Le mythe de la « victimisation ».


Les générations actuelles ont été accoutumées à l’écoute d’un discours qui s’est développé au lendemain de la décolonisation, en vertu duquel les musulmans, et tout particulièrement les Arabes auraient été les « victimes » de la domination d’un Occident qui, usant de sa supériorité technologique a pu, pendant un peu plus d’un siècle imposer sa Loi dans des pays où régnait jusque là, un ordre « coranique » s’appuyant sur des structures tribales, tout particulièrement dans le monde Arabe.

Un matraquage médiatique, véhicule de la « pensée politiquement correcte », a contribué à populariser l’idée que toute analyse historique critique centrée sur le monde musulman était inspirée par un reliquat de « néo-colonialisme », était de nature à encourager une islamophobie rampante et à susciter des attitudes « discriminatoires » et « stigmatisantes » à l’égard des Musulmans.

Cette attitude intellectuelle a largement contribué à obscurcir l’Histoire des rapports entre l’Islam et l’Occident. Ostensiblement entretenue par une fraction de la classe intellectuelle française, cette attitude a contribué à développer chez les Musulmans de France le sentiment d’appartenir à un peuple de « victimes ».

Des Musulmans en qui une partie de la Gauche et du monde syndical voyait la perspective de se reconstituer une clientèle de substitution afin de remplacer un « prolétariat » qui se détourne des analyses marxisantes d’une société en pleine transformation. C’est aibsi que « L’Islamo-gauchisme », grâce à cette attitude ambiguë, a acquis ses « lettres de noblesse » ( si j’ose dire ), a réussi a se tailler une place et à « occuper le terrain » du débat sur l’islamisation rampante dans notre société !!!

Or les Musulmans d’Afrique du Nord, – s’ils ont été effectivement soumis, par la force et avec brutalité, à la domination française -, ont fini par considérer que leur Histoire a commencé au XIXème siècle, – plus précisément en 1830, moment de la conquête de l’Algérie – un peu comme certains Français qui ont fini par considérer que l’Histoire de leur pays a commencé en 1789, à la Révolution française – et ont fini par tirer un trait sur tout ce qui a précédé la période coloniale.

Je dialogue souvent, via internet, avec de jeunes algériens et je suis à la fois sidéré par le degré de leur ignorance de l’Histoire de leur pays, et surpris par leur curiosité et leur désir de découverte d’une Histoire que leur éducation ne leur a jamais révélée : ils connaissent dans le détail l’Histoire de la colonisation, et celle de ce qu’ils appelle leur « Guerre de Libération », mais rares sont ceux dont les connaissances historiques vont au-delà.

Leurs connaissances sur la période de l’occupation ottomane de leur territoire qui, à l’époque ne dépassait pas les limites d’une bande côtière, et qui a duré trois fois plus longtemps que la période française, sont extrêmement limitées. Je ne parle évidemment pas de la période de leur Histoire antérieure à l’époque ottomane qui est le plus souvent totalement ignorée….

Et pourtant !!! Il y aurait tant à dire sur la longue Histoire des Arabes.

Deux livres, dont je conseille vivement la lecture, – il y en a probablement beaucoup d’autres – contribuent à la destruction du mythe des Arabes « victimisés », et à la restitution de chapitres de leur Histoire volontiers occultés aujourd’hui, et qui démontrent que les « victimes » incontestables de la période coloniale, ont été auparavant, d’impitoyables conquérants, des guerriers sanguinaires n’hésitant pas à faire le tri entre leurs victimes, les unes étant massacrées sur place, les autres converties en esclaves.

Esclavage       Chebel esclavage

La suite de ce billet est très largement inspirée des deux ouvrages précédemment cités, auxquels j’ai emprunté de larges extraits, parmi les plus significatifs, notamment dans l’excellent ouvrage du regretté Malek Chebel, Historien, ethnologue et sociologue algérien de talent, hélas prématurément disparu.

Elle devrait contribuer à ouvrir les yeux de ceux qui, avec complaisance, contribuent à populariser le mythe du Musulman, éternelle victime de l’Occident, dont les persécutions se poursuivent à travers les « stigmatisations » et autres « discriminations » dont il serait l’objet…..

Islam et esclavage

« Le Coran, texte sacré de l’islam, entérine l’existence de l’esclavage (voir la sourate XVI, Les abeilles) tout comme d’ailleurs les textes bibliques. Notons que le premier muezzin désigné par le Prophète pour l’appel à la prière est un esclave noir du nom de Bilal originaire d’Éthiopie.

La loi islamique ou charia, qui s’appuie sur le Coran et les dits du prophète (hadiths), considère qu’en pays d’islam, seuls sont esclaves les enfants d’esclaves et les prisonniers de guerre. Elle autorise d’autre part la réduction en esclavage de quiconque provient d’un pays non musulman. Mais si un esclave vient à se convertir, il n’est pas affranchi pour autant.

Très tôt, du fait de la rapidité même de leurs conquêtes, les Arabes vont se heurter à une pénurie d’esclaves. Comme ils ne peuvent asservir les populations des pays soumis à leur loi, ils se voient dans l’obligation d’importer en nombre croissant des esclaves des pays tiers, qu’ils soient ou non en voie d’islamisation.

Comme les chrétiens du haut Moyen Âge, ils s’abstiennent de réduire en esclavage leurs coreligionnaires mais cette règle souffre de nombreuses transgressions et ils ne rechignent pas à asservir des coreligionnaires, notamment noirs, au prétexte que leur conversion est récente .

Une économie fondée sur l’esclavage.

L’esclavage devient rapidement l’un des piliers de l’économie de l’empire abasside de Bagdad du fait de très nombreuses prises de guerre et de l’avènement d’une très riche bourgeoisie urbaine. Pour s’en convaincre, il n’est que de lire Les Mille et Une Nuits, un recueil de contes arabes censés se dérouler sous le règne du calife Haroun al-Rachid, contemporain de Charlemagne.

Les harems du calife et des notables de Bagdad se remplissent de Circassiennes. Il s’agit de femmes originaires du Caucase et réputées pour leur beauté ; ces belles esclaves ont continué jusqu’au XXe siècle d’alimenter les harems orientaux en concurrence avec les beautés noires originaires d’Éthiopie.

Pour les tâches domestiques et les travaux des ateliers et des champs, les sujets du calife recourent à d’innombrables esclaves en provenance des pays slaves, de l’Europe méditerranéenne et surtout d’Afrique noire. Ces esclaves sont en général castrés et maltraités.

D’autres esclaves et eunuques sont employés comme soldats et chefs de guerre par les différentes dynasties musulmanes, du Maroc aux Indes. Ces esclaves-là accèdent parfois à des fonctions élevées, voire au pouvoir suprême. Ainsi en est-il des fameux Mamelouks d’Égypte, que Bonaparte devra combattre en 1798.

Eunuques et castrats.

Inventée et développée à grande échelle par la Chine impériale, exportée dans les pays musulmans et jusqu’en Italie (les castrats), l’exploitation des eunuques (hommes castrés) est l’une des formes d’esclavage les plus inhumaines qui soient.

Elle poursuit deux objectifs principaux : empêcher que les esclaves étrangers ne fassent souche ; éviter les relations sexuelles entre les femmes des harems et leurs serviteurs. Notons que dans les cours italiennes, les castrats étaient à la Renaissance et aux Temps modernes recherchés par les mélomanes pour leur voix à la fois puissante et très aigüe. Ils suppléaient à l’interdiction faite aux femmes de monter sur scène, au nom de la religion.

La castration consiste en l’ablation des parties génitales, soit totale, soit limitée aux testicules (pour empêcher la reproduction). Elle est le plus souvent pratiquée à la pré-adolescence et se solde par une mortalité effroyable.

Esclaves blancs en terre d’islam.

Dans les premiers temps de l’islam, les notables de Bagdad s’approvisionnent en esclaves blancs auprès des tribus guerrières du Caucase mais aussi auprès des marchands vénitiens qui leur vendent des prisonniers en provenance des pays slaves, encore païens.

À la fin du Moyen Âge, comme le vivier slave s’épuise du fait de la christianisation de l’Europe orientale, les musulmans se tournent vers les pirates qui écument la Méditerranée. Ces derniers effectuent des razzias sur les villages côtiers des rivages européens, y compris même dans l’océan Atlantique jusqu’aux limites du cercle polaire. En 1627, des barbaresques algérois lancent un raid sur l’Islande et en ramènent 400 captifs. Le souvenir des combats livrés par les habitants à ces pirates perdure dans… la tête de prisonnier maure qui sert d’emblème à la Corse.

On évalue à plus d’un million le nombre d’habitants enlevés en Europe occidentale entre le XVIe et le XVIIIe siècle, au temps de François 1er, Louis XIV et Louis XV. Ces esclaves, surtout des hommes, sont exploités de la pire des façons dans les orangeraies, les carrières de pierres, les galères ou encore les chantiers d’Afrique du nord.

Des organisations chrétiennes déploient beaucoup d’énergie dans le rachat de ces malheureux, tel Miguel de Cervantès ou plus tard Saint Vincent de Paul.

En Europe orientale et dans les Balkans, pendant la même période, les Ottomans prélèvent environ trois millions d’esclaves.

Jusqu’au début du XIXe siècle, les princes de la côte nord-africaine tirent eux-mêmes de grands profits de la piraterie en imposant de lourds tributs aux armateurs occidentaux en échange de la garantie que leurs navires ne seront pas attaqués par les pirates. En 1805, le président américain Thomas Jefferson lance une expédition navale contre le dey de Tripoli, en Libye, pour l’obliger à renoncer à ce rackett. Le dey d’Alger le poursuivra quant à lui jusqu’à la conquête française en 1830. »

Bien évidemment, ces crimes odieux ne lavent pas ceux commis pendant les conquêtes coloniales !!! Mais ils s’inscrivent dans l’Histoire d’un monde musulman au sein duquel certains voudraient justifier le « djihadisme conquérant » en le considérant comme une révolte contre l’Occident dominateur !!!

Ce petit rappel n’a d’autre ambition que celle d’inciter à la réflexion ceux qui trop souvent, par angélisme, se laissent séduire par des thèses « islamo-gauchistes », et de faire accepter l’idée que chacun, en Occident comme dans le monde islamique, doit assumer son Histoire….

 

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