La culture de l’oubli….


« Les Français ont la mémoire courte »….Cette apostrophe attribuée au Maréchal Pétain n’a pas perdu sa valeur symbolique aujourd’hui, à une époque où tout est conçu pour « déconstruire » la mémoire des Français pour tenter, sans doute, d’accentuer leur désarroi et de les priver de leurs repères historiques…

Peu de gens sont capables, – et l’on fait tout pour cela -, de discerner dans la stratégie et les méthodes des djihadistes, ce que ce « terrorisme » doit à l’expérience acquise par les combattants algériens pendant la « Guerre d’Algérie ».

Car tout se passe comme si l’on voulait effacer de la mémoire des Français les horreurs de cette guerre en ne conservant que ce qui est destiné à alimenter, sur ce sujet, un discours « politiquement correct »dont le seul objet est de discréditer la France à travers son armée et de l’acculer à l’humiliation d’une repentance unilatérale…..

Cette tendance a été « cultivée » pendant le demi-siècle qui vient de s’écouler; avec la complicité active d’une génération d’historiens gauchisants dont le moteur idéologique a été l’abaissement et la culpabilisation d’une France qu’ils exècrent car elle se refuse à entrer dans leurs schémas mondialistes, voire universaliste et à partager leurs utopies moralisantes.

Fort heureusement, émerge peu à peu, aujourd’hui une nouvelle génération d’historiens « post-soixantehuitards »beaucoup plus motivés par la recherche d’une vérité historique fondée sur l’analyse des faits réels de tous les faits et non d’une sélection partiale de faits choisis pour leur compatibilité avec le schéma qu’ils s’efforcent d’imposer -et qui s’intéressent à une forme de continuité dans la chaîne des évènements qui ponctuent notre Histoire.

Dans un livre paru récemment intitulé « Le choc des décolonisations. De la guerre d’Algérie aux printemps arabes » Pierre Vermeren se  livre à une analyse documentée et charpenté  de la décolonisation française, une analyse dont une brillante exégèse nous est proposée par Eric Zemmour dans le Figaro.

Une analyse qui jette un éclairage intéressant, qui permet de mieux comprendre les enjeux des printemps arabes – sur lesquels beaucoup d’âneries ont été dites dans des médias « pré-conditionnés » – et sur le mode opératoire des attentats de Paris et Bruxelles.

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L’auteur se penche sur les « refoulés » qui traversent l’opinion concernant la guerre d’Algérie et la décolonisation. « Quand on cherchait à se souvenir, à comprendre, on était pris en mains par les professionnels de la culpabilisation et de la déconstruction ».(Zemmour).

Mais peu à peu, d’autres voix parviennent à se faire entendre. Pierre Vermeren est de celles-ci. Le récit de l’historien va de la fin de l’Empire français aux printemps arabes. Cinquante ans d’une décolonisation ratée,encore inachevée à ce jour…

Dans un style clair, explicatif, précis, Pierre Vermen nous arrache au politiquement correct culpabilisateur, en échappant aux analyses simplistes. Ainsi, selon cet auteur, les printemps arabes de 2011 ont été exaltés par des élites occidentales qui y ont vu l’émergence de la Liberté dans des sociétés dont ils ignorent tout, comme ils ont voulu ignorer les réalités d’une colonisation dont ils se sont faits les descripteurs à coup de fausses images d’Épinal….Le tout pour servir leurs rêves utopistes, et nous faire partager une vision du monde totalement éloignée des réalités.

Vermeren fait, entre autres, le lien entre une actualité explosive et un passé encore brûlant: il démontre, dans les faits,  que « les assassinats de Charlie et de l’Hyper Cacher de Vincennes, les massacres du Bataclan s’inspirent directement des méthodes terroristes qui ont ensanglanté la bataille d’Alger.  De même, que Mohamed Merah a assassiné des enfants juifs à Toulouse le 19 mars 2012 pour fêter dignement les accords d’Evian.

Vermeren est le premier à noter que tous les djihadistes franco-belges qui ont frappé à Paris et Bruxelles venaient de la région marocaine du Rif, grande pourvoyeuse de haschich. Et de rebelles. « Que la guerre du Rif fut la première révolte anticoloniale du XXe siècle, en 1925 : elle fut gagnée par… le maréchal Pétain ».( citation).

Ils existe bien une filiation directe entre les évènements sanglants qui viennent de frapper la France, et ceux qui ont marqué des pages d’Histoire douloureuses que l’on cherche à effacer de nos mémoires, mais qui n’ont pas fini de hanter notre futur.