L’Histoire au bac…


Echo d'Alger

La Guerre d’Algérie continue, à travers l’Éducation Nationale, à faire l’objet, jusqu’au Bac, d’une manipulation historique sournoise à laquelle nous sommes accoutumés depuis un demi-siècle…

Je ne reviens pas sur la manière dont elle est enseignée dans les Manuels d’Histoire qui, transmettent une « vérité » historique contestable et fermant la porte à toute possibilité  de discussion sur la version « officielle » de cette histoire tragique et douloureuse.

Les références universitaires sur lesquelles s’appuient les textes qui sont proposés aux élèves sont celles des historiens connus parce qu’ayant monopolisé les apparitions médiatiques, et dont on connaît depuis toujours les étiquettes politiques : ils sont tous d’éminents historiens dont les attaches avec les socialo-communistes ( Pierre Vidal-Naquet ), quand ils ne sont pas issus de la mouvance trotskyste ( Benjamin Stora, dont on connaît les vieilles attaches avec des « personnalités » du FLN ).

Tombant, par hasard, sur le texte des épreuves du Bac 2016 en Histoire-Géographie je constate que les élèves confrontés à cette épreuve sont invités à se « couler dans le moule » en évitant d’aborder ce sujet difficile sous des angles « non conformes ».

On en trouvera ici la preuve:

On relève à la lecture de ce document les recommandations aux élèves auxquels il est conseillé de respecter une « stricte neutralité », en avançant la référence historique qui leur permettra d’échapper à un « dérapage »….

Composition – Sujet 1b « L’historien et les mémoires de la guerre d’Algérie »

Difficulté du sujet. Ce thème, qui est au choix dans les programmes, est souvent moins étudié que celui sur la Seconde Guerre mondiale, parce que la mémoire en est encore conflictuelle. Il faut ici veiller à ne jamais prendre parti. Introduction.

On peut commencer par une accroche liée à un travail d’historien. Par exemple, en 1991, Benjamin Stora, fils d’immigrés algériens, publie « La gangrène et l’oubli » où il s’interroge sur les faiblesses de la mémoire officielle liée à la guerre d’Algérie !!!

On ne sait trop ce que Stora entend par « les faiblesses de la mémoire officielle liée à la guerre d’Algérie »…

Notions attendues.

Décolonisation. Harki. Pied-noir. Porteur de mémoire. Nostalgérie. Reconnaissance. Mémorial de la guerre d’Algérie. Noms d’historiens attendus. Pierre Vidal-Naquet. Benjamin Stora. Raphaëlle Branche.

On notera que les examinateurs de cette épreuve attendent des élèves qu’ils n’échappent pas à un couplet sur la repentance nommée ici, avec une pudeur exquise  » Reconnaissance« …

Enfin il est recommandé aux élèves de ne pas oublier de citer leurs « références »:

Noms d’historiens attendus.

Pierre Vidal-Naquet. Benjamin Stora. Raphaëlle Branche.

On ne peut guère faire mieux dans le choix « orienté » des historiens auxquels les candidats doivent faire référence !!! Il est recommandé de ne pas se référer à des Historiens « révisionnistes » tels que Jean-Jacques Jordi, ou Daniel Lefeuvre , sous peine de ne pas « avoir la moyenne » !!!

Il restera encore beaucoup de chemin à parcourir pour qu’enfin, l’histoire de cette colonisation et de sa fin tragique puisse être enfin abordée par des Universitaires sans parti-pris, sans préjugés, et surtout sans intention d’instrumentaliser cette page noire de notre Histoire pour légitimer des approches idéologiques suspectes….

Une réflexion au sujet de « L’Histoire au bac… »

  1. François Carmignola

    Daniel Lefeuvre est évidemment une référence incontournable !
    La colonisation de l’Algérie était fortement « déficitaire » et ce dès les années trente.
    Ce fut la raison principale de l’abandon et c’était public. La tragédie fut causée par toutes les suites de dénis emboités qui étaient associés à la chose.
    Aujourd’hui cette question reste « cachée » (quoique publique tout de même) mais surtout à cause des 4 « mémoires » qui continueront à occulter la vérité tant qu’il y aura des témoins vivants de la chose.
    – les anticolonialistes, qui veulent absolument quitter l’Algérie car c’est mal d’exploiter les pauvres.
    – les anciens pieds noirs persuadés qu’on aurait pu exploiter le pétrole (Zemmour par exemple, fait allusion à cela).
    – les algériens d’Algérie, persuadés que leur misère vient de la colonisation.
    – les algériens de France, persuadés qu’on leur doit la sécurité sociale du fait de l’exploitation de leur pères.

    Ca en fait des idées fausses ! C’est d’ailleurs ce qu’il faudrait rédiger sur la question : que les mémoires ne sont pas l’histoire…

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