Les bi-nationaux Franco-Algériens….


HAZB-Ch-kara-300x198A titre de contribution au débat sur la déchéance de nationalité, il m’a semblé intéressant de reproduire l’article paru dans le quotidien algérien de langue française, « El Watan »… ( Petite parenthèse : en Arabe, « El Watan » signifie « La Patrie »…).

Cet article exprime la colère des « Algéro-Français » à propos du projet Constitutionnel algérien qui, dans son article 51, les prive d’une participation à la vie politique de ce qu’ils considèrent toujours comme leur pays.

Je profite de l’occasion pour dénoncer la petite escroquerie intellectuelle qui consiste à affirmer que la déchéance de nationalité des bi-nationaux condamnés pour crimes de terrorisme – ( mesure dont l’efficacité, pour combattre le djihadisme, me paraît contestable ) – créerait deux catégories de Français. Cette escroquerie n’est qu’une manière de masquer le fait qu’il existe déjà deux catégories de Français : ceux qui n’ont qu’un seul passeport, et ceux qui en ont deux….

Car c’est là que se situe le vrai problème, sur le plan de l’égalité entre les citoyens Français !!!

L’article qui suit montre bien que si la France fait preuve d’une « grande ouverture » dans ce domaine, une ouverture qui confine au laxisme, l’Algérie n’a pas la même approche « ouverte » vis-à-vis de ses « doubles nationaux »….

Le même article montre bien l’attachement des bi-nationaux Franco-Algériens à leurs racines algériennes, ce dont je ne leur ferai pas le reproche.

Par contre cela légitime – si cela était nécessaire – l’attachement de beaucoup de Français, – insensibles aux discours « mondialistes » -, à leurs propres racines et à leur identité culturelle, un attachement violemment décrié par les partisans d’une société métissée et ouverte à tous les vents….

Prenez le temps de lire cet intéressant article. Et méditez sur ses conséquences, au cas où, dans le futur, la France aurait à affronter une Algérie tombée sous le contrôle d’un califat musulman…

Profitez-en pour relever, dans le corps de cet article, le fait que la France « généreuse », a accueilli sur son sol, les Algériens qui l’ont combattue, alors qu’elle a traité de manière honteuse les Algériens qui se sont battus pour elle….

http://www.elwatan.com/actualite/le-peuple-algerien-c-est-aussi-nous-19-01-2016-312373_109.php

«Je ne laisserai personne dire que je suis moins Algérienne parce que je suis née en France». Cette affirmation montre toute la détermination des binationaux algéro-français à la mobilisation jusqu’à l’abrogation de l’article 51 du projet de révision de la Constitution. Une mesure qu’ils considèrent comme une «trahison», une «discrimination»et une «exclusion»à leur encontre de la vie sociopolitique algérienne et «une atteinte à la dignité des Algériens de l’étranger
Les binationaux ne décolèrent pas. Une centaine d’entre eux, majoritairement des jeunes, ont, à la faveur d’une conférence tenue dimanche après-midi à Paris à l’initiative de l’association Algériens des deux rives et leurs amis (ADRA), appelé à une mobilisation jusqu’à l’abrogation de l’article 51 — bien que modifié sur décision du président de la République en Conseil des ministres et renvoyant à la loi la liste des postes aux hautes fonctions de l’Etat — du projet de révision de la Constitution.
Au cours de cette conférence, animée par Rafik Rabia, avocat et chercheur-enseignant de droit public ; Massinissa Madani, ingénieur en télécoms et militant associatif ; Belkacem Amarouche, député FFS de la zone 4 Europe-Amérique du Nord, sous la présidence de Nora Boughazi, militante d’ADRA, a été dénoncé un projet de texte élaboré par«une classe dirigeante loin des préoccupations quotidiennes des ressortissants algériens ou des Algériens tout court». L’article 51 exclut de facto les binationaux du développement de leur pays, se sont accordé à dire les présents.
«Sur les 6 à 7 millions d’Algériens, 2 millions ont une autre nationalité dont 400 000 cadres qualifiés, voire hautement qualifiés. C’est un potentiel dont s’exclut l’Algérie», souligne Massinissa Madani.«L’Algérie peut-elle se passer de ces compétences quand le pays doit faire face à toutes sortes de difficultés»,s’interroge-t-il. Et «l’article 51 ne vise-t-il pas à écarter des personnalités ‘‘dérangeantes’’» pour les dirigeants en place ? «Faut-il prouver son patriotisme et son algérianité en vivant en Algérie ? Le nationalisme et le patriotisme se mesurent-ils à l’aune de papiers administratifs ? L’histoire est là pour montrer que les Algériens vivant à l’étranger ont toujours eu à cœur leur pays»,poursuit le conférencier.
Rafik Rabia – qui a démontré les vices juridiques et les contradictions des articles de cette Constitution – estime que ce texte n’a pas été élaboré par des constitutionnalistes. Est aussi contestable l’article 73 qui pose un problème d’égalité, relève encore Rafik Rabia qui, se situant sur le plan strictement juridique, considère que «l’article 51 peut se justifier dans certains cas, contrairement à l’article 73 qui ne peut être justifié en aucun cas». Tandis que le député FFS Belkacem Amarouche a rappelé l’«urgence de construire une véritable citoyenneté»en Algérie, basée sur la liberté, soulignant que le texte constitutif devrait être «l’émanation d’un consensus incontestable».
Et de considérer que «le débat n’est pas uniquement pour ou contre l’article 51, mais concerne l’absence d’une vision politique» à l’élaboration de laquelle il invite «l’ensemble des Algériens dans leur diversité et leur pluralité d’opinion, de sensibilité». Le mot de la fin est revenue à Nora Boughazi, membre d’ADRA qui, s’adressant à l’assistance, dans un propos éloquent et chargé d’émotion, a rappelé le rôle des binationaux dans la solidarité et la fidélité à toutes les épreuves à l’égard de l’Algérie.
Et pour mémoire de citer l’apport de la communauté algérienne de France à la Libération nationale au sein de la Fédération de France du FLN, à la manifestation du 17 Octobre 1961, ou pendant la décennie noire durant laquelle elle a continué à venir en Algérie malgré les difficultés de transport aérien. «On a toujours été là lors de catastrophes naturelles» et, également à titre de rappel, que les donateurs d’ADRA dans l’accomplissement de ses actions de solidarité en Algérie et en France sont des binationaux.
«Nous sommes Algériens, il n’y a qu’à voir les files d’attente devant les consulats d’Algérie, on est fiers de porter notre passeport comme on est fiers de porter le drapeau algérien pour lequel on est critiqués ici en France.»Et avec passion et émotion : «La loyauté envers son pays ne se juge pas à la couleur des papiers, mais aux actes et engagements.»Et aussi : «Je rêve d’un gouvernement algérien qui réunirait tous ses enfants, qui appellerait ceux qui sont éparpillés à travers le monde à prendre part à la construction du pays.»
Puis avec fermeté et en guise de conclusion :«L’Algérie ne se fera pas sans nous parce que le peuple algérien, c’est aussi nous.»Une réunion inter-associations doit se tenir dans les tout prochains jours pour élargir la mobilisation en France, en Belgique, en Grande-Bretagne et au Canada. A rappeler que l’association ADRA (www.association-adra.com) appelle, dans une pétition en ligne, tous les citoyens algériens, en Algérie, en France et dans le monde, à se mobiliser pour «faire abroger les articles inégaux, méprisants et anticonstitutionnels». D’autres pétitions à l’initiative d’associations sont également en ligne.
Nadjia Bouzeghrane

PS : Lire à ce sujet l’excellent article paru dans le Figaro :

http://premium.lefigaro.fr/vox/politique/2016/01/25/31001-20160125ARTFIG00031-double-nationalite-la-vraie-question.php

11 réflexions au sujet de « Les bi-nationaux Franco-Algériens…. »

  1. Ping : Bi-nationaux…. | Tempus Fugit….

  2. François Carmignola

    Absolument ! l’Algérie elle, ne veut pas de binationaux: à la hauteur de ce que rapporte l’appartenance à la camarilla « moudjahid » qui se goinfre du pétrole Algérien depuis cinquante ans. Remarquez qu’il n’y a aucune raison de les imiter en tout. Et puis il y a le statut de 68.
    ll va falloir penser à l’examiner.

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  3. berdepas Auteur de l’article

    @François : Je tiens parfaitement compte de vos arguments.Et je vois bien où se situe la difficulté.Mais l’exemple que je cite devrait vous inciter à réfléchir . L’Algérie ne se pose pas autant de questions : « vous êtes bi-nationaux, Français, Canadiens ou autres vous n’avez aucun droit de participer à la vie politique du pays, à voter et à y être élu ». Point final. Et ça n’est pas qu’une mesure purement symbolique. Car l’oligarchie algérienne au pouvoir sait fort bien que ces bi-nationaux pèseraient sur les orientations politique du pays….

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  4. François Carmignola

    On peut comprendre votre sentiment, mais vous ne tenez pas compte de mon argument: notre loi ne doit pas dépendre de celle des autres pays! La chasse aux binationaux est une humiliation pour notre propre nationalité. Et celle ci e peut être défaite (sinon comme cela se fait déjà dans les quelques années qui suivent son acquisition explicite), évidemment, car cela créerait des apatrides, donc des personnes que l’on ne pourrait expulser (qui pourrait vouloir accueillir des racailles sans papiers ? ) et que l’on aurait privé de tout droit.
    Considérer des politiques de gestion de populations de ce type me parait prématuré: avez vous conscience que c’est ce qui nous attend si on ne prend pas des mesures « réelles » (non symboliques et réalistes) ?

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  5. berdepas Auteur de l’article

    @François: MERCI pour l’information au sujet de Bariza Khiari.Mais j’ai encore vu récemment, dans un débat télévisé, une sénatrice, une certaine Esther Benbasa je crois, qui se prévalait d’une triple nationalité; turque, israélienne et française !!! Elle a donc la chance d’avoir trois passeports !!! Moi, je n’en ai qu’un ….Mais ce qu’est qu’un aspect mineur du problème. Le fond du problème est que l’on ne devrait pas pouvoir accorder la nationalité française à celui ou celle qui en a déjà une et qui ne peut y renoncer.De même que l’on ne peut être fidèle à deux femmes à la fois, on ne peut être fidèle à deux patries….On apporte ainsi de l’eau au moulin de ceux qui font la chasse aux apatrides. Suivez mon regard….

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  6. François Carmignola

    Bariza Khiari n’est plus vice présidente du Sénat ! Sénateur de Paris, la dame est opposée aux statistiques ethniques que Fillon instaurera bientôt.
    Vous n’évoquez pas le fait que la république ne peut qu’ignorer la bi nationalité pour les raisons que je mentionne: nous n’allons pas demander à l’Algérie qu’elle nous signe des certificats de non nationalité pour nos élus tout de même ! Par contre, l’information doit être communiquée aux électeurs, et là on peut effectivement apprécier: quels élus locaux ont voté pour un sénateur bi national ? Ca c’est de la statistique ethnique !

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  7. berdepas Auteur de l’article

    @François : »La France n’a pas à savoir si un de ses citoyens est bi national ou non ». Pour moi, la France tout comme l’Algérie ne doit pas accorder de droits civiques aux bi-nationaux. Point final.Il n’est pas acceptable que la Vice-Présidente du Sénat français soit une « Algéro-Française » . En Algérie cette éventualité est inconcevable. Seul notre laxisme viscéral, notre angélisme et notre obsession des « Droits de l’Autre » a permis une telle aberration !!!

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  8. François Carmignola

    La France n’a pas à savoir si un de ses citoyens est bi national ou non: sinon, l’attribution ou la déchéance discrétionnaire par un pays étranger d’une nationalité quelconque influerait sur ses lois. C’est d’ailleurs le piège de la stupide et malsaine proposition Hollande: les binationaux marocains condamnés pour terrorisme au Maroc pourraient donc se voir déchus de leur nationalité marocaine et renvoyés en France où on ne pourrait plus les déchoir sans violer les droits de l’homme ? Le plus rapide gagnerait ?
    Tout ceci est dénué de sens: tu parles d’une symbolique ! Comme de plus la mesure est inutile et évidement totalement inefficace en quoique ce soit, elle reste donc ce qu’elle a toujours été: une lamentable manipulation politique faite par un pouvoir aux abois. A rejeter totalement.

    Vous remarquerez qu’un seul homme politique s’est comporté convenablement sur cette question, et je ne parle pas de Taubira, bien entendu. Il s’agit de François Fillon: il a traité l’affaire comme il se devait, par le mépris.

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  9. berdepas Auteur de l’article

    @Maroy : Valable pour tous les « Bi » …. Peut-on être fidèle à deux patries ??? Mais chacun sait qu’un Musulman peut-être fidèle à plusieurs femmes….Paradoxalement, ceux qui comme nous ne sont fidèles qu’à une seule femme sont considérés par les Arabes ???comme des « infidèles » !!!

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