Candides….


Lâchetés

Dans l’avion qui m’emmenait vers Bruxelles, je relisais certains passages du Candide de Voltaire… Je ne savais pas encore qu’à mon arrivée, quelques heures  à peine après avoir déposé nos bagages nous apprendrions l’horrible massacre qui a transformé la Promenade des Anglais, à Nice, un soir de 14 juillet, en un lieu de douleur et de deuil…

Chaque fois que, dans mon long parcours de vieil homme, j’ai traversé des périodes de doute sur le sens de la vie, et de déception sur la compagnie de mes semblables, je me suis réfugié dans la lecture de ce chef d’œuvre de Voltaire.

Ceux qui me lisent depuis longtemps savent ce que Voltaire a représenté pour moi depuis ma plus lointaine jeunesse.

https://berdepas.com/2012/07/12/voltairien-je-reste/

Candide est une œuvre vaste, qui couvre tous les sujets qui, au temps de Voltaire hantaient déjà l’âme humaine : la religion et le fanatisme, la liberté politique et la tyrannie, la connaissance et l’obscurantisme, le bonheur et la fatalité, la liberté et l’esclavage.

Tous ces sujets demeurent dans l’actualité de notre époque que l’on sent saisie par une sorte d’angoisse devant l’irrationalité d’un monde dont l’évolution semble échapper à la maîtrise de ceux qui ont reçu la charge de le conduire….

Mais le thème sous-jacent de Candide est le bonheur “ici et maintenant” (hic et nunc en latin), l’objectif ultime des Lumières. Contre les philosophes de la Renaissance, qui promettaient le bonheur après la mort, dans une tradition classique chrétienne, le travail des Lumières vise à fournir aux hommes de leur temps les conditions de l’accès à un bonheur immédiat : les Lumières ont développé le concept de « droit au bonheur ».

C’est finalement cette quête du bonheur que relatent les aventures de Candide. Quête car le bonheur se construit contre les aléas du destin, la folie des hommes et la déraison générale.

Or, notre époque, j’oserais presque dire que l’époque qui s’achève sous nos yeux, est caractérisée par cette quête irrépressible du bonheur – qu’il soit festif ou purement matériel – et par les luttes sociales pour la conquête de nouveaux « Droits à »…..

Candide a été pourvu par Voltaire d’un sous-titre: « l’Optimisme ». Car le Candide de Voltaire est une charge contre l’optimisme irraisonné de Pangloss pour qui « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Pangloss est, en quelque sorte, l’ancêtre des « bisounours » de notre époque et de tous ceux que la recherche éperdue de la jouissance immédiate – qu’ils confondent avec le bonheur – précipite dans un confortable mais dangereux déni de réalité….

Le drame de Nice  survient à un instant où les pages parcourues du Candide trottent encore dans ma mémoire; au moment même où j’allume la télévision.

J’écoute, atterré, les commentaires télévisés de quelques personnages, presque toujours les mêmes, qui du haut de leur pseudo-expertise universitaire de « Directeurs des Etudes » dans quelque officine spécialisée dans la « connaissance de l’Islam », nous débitent des flots de contre-vérités ou de banalités….

J’ai de plus en plus de mal, en outre,  à supporter les rodomontades et les postures des politiciens qui depuis tant d’années nous infligent leurs lâchetés, leurs mensonges, leurs minables ambitions électorales, alors que dans les dix années qui viennent, c’est l’existence même du pays que nous aimons qui est en jeu….

Car il n’est pas nécessaire d’aller chercher très loin l’explication des causes et des motivations de ceux qui sacrifient leur vie dans l’accomplissement d’actes criminels odieux.

Le seul expert que je respecte, pour son objectivité et sa lucidité, Gilles Kepel, met « les pieds dans le plat »: « Embourbée dans ses « chamailleries » habituelles, la classe politique n’a pas encore compris que le « logiciel » des terroristes, et donc la réponse à apporter, avaient changé, estime le spécialiste du djihadisme Gilles Kepel, au micro de France Inter ce vendredi 15 juillet au lendemain de l’attentat de Nice.

http://www.marianne.net/gilles-kepel-logiciel-terroristes-change-notre-classe-politique-est-nulle-100244452.html

Car il faut bien se rendre à l’évidence : Nos « zélites » n’ont pas encore compris que nous hébergeons sur notre sol des jeunes musulmans qui nous vouent une haine tenace…. Que cette haine tenace est alimentée par une phraséologie élaborée depuis plus d’un demi-siècle par une certaine gauche dont les « zintellectuels » n’ont cessé de détruire l’image de la France dans l’imaginaire d’une jeunesse paumée et non préparée par son éducation à affronter les obstacles que notre société soulève sous leurs pas.

Il n’est pas surprenant de retrouver dans certains commentaires de ces « jeunes », parmi les plus cultivés d’entre eux, sur les réseaux sociaux, des passages entiers des « Damnés de la Terre » de Franz Omar Fanon, ou des extraits de « oeuvres » de Jean-Paul Sartre ou de François Maspero, sans parler des Bourdieu et autres Foucault….

Cette jeunesse a le sentiment d’avoir pour mission de venger les humiliations subies, selon elle, par ses ancêtres.

La France n’est pas, et de loin, le pays le plus impliqué dans la période où la course à la colonisation était ouverte. Et pourtant elle est seule à être en accusation permanente et reste le pays le plus détesté en Europe et en passe de devenir la cible favorite du terrorisme islamique….

Nier cette réalité, c’est se condamner à subir si nous ne sommes pas capables d’y répondre, les atrocités d’une vengeance haineuse, et ce pour de nombreuses années…

Car « le ver est dans le fruit » et il n’en sortira pas par la volonté du Saint-Esprit !!! Il faut l’en extirper, quitte à « faire mal au fruit », sinon… le fruit tombera tout seul !!!

http://premium.lefigaro.fr/vox/societe/2016/07/15/31003-20160715ARTFIG00196-pascal-bruckner-mener-la-guerre-a-l-interieur-de-facon-preventive.php

Nous n’avons pas fini d’allumer des bougies sur des lieux de massacres, et d’organiser des marches silencieuses, de brandir des pancartes « je suis Nice », en espérant impressionner et attendrir des assassins qui prolifèrent parmi ceux que nous continuons à considérer comme « des Français comme les autres »…..

Djihadistes

Tous ces « jeunes n’ont rien à voir avec « la misère des banlieues ». Ils sont habités par une haine tenace, féroce,et  irrationnelle. Il faut cesser d’enrober cette haine dans notre « culture de l’excuse »et de lui opposer nos « actes de contrition » !!!

PS : à lire : http://www.atlantico.fr/decryptage/comment-france-est-devenue-principale-usine-occidentale-produire-terroristes-theorie-americaine-qui-derange-gilles-kepel-carnage-2766924.html/page/0/1

http://www.atlantico.fr/decryptage/et-etait-temps-regarder-aussi-ces-autres-complices-terrorisme-artisans-tres-francais-culture-excuse-paul-francois-paoli-jean-2779759.html