Ô Méditerranée toujours….


Sliema 2

Port de Sliema ( Malte).

« Il n’y a qu’une seule mer: la Méditerranée. Après elle, il y a des mers, des océans, de l’eau… » ( Gabriel Audisio. Héliotrope; Gallimard 1928 ).

Mais moi je vous parle de La Mer, l’Unique, celle qui m’a vu naître, grandir, dont le sel a brûlé ma peau de jeune homme, celle qui a rougi mes yeux éblouis par le soleil ardent, celle dont j’ai exploré les fonds mille fois, auprès de laquelle je me ressource, le soir, après une marche bienfaisante, en la contemplant, avec une pensée pour les miens qui sont restés sur l’autre rive, et en prenant de larges respirations de cet air chargé d’iode qui fouette mon visage et m’apporte l’odeur du grand large.

Car je suis de cette race improbable, en voie de disparition dont les veines sont chargées d’un sang mélangé qui fait que je suis de tous ces rivages où flotte le parfum du thym sauvage, de la lavande, et du romarin.

Je suis de cette Mer qui ne connaît pas l’impudeur des marées basses qui étalent leur ventre de vase et de déchets humains, mais d’une mer qui, chaque soir, au soleil couchant scintille de mille feux. 

Napoléon, navigant au large de la Corse prétendait qu’il savait en reconnaître la proximité rien qu’à l’odeur de maquis qui flotte dans l’air, tout le long des côtes sauvages.

Je n’ai pas honte de paraphraser Napoléon !!! : quel que soit le pays où je me trouve quand il borde la Méditerranée, je sais reconnaître, à l’odeur, qu’Elle est là, pas très loin, et qu’au détour d’une rue qui descend vers son rivage, ou d’un chemin caillouteux, au bord du quel poussent des asphodèles, je vais l’apercevoir.

Car, dans toutes le villes côtières, en Méditerranée, flottent les mêmes parfums qui se mélangent à celui de l’iode marin: approchez-vous du bord de mer et vos narines seront envahies par l’odeur de friture de rougets de roche, de sardines grillées, qui se mélangent à celle de l’ail et du poivron frit.

Mais il n’y a pas que les odeurs !!! Les couleurs, elles aussi sont différentes. Leur éclat a attiré tant de peintres de talent !!! Les Impressionnistes en ont fait l’une de leurs terres d’inspiration….

Le bleu laiteux de l’aurore, quand le soleil s’élève au dessus de l’horizon, à l’heure où les oiseux de mer prennent leur vol, le bleu cobalt qui orne les céramiques, les bleus azur, turquoise, outre-mer, et j’en passe, se disputent une place lumineuse sur les façades blanches des maisons.

La palette des peintres n’est pas assez riche pour en rendre toutes les nuances, et les contrastes, et pour fixer sur la toile les phosphorescences de la mer pendant les nuits d’été.

J’ai toujours été attiré par les ports méditerranéens. Et tout particulièrement par les ports de pêche.

J’aime regarder le spectacle des pêcheurs raccommodant leurs mailles, pendant que les oiseaux de mer tentent de récupérer les restes de poissons encore accrochés au filets….Et je ne manque jamais de contempler la danse immobile des barques aux couleurs vives qui se reflètent dans la vague. 

Les plus beaux échantillons de « pointus » que j’aie eu l’occasion d’observer, pour leur couleurs vives et leur silhouette singulière, sont à Sliema, près de La Vallette, à Malte.

Mais comment évoquer la Méditerranée sans s’attarder sur ce que j’appelle « l’arrière-pays »identique à lui-même quels que soient ses rivages ???

Car il n’y a pas que les calanques aux eaux claires où pullulent les oursins, – car plus personne ne les cueille par crainte de la pollution -, et les petites plages où l’on peut encore se livrer à des baignades solitaires, ou bronzer à l’ombre d’un pin….

Tournez le dos à la mer et enfoncez-vous dans la campagne environnante, au printemps, quand les amandiers fleurissent, et quand les pâquerettes entreprennent d’envahir le sol encore humide de leur neige blanche. Attardez-vous un instant pour observer, dans les rangs d’oliviers pluri-centenaires, d’où émerge la silhouette d’un cyprès , les reflets d’argent qui, sous l’effet de la brise, scintillent au soleil.

J’ai un respect infini pour ces oliviers, plus vieux que toutes les religions, qui ont traversé le temps, témoins de toutes les folies humaines, sous lesquels des bergers sortis de la mémoire de Virgile, viennent chercher le repos, à l’ombre, pour souffler, – comme en Kabylie – dans leur flûte de roseau, et répandre à l’infini une musique qui a traversé le temps.

Ô Méditerranée !!! Il y aurait tant à dire sur tes rivages.

D’autres l’ont fait. Avant moi. Bien mieux que moi.

Berceau de cultures qui ont traversé les âges, et qui ont encore aujourd’hui, le culot d’affronter, sans honte, « la modernité »d’une époque où la négation des racines et des identités est devenue « un must », ….. en attendant de revenir aux sources.

Car les modes sont passagères et ne résistent pas à l’usure du Temps….

 

Une réflexion au sujet de « Ô Méditerranée toujours…. »

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