L’imprécateur.


Au début des années 70, un certain René-Victor Pilhes sortait un livre, intitulé  » L’Imprécateur », qui eut un spectaculaire retentissement dans le Landerneau littéraire, et provoqua quelques remous dans le monde des Entreprises, dont certaines se sont senties concernées par le sujet évoqué dans ce livre.

Je crois même me souvenir qu’il avait obtenu le « Prix Fémina »….

J’ai, par hasard, exhumé ce livre, enfoui derrière une rangée de livres plus récents dans ma bibliothèque et je l’ai feuilleté, retrouvant avec  surprise et émotion, les commentaires et annotations que j’ai coutume d’inscrire pendant mes lectures, en marge, sur les pages ayant retenu mon attention.

A cette époque, j’étais en activité et occupais de lourdes fonctions dans un groupe bancaire de premier plan, et le sujet de ce livre ne pouvait pas me laisser indifférent…

L’auteur évoque, en effet, le cas d’une entreprise fictive, la « Rosserys & Mitchell », parmi les plus grandes entreprises du monde .

De mystérieux événements surviennent dans sa filiale française… Rapidement, la simple perturbation laisse place à la panique dans l’esprit des dirigeants, des principaux cadres et du personnel, car un « imprécateur » rôde, et dénonce le mépris glacial des dirigeants de la multinationale pour son personnel et par la même occasion met en lumière les mille petits travers, faiblesses, et magouilles des acteurs de cette entreprise, jusque là dissimulés par ce que les dirigeants avaient mis en place : une sorte d’Omerta, sous couvert de « protection de l’image de marque » de la maison, et d’une forme de « patriotisme « , véhiculés par la « culture d’Entreprise », qui imposait que l’on s’en tienne à  un discours « politiquement correct », sous peine de passer pour un « traître à l’Entreprise »qui pouvait coûter cher, en termes de carrière.

En refermant ce livre, j’ai éprouvé le sentiment du fait que rien n’a changé, et que dans nos sociétés actuelles, dont la « Roserys & Mitchell »serait une sorte de microcosme, il n’est pas facile d’être une sorte d’imprécateur et d’évoquer des sujets qui, – sous la pression des forces qui agissent, notamment à travers des médias « aux ordres » – sont considérés comme des « Tabous »dangereux .

J’en ai, personnellement fait plus d’une fois l’expérience.

Ainsi, dans le monde où nous vivons, alors même que l’on n’éprouve aucune sympathie pour le personnage de Poutine, il n’est pas facile de faire partager l’idée que Poutine a hérité d’un empire soviétique en pleine décomposition, et qu’il a redonné à la Russie, asservie et éprouvée par plus d’un demi-siècle d’un Communisme criminel, une place – que pourtant on lui conteste – dans le concert des nations. Et que Poutine aura sa place dans l’Histoire de la Russie, et que nous avons tort de traiter par le mépris ce grand peuple qui possède tant d’affinités culturelles avec notre Europe, bien plus que n’en ont bien des peuples auxquels nous ouvrons largement nos portes, notamment lorsqu’ils fuient des dirigeants que nous traitons avec des égards qu’ils ne méritent pas et dont les méthodes de gouvernement sont infiniment plus critiquables que celles de Poutine…..

J’observe que ceux qui tiennent sur Poutine les propos les plus féroces, – sur le personnage lui-même, comme sur ses méthodes -, sont souvent ceux qui furent les plus discrets sur la période stalinienne, ses goulags et les menaces qu’elle fit peser sur l’Occident ….

J’ai bien conscience du fait que ce que j’écris là, est loin d’être « politiquement correct » et peut s’assimiler chez certains, à une sorte « d’imprécation » !!!

De même, lorsque j’évoque le cas de Trump et de ses rapports à l’Occident.

J’ai parfaitement conscience du fait que le personnage de Trump n’inspire aucune sympathie. Mais il est le Président démocratiquement élu d’une grande nation à laquelle nous sommes loin d’être en mesure de donner des leçons de Démocratie.

Ce qui dérange notre petit monde « politiquement correct » qui baigne dans son autosatisfaction, c’est que Trump avec ses méthodes de gardien de vaches texan, renverse une table où les convives européens se bâfrent, selon lui, sur le dos de l’Amérique. Trump est convaincu de ce que ses alliés profitent de la générosité américaine pour se comporter en « passagers clandestins » et financer leurs systèmes sociaux sous couvert du parapluie militaire américain. Ils achètent, en quelque sorte, selon lui, leur « paix sociale » avec le fric des américains….

L’exemple le plus flagrant est celui de l’Allemagne dont la prospérité n’est pas due seulement à sa rigueur et à ses grandes aptitudes économiques : son refus des sacrifices budgétaires nécessaires à l’entretien d’une armée compétitive participe largement à son « respect des équilibres budgétaires » exigé par Bruxelles !!!

En outre, Trump est fidèle à une ligne « isolationniste » qui est celle qui a toujours inspiré le Parti Républicain. Il rejette la conception démocrate selon laquelle les relations internationales devraient reposer sur un « multilatéralisme » qui permet au petites nations de parler d’égal à égal avec les grandes.

Ceux qui l’ignorent ne se sont jamais intéressés à l’Histoire des États-Unis….

 Trump, lui, ne croit qu’aux « rapports de forces »et entend bien s’en servir pour défendre les « intérêts du Peuple américain ».

Le fait d’énoncer cela est, en soi, une imprécation !!!

Ceux qui me trouvent complaisant à l’égard de Trump devraient se poser une question : Donald Trump est-il un accident de l’histoire, élu sur un concours de circonstances, ou est-il la manifestation de forces plus profondes qui traversent l’Amérique, et qui, d’ailleurs, ont leur équivalent en Europe ???

La vulgarité et la personnalité brutale de Trump, choque dans une Europe en voie de « dévirilisation » !!! Son parcours d’homme d’affaires enrichi, passé par la télé réalité, ainsi que son inexpérience gouvernementale, lui permettent de jeter un regard neuf et sans complaisance sur les « zélites » de Washington, et en font à coup sûr un animal politique sans précédent dans l’histoire américaine. Une sorte de »corps étranger » au sein de la camarilla de « gens bien élevés » du G7, qui avait déjà éliminé Poutine de ses agapes et ses bavardages.

Mais son impopularité orchestrée comme savent le faire les médias inféodés aux « zélites » doit être relativisée car le soutien fidèle de sa base électorale lui reste acquis malgré les tombereaux de critiques et d’attaques qui se déversent sur lui, y compris en Europe, où « l’intelligentsia »habituée à manier la « diabolisation »de tous ceux qui se trouvent en travers de sa route, et ne partagent pas ses « hautes convictions », n’est toujours pas guérie de son « Obamania » puis, de la défaite d’Hillary Clinton.

Traiter Donald Trump comme une aberration historique qui serait suivie bientôt par un retour à « la normale » serait une erreur majeure de la part des Européens, qui n’ont pas encore compris que le nouvel état du monde nécessite la mise à jour de leur logiciel diplomatique, et qu’un début d’accord entre Trump et Poutine le rendrait complètement obsolète.

 Cet « optimisme » serait aggravé  par la nouvelle donne politique aux États Unis, où  le parti démocrate, profondément divisé et durablement décrédibilisé peine à faire émerger de nouvelles personnalités.

Sous Trump, l’économie américaine se porte bien, et le Dow Jones n’a jamais été aussi haut, alors que le chômage n’a jamais été aussi bas. De nombreux États américains, qui se considéraient comme sacrifiés sous Obama, reprennent confiance en leur avenir.

La réélection de Trump en 2020 n’est donc pas du tout à exclure ; mais l’enjeu va bien au-delà.

Tout d’abord, l’Amérique traverse une période de questionnement profond sur son leadership international et les objectifs de sa politique étrangère, conséquence tardive de la fin de la Guerre Froide qui l’a privée d’adversaire clair et donc de continuité stratégique.

Ce questionnement n’épargne pas l’OTAN, ce qui explique les récents « échanges musclés » avec les Européens sur ce sujet.

Ce qui surprend, c’est la « surprise » des européens qui auraient dû s’attendre, depuis longtemps, à une telle remise en question : Obama l’avait déjà clairement laissé entendre quand il était au pouvoir : l’avenir de l’Amérique, c’est de se tourner vers l’Asie et ses immenses potentialités, et non vers une Europe sur le déclin, dont le navire prend l’eau de toute part….

Les Européens doivent donc se préparer à une Amérique distante voire hostile. L’Europe doit admettre que son modèle de multilatéralisme et de coopération internationale a du plomb dans l’aile !!! Il n’y a que les européens qui n’ont jamais voyagé dans le monde, pour croire que « les Valeurs » qu’ils revendiquent sont « Universelles » !!! La montée des « populismes » en Occident devrait inciter à la réflexion, bien plus qu’à l’invective …..

Cette remise en question implique un retour à un ordre mondial plus cohérent, en cessant de faire semblant de croire que l’ONU puisse continuer à jouer le rôle d’un « arbitre impartial » des différents entre Nations et veiller au respect de nos sacro-saints « Droits de l’Homme », surtout quand on sait que la Commission en charge de ces questions sensibles a été longtemps présidée par un Prince du Golfe.

Cette remise en question implique également la nécessité de réviser, à l’échelle européenne, nos politiques de Défense, de protection de nos frontières, et de la sécurité de nos concitoyens menacée durablement par un terrorisme devenu endémique :  la crise syrienne, avec ses conséquences sur l’Union Européenne confrontée à une arrivée massive de réfugiés, et l’émergence d’un islamisme conquérant, aurait dû servir de réveil stratégique. Or, la posture européenne s’est essentiellement limitée, jusqu’ici, à espérer, par le déni, échapper aux nouveaux dangers qui menacent nos sociétés et à compter sur la protection américaine hors des frontières de l’Europe.

La France, et plus encore l’Union européenne, restent attachées à une vision irénique du monde, celle des fameux « dividendes de la paix », qui a anesthésié les esprits depuis 1989. L’Union européenne, par construction, est incapable de penser la conflictualité. Son ADN est celui du commerce, du droit, des rapports internationaux de coopération. L’Union européenne n’a pas d’ennemis : elle n’a que des partenaires commerciaux – du moins le croit-elle.

L’Union européenne a pour ambition d’être au monde ce que le Liban est à la méditerranée : un docile continent de commerçants qui ne menace personne, mais qui est sans cesse menacé. Elle ne conçoit pas qu’elle puisse devenir une proie, dont les richesses et le passé conquérant suscitent des désirs de conquête, voire de revanches…Elle le découvrira bientôt, à son détriment.

Dans ce contexte, l’attitude de Donald Trump est salutaire, car elle a le mérite de secouer les consciences endormies par un demi-siècle de discours lénifiants.

L’Europe est  au pied du mur ; et Trump n’hésitera pas à exploiter les faiblesses et les divisions européennes.

 

Tout cela est « choquant » pour les chroniqueurs « bisounours », et surtout pour ceux qui ont en main les destinées de ce Continent. Ils trouveront , une fois de plus, que mon propos éloigné des discours « mean stream » est un propos « d’imprécateur. »

TrumpAu risque de « faire de la peine » aux « angélistes »….

Mais j’assume !!!

La virilité en crise….


Homo, de plus en plus « sapiens » et de moins en moins « virilus »….

Homo

FIGAROVOX/TRIBUNE de ce jour.

« Pour Arnaud Benedetti, l’épisode «Je ne suis pas un homme» ayant fait le tour des réseaux sociaux est l’expression absurde et tragicomique de la fin de course d’un certain conformisme idéologique.


« Arnaud Benedetti est professeur associé à l’Université Paris-Sorbonne. Il vient de publier Le coup de com’ permanent (éd. du Cerf, 2018) dans lequel il détaille avec lucidité les stratégies de communication d’Emmanuel Macron.

https://youtu.be/47osJWlxWzM


« Virale, la vidéo d’un responsable Inter-LGBT refusant d’être assimilé à sa masculinité fonctionne comme une formidable métaphore d’une fin d’époque. Sur le fond, la séquence dans sa drôlerie involontaire nous raconte l’effondrement d’une théorie dont le moteur poussé jusqu’à bout de chevaux engage son véhicule dans une spectaculaire sortie de route.

Cette théorie n’est pas tant dans ses fondements celle du genre, pavillon désormais épouvantail de bien des revendications sociétales, que celle des tenants de la fameuse «construction sociale de la réalité», du titre éponyme de l’ouvrage désormais classique paru voici plus d’un demi-siècle sous la plume de Peter L. Berger et Thomas Luckmann, deux sociologues de la connaissance pour lesquels les stéréotypes, entre autres, contribuent au façonnage du monde, des identités, de tout ce qui relève à un degré ou un autre de ce que Durkheim appelait le «fait social».

Cette thèse «constructiviste» qui voit in fine dans le regard des autres un puissant vecteur d’ordonnancement des sociétés fonctionnera très vite comme la boîte de Pandore de tous les apôtres de la déconstruction. Ces derniers verront dans l’analyse de Berger et Luckmann, non sans la surinterpréter voire la détourner, la porte étroite intellectuelle pour saper, subvertir, démonter les principes d’un «vieux monde» abhorré auquel ils veulent s’opposer et échapper. À partir du moment où ce sont les représentations sociales qui fondent le réel, il suffit de démonter celles-ci pour changer la société.

Les soixante-huitards feront leur miel de ce parti pris! Ils dénonceront alors les mœurs de leurs pères à leurs yeux «aliénantes», «réactionnaires», «petite bourgeoises», autant de greniers poussiéreux dont ils rêveront de se débarrasser, accrochés qu’ils seront à leur imaginaire postadolescent nourri tout à la fois de Rimbaud et de Marcuse.

Au fur et à mesure des décennies, cette révolte libertaire s’est fait dogme, catéchisme, inquisition. Elle a alimenté un nouveau bréviaire, celui du «politiquement correct» qui, de manière inégale mais continue, a conditionné à son tour les réflexes de nombre des élites politiques, économiques, culturelles des sociétés occidentales, avec plus ou moins d’intensité selon les pays, mais avec cette même injonction à reconnaître pour inévitablement inéluctable la force irrésistiblement «progressiste» du sociétal, de ses groupes de pression et de ses revendications.

La «contre-société» s’est muée en carcan sémantique d’abord, en sommation historiographique ensuite, en mise en demeure normative… Elle est devenue de facto le pouvoir. On ne compte plus les effets de cette nouvelle idéologie dominante sur le vocabulaire, les mémoires, les lois. Les dictionnaires, les livres d’histoire, les législations sont littéralement révisés pour faire stricto sensu droit aux exigences de cet agrégat de minorités rassemblées dans la même volonté d’imposer leur doxa à l’ensemble de l’espace public.

Ainsi les mentions «père» et «mère» disparaissent au profit des neutralités lexicales «parent 1» et «parent 2» ; ainsi Jacques Chirac et Dominique de Villepin ne célèbrent pas Austerlitz en 2005 pour ne pas heurter les quelques activistes de la répression mémorielle et de l’anachronisme historique ; ainsi le législateur se fait traqueur de toutes les phobies réelles ou … supposées!

Tout se passe comme si un aggiornamento « sociétalement » libertaire, inclusif, communautaire délimitait les termes du dicible et de l’indicible, du permis et de l’interdit, de l’acceptable et de l’inacceptable, du correct et de l’incorrect. La com’ et la publicité, dont le visionnaire Jacques Ellul avait compris la fonction éminemment propagandiste au service de l’hubris technicienne, ont balisé le terrain au quotidien, conditionnant, imprégnant, infusant une certaine idée de la mise au pas du verbe et de ses aspérités, du passé et de son irréductible altérité, de l’homme et de son aspiration au sacré.

L’emballement sociétal se radicalise à proportion que des résistances commencent à se faire jour, y compris parmi certains tenants prudents du «politiquement correct» .

Cette radicalisation a ses icônes politiques dont la mairie de Paris, en France, constitue à sa façon le foyer. Elle s’incarne avec virulence dans l’obsession de la chasse symbolique au «mâle blanc cinquantenaire» , victime propitiatoire désignée de toutes les élites du postmodernisme.

Elle se naufrage dans un excès de dénégation dont l’extrait de l’échange entre Daniel Schneidermann, producteur de l’émission d’Arrêts sur images et son interlocuteur autoproclamé «non-binaire (sic)» constitue en soi une expression anthologique de l’absurde, non pas d’un absurde existentiel, mais d’un absurde sociétal, stade ultime de l’infantilisme du politiquement correct qui achève ainsi sa course dans une tragi-comédie…. » ( Fin de citation ).

PS : Je me suis contenté de reproduire in extenso, cet article paru dans le Figaro Vox, car il reflète, grâce au talent de son auteur, l’opinion de ceux qui, considérés comme des « conservateurs » ringards, regardent, comme moi, ces « progrès » de la Société avec un mélange de suspicion et d’inquiétude.

Il n’y a pas qu’en France ou en Europe que ces « dérives sociétales » provoquent des réactions mitigée,- c’est le moins que l’on puisse dire -, car aux États -Unis, « l’intelligentsia »jusqu’ici dominante est aussi en crise….

« Ce militantisme émotionnel, fondé sur le fantasme d’une société malfaisante dissimulant des structures de domination visant au contrôle et à l’oppression des dominés, a contribué à une bipolarisation aiguë du champ politique. Un telle situation isole de plus en plus ces militants de toute référence commune à leurs concitoyens qui ne se reconnaissent pas dans le portrait monstrueux que l’on fait d’eux. »

Post-Scriptum: Lire aussi, sur le même sujet :

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/aux-etats-unis-la-gauche-contre-elle-meme-09-07-2018-2234344_420.php

http://premium.lefigaro.fr/vox/societe/2018/06/27/31003-20180627ARTFIG00259-crise-de-la-masculinite-ce-nouveau-phenomene-qui-traverse-l-occident.php

L’Europe des lâchetés.


Immigration

Deux ouvrages récents mettent en lumière l’incroyable lâcheté et l’inconscience de tout une génération politique, en Europe, face au problème du risque d’invasion migratoire. ( 1 )

Il n’est pas surprenant que ces deux livres appelés , tous deux, à un succès de librairie exceptionnel, ait été écrits par deux Anglais.

On peut gloser à l’infini sur les causes et surtout sur les conséquences du Brexit, mais on ne peut guère échapper à un constat: l’Angleterre, dans ses profondeurs, a pris conscience, bien avant le reste du Continent européen, du danger de se voir submergée , au nom de la libre circulation des personnes en Europe, par un flux d’immigration impossible à maîtriser, sauf à se réfugier derrière son insularité en coupant les ponts avec l’Europe et en laissant à la France, le soin de gérer pour elle les bataillons de « migrants » stoppés au bord de la Manche….

L’Europe vieillit et se dépeuple. L’Afrique déborde de jeunesse et de vitalité.

Le principe des « vases communicants » fait qu’une migration de masse va se produire, vers une Europe qui fait figure d’Eldorado, face à des populations qui, depuis la « décolonisation » qui devait leur ouvrir les portes de la liberté et de la prospérité ne leur a apporté que la guerre, la misère et les frustrations de gouvernances incompétentes et corrompues.

L’ampleur de ce courant d’immigration, ainsi que les conditions d’impréparation de l’Europe face à l’un des plus grands défis du xxie  siècle, ne fait que commencer à produire ses effets.
L’Union européenne compte aujourd’hui 510 millions d’habitants vieillissants  ; l’Afrique 1,25 milliard, dont quarante pour cent ont moins de quinze ans. En 2050, 450 millions d’Européens feront face à 2,5 milliards d’Africains. D’ici à 2100, trois personnes sur quatre venant au monde naîtront au sud du Sahara !!!

D’autre part, et dans la douleur, l’Afrique   « émerge »  »économiquement. Elle représente pour les « marchands » porteurs de l’idéologie mondialiste, un immense réservoir de futurs consommateurs.

En sortant de la pauvreté absolue, l’Afrique se met « en marche »,elle aussi !!!.

Et, paradoxalement, le développement déracine  : il donne à un plus grand nombre les moyens de partir. Si les Africains suivent l’exemple des phénomènes migratoires qui se produisent dans d’autres parties du monde en développement, l’Europe comptera dans trente ans entre 150 et 200 millions d’Afro-Européens, contre 9 millions à l’heure actuelle.
Il est clair qu’une pression migratoire de cette ampleur soumettra l’Europe à une épreuve sans précédent, au risque de consommer la déchirure entre ses « élites cosmopolites » et « mondialistes et ses « populistes nativistes » et identitaires.

« L’Europe-providence » et sans frontières est une illusion dangereuse.

Et pourtant, vouloir faire de la Méditerranée la douve d’une «  forteresse Europe  » en érigeant autour du continent de l’opulence et de la sécurité sociale des remparts – des grillages, un mur d’argent, une rançon versée aux États policiers en première ligne pour endiguer le flot – finira par corrompre les valeurs européennes, tout autant qu’un repli purement identitaire qui s’accommoderait mal des valeurs humanistes du « Droitdel’hommisme ».
L’égoïsme nationaliste et l’angélisme humaniste sont aussi dangereux l’un que l’autre, pour l’Europe. Mais laisser les ONG – « mondialistes » et « open-borders » financées en sous-main par Sorros, décider du destin de l’Europe paraît tout aussi dangereux .

 Douglas Murray , tirant la leçon de l’épisode récent de ‘ l’Acquarius »observe qu’il est remarquable de voir se perpétuer cette même folie qu’il décrit dans son livre « l’Étrange suicide de l’Europe »,

Douglas Smith

« Sur notre continent, personne ne semble vouloir apprendre quelque leçon que ce soit ou penser autrement que dans le court terme. Qui peut croire vraiment qu’une fois que l’Espagne aura accueilli les quelque 600 personnes de l’Aquarius, le problème sera résolu? Qu’il n’y aura personne pour observer ce qui se passe et décider d’en faire autant en suivant le même chemin que l’Aquarius?

En réalité, quelle est notre politique? Que quelqu’un qui monte sur un bateau peut faire route vers l’Europe et y entrer sans formalité ? Que quelqu’un arrivé ainsi en Europe a le droit d’y rester? Manifestement, c’est là notre « politique » actuelle. Et elle est intenable. » !!!

Stephen Smith, lui, dans son livre intitulé « la ruée vers l’Europe », en tant que spécialiste de ce continent qui est , selon lui, déjà mondialisé, en fait la matrice de l’avenir où viennent aussi se télescoper une pauvreté persistante, des conflits armés et meurtriers, la montée d’un extrémisme religieux sorti du Moyen äge, les défis sanitaires, urbains, économiques, aggravés par l’affrontement entre les générations.Car en Afrique, comme partout, la sagesse des vieux n’a plus de prise sur la Jeunesse….

Mais la ruée vers l’Europe est-elle inéluctable ?

Partant de cette « loi des grands nombres » démographique, Smith répond par l’affirmative. Mais, tout en s’écartant des afro-pessimistes, il ne tombe pas dans l’optimisme béat des tenants de « l’Afrique qui gagne » . Pour lui, dans le cadre d’une telle explosion de population, c’est le développement économique de l’Afrique qui, paradoxalement,  va nourrir cette levée en masse, de ceux qui partent alors qu’ils constituent le sel même de ce continent.

Sur ce sujet complexe, qu’il traite du point de vue africain, il prend donc à rebrousse-poil certaines idées reçues, envisageant plusieurs scénarios, dont il évalue la probabilité et les conséquences.

Au final, il signe un ouvrage indispensable pour bien comprendre l’un des enjeux majeurs des prochaines décennies.

Ainsi, Stephan Smith combat l’idée selon laquelle la pression migratoire est la seule solution au vieillissement d’une population européenne qui inquiète les générations actuelles qui se demande « qui paiera leurs retraites  » ???

Il montre qu’il existe d’autre variables d’ajustement pour résoudre ce problème, que celui de la démographie.

Car, en cherchant à maintenir au même niveau la proportion des actifs et des dépendants, c’est-à-dire le ratio de dépendance, elle devrait accueillir chaque année 13 millions de nouveaux venus, ce qui, de toute évidence, est au-dessus des capacités d’absorption de l’Europe, et engendrerait de tragiques réactions de la part de ceux qui ne supporteraient pas cette forme « d’envahissement ».

En 2050, les trois quarts de la population européenne seraient alors des Africains ou des enfants d’Africains – « des chiffres de toute évidence politiquement inacceptables dans tous les pays européens », précisent les auteurs d’un rapport publié par les Démographes de l’ONU, explorant aussi des variables d’ajustement autres que l’immigration, comme par exemple l’âge de la retraite.

Dans cette hypothèse vraisemblable, l’Europe aurait cessé d’être l’Europe et la France ne serait plus la France, sauf pour quelques « hurluberlus » en mal de fantasmes et d’exotisme .

Si vous ajoutez à cette spectaculaire transformation, celles résultant des bouleversements climatiques, on peut être convaincu que nos enfants et petits enfants ne vivront plus dans l’Europe que nous avons connue….

Mais selon les calculs, des démographes de l’ONU, en combinant le plafonnement à 30 000 nouveaux arrivants par an avec un relèvement du départ à la retraite à 69 ans, la France pourrait , en revenant à une politique nataliste dynamique, stabiliser son ratio de dépendance à 3 actifs pour 1 retraité, soit à peu près à mi-chemin entre ce qu’il était en 1995 (4,3) et ce qu’il serait en 2050, en l’absence de mesures correctives.

Stephan Smith prend donc à contre-pied, tous les « immigrationnistes » qui veulent nous convaincre de la fatalité d’une submersion du continent européen et qui ont, d’ores et déjà baissé les bras devant cette menace tout comme ils ont déjà baissé les bras devant la menace islamique.

Il est encore temps de revenir à la raison.

Le remède n’est pas dans la fuite en avant devant un danger réel et parfaitement identifié et évalué.

L’Europe doit s’entendre, si elle en est encore capable, pour mettre en œuvre une politique active et réaliste, s’écartant des billevesées des apôtres du « multiculturalisme » et du « métissage » à marche forcée, mais s’appuyant sur une maîtrise réelle de ses frontières extérieures, et un contrôle strict des flux migratoires à base de quotas, limitant à notre réelle capacité d’absorption et d’intégration, dans des conditions  humaines,  des populations entrées sur notre territoire. Ce qui revient à appliquer les méthodes qu’ont pratiquées tous les pays d’immigration, depuis deux siècle…

Elle doit, en même temps, s’entendre, pour mettre en œuvre, rapidement, une politique de développement des pays africains les plus soumis à la pression démographique, alors même que ces pays sont soumis à une exploitation systématique de leurs richesses naturelles par la Chine, dont personne n’a le courage de dénoncer la politique de colonisation rampante sur le Continent africain.

On comprend qu’une telle politique ne s’accommode pas des « états d’âme » de ceux qui cherchent à se donner le beau rôle et à se fabriquer une « bonne conscience » dont ils ne paieront pas le prix. Elle nécessite un courage qu’aucun,   parmi les générations politiques actuelles qui dirigent l’Europe, ne semble capable d’assumer.

Ils feignent tous d’ignorer que le prix de leurs lâchetés, ce sont les générations futures qui le paieront….

( 1 ).- Douglas Murray. « L’Étrange suicide de l’Europe ». Éditions Toucan.

–  Stephen Smith  »La Ruée vers l’Europe  »,  (Grasset, 272 pages, 19,50 euros).

 

L’Europe, l’Europe, l’Europe…..


L'autre Europe.

Un jour , hostiles à l’Europe « multiculturelle » fantasmée par d’arrogants technocrates, ces pays se tourneront vers la Russie de Poutine !!!

 

Il m’est arrivé, plus d’une fois, d’ironiser, ici même, sur ceux qui, pour paraphraser le Général, « sautent comme des cabris sur leur chaise en invoquant « l’Europe, l’Europe, l’Europe » !!!

Je fais partie de ceux que la doxa journalistique classe parmi les « eurosceptiques », ce qui illustre la capacité de ceux qui véhiculent « l’opinion dominante », à inventer des qualificatifs pour tenter de chasser hors du jeu et hors du débat démocratique, tous ceux qui ne pensent pas comme eux….

Et pourtant, je ne suis pas, loin s’en faut, – et en tant que simple citoyen – un adversaire du « Projet européen’.

Je sais fort bien que dans un monde où se profilent des dangers et des risques d’affrontement à l’échelle des continents, l’Europe constitue un horizon indépassable pour tous ceux qui croient à la hauteur des valeurs, et à la mission civilisatrice de pays que tout a séparés dans le passé, mais dont la survie est conditionnée par la mise en commun des capacité créatrices, du potentiel et des forces qui ont fait que ce continent , ravagé par une guerre atroce, soit redevenu, gr)ace aux sacrifices et aux efforts des générations d’après-guerre, le plus riche de la planète.

J’ai déjà eu l’occasion de m’en expliquer, dans de précédents billets. Ma conception de l’Europe a toujours été influencée, – oserais-je dire « dictée » – par la fidélité et le respect que je voue au souvenir de Philippe Seguin.

Nul doute que l’histoire politique française – parmi les écrits et les discours prononcés par ce personnage hors-normes, cette force de la nature prématurément disparue, dans le cadre des nombreuses fonctions publiques qu’il a exercées – retiendra son fameux discours du 5 mai 1992 devant l’Assemblée Nationale.

Pendant près d’une nuit entière, «jusqu’à l’aube», en un combat ressemblant étrangement à celui du récit consacré à la courageuse, mais malheureuse chèvre, Philippe Séguin lutta pied à pied pour convaincre les députés des risques politiques, sociaux et économiques découlant de transferts de souveraineté massifs (notamment la monnaie) au profit d’une Europe proto-fédérale que nous promettait l’adoption du traité de Maastricht.

Avant de rendre les armes non pas devant la cruauté d’un quelconque loup de passage mais devant le résultat d’un suffrage référendaire acquis d’extrême justesse (51% pour la ratification du traité en septembre 1992) sur la base de convictions, parfois sincères, mais aussi de peurs et de fantasmes agités comme aujourd’hui , dès lors qu’est évoqué le sujet européen. 

Il faut absolument relire attentivement ce fabuleux discours ( 1 ): il contient toutes les mises en garde contre les dangers qui menaçaient, dés cette époque, le projet européen, peu à peu détourné de ses ambitions, – celles qui avaient enthousiasmé notre jeunesse -, par un pouvoir purement technocratique, dont il était clair, dès le début, qu’il tiendrait pour nul et sans intérêt, ce que la volonté populaire tentait d’exprimer, une première fois en rejetant le projet de Constitution européenne, et ensuite en boudant par une abstention massive, les élections qui suivirent.

On a tenté de faire l’Europe, contre les peuples.

Mais les peuples ont une mémoire, et savent attendre l’heure de prendre leur revanche !!!

Je conseille chaleureusement la relecture attentive de ce discours qui restera dans l’Histoire : on y trouvera l’évocation par Philippe Séguin de tous les dangers qui menacent aujourd’hui ce projet, les manœuvres et arguments utilisés pour tordre le bras aux électeurs et mettre les peuples devant le fait fédéral accompli : ce sont toujours les mêmes mais, – lueur d’espoir -, les solutions alternatives proposées sont également toujours d’actualité.

l’Europe, construite dans l’ambiguïté d’un fédéralisme que Philippe Séguin avait prophétisé dès 1992, est en train d’agoniser sous le poids de ses contradictions.

Faite pour organiser la convergence, la zone euro a, de plus, creusé le ressentiment entre débiteurs et créditeurs, entre le Nord et le Sud de l’Europe. Seule l’Allemagne a tiré bénéfice de la zone Euro, et s’est créé une position dominante sur le plan économique, à l’abri du parapluie américain, en s’exonérant de tout effort militaire, et en protégeant son industrie à une époque où la mode, en France, était de prôner la désindutrialisation et l’externalisation des usines pour concentrer les activités sur « l’expertise et les services »…. Le plus bel exemple de cette abhération stratégique ayant été illustré par le Groupe Alcatel….

La libre circulation au sein de l’espace Schengen a, sur fond de crise migratoire, fait exploser la solidarité européenne et provoqué le Brexit et la poussée des mouvements contestataires dans les pays dits du bloc de Visegrad.

Détournée de ses objectifs, cette « libre circulation » – initialement conçue pour permettre aux citoyens européens de circuler et de s’installer librement dans l’espace européen pour y créer des richesse -, est scandaleusement mise à profit par l’immigration qui, attirée par « l’Eldorado » européen, circule désormais, sans contrôle, dans cette espace qui, technocratiquement, c’est-à-dire sans consultation de la volonté populaire, a décidé de ne pas défendre ses frontières.

Emmanuel Macron, au logiciel daté des années 70, s’est isolé dans cette Europe, avec un discours grandiloquent déconnecté de la réalité.

Son discours ressemble en tous points, à «l’option du guépard», à l’instar du film éponyme: «Tout changer pour que rien ne change». Il consiste, s’appuyant sur un diagnostic pessimiste, – qui lui permet d’exorciser de manière cathartique les remords d’une Droite qui s’est souvent trompée et n’a jamais été capable de porter les valeurs sur lesquelles elle avait été élue, de continuer à proposer exactement les mêmes solutions politiques que celles de ses prédécesseurs.

En résumé, ce discours consiste à tenter de nous faire croire que l’Europe ne fonctionne plus, et que la solution c’est qu’il faut « plus d’Europe » !!! «plus d’harmonisation fiscale, pour créer un nouveau fonds d’intervention, pour une augmentation du budget communautaire pour accroître les pouvoirs de l’oligarchie bruxelloise, pour une nouvelle étape dans « l’intégration » européenne et l’affaiblissement des États, enfin, pour une Europe de la Défense dont on nous berce depuis trente ans et qui n’a jamais connu le commencement d’un début de réalisation,  etc.etc…»

Mais à aucun moment, il n’est question de « plus de démocratie », plus de mise en valeur du riche réservoir de culture, des capacités d’innovation et du savoir faire industriel, de l »Europe, plus de mesures sociales destinées à favoriser le renouveau de la natalité sur le continent, plutôt que de distribuer des aides à des populations qui ne s’intègreront jamais à une société européenne dont elle ne partage en rien les mœurs.

Bien au contraire, nos Eurocrates ne nous bassinent qu’avec les fantasmes d’une Europe multiculturelle dans laquelle les peuples européens devraient – comme si c’était une fatalité – renoncer à leur identité, pour laisser le champ libre à des traditions, des cultures, des mœurs des modalités de « vivre ensemble » qui ne sont pas les nôtres.

Cette fuite en avant est un faux-semblant. Elle ne veut pas voir que le projet européen est encalminé et risque d’emporter les Nations qui composent l’Europe dans sa chute.

Il ne suffit plus de sauter comme des cabris en criant l’Europe, l’Europe, l’Europe !!!

L’Europe est devenue un mythe, un concept sans contenu aux yeux de ceux qui, sans désemparer, posent la même question : l’Europe, oui !!! Mais quelle Europe ???

Celle des « marchands » qui n’y voient qu’un « marché » dont les citoyens sont les « consommateurs », celles des « eurocrates » ivres de pouvoir et qui ne songeant qu’à élargir ses frontières et sont prêts à les supprimer ???

Celle des fanatiques du « multiculturalisme »à la recherche d’une culture vaguement métissée, qu’ils n’ont pas trouvée dans le riche héritage de ce continent ???

Celle de « no-berders » dont des ONG irresponsables devant les peuples, sont devenues les supports et prônent un monde sans frontières dans lequel tout appartient à tout le monde, y compris à ceux qui n’ont jamais rien inventé, ni produit ???

Ou celle de ceux qui souhaiteraient que cette Europe protège ses propres intérêts et ceux de ses citoyens, en même temps qu’elle préserve son identité et ses valeurs séculaires qui n’ont que très peu à voir avec « les valeurs » bidon que se sont fabriquées une génération empêtrée dans de naïves illusions, à la recherche d’une « bonne conscience » qui ne lui coûte guère !!!

Lorsqu’on voit que malgré la PAC, la France a régressé dans son potentiel agricole, et qu’elle est en passe de devenir importatrice nette dans quelques décennies, qu’au nom de « l’ouverture à la concurrence » des pans entiers de notre industrie faute d’avoir eu l’autorisation de Bruxelles de fusionner avec des concurrents, sont peu à peu passés sous contrôle étranger, lorsqu’on voit l’aboutissement d’une folle absence de politique de l’immigration, et j’en passe…il y a lieu de s’inquiéter pour la suite.

L’Europe d’aujourd’hui, victime de l’inconscience, de l’aveuglement d’une technocratie arrogante est au bord de la rupture. Les pays dits « du bloc de Visegrad » qui portent dans leur patrimoine historique le souvenir des batailles menée pour endiguer la menace ottomane, ne cèderont rien devant les rodomontades des extrémistes d’une « Europe multiculturelle » ouverte à tous les vents. 

Le risque est grand à terme, que cette Europe dont nous rêvions, jeunes, se réduise à une Europe croupion, et à un face à face entre une France devenue vassale de l’Allemagne….

Pendant que les Pays du bloc de Visegrad se tourneront peu à peu vers la Russie de Poutine qui lui tend les bras….

Post-Scriptum : (1) – https://www.senat.fr/evenement/revision/seguin05051992.html

Juste un petit extrait :  » Une fois ouverte la discussion sur le texte qui nous est soumis, le piège sera refermé. Nous serons prisonniers d’une logique dont nous ne pourrons plus nous dégager.

Le traité, nous le savons tous, n’est pas amendable. Le Président de la République a été particulièrement clair à ce sujet le 1er  mai : nulle réserve portant sur le cœur même du traité ne pourrait être opposable aux cocontractants. Quant à la voie de la modification du texte constitutionnel, elle me parait en l’état sans issue.

Du fait de la dérive vers la suprématie du droit commu­nautaire, nous ne disposerons d’aucune garantie en cas de contradiction entre le traité et Ia Constitution, D’ailleurs, l’obligation de débattre à nouveau de la monnaie unique ne pourrait figurer ni dans l’un ni dans l’autre, et serait de nul effet. De nul effet aussi l’obligation pour le Gouvernement français de s’expliquer devant l’Assemblée avant d’aller se lier les mains à Bruxelles. Quelle en serait la sanction?

Quant au principe de la subsidiarité, en rappelant sa nature subjective, je crois en avoir d’avance limité la portée. D’ailleurs, tous les règlements et de nombreuses directives s’appliquent sans passer devant le Parlement et, pour tous ces textes, la saisine du Conseil constitutionnel est impossible.

Quant à la maîtrise de notre politique en matière de visas, si elle pouvait être prévue dans la Constitution, elle demeure­rait absente du traité. Alors, comment les juges interprêteraient-ils cette contradiction ?

Quant au droit de vote des étrangers, je n’en parle même plus puisque j’ai déjà eu l’occasion de démontrer qu’on confondait probablement en la matière l’accessoire et l’essen­tiel.

Il n’y a donc, je le crains, aucune garantie à attendre d’un quelconque amendement du projet de loi. Il y a encore moins d assurance à attendre de l’usure du temps. Ce serait d’ailleurs une bien curieuse démarche que de nous en remettre à la survenance d’hypothétiques catastrophes dans les années à venir pour nous sortir d’un piège dans lequel nous nous serions nous-mêmes enfermés. »

Questions pour un Champion….de l’ambiguïté…


Vaccin

Les questions que je pose ici sont les questions que se posent tous les « lépreux », ceux que Macron et sa clique tentent d’enfermer dans le qualificatif de « populistes ».

Ces questions, je les pose systématiquement dans mes commentaires d’articles de Presse qui évoquent « la crise migratoire ». Je n’ai jamais obtenu la moindre réponse ce qui me fait douter de la perspicacité, ou de la bonne foi, de bien de nos « journaleux » d’investigation….

  1. Pourquoi les bateaux humanitaires ne souhaitent accoster qu’en Europe alors que les côtes du Maghreb (Algérie, Tunisie) sont beaucoup plus proches  pour des navires « en détresse »?
  2. Pourquoi les migrants sont-ils à 90% des hommes jeunes : où sont les femmes et les enfants qui fuient « les horreurs de la guerre » ?
  3. Pourquoi les migrants viennent-ils à 90% de zones où aucune guerre ne fait rage, en tentant de ses prévaloir d’un « Droit d’Asile » que les ONG souhaiteraient voir appliquer systématiquement, alors que les « intéressés cherchent seulement à échapper à la misère économique et morale de pays qui, depuis la « décolonisation » se sont enfoncés dans l’anarchie, la corruption , victimes de l’incompétence des « zélites »?
  4. Pourquoi les migrants sont-ils accueillis exclusivement en Europe et pas un seul dans les très riches pays du golfe (Arabie Saoudite, Qatar, EAU) où ils pourraient vivre leur foi islamique en toute quiétude ?
  5. Pourquoi et comment les migrants, dont on nous dit qu’ils sont démunis, ont-ils chacun donné au moins 3.000 euros à leurs passeurs ? Et comment expliquer que la majorité d’entre eux a perdu ses papiers dans les naufrages, mais pas ses « smartphones » ???
  6. Pourquoi la crise des migrants est-elle principalement et actuellement le résultat d’aller-retours de seulement quelques bateaux tels l’Aquarius et le Lifeline ? Et surtout pourquoi nos Marines Nationales sont-elles incapables de refouler vers leurs ports de départs toutes ces embarcations dont on assiste année après année à la modernisation, les zodiacs ayant remplacé peu à peu les petits bateaux de pêche ???
  7. Pourquoi les bateaux des ONG complices de ce trafic, qui se disent en détresse, sont-ils manifestement en parfait état de fonctionnement et préfèrent naviguer de Malte à Valence plutôt que d’accoster au plus près dans un port tunisien ou ramener les embarcations de fortune dans les eaux territoriales d’où elles viennent ??? ?
  8. Pourquoi l’Europe annonce-t-elle réfléchir aujourd’hui à « comment régler la crise migratoire » alors que celle-ci , que tous les démographes annonçaient depuis longtemps, dure déjà depuis des années ?
  9. Pourquoi nous dit-on que le solde migratoire est nul alors que l’on nous informe officiellement qu’1,6 million de migrants et 700.000 migrants sont arrivés respectivement en Allemagne et en Italie ces dernières années ?
  10. Pourquoi l’Europe est-elle le seul et unique endroit au monde dépourvu de tout contrôle réel aux frontières ? J’ai parcouru le monde dans ma longue existence !!! Partout, au Maroc, en Tunisie, en Syrie, en Jordanie, en Iran, en Inde, au Srilanka, au Vietnam, en Uruguay, en Argentine, au Japon, partout, oui, partout j’ai dû justifier d’un passeport valide et d’un Visa et dans chacun de ces pays je n’ai jamais bénéficié de la moindre « facilité » de séjour!!!
  11. Pourquoi la France, très endettée pour au moins deux générations, doit-elle accueillir des migrants dont il est prouvé qu’environ 85% demeurent sans emploi après 2 ans de résidence selon les statistiques allemandes et en même temps réduire les retraites, les APL et les aides sociales car elles coûtent « un pognon de dingue » ? Alors que l’immigrant qui arrive en France bénéficie de la médecine, de soins hospitaliers et d’allocations que beaucoup de Français dans la misère leur envient ????
  12. Pourquoi les personnalités les plus favorables à l’accueil des migrants n’en accueillent-elles pas, même symboliquement, chez elles ni même dans leurs quartiers d’où est évacuée toute présence de migrants comme tôt chaque matin aux alentours du parc du Luxembourg ou les abords du Louvre?
  13. Et la question à laquelle j’ai le plus de mal à obtenir une réponse est la plus brûlante : qui ou quelles organisations sont derrière ces ONG, en assurent le fonctionnement, en paient les équipages ???
  14.  Sans sombrer dans les fantasmes du « complot », qui organise l’omerta autour de ces questions et quels sont les intérêts que sert cette invasion migratoire qui n’en est qu’à ses débuts ???
  15. J’imagine, si j’en crois les nombreux échos que j’en ai, que nombreux sont les « lépreux » qui se posent ces questions !!!
  16. Migrants : pensez-vous, comme Emmanuel Macron, que des ONG font «le jeu des passeurs»?

    17550 votants   92.3% Oui   7.7% Non

    Source « Le Figaro Vox » .

Démocratie et « Populisme ».


 

Brecht

« Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple. »

Attribué à Bertolt Brecht

Les Démocraties sont elles malades, ou sont-ce les Démocrates qui perdent la boule ???

Dans un monde devenu de plus en plus indéchiffrable, surtout pour ceux qui étaient habitués à une dichotomie simplifiée selon laquelle il n’y avait que deux grandes familles d’idées, « les bonnes », – celle de ceux qui, du haut de leur suprématie intellectuelle détenaient le Pouvoir « d’informer » – et « les mauvaises », celles des « autres » , la tentation est forte de s’en tenir à ces simplifications .

Ainsi, de même qu’il y avait précédemment, « le monde libre » d’un côté et « un autre monde »menaçant, en face, il y aurait aujourd’hui un « Parti du Bien » , le Parti de ceux qui savent tout, – mais ont déjà tout oublié -, le Parti de ceux qui ont – disent-ils – « des Valeurs », le Parti de ceux dont les « convictions » sont les plus nobles, et qui est impuissant à endiguer la montée, partout en Europe – du « Parti du mal », ce « Parti » qui, disent-ils, « pose de bonnes questions mais apporte de mauvaises réponses » (Fabius dixit !!!) et que la diabolisation n’a pas permis de  réduire au silence.

Tout cela a été finement décrypté par le talentueux Philippe Muray, avec subtilité et humour dans un ouvrage qui mérite d’être lu et relu:  » L’Empire du Bien ». J’en extrais deux citations, parmi tant d’autres qui mériteraient d’être évoquées:

« Le Bien a trimé. Il a bien bossé. D’avance, il stérilise toutes les velléités d’objections, toutes les subversions, toutes les contestations qui pourraient s’élever. »

« Le Bien a couru, il a cavalé, il s’est précipité. Il a touché son but, atteint son désir. Et il est en passe de réaliser ce qu’aucune institution, aucun pouvoir, aucun terrorisme du passé, aucune police, aucune armée n’étaient jamais parvenus à obtenir : l’adhésion spontanée de presque tous à l’intérêt général, c’est-à-dire l’oubli enthousiaste par chacun de ses intérêts particuliers, et même le sacrifice de ceux-ci. « 

( L’Empire du bien de Philippe Muray – Philippe Muray).

Sauf que, dans ce même monde le « contrôle des idées » et la manipulation de l’opinion sont devenus de plus en plus difficiles, malgré le savoir-faire de communicants experts en enfumage médiatique.

Et ce, grâce, en particulier à l’Internet et aux réseaux sociaux, où des voix, de plus en plus nombreuses et de plus en plus écoutées s’élèvent pour contester ce que l’on veut à tout prix faire accepter au Peuple, comme étant « le Bien » de tous, alors que « le Peuple »est de plus en plus convaincu qu’il n’est que le « Bien » de quelques uns.

Des réseaux sociaux que le « Parti du Bien » aimerait bien , sinon réduire au silence, mais « domestiquer » sous prétexte qu’il y circule des « fake news », comme si les fausses nouvelles et les fausses informations n’émanaient que du Parti du Mal….Car si l’on ajoute aux « fausses nouvelles » tous les mensonges par omission du côté du Bien, la balance penche significativement….

Des voix, de plus en plus puissantes en Europe, osent contester « le Parti du Bien » et prétendre que ce que l’on veut faire avaler aux peuples comme étant « le meilleur » pour eux, n’est autre que « le mal » absolu.

Curieusement, le phénomène contestataire du pouvoir des « zélites » en Europe, fait écho à ce qui se passe aux Etats-Unis, avec l’élection du Cow Boy Trump….

Le « Parti du Bien « , n’a jusqu’ici, pu trouver d’autre riposte que celle qui consiste à « diaboliser » ceux qui ne partagent pas leurs prétendues Valeurs, en leur collant l’étiquette méprisante de « Populistes ».

Ce mépris et cette agressivité ne sont autres que le signe révélateur d’une incapacité à écouter, donc à entendre les voix qui montent du peuple, et à apporter à ce dernier, les réponses qu’il attend depuis si longtemps…..

Et pourtant, pris dans son acception de « discours populaire », le Populisme ne saurait être assimilé a priori à un mouvement réactionnaire, démagogique ou fasciste. Ce vieil amalgame dont le « Parti du Bien » est coutumier a pour but depuis longtemps d’empêcher une interprétation plus fine et de jeter hors de l’Histoire, comme s’il s’agissait d’un phénomène sans racines ni causes véritables, ce « Populisme » menaçant….

Car le Populisme est considéré par les « zélites », au pire comme un non-sens et au mieux comme une sorte de « fait divers » pittoresque et accidentel.

Il a servi, – ce qui démontre son caractère abusif -,  à analyser pêle-mêle, – par d’éminents « politologues » – la victoire de M. Luiz Inácio « Lula » da Silva au Brésil, ailleurs la politique de M. Hugo Chávez au Venezuela  ou l’arrivée en tête, en Suisse, lors d’élections législatives, de l’Union démocratique du centre, de M. Christophe Blocher . Hier, c’était l’ascension de M. Bernard Tapie en France et plus loin dans le temps, le poujadisme ou le boulangisme.

D’autres figures ont été accusées, elles, de pratiquer le « Populisme » : le président du conseil italien Silvio Berlusconi, le syndicaliste José Bové, et bien entendu, le président du Front national Jean-Marie Le Pen… Sans parler plus récemment des dirigeants de Partis au pouvoir, en Europe centrale ‘ Autriche, Hongrie, Tchéquie, Slovénie, )

Le terme est donc devenu « un mot valise », et les événements qu’il désigne sont souvent inclassables si ce n’est en leur conférant une signification populaire du rejet des classes dirigeantes. Depuis ceux qui ont purement et simplement renoncé à le faire, jusqu’à ceux qui se contentent de gloser sur nos écrans, rares sont les spécialistes capables de donner une définition correcte du « Populisme ».

Car nos « belles âmes », qui vivent dans « l’entre-soi » d’une société hermétique aux voix qui montent du Peuple, ont le plus grand mal à accepter l’idée que ce qu’ils recouvrent de ce vocable qu’ils considèrent comme « dévalorisant », voire méprisant, n’est autre que la clameur d’un Peuple désabusé, floué, mais lucide, dont la colère monte silencieusement, car elle n’a trouvé jusqu’ici que l’abstention massive dans tous les scrutins démocratiques pour exprimer sa colère, en attendant de le faire massivement à la prochaine occasion.

Il se pourrait bien que la prochaine occasion soit celle des élections européennes dont l’échéance approche.

C’est ce qui explique le déferlement médiatique actuel, conçu pour tenter de décrédibiliser, les uns après les autres, tous ceux qui rejettent le projet d’une Europe gouvernée depuis Bruxelles par une oligarchie de « technos » irresponsables, une Europe ouverte à toutes les tentatives de déstabilisation, et soumise car incapable de se défendre contre  la menace de la pression démographique d’une Afrique qui, plus d’un demi-siècle après la « décolonisation » n’a jamais su prouver qu’elle était capable de générer des responsables politiques capables de mettre en œuvre une gouvernance conçue pour répondre à la détresse des peuples de ce continent aux richesses pourtant prometteuses…..

PS :Bertolt Brecht est un auteur dramatique Est-allemand, né le à Augsbourg (Bavière) et mort le à Berlin-Est. Il a été à la fois dramaturge, metteur en scène, critique théâtral, écrivain auteur de romans1, de récits en prose2 et poète. Apatride depuis que le régime nazi l’a déchu de sa nationalité allemande en 1935, il est naturalisé autrichien en 1950.

La citation reproduite en en-tête de ce billet est controversée . « Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple. », pourrait être interprétée comme reflétant son opinion, alors qu’en réalité elle était une critique du gouvernement de la RDA : « J’apprends que le gouvernement estime que le peuple à « trahi la confiance du régime » et « devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités ». Dans ce cas, ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? ». ( Wikipedia)

En fait cette phrase ne reflète donc pas l’opinion de Berthold Brecht : elle est  un reproche fait au Gouvernement de la RDA pour son mépris de l’opinion populaire.

Le « populisme » est une vieille affaire….

Les Utopies se cachent pour mourir…


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Dans une œuvre récente, Régis Debray, sous le titre de  » Bilan de faillite » nous livre les états d’âme d’un homme parvenu au soir de sa vie, et qui dresse un bilan désabusé mais lucide de l’existence de celui qui, des maquis boliviens et des passions révolutionnaires en passant par les couloirs de l’Élysée à l’époque Mitterrandienne, s’est résigné à n’être plus qu’un observateur désabusé de la fin d’une époque.

Une époque qui fut marquée par le règne des idéologies qui, face à la puissance du réel, se sont transformées peu à peu, dans l’inconscient populaire, en utopies. 

Régis Debray sait de quoi il parle, lui qui fut de tous les combats révolutionnaires, de ceux qui croyaient pouvoir transformer l’Amérique latine en anti-modèle du capitalisme nord-américain.

Il fut de ces « zintellectuels » qui pendant longtemps, ont contemplé l’aventure cubaine avec une indulgence passionnée, emboîtant le pas de ceux qui, aveuglés par leurs certitudes voyaient dans le Communisme stalinien le chemin qui conduisait aux « lendemains qui chantent ».

Il fut également de ceux qui furent, au nom de la même idéologie, à la pointe du combat contre les puissances coloniales, refusant de voir que la Russie soviétique n’était autre qu’une puissance impériale dont l’empire s’effondra en même temps que le mur de Berlin, censé cacher à ce que l’on appelait « le monde libre » les dérives criminelles d’un « système » dévoyé…. 

En faisant le point sur sa propre existence, et s’adressant à son fils, il évoque les illusions perdues de ceux qui furent de toutes les aventures, au nom d’un marxisme élevé au rang des religions séculaires qui, elles, bon an mal an, continuent à occuper une place auprès de ceux qui considèrent que sans elles, ils auraient bien du mal à donner un sens à leur vie.

Que sont devenus les « zintellectuels » marxisants égarés dans le Trotskysme, le Léninisme, puis le Stalinisme, le Maoïsme, et même dans le Castrisme ??? Leur audience s’est effritée et même si les médias tentent parfois de leur redonner la parole, ils savent que désormais, ils prêchent dans le désert….

Dans le désert…Car c’est dans un désert idéologique que les nouvelles générations sont appelées à trouver leur propre chemin.

L’effondrement du Communisme, l’effritement de la Social-Démocratie en Europe, la crise du Capitalisme et de ses Apôtres dans le Monde, ont créé un vide dans lequel un Islamisme conquérant cherche à s’engouffrer, avec la complicité de ceux qui, ayant un compte à régler avec les vieilles utopies ou avec le judéo-christianisme, espèrent « achever la bête »et jeter la Morale judéo-chrétienne aux oubliettes. 

Ils trouvent, dans les turpitudes qui dégradent l’image « sainte » de l’Église catholique, une justification à leurs désirs suicidaires de « libération », afin de pouvoir, débarrassés d’une morale culpabilisante, « jouir enfin sans entraves »…

Sans voir qu’ils ne font là, que sauter dans le vide d’une idéologie nouvelle que certains qualifient déjà de « post-moderniste ».

« La mondialisation », un concept inventé par des « marchands »et des « financiers » ivres de leur puissance, car ils ont les gouvernements à leur botte, et obsédés par « la conquête des marchés », quel qu’en soi le prix à payer, et quels qu’en soient les « dommages collatéraux »supportés par ceux qui ne montent pas dans le train, la mondialisation, donc, nous est présentée comme une perspective pleine de promesses…..

Les mêmes, sans toujours percevoir la contradiction de leurs discours, nous expliquent que pour faire face à la mondialisation, il n’y a d’autre paradigme (1) que « l’Europe », mais en restant discrets et en cultivant le flou dès lors qu’on leur pose la question : « l’Europe, oui mais quelles Europe » ??? Celle des Banques, celle des marchands ??? Celle des « technos » de Bruxelles ??? Celle des Peuples ou celle des Cultures ???

Faute d’être capables de répondre clairement à ces questions, sans doute parce qu’elles les embarrassent, les nouveaux idéologues, ceux qui depuis bientôt un demi-siècle sautent comme des cabris en criant « l’Europe, l’Europe, l’Europe »,- pour paraphraser « le Général »-, après avoir trahi le rêve des pères fondateurs de ce beau projet, s’interrogent sur l’impasse qui se dévoile à eux, au fur et à mesure que de nouveaux pays « descendent du train », refusant à s’engager dans une voie dictée par ceux qui refusent d’entendre la voix des Peuples ….

Les Peuples disent « cette Europe ne fonctionne pas » : elle a été incapable de nous épargner les effets de la crise du Capitalisme depuis 2009, elle est incapable d’assurer le respect de ses frontières, et à fortiori d’assurer la sécurité de ses habitants, elle est incapable de mobiliser les énergies autour de projets communs comme le furent le Tunnel sous la Manche ou la création d’Airbus, elle est incapable d’organiser la solidarité à l’intérieur de ses frontières , incapable d’avoir une stratégie de défense commune, et encore moins d’avoir une diplomatie efficace, ni…. J’arrête là mon réquisitoire qui, à lui seul justifierait un billet !!!

Et à cela, nos Utopistes de « l’Europe dans la mondialisation » répondent : la solution, c’est plus d’Europe !!! Mais une fois encore, plus de quelle Europe ????

Une Europe où les Nations se dissoudraient dans un ensemble géographique ressemblant à un navire sans gouvernail, balloté par les flots sur lequel triompherait le « vivre ensemble » des carpes et des lapins ???

Une Europe livrée à la concurrence sauvage de ceux qui sans vergogne méprisent les règles du commerce international alors que l’Europe impose à ses entreprises des règles draconiennes qui sont un handicap pour leur survie ????

Une Europe livrée à l’invasion d’une immigration musulmane que rien ne semble pouvoir arrêter, faute de volonté collective ????

Une Europe condamnée à renoncer à son identité pour faire place à des cultures, des mœurs, des habitudes de vie qui nous sont étrangères ????

Ainsi conçu, le projet européen se révèlerait être une Utopie de plus, et en tant que tel il se condamnerait à « se cacher pour mourir. »…

A moins qu’un réveil des Peuples européens ne vienne secouer la douce torpeur de ceux qui ont entre leurs mains le destin des générations futures….
Il serait temps que les Peuples se réveillent et renversent les certitudes des « zélites » européennes qui rêvent d’une « Démocratie sans le Peuple » !!!

Tout n’est pas perdu puisque selon un groupe de chercheurs américains, les peuples européens, sous la pression d’un Islam qui occupe selon eux, une place excessive dans la vie citoyenne des pays, redressent la tête et prennent la mesure des dangers qui menace leur identité et leur culture….

http://premium.lefigaro.fr/actualite-france/2018/06/01/01016-20180601ARTFIG00361-sondage-la-presence-de-l-islam-reveillerait-la-conscience-chretienne-de-l-europe.php

Je cite « : C’est ainsi que les chrétiens pratiquants européens seraient plus enclins à déclarer l’islam «fondamentalement incompatible avec la culture et les valeurs» de son pays. Avec des pointes particulièrement frappantes en Autriche, Finlande et Italie où ce rejet de l’islam par des chrétiens pratiquants dépasse la barre des 60 %.

La France, sur cette même question et comparée à ses voisins, apparaît plutôt comme tolérante, puisque les chrétiens pratiquants qui jugeraient l’islam «incompatible» avec la culture du pays sont 45 %.

C’est, au reste, l’un des grands enseignements de ce sondage pour l’Hexagone. Plusieurs sondages nationaux récents – de différents instituts mais tous liés à la période des attentats – avaient en effet mis en évidence la montée d’un rejet de l’islam comme culture et comme religion en France. Mais, pour la première fois, ce sondage met en perspective cette tendance vérifiée avec les autres pays européens. Et démontre que les Français – bien que plus frappés par les attentats commis au nom de l’islam que leurs voisins – demeurent en fait dans une moyenne européenne sur ce thème, alors qu’ils s’accusent volontiers d’être très intolérants. » ( Fin de citation).

Les Français qui accusent la France d’intolérance participent, par calcul ou par naïveté, à la vulgarisation de la nouvelle utopie, celle du « multiculturalisme » dont l’aboutissement naturel sera, sous couvert de l’ambigûité du « Padamalgam », « un Communautarisme »comparable à celui du Kosovo ou du Liban ???

A moins que le sursaut européen ne finisse par enterrer, dans la discrétion, cet utopie dangereuse…

L’Histoire de l’Antiquité nous enseigne que toutes les civilisations sont mortelles.

(1).- Un paradigme ( pour ceux qui ignorent ce que signifie ce mot emprunté à la « novlangue ) est — en épistémologie et dans les sciences humaines et sociales – une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle ..