice », fédéraliste, et en faveur du principe de subsidiarité fondé sur celui de la singularité, elle est éditorialiste au Figaro et à Valeurs actuelles, et directrice de collection aux éditions de La Table Ronde.

Europe, qui paiera la fracture ???


Macron dur

Qu’ils viennent me chercher….S’ils me cherchent, ils me trouveront.

 

La question de l’immigration, a longtemps été traitée avec légèreté par les « zélites »passées expertes dans l’art de « fanfaronner », parées de bons sentiments, pour masquer, soit d’inavouables calculs, soit une bonne dose de lâcheté, dans l’évitement d’un écueil qui, sur le chemin de la construction de l’Europe risque de devenir fatal.

Les derniers développements politiques, dans toute l’Europe, montrent que se répand le refus d’adhérer à un projet européen qui, peu à peu, s’est éloigné,- sans que l’on s’en explique devant les peuples – des objectifs des « pères fondateurs » de ce beau rêve.

Au moment de la signature des accords de Shengen, conçus pour ouvrir le droit aux citoyens et capitaux européens de circuler sans entrave dans toute l’Europe, il n’a jamais été question de transformer nos frontières en passoires ouvertes à « toute la misère du monde ».

Les Peuples ont cru comprendre alors, que la construction de l’Europe les rendrait plus forts pour se protéger contre les menaces extérieures et nous engageait sur la voie d’une communauté de destins. Or, c’est exactement le contraire qui est en train d’advenir !!!

De même, il n’a jamais été question, – à l’origine de la création des « Fonds de Restructuration » destinés à aider les pays récemment entrés dans notre communauté à rattraper leur retard de développement sur les pays fondateurs -, d’imposer, en contrepartie, aux pays bénéficiaires, l’acceptation de quotas définis par la Commission Européenne, de migrants qui franchissent, toujours plus nombreux, la traversée de la Méditerranée.

A moins d’être atteint de crétinisme, comment ne pas comprendre les frustrations et la colère de ceux qui, en Europe, considèrent qu’il y a là, un véritable détournement des finalités de la Construction Européenne, – sans aucune consultation populaire -, au nom du respect de valeurs, prétendument « universelles », qui ne sont partagées que par ceux qui en sont les promoteurs, et dont l’instrumentalisation est mise au service d’une obscure volonté de casser les identités nationales, pour assoir une autorité technocratique qui entend régner sans partage sur toute l’Europe.

Une colère qu’aggrave le sentiment d’insécurité culturelle, l’angoisse identitaire, la montée en puissance de l’islam radical, qui s’étend peu à peu comme une tache d’huile sur toute l’Europe.

Nous allons le vérifier, selon toute vraisemblance, en Suède, à l’occasion des élections législatives qui s’y tiennent dans dix jours.  Car la question migratoire que les « populistes » ont mise en haut de leur agenda est majeure et prioritaire pour les peuples européens – et pas seulement dans les pays où ces mêmes « populistes » sont au pouvoir.

La question identitaire est désormais prégnante partout en Occident, que cela plaise ou non à certains. Ce sera le grand sujet des élections européennes de mai 2019.

On comprend donc, le raidissement de la position de certains pays, réfractaires à toutes les idées véhiculées par une élite européenne, qui s’est autoproclamée « progressiste », tendant à faire de l’Europe la Patrie du Multiculturalisme, l’auberge espagnole de tous les exotismes, et la terre bénie de tous les métissages en commençant par le métissage culturel, vieux fantasme des amateurs d’exotisme au coin de la rue.

Des pays comme la Hongrie, l’Autriche, la Tchéquie, la Slovénie, la Pologne, ne se sentent nullement débiteurs d’une Afrique qui met en avant le passé de colonisateurs de certains pays, pour légitimer, au nom du partage des richesses, une immigration économique qui est au cœur du différent qui expose l’Europe à une fracture historique.

J’ajoute que les pays appartenant à l’ancienne « Autriche-Hongrie » ont affronté pendant plusieurs siècles, la menace musulmane constituée par les avancées de l’Empire Ottoman. Les peuples concernés portent le souvenir de batailles meurtrières, dans leur mémoire collective, et ne sont pas prêts à accepter de cohabiter avec des gens venus d’ailleurs, avec des traditions et des cultures moyen- âgeuses face aux quelles ils n’entendent pas renoncer.

J’ajoute qu’ils ont eu, il n’y a pas si longtemps, à leur porte, l’exemple détestable de ce qui s’est passé lors de l’éclatement de l’ancienne Yougoslavie, avec l’affrontement sanglant entre Chrétiens Orthodoxes  et Musulmans , les Européens « progressistes » n’ayant pas contribué en favorisant le séparatisme musulman à apaiser les relations entre des communautés agrippées à leur identité religieuse qui a transformé la Bosnie en repaire de djihadistes.

L’Europe se prépare donc à des élections européennes qui risquent d’être décisives quand à l’avenir de ce continent.

Macron vient, avec beaucoup d’imprudence, d’en fixer les enjeux. Il nous prépare à un affrontement dangereux. L’orgueil de sa petite personne ne le porte pas à la recherche d’un compromis avec les pays qui, en Europe, accepteraient l’idée d’une immigration voulue, organisée, contrôlée, respectant les seuils acceptables par les peuples qui en redoutent ou en subissent déjà les effets.

Macron veut nous entraîner dans un combat idéologique, dont il n’est pas certain qu’il sortira vainqueur, et que l’Europe réduite à une France sous protectorat allemand en sortira renforcée.

Avec une certaine insolence et sur un ton provocateur, il veut faire de cette élection un affrontement entre les « progressistes » autoproclamés et les « populistes » considérés comme de rétrogrades identitaires, dont le crime serait le refus de se laisser imposer, par une minorité considérée comme « élitiste », une vision de l’Europe totalement détachée des volontés populaires.

De toute évidence, Macron isolé dans son Palais de l’Élysée, entouré de ses courtisans, ne perçoit pas la montée de la colère contenue d’un Peuple européen, qui a compris que ce qui menace le plus son avenir, c’est l’arrogance de ceux qui tendent la main à un communautarisme musulman, et qui sont prêts à sacrifier l’identité nationale à des ambitions suspectes.

Il ne voit pas, aveuglé par ses certitudes, la montée des dangers qui guettent la Démocratie, non seulement dans les pays du groupe de Visegrad, mais aussi, en Italie, en Pologne, en Suède,au Danemark et peut-être, demain, en Allemagne et en France….

Tout cela fait beaucoup de monde, à convaincre, …ou à affronter !!!

Et si tout cela se termine mal, qui paiera la fracture ???

https://www.nouvelobs.com/monde/20180829.OBS1511/macron-opposant-principal-du-front-orban-salvini-l-affrontement-en-3-actes.html#xtor=EPR-2-%5BObsActu17h%5D-20180829

Quand soudain, les « Valeurs » se sont inversées…..


Riches à Gauche

Issu d’une famille modeste, – je n’ai jamais eu honte de l’assumer – ayant grandi dans un des quartiers les plus « populaires » d’Alger, – à deux pas de la rue où Albert Camus a grandi -, je suis de ceux qui ne supportent pas que l’on puisse mépriser « le petit peuple ».

Fort de l’éducation reçue dans ma famille, fondée sur le travail, la rigueur et les sacrifices personnels,  puis pourvu d’une capacité d’adaptation intellectuelle que je dois à des Enseignants d’une espèce disparue, que je n’ai jamais cessé de vénérer, j’ai pu, après un exode familial forcé, faire une longue carrière professionnelle.

Une carrière qui m’a permis de pénétrer les milieux sociaux les plus divers, et notamment, d’apprendre à connaître, dans ses profondeurs, puis à apprécier cette France rurale, enracinée, qui aujourd’hui se sent méprisée, et enfin à découvrir, au sein de l’Etat-Major d’une grande institution financière, le microcosme que constitue « l’élite » arrogante, venue des Cabinets Ministériels, issue des promotions des meilleures écoles de la République, dont j’ai appris à apprécier l’agilité intellectuelle, mais aussi, à observer les codes, les pratiques, les comportements de meutes, et les postures de « petits Marquis » de la République.

Pardonnez-moi cette longue introduction, destinée à amener mon sujet.

J’ai, durant ma longue vie, rencontré, fréquenté, observé, estimé ou affronté parfois, des gens de tous milieux sociaux. L’éducation que j’ai reçue, a fait que je me suis toujours senti « à l’aise » dans tous ces milieux.

Et j’ai, plus d’une fois été hanté par une question , (je le suis encore aujourd’hui) : comment peut-on « être de Gauche », quand on appartient à l’élite bourgeoise friquée, qui ne voyage qu’en « Classe Affaires », ne fréquente que les Restaurants gastronomiques, ne s’habille que chez les meilleurs tailleurs de Paris, ou à défaut qu’avec des vêtements de marque, et ne conçoit de rouler que dans certaines marques de voitures  ???

La réponse à cette question, je ne l’ai jamais trouvée, même en lisant assidûment « le Monde » ou « le NouvelObs », ou les « Inrockuptibles »… qui sont, selon mes observations, les véhicules de toute pensée au sein de la « Gauche Caviar « !!!

https://berdepas.com/2017/02/12/terra-nova-bien-plus-quun-think-tank/

https://berdepas.com/2008/10/31/la-pedaledans-le-caviar/

Or, je viens de refermer un livre qui m’apporte, enfin, un éclairage lumineux.

Le livre de l’Américain Thomas Frank « Pourquoi les riches votent à gauche » permet de comprendre ce qu’est devenue la gauche, au fil des années, par une lente transformation de ses valeurs traditionnelles, au point de trahir les aspirations du « Peuple de Gauche »qu’elle a toujours fait mine de défendre ….

Cet auteur nous montre que le phénomène n’est pas propre à la France. Il a pris naissance depuis plusieurs années, aux États Unis, comme la plupart des courants de pensée qui aujourd’hui, traversent les sociétés européennes, dont, parmi d’autres, le courant « Politiquement correct » qui est le plus souvent mis en avant.

Dans « Pourquoi les riches votent à gauche », Thomas Frank répond, enfin, à la question que je me pose depuis toujours : comment des Partis qui prétendaient défendre les intérêts des catégories populaires et des classes moyennes sont-ils devenus, à partir des années 80, les porte-parole des catégories sinon privilégiées, du moins fort éloignées de la sociologie du Peuple qu’ils prétendent défendre ?

Car ce que dit Thomas Frank du Parti Démocrate américain pourrait être généralisé à tous les partis sociaux-démocrates européens, et notamment au PS français. À compter des années 90, les catégories populaires ont commencé à déserter ces formations.

Thomas Frank nous décrit les causes politiques de cette mutation.

Si, aux États-Unis, le Parti Démocrate avait toujours attiré les intellectuels, il va, au début des années 90, devenir le porte-parole de la «classe professionnelle». Comme le PS français, le Parti Démocrate va se muer en parti des « zélites », avec un fort pourcentage de cadres et d’adhérents issus des grandes universités. Ces nouveaux bataillons du parti partagent un postulat: les études supérieures qu’ils ont accomplies leur confèrent le droit d’imposer à la société américaine leur vision du monde et leurs choix !!!

Évoluant dans les secteurs de la nouvelle économie ou dans des secteurs protégés de la concurrence mondiale, les élites progressistes considèrent, dès cette époque, qu’il y a d’un côté le « Vieux Monde « ( industrie d’extraction, agriculture ) et de l’autre le « Nouveau Monde », celui des nouvelles technologies, de la Finance et des avancées sociétales. D’un côté, un monde rétrograde et fermé car peuplé de « ringards » non-diplômés, condamné à tomber dans les oubliettes de l’Histoire ; de l’autre, le monde ouvert et branché des diplômés.

D’un côté, ceux qui croient détenir les clés de l’intelligence parce que  » Diplômés » et de l’autre, …. les autres….

Ce type de comportement a été lumineusement illustré par Hillary Clinton lorsqu’elle traita les électeurs de Trump de «ramassis de minables» lors de la campagne présidentielle américaine : elle ne faisait qu’exprimer cette vision clivante et élitiste du monde. Cela lui a probablement coûté très cher, lors de cette élection.

De même, le mépris à peine voilé des élites socialistes envers la France périphérique, peuplée de «beaufs et de racistes» ne doit pas étonner, il est la conséquence de cette représentation de la société.

Pour ces « zélites », le vieux monde est aussi celui des vieilles lunes auxquelles sont rattachées les religions. Ainsi, le catholicisme, qui cumule l’ancienneté et une morale jugée «outdated», est devenu la cible de ces nouvelles élites.

Très souvent, s’agissant de spiritualité, – à en croire les articles que diffuse la Presse « progressiste » – une certaine élite adhère à une sorte de « New Age » héritage nostalgique des « post-soixante-huitards ». Une sorte de bouddhisme bricolé, parfois mâtiné de véganisme ou de « droit-de-l’hommisme », et peu exigeant au plan de la « morale »sexuelle est devenu la religion de substitution pour nombre de dirigeants de la nouvelle économie : le cas de Steve Jobs en témoigne.

Thomas Frank développe également un point très intéressant : selon lui, la fusion, au début des années 2000, des élites intellectuelles et économiques a été un tournant dominant dans l’évolution des sociétés occidentales.

Aux Etats Unis, désormais, les nouveaux capitalistes, à de rares exceptions près, soutiennent en masse le Parti Démocrate. Si nos « journaleux » avaient une once de curiosité, ils feraient, en France, les mêmes constats. Or, le progressisme de certains essayistes à la mode est très proche de celui des élites progressistes américaines.

Note : Il suffit, pour le vérifier de s’informer les Grandes Entreprises qui financent le « Think tank » préféré du Parti Socialiste, « Terra Nova » à l’origine d’une préconisation incitant le Parti Socialiste à se détourner de la Classe Ouvrière et à reporter son attention sur les « minorités », ethniques, sexuelles, les féministes, les Cadres, etc…. J’ai dans le passé abondamment traité ce sujet sur ce blog :

https://berdepas.com/2017/02/12/terra-nova-bien-plus-quun-think-tank/

Cette vision d’un monde nomade où le salut de chacun dépend de sa faculté à s’adapter et à capter, mieux que les autres, les opportunités disponibles est au cœur de l’idéologie progressiste.

Dans cette vision, il n’y a plus de place pour la quiétude et l’enracinement. La valeur de l’individu est mesurée à l’aune de sa propension à bouger et à changer de métier. Le nouveau monde est un monde de gens qui gagnent, en avançant au rythme des « Premiers de Cordée ». Un monde qui méprise les « identitaires »de tous bords….

C’est ce qui explique, aujourd’hui, la cassure entre la société des « somewhere« , c’est-à-dure de ceux qui sont enracinés quelque part, dans un lieu ou une culture et les « anywhere«  aptes à se mouvoir et à tirer opportunément parti de tous les environnements.

Le statut du « perdant » dans la vision progressiste du monde est celui d’un individu qui n’a pas su saisir sa chance et qui a résisté à l’injonction du changement. Ou de l’individu cramponné à ses racines, à sa culture, à ses traditions, à « son identité » !!!

Son « identité !!! Ce mot que les progressistes détestent !!! Et pourtant, les progressistes vont devoir regarder dans les yeux cet autre Européen, qui ne veut pas l’être selon les termes posés par Bruxelles, qui refuse l’altérité, qui ignore Erasmus et qui se dit prêt à mourir pour son pays. Car cet européen là, existe et n’est pas prêt à rendre les armes !!!

Cela explique le paradoxe qui veut que les gouvernements de gauche – pour qui l’identité est un concept creux et ont les culte de « l’altérité » – soient souvent plus impitoyables avec les perdants identitaires de la mondialisation que ceux de droite.

Pour Frank Thomas, le «yes we can» tant loué d’Obama n’est pas, comme on l’a cru souvent, seulement injonction volontariste visant à fixer une nouvelle frontière mais une obligation qui ne se discute pas.

Si vous ne pouvez pas, c’est que vous êtes un incapable, donc un perdant, et que vous ne méritez pas de faire partie du nouveau monde.

La montée en puissance des partis populistes découle largement de cette mutation de la gauche et le succès de Trump résulte indéniablement de la prise en compte de cette réalité. Et dans tout l’Occident, irrigué par les idées américaines, la montée en puissance des partis populistes découle largement de cette mutation de la gauche. 

À contre-courant  de l’élite du Parti Républicain qui pensait que tout se joue dans le domaine du combat culturel, et autour de la « morale chrétienne »,Trump avait compris qu’il fallait aussi réinvestir le domaine économique avec des propositions susceptibles d’intéresser les «rétros», telles que la réindustrialisation des États-Unis. D’où son discours en direction des agriculteurs, mais aussi des mineurs, ou des ouvriers de l’industrie automobile américaine, sinistrée par la « mondialisation ». D’où son succès auprès des bataillons de « laissés pour compte » de l »Amérique profonde, qui suscite l’incompréhension des classes privilégiées.

Thomas Frank nous explique aussi que les éléments-clefs mis en avant par les Démocrates centristes qui représentent l’élite d’aujourd’hui sont la méritocratie, l’expertise, le consensus, le multilatéralisme.

Ce genre de discours délaisse complètement les thèmes démocrates traditionnels qui s’adressaient aux travailleurs, aux syndicats, aux habitants des zones rurales, qui promettaient de défendre les Américains moyens contre les intérêts monopolistiques ; en bref, défendre le « petit peuple ».

Selon Thomas Frank, c’est ce changement chez les Démocrates qui pousse l’électorat populaire dans les bras des Républicains. Ce changement a commencé avec Bill Clinton, dont le mandat a été marqué par la signature de l’ALENA, le plus grand accord de libre-échange de l’histoire des États-Unis. Il aura un effet destructeur sur l’industrie du Midwest.

Selon Thomas Frank, c’est aussi sous Bill Clinton que la loi Glass-Steagall, qui régulait Wall Street depuis 1933, a été abrogée. Cette politique, à l’opposé de ce que défendaient les Démocrates depuis Franklin D. Roosevelt, était justifiée par des arguments rationnels : c’est-à-dire sur l’avis d’économistes et de banquiers, de techniciens de la politique et de l’économie.

Ainsi, le secrétaire du Trésor de 1995 à 1999, Robert Rubin, était un ancien membre du conseil d’administration de Goldman Sachs. Avoir un diplôme d’une université de l’Ivy League est une condition sine qua non pour être accepté au sein de cette élite, de même que croire dur comme fer à la loi du marché, à la dérégulation et au libre-échange. Et ce n’est pas un hasard si bon nombre de politiciens sociaus-démocrates ont fait leurs classes dans la Banque d’Affaires internationale.

La présidence de Barack Obama n’échappa pas à cette tendance. Les Démocrates se trouvaient, en 2008, dans une situation parfaite pour réformer l’économie en profondeur : ils contrôlaient le Congrès et la crise financière appelait à punir les responsables.

Mais plutôt que d’appliquer les lois anti-trusts et d’imposer des politiques de régulation à Wall Street, ils n’ont mis en place que de timides réformes. Selon Thomas Frank, cela s’explique par le fait que l’agenda démocrate était fixé par la « classe professionnelle » qu’il décrit, qui voit les régulations d’un mauvais œil et préfère appliquer les recommandations d’économistes : la présidence Obama a marqué l’avènement de la technocratie aux États-Unis et du pouvoir des Banques d’Affaires.

Pour les élites démocrates, les banquiers de Wall Street sont des personnes tout à fait recommandables : elles possèdent un diplôme prestigieux, donc elles savent ce qu’elles font, et se comportent de manière rationnelle. Ils constituent « l’oligarchie des sachants »…..

On comprend, à la lecture de Thomas Frank, que bien avant l’élection de Trump, tous les éléments étaient donc déjà présents pour sa victoire. De fait, c’est bien l’Amérique qui a cru en Obama qui a élu Trump.

L’Iowa, État agricole du Midwest, avait été gagné par Obama en 2008 avec neuf points d’avance ; en 2016, Trump l’a remporté avec une marge de dix points. Difficile d’accuser des personnes qui ont voté deux fois pour Obama d’avoir voté Trump par racisme ; et ce sont précisément ces électeurs qui ont voté pour Obama puis pour Trump qui lui ont permis de remporter l’élection, en gagnant des États qui n’avaient pas été remportés par les Républicains depuis 1988 comme le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie.

Mais plutôt que de remettre en question leur stratégie, dont ils sont persuadés qu’elle est la seule rationnelle, les élites Démocrates, comme le montre Thomas Frank, préfèrent analyser ce backlash comme une expression bêtement raciste.

Quand Hillary Clinton se vante d’avoir gagné des districts représentant les deux-tiers du PIB étasunien avant de qualifier ses électeurs d’« optimistes, divers, dynamiques, allant vers l’avant », en opposition à ceux de Trump décrits comme simplement « racistes et misogynes », elle représente parfaitement la vision qu’a l’élite démocrate de la situation électorale du moment.

Incapables de remettre en question leur vision technocratique de la politique, ils préfèrent analyser en termes manichéens tout ce qui ne va pas dans leur sens : les électeurs de Trump doivent être racistes et l’élection n’a pu qu’être truquée par la Russie !!!

A la lecture de Thomas Frank, on comprend tout !!!

On comprend qu’à la fin des années 1960, la concurrence internationale et la peur du déclassement transforment un populisme de gauche ( rooseveltien, conquérant, égalitaire ) en un « populisme » de droite faisant son miel de la crainte de millions d’ouvriers et d’employés d’être rattrapés par plus déshérités qu’eux.Les « déshérités » étant de plus en plus ceux que l’immigration massive a jeté en pâture aux exploiteurs de la misère.

« C’est alors que la question de l’insécurité liée à l’immigration surgit. Elle va « caractériser l’identité de la gauche, perçue comme laxiste, soumise, efféminée, « intellectuelle, et prolétariser celle de la droite, jugée plus déterminée, plus virile, « moins « naïve ».

« Cette métamorphose s’accomplit à mesure que l’inflation resurgit, que les usines « ferment et que l' »élite », jadis associée aux grandes familles de l’industrie et de la « banque, devient identifiée à la « nouvelle gauche » surdiplômée, friande « d’innovations sociales, et à une grande tolérance au plan sexuel et racial.

« Les médias conservateurs n’ont donc plus qu’à se déchaîner contre une oligarchie « radical-chic » protégée d’une insécurité qu’elle conteste avec l’insouciance de ceux « que cette violence épargne. Au reste, n’est-elle pas entretenue dans ses « aveuglements par une ménagerie de juges laxistes, de « journaleux », d’intellectuels « jargonnants et autres boucs émissaires rêvés du ressentiment populaire ? « Progressistes en limousine » là-bas ; « gauche caviar » chez nous.( 1 )

C’est à ces bouleversements sociologiques que la jeune Droite Républicaine, en France, doit réfléchir en approfondissant sa réflexion sur un monde en perte de repères et qui, – je l’ai souvent dénoncé sur ce blog -, n’a jamais compris pourquoi ceux qui étaient élus sur un programme de gauche, en France, faisaient ensuite une politique libérale, et ceux qui avaient été élus sur un programme de droite, s’empressaient une fois élus, de faire une politique de clins d’œils à la gauche !!!

Au mépris de leur électorat et des citoyens de bon sens qui les avaient élus !!!

Les racines du populisme qui monte, en Occident, s’alimentent de ce mépris. Il est inutile d’aller les chercher ailleurs !!!

Dans le bouillonnement intellectuel contemporain, la droite Républicaine française a tous les ingrédients pour élaborer une vision alternative qui réveillerait l’esprit de conquête de notre économie tout en préservant les trésors de notre civilisation, de notre culture, de nos traditions, en régénérant son discours politique à la lumière des évolutions évoquées dans ce billet !!!!

( 1 ) – . Extrait de la préface au second livre de Thomas Frank:  » Pourquoi les pauvres votent à droite ».

L’Honneur de Denoix de Saint-Marc.


Aujourd’hui serait l’anniversaire de la mort de de Hélie Denoix de Saint-Marc. Rendons hommage à ce héros, Grand Soldat, qui a payé pour être resté fidèle à ses Valeurs !!!

Tempus Fugit....

Le fait que le Maire de Béziers ait décidé de donner à une place de cette ville le nom de Denoix de Saint-Marc , pour remplacer la date du 19 Mars , date de signature des accords d’Evian considérés comme une victoire pour les uns, et comme un renoncement indigne par les autres, a une haute valeur symbolique.

Je veux seulement dire ici, à tout les petits journaleux, qui, en plumitifs asservis tentent de salir la mémoire du Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, qu’il y a un mot qui a disparu de leur pauvre vocabulaire: c’est le mot « Honneur ».

Aucun d’entre eux n’arrivera jamais à la cheville d’un homme dont ils feignent d’ignorer le parcours, qui fut un pur héros, un de ceux  dont le courage, le sens de l’honneur, et le respect de la parole donnée n’ont rien à envier à ceux d’un de Gaulle, qui fut, lui-même…

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Démocraties en sursis ???


Brecht

Face à l’émergence dans de nombreux pays, de pouvoirs autoritaires incarnés par une nouvelle génération d’apprentis dictateurs, les Démocraties – affaiblies par ceux-là même qui se prétendent « démocrates » – tentent de survivre, sous la menace d’un mal nouveau qui les ronge sous couvert de « populisme ».

On voit poindre, un peu partout, dans le monde, dans des pays où la Démocratie est en échec,car trop souvent instrumentalisée, la tentation de s’en remettre à un pouvoir autocratique, légitimé par sa capacité à « incarner » les aspirations populaires. ( 3 ) .

Et dans la plupart des pays où ce processus s’est développé, on constate que c’est « démocratiquement » que les autocrates s’emparent du pouvoir, mettant à profit les maux dont souffrent les Démocraties : la Russie nous en a fourni un bel exemple, avec Poutine, qui a su, sous couvert de procédés « démocratiques », installer une oligarchie à sa botte, comme tente de le faire plus récemment, en Turquie, un Recep Tayyip Erdogan . Je pourrais allonger substantiellement cette liste….

http://premium.lefigaro.fr/vox/monde/2018/08/06/31002-20180806ARTFIG00309-renaud-girard-pourquoi-l-afrique-a-t-elle-tant-de-mal-avec-la-democratie.php

Partout où la Démocratie s’affaiblit, renaît la tentation d’un recours à « l’Homme Providentiel » capable de répondre enfin, aux aspirations supposées du Peuple. Même une vieille démocratie comme la France n’y échappe pas, tant l’aventure « macronienne » semble inspirée par la tentation de capter, au profit d’une petite oligarchie, la légitimité du pouvoir conféré par la volonté populaire.

Car, si Macron a été légitimement élu Chef de l’État, nul ne doit oublier qu’il n’a obtenu, en vote d’adhésion à son programme et à sa personne, que moins de 20 % des voix du corps électoral au premier tour, et qu’il ne doit sa majorité qu’au ralliement des électeurs effrayés par un « vote Le Pen » !!!

De nombreux observateurs politiques s’en inquiètent, et l’on voit fleurir chez de nombreux éditorialistes une formule qui n’est pas neuve: « la Démocratie contre le Peuple » devient une expression à la mode.

Quelques essayistes vont même jusqu’à considérer que l’arrivée inattendue de Macron au pouvoir en France, grâce à la promesse d’exemplarité et de renouvellement qu’il portait. est  le résultat d’un vertigineux scandale.Un documentaire diffusé sur BFMTV considère cette élection comme « Le casse du Siècle » !!!

Cette élection s’inscrivait dans le contexte d’un pays traumatisé par la succession d’affaires et de drames mettant en cause ses dirigeants, à l’image de l’emblématique « affaire Cahuzac », ou de la rocambolesque éviction de Fillon, victime de ses propres errements, tous deux symboles aveuglants des maux dont souffre notre Démocratie. ( 1 )

http://premium.lefigaro.fr/vox/politique/2018/01/31/31001-20180131ARTFIG00125-derriere-bourgi-la-deliquescence-de-la-politique-francaise.php

Ajoutez à cela les effets d’une « politique migratoire » défiant tous les réflexes du bon sens populaire et qui peu à peu accrédite l’idée autrefois émises par l’écrivain Allemand de l’Est  Berthold Brecht, selon laquelle « puisque le Peuple ne veut plus suivre les « zélites », il ne reste plus qu’à « dissoudre » le Peuple  ( https://www.monde-diplomatique.fr/mav/106/BRECHT/17658 ). La citation exacte du tract célèbre de Brecht est : « J’apprends que le gouvernement estime que le peuple à trahi la confiance du régime’ et ‘devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités . A ce stade, ne serait-il pas plus simple de dissoudre le peuple et d’en élire un autre? »!!!.

« Dissoudre le peuple » !!!

C’est la question qui se pose dans de nombreux pays européens, dont les dirigeants sont soupçonnés de nourrir un projet destiné à modifier, en profondeur, la démographie européenne, par un métissage à grande échelle et par l’agrégation forcée, aux peuples enracinés dans la vieille Europe, de populations faméliques issues d’un continent africain qui, depuis la « décolonisation », s’est englué dans un déclin dû le plus souvent à une gouvernance irresponsable et corrompue résultant elle aussi de détournements systématique de processus démocratiques….

Le but de la démarche étant, à long terme, de dissoudre les identités nationales afin d’imposer un modèle de société dans lequel le peuple deviendrait plus docile….

Toutes ces réflexions hantaient mes pensées au cours ma soirée d’hier après la lecture d’un article paru dans Marianne ( 2 ) qui s’interrogeait sur les dérives possibles du pouvoir personnel dans la République « néo- bonapartiste » de Macron, à l’aube de la naissance d’un « Monde nouveau’, quand je décidai, une fois de plus, de recourir aux sources de la pensée démocratique, en feuilletant l’ouvrage de Tocqueville sur « De la Démocratie en Amérique ».

Un paragraphe de ce livre, prémonitoire, attire alors mon attention. Ce livre que tout Démocrate devrait relire aujourd’hui pour se ressourcer et prendre conscience des dangers qui, depuis toujours guettent les Démocraties.

Pour Tocqueville, le respect de la liberté d’opinion, celui de la volonté populaire exige de la part des gouvernants, une haute idée de l’idéal démocratique. Celui-ci est bafoué lorsque une oligarchie s’en écarte, considérant qu’elle sait mieux que ceux qui l’ont portée au pouvoir, ce qui est bon pour le Peuple.

Tocqueville s’inquiétait déjà, – son livre sur « la Démocratie en Amérique » remonte aux années 1835-1840 -, de la tentation de ceux qui parvenus au pouvoir affichaient pour objectif prioritaire, celui de « modifier les Institutions », …  à leur avantage….

( 1 ) .- L’affaire Benhalla n’aura fait que renforcer l’idée, dans le Peuple, que rien n’a changé dans ce « Monde Nouveau ».

( 2 ).- https://www.marianne.net/politique/le-pouvoir-personnel-jusquou

( 3 ).- https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=ac3221e0-a34b-11e5-8e9e-005056a87c89

Citoyenneté


Algériens....

Parmi les impostures de l’Histoire, celle-ci restera dans les Annales !!!

Pour le fun, je vous propose d’inverser les termes de cette affiche, destinée aux Pieds Noirs pour les convaincre de la nécessité d’approuver les « Accords d’Evian », accordant l’Indépendance à l’Algérie.

 

Vous qui êtes Algériens

Que serez- vous dans la France Nouvelle ???

L’Algérie ayant choisi d’être un État indépendant coopérant avec la France

Pendant 3 ans, rien n’est changé à votre statut actuel. Vous êtes Algériens et vous exercez tous les Droits des Français.

Après 3 ans, selon votre choix, ou bien vous prenez la nationalité Française: vous êtes Français en France, avec des garanties particulières. touts en restant Algériens en Algérie, ou bien vous ne prenez  pas la Nationalité Française : vous êtes Algériens en France, et protégés par un STATUT PRIVILÉGIÉ.

A TOUT MOMENT : Vous pourrez rentrer en Algérie puisque vous avez conservé la nationalité algérienne.

….. DANS TOUS LES CAS VOUS RESTEZ ALGERIENS.

Étonnant, non ??? C’est ce qui s’appelle un renversement de situation, une sorte d’appropriation par les Algériens des « promesses » faites aux Français d’Algérie!!!

En somme, toutes les promesses faites aux Français d’Algérie, – qui n’ont évidemment jamais été tenues -, ce sont les Algériens qui en bénéficient, en France, avec la complaisance des « belles âmes »….

Un mensonge d’État de plus, qui explique bien des frustrations et des rancunes à l’égard du Pouvoir gaulliste de l’époque !!!