Songes d’une Nuit d’été….


rivage méditerranéen

Aussi loin que ma mémoire se souvienne, je n’ai jamais pu imaginer de vraies vacances d’été ailleurs que sur les bords de la Méditerranée.

Ma jeunesse, jusqu’à l’âge de trente ans – j’ai quitté l’Algérie en Janvier 1963 – ressemble, en tous points, à celle que décrit Albert Camus dans plusieurs de ses œuvres, la plus significative étant pour moi, depuis toujours, celle tirée de « Noces », dans laquelle il décrit « l’Été à Alger ».

Des circonstances heureuses m’ayant permis de poursuivre ma carrière à Ajaccio, en Corse, pendant près de cinq ans, le lien qui unit mon destin à la Méditerranée ne s’est pas rompu.

Puis, nommé en France métropolitaine, j’ai fait en sorte de conserver un point de chute en Espagne, non loin du lieu où avaient vécu mes arrières grands-parents espagnols.

Je pourrais écrire , paraphrasant Camus, que « J’ai grandi dans la mer et la pauvreté m’a été fastueuse, puis, j’ai perdu la mer, tous les luxes alors, m’ont  paru gris, la misère intolérable ».

Loin de la Méditerranée, pour des raisons de carrière, j’ai patienté.

J’ai supporté la grisaille, avec le sourire, me sentant le plus souvent étranger à tout ces gens avec lesquels je n’avais rien en commun.

Dans les années soixante, il n’était pas facile d’appartenir à ce petit peuple d’exilés, de déracinés qui, la rage au cœur entendait conquérir sa place, non plus au soleil, mais dans les brumes humides, entouré de ces gens dont l’égoïsme et l’absence de chaleur humaine m’étonnait à peine, et dont les outrages ne m’atteignaient guère: ils étaient le plus souvent dus à des préjugés que leur inculquait un Parti intellectuel de dégénérés marxisants qui, à cette époque encore, dominait le monde des idées.

Le « couteau entre les dents », j’ai affronté, animé d’un puissant désir de revanche, des Énarques semblables à certains de ces petits marquis qui nous gouvernent aujourd’hui.

Seul, et « sans réseaux », je me suis heurté à de petites combines dont seuls les médiocres ont le secret, trainant le lourd fardeau d’une réputation qui voulait que les Pieds Noirs étaient des fainéants habitués à  « faire suer le burnous aux autres »…..J’ai surmonté ces obstacles par un travail acharné.

Mais sur ma route, j’ai rencontré, aussi, des personnages d’exception, qui ont marqué ma vie et ont profondément influé sur mon destin. Je leur dois une fidèle reconnaissance.

 Rien ne m’a jamais détourné de mon projet: celui d’atteindre les sommets. Mais rien, non plus, ne m’a empêché de rêver.

Car, durant toutes ces années, je n’ai jamais cessé de rêver.

Les plus beaux chênes de la forêt d’Orléans ne m’ont jamais fait oublier la beauté majestueuse des oliviers séculaires de ma jeunesse de méditerranéen.

Je n’ai jamais cessé de rêver aux plages désertes, bordées de maquis odorants où les pins, le thym et le romarin disputent leur rayon de soleil à l’héliotrope et aux absinthes odorantes entre lesquelles se glisse un lézard furtif….

Et de revoir en songe ces levers de soleil triomphants sur une mer d’un bleu étincelant.

Et d’entendre au loin les cloches d’un troupeau de chèvres et la musique arabe d’un berger soufflant dans sa flûte de roseau comme un personnage sorti d’un poème de Virgile….

Au soir de ma vie, j’aime toujours autant admirer , au cœur de l’été, la jeunesse insouciante qui s’ébroue sur la plage. Mais j’aime tout autant le silence relatif de la plage déserte, à peine rompu par le murmure rythmé de la vague qui vient mourir sur le sable….

Et au bord de la nuit, de retour à la maison, m’enivrer du parfum des jasmins, du « galan de noche » et de la lavande en fleurs…..

 

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