Populisme. Comment l’Europe en est-elle arrivée là ???


Populisme

« Dans son acception générale d’aujourd’hui le mot populisme désigne une approche politique qui oppose le peuple aux élites politiques, économiques ou médiatiques. Le sentiment d’exclusion du pouvoir, même élu démocratiquement, est à la base de cette attitude qui touche aussi bien des sensibilités droite que de gauche. »

Les prochaines élections européennes se présentent mal pour ceux qui avaient encore quelque espoir de voir se concrétiser le rêve d’une Europe de la culture, de la fraternité entre les peuples, des projets concrets et ambitieux comme Ariane et Airbus, une Europe forte de ses capacités d’innovation, de la mise en commun de ses « savoirs-faire »,du rayonnement de sa diplomatie, s’appuyant sur des Nations unies et solidaires, sur une capacité industrielle et militaire, aux frontières défendues, et s’affirmant dans le monde tout en respectant l’identité et les racines profondes de chacun des peuples qui la constitue.

Les forces « progressistes »autoproclamées, – qui même si elles s’en défendent – ne font que s’inspirer de la turbulence des idées qui agitent périodiquement  les Universités américaines et que propagent les « zélites » washingtoniennes, car elles servent leurs intérêts et surtout leur ambition de régner sur le monde, ces « forces » auraient choisi, aux USA, d’engager, un combat « à mort » avec ceux qu’avec mépris, elles qualifient de « populistes », dont Trump serait devenu, jusqu’à la caricature, le symbole détesté…..

Le « macronisme » ne serait-il que le dernier avatar de ce « progressisme » béat et inquiétant ??? Inquiétant car il ne respecte la Démocratie que lorsqu’elle se plie à ses volontés: dans le cas contraire ceux qui ont voté seraient donc suspects de « populisme », cette lèpre qui menacerait l’Europe toute entière, si on en croit Jupiter.

Inquiétant car, comment ne pas s’interroger ???

Quel avenir peut-on espérer pour l’Union européenne, à l’heure où la France européiste de Macron fait face au retour des nations, au Sud et à l’Est, mais aussi en Allemagne ?

L’espoir de notre vibrionnant Président, de s’appuyer sur « le couple franco-allemand » pour donner une nouvelle impulsion au projet européen, en le remettant « en marche », de concert avec Mme Merkel, vers « encore plus d’Europe », c’est-à-dire « plus d’intégration européenne » et plus de pouvoirs donnés à des Institutions bruxelloises hors-sol, – qui avec le temps, ont perdu tout crédit dans l’imaginaire des peuples européens pour n’avoir su anticiper aucune des crises aux quelles l’Europe a été confrontée -, cet espoir-là semble s’éloigner car il ne correspond plus à celui d’un nombre croissant de pays où les peuples ont – démocratiquement – fait savoir qu’ils entendaient faire entendre , enfin, leur voix dans les décisions sur l’Europe.

Le « débat », qui n’a jamais eu lieu, sur l’immigration de masse, car « escamoté » par nos « zélites »,  aura servi de révélateur….

Il est clair, aux yeux de ceux qui sont aujourd’hui qualifiés, avec condescendance, « d’eurosceptiques, » que la génération qui depuis vingt ans et plus, tient les manettes de ce grand projet a trahi les espérances de ceux qui avaient une conception de l’Europe héritée de la période gaullienne.

A cette époque,  la France a dû se battre pour donner consistance la politique agricole commune, qui devait bénéficier prioritairement à l’agriculture française.

Ce bénéfice était alors considéré comme la juste   contrepartie des grands bénéfices que l’Allemagne allait tirer quant à elle et pour son industrie de la création du Marché commun.

Sur le plan géopolitique, il s’agissait certes de faire face à la menace venant de l’Est, mais également d’affirmer l’indépendance géostratégique de l’Europe vis-à-vis des Etats-Unis, omniprésents dans les affaires européennes de l’époque.

L’idée gaullienne d’«Europe européenne» était donc le contraire du désir d’effacement qui peu à peu a prévalu, sous l’impulsion de ceux qui ont cru, naïvement, que « la fin de l’Histoire » les dispensait de faire l’effort d’armement nécessaire pour avoir une politique de défense réellement européenne.

Ce désir d’effacement a placé l’Europe sous la dépendance militaire des Etats-Unis, entraînant sa dépendance diplomatique qui se traduit par une paralysie et une impuissance qui s’est révélée cruellement à l’occasion des conflits du Moyen-Orient où l’Europe ne fait plus que de la figuration.

La volonté de de Gaulle n’était évidemment pas d’inféoder la France à l’Allemagne, mais au contraire d’enrôler nos voisins dans un projet commun d’«Europe puissance» que la RFA n’ambitionnait pas plus que cela.

Or, le déclin économique de la France, la faiblesse de ses dirigeants ont fait que c’est exactement le contraire qui s’est produit, la France s’étant, en quelque sorte installée dans la posture de « vassale » d’une Allemagne qui désormais fait la pluie et le beau temps en Europe.

Le « couple franco-allemand », cette illusion entretenue par nos dirigeants n’a jamais réellement existé, la France ayant été le plus souvent « à la remorque » de l’Allemagne.

Or, l’Allemagne de Mme Merkel est plus « souverainiste » qu’il n’y parait.

Or, hormis les nôtres, – qui cultivent depuis toujours, une foi quasi religieuse en  » l’universalité de leurs valeurs » – tous les dirigeants du monde sont «souverainistes». Merkel l’est à l’évidence, m’a toujours été et le sera encore plus demain, sous la poussée d’un électorat vieillissant.  Quant au chancelier qui la remplacera à la fin de son mandat, il le sera probablement plus encore.

On assiste donc actuellement en Europe au retour des nations et l’Allemagne ne fait pas exception, où s’affirme une droite plus conservatrice et moins européiste qu’auparavant. Actuellement, cette droite se fait essentiellement entendre sur la question migratoire. Mais on imagine sans peine que si un pays de la zone euro – l’Italie par exemple – devait tenter de desserrer l’étau de l’austérité, elle ferait valoir à grand bruit son refus de «payer pour le Sud».

C’est dire à quel point les « illusions » européennes de Macron ne sont pas seulement vaines, mais sont dangereuses, car elles renferment le danger d’une irrémédiable explosion de l’Europe entre nations du Sud, contre celles du Nord et nations de l’Est contre celles de l’Ouest !!! Le tout sous le regard ambigu et attentif d’un Poutine en éveil…..

Comment en est-on arrivé là ??? Oui, comment ???

Par l’accumulation de dénis, de mensonges, de mépris et de suffisance à l’égard des peuples qui n’a pas altéré la clairvoyance de ces derniers : ils feront entendre leur voix au printemps prochain.

Il faudra s’habituer au « populisme », en Europe, n’en déplaise à Jupiter !!!

Et pas seulement en Europe, comme le souligne , dans un éditorial, le Figaro:  » une vague mondiale est en train de se former, quand elle n’a pas déjà déferlé. Des États-Unis aux Philippines, du Brésil à l’Italie, des mouvements dits «populistes» semblent tout balayer. Et l’on finit par voir des Trump tropicaux ou continentaux un peu partout… Les situations sont plus diverses qu’il n’y paraît, mais il y a des points communs: un sentiment de trahison des élites, d’insécurité culturelle, de décrochage des classes moyennes, une peur des dégâts collatéraux de la mondialisation, de l’immigration massive et du non-contrôle des frontières ».

Amen..

Post-Scriptum : http://premium.lefigaro.fr/vox/monde/2018/10/12/31002-20181012ARTFIG00003-stop-au-politiquement-correct-quand-les-derives-americaines-menacent-la-france.php

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