La Gifle.


Europe

Ils sombrent dans le désarroi et la lamentation !!! Depuis qu’au lever du jour, les médias ont commencé à répandre la nouvelle de la décision du peuple britannique, tous ceux que nous avons coutume de voir « sauter comme des cabris sur leur chaise en criant l’Europe, l’Europe, l’Europe »sont saisis par l’angoisse .

Tous ceux qui, sourds et aveugles à la colère des peuples qui monte, partout en Europe ont cru, jusqu’à la dernière minute, que la rupture pourrait être évitée.

Mais les Britanniques, – ce grand peuple lui aussi -, viennent de leur donner une formidable leçon de démocratie. Et leur Premier Ministre nous donne ce matin une belle leçon d’honnêteté  politique, à défaut d’avoir fait preuve de lucidité face à la montée du « Brexit », sans doute parce qu’il était convaincu, lui aussi, que tout cela était un rêve de « populistes »….

Car c’est cela qui a perverti la classe politique européenne: le refus d’entendre la voix du peuple et le mépris manifesté vis-à-vis de tous ceux qui, taxés de »populisme »multipliaient les mises en garde devant la montée d’un phénomène de rejet d’une ampleur dont l’étendue est à la mesure des espoirs que que projet Européen avait suscité pour ceux de ma génération.

Le projet européen a été perverti. Notre rêve était celui d’une Europe forte, protectrice, fière de ses racines et de son passé, fière de son immense patrimoine culturel, fière de ses traditions, fière de son intelligence et de ses capacités d’innovation, de ses savoirs-faire, de ses capacités industrielles, fière de représenter à l’échelle d’un monde en mutation, un point d’ancrage pour la civilisation.

Cette Europe, qui voulait être un modèle de démocratie, une oligarchie de « petits marquis » bruxellois, trop petits pour porter un projet de l’ampleur de celui qui portait nos espoirs, l’a transformée en un « grand machin »sans âme, une bureaucratie peuplée d’un ramassis de fonctionnaires surpayés, qui ne sont responsables de rien, et qui, pour accroître leurs pouvoirs ont entraîné le projet européen dans une sorte de fuite en avant, à coups d’élargissement des frontières pour élargir le domaine d’exercice de leurs pouvoirs, au lieu de travailler à l’approfondissement de notre union, en favorisant les synergies, les échanges culturels en même temps que se développaient les échanges commerciaux. 

Cet échec a été aggravé par les insuffisances d’une génération de dirigeants politiques, qui n’a pas su faire émerger des élites visionnaires, capables de donner du souffle à ce projet en l’incarnant pour lui donner, aux yeux des peuples, la passion qu’il mérite.

Qui peut croire qu’un Junker peut incarner l’Europe ??? Qui sait le nom de la personne qui représente ce continent aux Affaires étrangères ??? Qui a la moindre idée de son action diplomatique ??? Mme Merkel aurait peut-être eu le charisme nécessaire, mais trop « allemande » pour être européenne elle a dilapidé le crédit qu’elle avait acquis en adoptant, sans aucune concertation avec ses partenaires, des positions généreuses, certes, mais totalement irréaliste dans le dossier de l’immigration sauvage que l’Europe subit actuellement.

Cette oligarchie n’a rien vu venir des menaces qui pèsent sur le destin de ce continent. Elle n’a pas su prévenir de la terrible crise financière des années 2008 et 2009. Elle s’est révélée impuissante devant la montée d’un chômage de masse devenu endémique, et incapable de concevoir une politique économique cohérente et attentive aux intérêts vitaux de notre continent. Elle a été incapable par méconnaissance de l’Histoire, aveuglée par de prétendues valeurs de générosité, de prévoir les réactions des peuples européens devant la poussée d’une immigration pourtant prévisible dans une Europe rendue vulnérable par l’absence de frontières…

Bruxelles et son Commissaire à la concurrence ont ruiné des pans entiers de notre industrie, interdisant, au nom d’un principe tabou de « libre concurrence », des regroupements d’Entreprises permettant de lutter contre la concurrence des groupes de taille mondiale, qui profitant de la mondialisation s’emparent des richesses sur la planète. Nous avons « grâce » à Bruxelles, perdu des « pépites » telles que Péchiney, Saint-Gobain, ou Alstom, et j’en passe….

Comment a-t-on pu ouvrir les portes de l’Europe à une Ukraine vérolée par la corruption de ses dirigeants au risque d’ouvrir un grave conflit avec la Russie, lui offrant un prétexte pour revenir aux pratiques de la guerre froide, sans aucune consultation des peuples européens ??? Comment a-t-on pu ouvrir les portes de l’Europe à la Turquie, alors que chacun sait qu’en Europe, les peuples sont réticents face aux risque de fournir à un Islam conquérant, les « clés » du continent ???

Nous pourrions multiplier les exemples de décisions lourdes prises à Bruxelles, sans le moindre souci de consultation des peuples européens de plus en plus persuadés que la voix des lobbies pèse plus lourd dans certaines décisions que la volonté populaire…

Nos « zélites » politiques, de surcroît, ne sont inspirées que par des vues à court terme, une absence de vision géopolitique, et par leur souci de clientélisme.Le peuple le ressent !!!

La victoire du Brexit est une réponse à l’aveuglement de ces « zélites » politiques, économiques, et médiatiques qui sont restées sourdes aux avertissements de ceux qui, tel Philippe Séguin en France s’étaient élevés contre l’adoption du traité de Maastricht, ou avaient manifesté, dès 2005, leur rejet d’une Constitution européenne… 

La seule réponse à toutes ce réticences a été plus d’Europe, toujours plus d’Europe, c’est-à-dire plus de fédéralisme, plus de bureaucratie bruxelloise, plus de majorité qualifiée, plus de directives et de règlements.

 Ce vote doit être compris comme un acte de refus d’un diktat et de condamnation du mépris permanent affiché par des « zélites » hors-sol, à l’égard d’un peuple européen exaspéré.

Plutôt que de proférer des menaces sur les conséquences économiques d’une dislocation de l’Europe qui menace, les dirigeants européens feraient bien de se remettre en question et de se remettre au travail, en revenant à l’écoute des vieux peuples européens conscients des menaces qui pèsent sur leur identité…

Car la menace subsiste d’un démembrement total de l’Europe : la poussée des partisans d’une consultation populaire va s’accentuer dans de nombreux pays, non seulement en France, mais au Danemark, en Hollande, en Autriche, en Hongrie, et en Allemagne même…