Du haut de mon Aventin….


la+deuxième+sécession+de+la+plèbeRetiré sur mon « Aventin » comme plus de 57% de citoyens français en âge de voter et qui se sont abstenus lors d’une élection présidentielle extravagante, j’attends désormais de voir ce qui va advenir.

Je reste convaincu que l’Histoire, avec le recul qui sied aux historiens, dira, un jour, si le « coup d’État institutionnel »qui a porté Jupiter à la tête de ce qui reste de la démocratie française aura permis de sortir la France de l’état de torpeur dans lequel plusieurs décades d’un régime politique qui s’apparente à une sorte de Communisme mou et de totalitarisme « soft »l’ont plongé….

Pour être parfaitement sincère, je dois dire avec force, que je ne souhaite pas l’échec du gouvernement de « marionnettes » dont la France s’est dotée. Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, j’aime trop mon pays pour souhaiter que celui ci affronte de nouvelles épreuves qui le décrocheraient définitivement du peloton des Nations qui avancent et qui comptent dans le monde.

Mais je demeure sur ma réserve, convaincu que l’on ne gouverne pas à coups de tours de « passe-passe », et que pour reprendre une litote que j’emprunte à François Mitterrand, « on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment »….

Car le mélange de « verticalité » jupitérienne sur le plan économique, et d’horizontalité soixante-huitarde sur le plan sociétal qui semble être le fil conducteur de la politique que Macron entend mettre en œuvre, ne me dit rien qui vaille.

J’éprouve, depuis toujours, une aversion naturelle, à l’égard des héritiers de la « pensée 68 » qui depuis plus d’un demi-siècle nous expliquent qu’il faut abattre « le monde ancien » sans être capables de nous expliquer clairement vers quel « nouveau monde » ils voudraient nous conduire….

Leur discours nébuleux – auquel mes 84 ans m’ont habitué – s’abrite derrière une forme de volapük que Wikipédia définit comme « une langue agglutinante à structure d’actance accusative » : selon eux, la France est devenue un pays « à vomir »aux relents pétainistes, colonialistes, que de « brillants intellectuels »trainent systématiquement dans la boue pour le soumettre au jugement de ceux pour qui de Gaulle était un fasciste, mais pour qui Lénine, Trotski, Staline, Castro, Mao ou Pol Poth furent d’aimables »héros de la libération des peuples »….

Ces mêmes « zintellectuels » ( je pense à Roland Barthes dans une de ses leçons au Collège de France ) nous expliquent du haut de leurs chaires universitaires, que la langue française est « fasciste » et qu’il faut consciencieusement s’appliquer à la détruire, ce qu’un quarteron de « pédagogistes » ont entrepris de faire depuis un quart de siècle, en faisant des bancs de l’Ecole, le lieu où des générations d’enfants « désapprennent » à parler et à écrire en Français, ainsi qu’à faire des additions, des soustractions, des multiplications, et des divisions…..

Et qu’on se le dise !!! Tous ceux qui refusent d’adhérer à ce catéchisme de la modernité, sont définitivement classés dans la catégorie méprisée des ringards et des déclinistes….

Mon cuir s’étant durci avec l’âge, ce discours ne m’atteint pas….

Mais nul ne peut m’empêcher de faire observer que depuis quelques mois la France vit sur un petit nuage: les mots qui comptent sont ceux de «renouvellement», de «jeunesse», de « bienveillance », d’apparition de «nouveaux visages» (dont beaucoup ont été reliftés pour l’occasion ou ont été accolés à celui, angélique, d’Emmanuel Macron), le tout baignant dans une atmosphère d’«énergie», de «dynamisme», d’«optimisme»…

Pour appuyer cette magie du verbe, une mise en scène « maîtrisée » par des professionnels de la communication a pour but,- illusoire – sinon de résoudre, tout au moins de faire oublier les angoisses et fractures de la société française, en évitant les sujets qui fâchent: incivilités et violences, insécurité sociale et culturelle, vagues migratoires, influence des salafistes et des Frères musulmans dans certains quartiers, revendications de la PMA et de la GPA pour tous

Ce nuage temporaire qui culmine après la victoire d’Emmanuel Macron a tout d’une fuite dans le rêve imaginaire d’une France réconciliée, d’une « Union européenne et d’une mondialisation heureuses » ( mais sans préciser pour qui…) peuplées de «motivés» et de « gagnants-gagnants » se réjouissant dans l’entre-soi, et communiant dans la bonne nouvelle du nouveau monde annoncé.

Il faut néanmoins admettre que l’irruption de Macron dans le cours de notre histoire contemporaine n’est pas fortuite.

Elle correspond à une mutation sociologique et générationnelle, dans la mesure où elle marque l’arrivée au pouvoir de catégories sociales qui ont été éduquées et formées dans un terreau sociétal qui n’a plus grand-chose à voir avec les cadres culturels et idéologiques qui ont antérieurement, bon gré mal gré, structuré les générations aux quelles j’ai appartenu.

Ce phénomène dépasse largement le cadre du mouvement «En marche» : mais celui-ci a su se constituer en structure d’accueil à une génération de jeunes « motivés » et diplômés, qui ont une certaine idée d’eux-mêmes et de leurs talents, mais qui sont, surtout, le produit d’une société libertaire et d’un modèle éducatif profondément dégradé par des années d’un « pédagogisme » sans frein et d’un laxisme  s’opposant à toute forme d’autorité et de discipline.

«Qu’importe la rigueur intellectuelle, la significations précise des mots, l’Histoire…, le langage réduit à un outil de communication est devenu fluide et flottant.»

Tout cela se traduit par une crise intellectuelle sans précédent : celle du rejet, dans l’oubli, des grands récits historiques ajoutée à la méconnaissance des « expériences idéologiques » passées  entraîne un changement dans le rapport à la politique et à la culture.

La crise identitaire qui en résulte est aggravée par la perte des repères moraux qui ont structuré les comportements des générations aux quelles j’appartiens.

Ma génération n’a jamais autant entendu parler de «vivre-ensemble» en ignorant les difficultés des rapports humains, et sociaux qu’impliquent le déclassement de catégories sociales entières et l’apparition d’une vague incontrôlée d’immigration de masse….

J’ai conscience d’appartenir à une génération qui s’éteint et dont l’opinion ne compte plus guère quand il s’agit du futur de mon pays. Ma génération, celle des « années glorieuses », sait que le retour des beaux jours n’est pas pour demain….

Il n’empêche que je reste convaincu, du haut de mon Aventin, que mon pays ne s’en sortira pas grâce à des artifices de communication.

Et que le seul chemin qui peut conduire à son réveil et à son redressement c’est celui qui consiste à remettre la loi, l’ordre, la République, la stricte laïcité, les valeurs de travail et d’excellence au centre du fonctionnement de la cité, et à replacer la politique étrangère sous le strict sceau des intérêts de la France.

Cela  signifie, entre autres, qu’il faut considérer l’Europe comme un moyen, et non comme une fin en soi, pour moderniser l’économie française en adoptant un programme de réformes drastiques qui ramènera le coût de l’action publique à son juste niveau, afin de sortir, enfin du « communisme mou », caractérisé par l’accaparement par un Etat vorace de 57% de la richesse nationale.

Si, par bonheur, Macron réussissait cet exploit, je serais parmi les premiers à le saluer.Pour l’heure j’attends de voir comment il passera du Verbe à l’Action…..

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