Langue de bois….


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Les abonnés de « C dans l’air »…

J’ai assisté, pendant un court instant, au débat quotidien, dans l’émission télévisée de « C dans l’air ». Il s’agissait, bien entendu des leçons à tirer de l’élection présidentielle américaine, et de la surprise provoquée partout, en Europe, par la désignation de Donald Trump comme Président des Etats Unis d’Amérique.

A peu près toujours les mêmes « experts » autour de la table.

Il ne me faut pas longtemps pour deviner quel sera le point de vue défendu par les participants : quand on regarde assez régulièrement cette émission – qui n’est pas l’une des pires du PAF – il n’est pas difficile d’ anticiper sur ce que sera ce point de vue, tant le discours des participants est « formaté ».

La moindre dérive par rapport au discours « politiquement correct » est immédiatement « corrigée » par l’animateur, et si l’intervenant en rajoute , on le coupe, soit-disant pour donner la parole aux « téléspectateurs » qui interviennent dans l’émission, mais dont les interventions sous forme de questions posées aux participants, sont soigneusement sélectionnées…

C’est le type même d’émissions conçues pour « façonner l’opinion », en donnant « au peuple », l’illusion d’assister à l’affrontement d’opinions contradictoires . C’est le type même d’émission qui donnent le sentiment que l’on prend le spectateur moyen pour un analphabète ou un imbécile. Le couplet sur le « populisme » fait désormais partie du répertoire obligé….

Quelle difficulté, pour la plupart des intervenants pour admettre que ce qui vient de se passer avec Trump, se situe dans le prolongement du vote en faveur du Brexit intervenu récemment au Royaume-Uni, qui est lui-même dans le prolongement du vote intervenu en 2005 pour rejeter le Projet de Constitution européenne. Que le vote des Américains exprime la colère des citoyens, contre des élites, contre un «système» politique, économique et médiatique, qui les tient à l’écart.

Un « système » qui utilise une forme quasi totalitaire de chantage intellectuel pour tenter de réduire au silence et décrédibiliser les voix qui s’élèvent pour faire entendre la colère d’un peuple qui se sent floué, qui n’en peut plus d’entendre des flots de mensonges, et ne supporte plus le mépris hautain dans lequel les « zélites » enferment ceux qui ne pensent pas comme elles….

Dans un article signé de Guillaume Perrault, Maître de Conférence à Sciences Po, le Figaro nous apprend que « dans une interview au magazine Esquire en août, Clint Eastwood avait clamé qu’il ne supportait plus le climat d’intimidation créé par le politiquement correct aux États-Unis et révélé qu’il voterait pour Trump. Le Tout-Hollywood et la majorité des médias ont alors traîné l’acteur dans la boue. Or les mêmes découvrent aujourd’hui que l’Amérique silencieuse pense comme Clint Eastwood. »

Des « zélites » qui n’ont pas vu venir l’effondrement programmé, partout en Europe, de la « social-démocratie », un cadre idéologique dépassé, qui débouche sur un modèle économique qui ne peut plus répondre aux avancées d’une mondialisation dont les conséquences ont échappé aux gouvernements.

« Car tout démontre que nous sommes aujourd’hui arrivés au bout d’un cycle. La logique de la «bien-pensance» qui s’est mise en place dans les années 1980-1990 (avec ses lois, sa «pensée unique» et son «politiquement correct») est en crise: elle n’est parvenue qu’à produire l’inverse de ce qu’elle recherchait. Cette chape de plomb des bons sentiments n’a nullement contribué à apaiser une vie des idées qui semble au contraire retrouver une nouvelle violence depuis la crise de 2008. »

« C’est d’ailleurs parce que la glaciation idéologique se fissure que la doxa dominante redouble d’attention pour «éviter le pire», le pire étant, pour eux la reprise en main par le peuple, de ses destinées. D’où ce durcissement «moralisant» qui ne recule plus devant les moyens, y compris le retour au «délit d’opinion».  » (1)

Du coup, ce qui vient de se passer n’est pas, comme le pensent nos « zélites », le «baroud d’honneur» de «petits blancs» ( ce qualificatif exprime à lui seul tout le mépris des « zélites ») face au caractère inexorable du projet mondialiste  comme projet politique devant aboutir, à tout prix, à une société multiculturelle et métissée.

Il s’agit, bien au contraire, des premiers signes de l’effondrement d’un concept de société qui, partout en Europe, et particulièrement en France, se trouve en échec et suscite la colère et la révolte des peuples.

En France, le Parti Socialiste, en voie de décomposition, se prépare à payer lourdement les conséquences de l’énorme erreur stratégique que fut l’adoption et la mise en œuvre des conclusions d’un rapport souvent évoqué sur ce blog: le rapport Terra Nova qui préconisait aux socialistes l’abandon de la classe ouvrière, pour se tourner vers les « minorités porteuses d’avenir », à savoir, les minorités ethniques, culturelles, cultuelles, sexuelles, et de faire toute leur place aux populations immigrées qui seraient le « sang neuf » d’un pays vieillissant.

Du coup, « la classe ouvrière »a tourné le dos aux socialistes au pouvoir pour se jeter dans les bras du Front National, accusé de « populisme »….

En outre, le Français moyen, blanc, hétérosexuel, marié,  qui a travaillé dur pour élever correctement ses enfants, a le sentiment d’être devenu un citoyen imposable à merci. Il ne supporte plus le discours médiatique qui, à ses yeux, ne valorise plus que les minorités de tout poil, et ne parle de lui que pour le dénigrer et le rabaisser dans les informations, les débats télévisés, et même dans la publicité !!!. Pourtant, être un homme « normal » ne lui paraît pas, par exemple, nécessairement méprisable, puisque son « Président » se considérait lui-même comme tel…..

Mais qui, dans les débats auxquels on peut assister sur nos écrans, a le courage de dire tout cela à haute et intelligible voix ??? Tout le discours des « zélites » consiste à « noyer le poisson et à troubler la perception de réalités que « le peuple » perçoit comme des évidences, grâce à la pratique bien connue, de la « langue de bois », héritage des années du marxisme triomphant ».

(1)- Cf.: http://premium.lefigaro.fr/livres/2016/11/10/03005-20161110ARTFIG00033-intellectuels-le-debat-interdit.php