Et maintenant….


Ni droite

La Droite est en crise.

l’affaire des « Républicains constructifs » est révélatrice d’un parti où les élus n’ont plus grand-chose en commun avec la plupart de leurs militants. Il est clair que pour l’électorat traditionnel de la Droite, « voter LR n’a plus de sens, car on ne sait plus ce qu’est ce parti ». C’était déjà le cas bien avant l’épisode lamentable qui a conduit ce Parti à l’échec dans une élection qui semblait quasi « imperdable ».

Car, qu’on se le dise, ce n’est pas François Fillon seul qui a perdu l’élection présidentielle couronnée par la victoire d’un Macron sorti de nulle part….. C’est l’ensemble de l’appareil des Républicains qui porte la responsabilité de cet échec historique qui illustre la cécité des membres de ce Parti qui estimaient  que le candidat Fillon allait perdre la présidentielle mais que le Parti imposerait une cohabitation au futur Président au terme de législatives qu’ils paraissaient certains d’emporter.

Car la trahison s’inscrit dans les maladies héréditaires de la droite.

Souvenons -nous:  Jacques Chirac n’était-il convaincu qu’il reprendrait rapidement la main après avoir incité à faire  battre Valéry Giscard d’Estaing au profit de Mitterrand aux élections présidentielles de 1981 ???

L’Historien Edouard Husson fait remonter  à la Révolution française pour trouver l’origine de ce comportement de la droite. Selon lui, je cite : ‘Louis XVI est, entre 1774 et 1788 l’un des plus grands rois de notre histoire: un réformateur à l’intérieur et le vainqueur, sur terre et sur mer, de la Guerre d’Amérique. A l’époque, les Français étaient trois fois moins imposés que les Anglais; le roi demande à ses soutiens naturels de donner une contribution financière au pays; ils refusent puis ils jouent la carte de la radicalisation politique, contre le roi, vers la gauche (les évêques, le duc d’Orléans) ou vers l’extrême-droite (les émigrés). Cela a très mal tourné pour la droite de l’époque ». ( Fin de citation ).

Mais la Droite française ne souffre pas seulement d’une maladie héritée du temps de la Révolution.

Elle souffre de son incapacité génétique à ouvrir, en son sein, de vrais débats sur les idées: car les idées ne manquent pas à droite, où l’on constate, depuis plusieurs années, un renouveau de la vie intellectuelle qui inspire ce courant de pensée politique depuis la Révolution française. Un renouveau qui contraste avec l’effondrement des « penseurs » du marxisme et des valeurs de la social-démocratie, dans presque tous les pays occidentaux.

Car la vraie question est : qu’est-ce que les Républicains peuvent incarner aujourd’hui, comme alternative au parti du Président ??? La réponse n’est pas évidente au moment où des responsables importants du parti sont entrés dans le gouvernement d’un Emmanuel Macron qui a su habilement brouiller les cartes, en attirant à lui les « constructifs » à l’Assemblée.

On peut s’interroger sur les raisons qui font que  l’Etat-major des Républicains a manifestement peur de déclencher un véritable débat sur le fond: les primaires, ravageuses, ont révélé la forte droitisation de l’électorat traditionnel de la Droite. Si les primaires ont fait émerger un François Fillon, ce n’est pas un hasard. C’est parce qu’il a eu le courage d’assumer un vrai positionnement de droite qui parlait un langage d’effort pour le redressement du pays.

Les Français de droite n’acceptent plus de se laisser berner par ceux qui se font élire sur un programme de droite et qui, aussitôt au pouvoir n’ont de cesse de donner des gages à la gauche. Ils rejettent de plus en plus, cette Droite qui ne vit, en permanence, qu’en scrutant le regard de la gauche, sous la hantise d’apparaître comme « ringarde »….

On peut d’ailleurs considérer qu’il en est de même dans l’électorat de gauche qui a fait payer chèrement ses « changements de pied » à un François Hollande qui avait cru pouvoir ruser avec « le peuple de gauche » en se faisant élire sur un programme de gauche et en appliquant une politique économique libérale pensant qu’un accompagnement de cette politique par des mesures à caractère « sociétal », telles que le mariage pour tous, ferait passer la pilule.

L’habileté de Macron, c’est d’avoir convaincu une fraction – minoritaire – de l’électorat que son programme n’était ni de droite ni de gauche ou plutôt « les deux en même temps ». L’avenir ne tardera pas à montrer les limites de ce parti pris ambigu…..

Si dans leur tentative de reprendre contact avec leur électorat, les Républicains, au lieu de centrer leur réflexion sur les raisons de l’échec de Fillon, se recentrent sur les valeurs que doit incarner une droite de gouvernement, il est tout à fait probable que les réponses iront dans le sens du vote de la primaire. 

Mais beaucoup de responsables des Républicains ont peur du net glissement à droite de leur électorat – Alain Juppé l’a avoué à plusieurs reprises. Et il est probable que nombreux sont ceux qui redoutent la prise du Parti par Wauquiez: ce dernier semble laisser penser qu’il assumera, au moins tactiquement, la droitisation de l’électorat du parti .

Mais attention !!! que ce ne soit pas une pure instrumentalisation, sinon le réveil risque d’être catastrophique. C’est ce que l’on peut craindre car Wauquiez n’a jamais montré, depuis son lancement en politique par le « centriste » Jacques Barrot, de fortes convictions politiques capables d’en faire durablement le nouveau leader d’une nouvelle Droite, forte et décomplexée.

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