Nostalgérie (suite)


J’ai fréquemment protesté, sur ce blog, contre les idées reçues et exploitées par une propagande idéologiquement orientée, de part et d’autres de la Méditerranée, à propos de ce que furent les relations quotidiennes entre « Français » et « Musulmans » ( c’était le vocabulaire en usage à l’époque ), et ce même, encore, en 1956, alors que les premiers assassinats et les premiers attentats du FLN , réprimés par l’Armée, commençaient à sévir, dans toute l’Algérie.

https://www.facebook.com/video.php?v=388464818003281

La vidéo ci-dessus donne un aperçu de ce qu’était la vie quotidienne à Alger, en 1956, et ce, malgré les tentatives, en cours, de séparer définitivement les deux communautés qui jusque là, vivaient en bonne intelligence. Ce qui ne veut pas dire que des problèmes profonds n’existaient pas, sur le plan politique. Mais la politique est une chose, et les relations humaines au quotidien en sont une autre….

Plus d’un demi-siècle après, des deux côtés de la Méditerranée, la « nostalgérie » subsiste.Elle n’efface pas les « années de cendre ». Mais tout Pied-noir porte dans son coeur une parcelle de souvenirs inéffaçables. De même que, chez beaucoup d’Algériens, y compris parmi ceux qui ont survécu aux « années de cendre », des souvenirs demeurent, marqués au sceau de l’amitié, et des moments de fraternité partagés.

Cet article, un de plus, extrait de la Presse algérienne donne un aperçu des liens qui subsistent encore et que le temps n’a pas effacé.

Je cite:

« L’Algérie, un pays inhospitalier, angoissant et terrifiant ? Pas du tout d’après de nombreux Pieds-noirs, ces français âgés nés en Algérie pendant la colonisation, revenus dans leur pays natal grâce à des circuits organisés par des associations de Français qui veulent retrouver leurs souvenirs d’enfance dans notre pays. 

Ils ne font pas l’apologie du colonialisme et n’expriment aucune nostalgie vis-à-vis de l’”Algérie Française” dans laquelle ils sont nés et ont grandi avant que nos parents et grands-parents n’arrachent l’indépendance au prix de grands sacrifices. Au contraire, ces Pieds-noirs qui revisitent l’Algérie découvrent un tout autre pays : “une Algérie colorée, surprenante, fraternelle et chaleureuse”, témoignent plusieurs d’entre-eux dans les colonnes du Quotidien de la Vienne, un média régional français. “Quel bonheur de voyager dans un pays où la bienvenue est souhaitée à chaque coin de rue et où les portes s’ouvrent chaleureusement”, témoigne même Michel Raison, membre d’une association d’anciens combattants en Algérie. Ce dernier avoue n’avoir ressenti aucune rancune de la part de ces Algériens qui ont été, naguère, torturés et tués par les forces coloniales françaises.

Après le succès de plusieurs voyages organisés, une association française, “l’Association du souvenir en Algérie” organise encore un nouveau circuit au départ de Poitiers, dans le centre de la France, qui aura lieu du 18 au 29 avril prochain. “Ce voyage n’est pas réservé qu’aux seuls anciens combattants. Il est ouvert à tous ceux qui souhaitent découvrir un pays magnifique, plein d’histoire et accueillant”, indiquent les organisateurs de ce voyage qui ne se fient nullement aux clichés accablant notre pays dans les médias français. » ( Fin de citation ).

Personnellement, je ne serai jamais de l’un de ces voyages. Non pas en raison d’un quelconque ressentiment. Mais tout simplement parce que j’ai mon propre « patrimoine » de souvenirs de jeunesse,  certainement embellis par le temps, mais que je tiens à conserver intacts….Cela ne m’empêche pas de continuer à aimer ce pays, malgré tout, car c’est le pays où reposent trois générations de mes ancêtres, même si je ne suis pas certain que leurs sépultures aient été respectées…. 

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Attention : danger.


Istambul

Dans le Figaro, paraît une chronique de Natacha Polony, sous le titre de « Qui a peur du peuple souverain » ???

http://premium.lefigaro.fr/vox/societe/2015/09/25/31003-20150925ARTFIG00240-qui-a-peur-du-peuple-souverain.php

Cette jeune et brillante journaliste pointe un danger qui, partout en Europe, est en train de poindre et se développe à une vitesse qui commence à inquiéter les « belles âmes ».

Ceux qui avaient cru pouvoir étouffer toutes les voix de ceux qui refusent de se laisser entraîner sur la pente d’un « vivre ensemble » dont ils refusent le projet, – un projet sur lequel le peuple n’a jamais été consulté -, s’alarment soudain d’un mouvement de contestation qui, ignorant les frontières, se développe dans la plupart des pays européens.

« Avec Maastricht, la paix en Europe, la croissance et le plein emploi, le progrès s’imposant partout, et jusque dans ce monde post-communiste rejoignant dans l’euphorie le camp de la liberté. Et puis il y a eu 2005. La victoire inattendue d’un «non» dont on n’a pu étouffer la voix qu’en expliquant qu’il avait douteusement mêlé «non de gauche» et «d’extrême droite», qu’il était finalement xénophobe, rance, nauséabond, réactionnaire, populiste (autant de mots dont on a voulu nous habituer à croire qu’ils étaient synonymes).« 

En France, Gauche et Droite confondues avaient fait de ce NON à Maastricht, soutenu alors par quelques esprits lucides et rebelles dont Philippe Séguin fut la voix la plus brillante et la mieux argumentée, l’expression d’une xénophobie « nauséabonde », comme le rappelle Natacha Polony.

C’est que les partisans du NON redoutaient ce qui est en train de se produire, et qui est en train de susciter une révolte qui dépasse les frontières de chaque pays de l’Union : le dessaisissement du peuple du pouvoir souverain de décider de son destin, un pouvoir confisqué par une oligarchie « hors-sol », qui prétend désormais parler au nom de ce même peuple, aux voix duquel elle reste sourde.

Or, devant le danger de la poussée d’un Islam qui ne cache plus ses ambitions mondialistes, et ses projets de conquête en direction d’un Occident qu’il a diabolisé et qu’il entend détruire, pour y installer « le règne d’Allah », par l’élimination physique de tous ceux qui s’opposent à ce projet, l’humiliation de ceux qui refusent de renier leur foi, le viol symbolique de leurs femmes, devant les images d’une barbarie qui défile sous leurs yeux, jour après jour, les peuples européens se réveillent.

L’oligarchie régnante, en Europe, déjà asservie, pour ne pas dire corrompue, par ceux qui, sur les bords de la mer Rouge, détiennent un trésor de guerre immense, fascinée par tout cet argent , et aveuglée par son angélisme, face à une volonté cynique de conquête de plus en plus évidente, est en train d’entraîner les peuples sur des voies qu’ils refusent, car il en pressentent les dangers.

En Hongrie, et plus largement, dans les Balkans dont nos oligarques ont oublié l’Histoire, faite de luttes sanglantes qui durèrent plusieurs siècles pour se débarrasser du joug de l’Islam ottoman, mais aussi, au Danemark, en Suède, en Finlande, en Suisse, bientôt en Pologne (1), et désormais en Allemagne où « l’angélique Merkel » a cru pouvoir entrer dans l’Histoire en ouvrant généreusement ses frontières à de véritables hordes d’immigrants dont elle ne maîtrise plus les flux.

Migrants

Partout de foules se rassemblent pour protester et faire savoir qu’elles ont encore le droit de savoir et de décider avec qui elles veulent « vivre ensemble »….

Le clergé de la religion des « Droits de l’Homme »est de plus en plus impuissant à faire entendre sa voix. Il s’en prend jusqu’à ces « zintellectuels » qui jusqu’ici semblaient avoir adopté son catéchisme, et qui peu à peu, prennent conscience des dangers qui planent sur notre paix civile, et s’écartent de la doxa ambiante pour évoquer des sujets jusqu’ici interdits…  

Natacha Polony décrit fort bien le processus en cours, dans l’article évoqué ci-dessus :

« On brandit le danger du nationalisme pour mieux diaboliser l’idée de nation, là encore, un concept, dans la tradition française, purement politique (il serait presque étonnant de lui voir préférer celui de «patrie», étymologiquement la «terre de nos pères»).

L’idée que le peuple doit avoir consenti tout abandon de souveraineté en échange d’une protection (par exemple, la préférence communautaire qui devait prévaloir à l’origine contre l’ouvertureà tous les vents de la mondialisation) scandalise visiblement ceux qui, sous couvert d’expertise et de gouvernance, ont réinventé l’oligarchie censitaire.

Les mêmes, d’ailleurs, qui ont, des années durant, orchestré la destruction de l’école et interdit aux futurs citoyens tout espoir d’émancipation intellectuelle. On se souvient qu’en 2005, ils nous expliquaient qu’un référendum était inutile car le texte était trop complexe pour être compris des électeurs… Bientôt, ils nous expliqueront que le peuple est trop faible d’esprit pour voter. »

Mais « le peuple » a tout compris. Ne dépendant plus, pour son information, de médias « domestiqués » dont il suspecte l’objectivité, il sait, grâce à l’internet et aux réseaux sociaux, tout ce qui se passe dans le monde y compris ce que les « médias institutionnels » lui cachent.

Il sent que ce qui est en train de se jouer, c’est la survie d’une civilisation pour la quelle tant de sang a été versé par les générations qui nous ont précédé.

Pierre-André Taguieff, historien des idées a fort bien décrit le « malaise » qui s’est emparé de la « Gauche progressiste:

« Le soupçon de nationalisme et de «dérive réactionnaire» n’épargne personne. Le cercle des intellectuels jugés «lepénisés» ne cesse de s’étendre. On ne s’interroge pas sur les thèses ou les analyses de ces auteurs, on les dénonce comme des suspects, des traîtres ou des déserteurs. Leurs accusateurs leur reprochent de ne pas chanter l’hymne obligatoire du passé dépassé, du présent prometteur et du «désir d’avenir». Néroniens sans le savoir, ils ne peuvent comprendre le vers de Lamartine: «Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle».

La honte est un sentiment douloureux depuis longtemps inconnu aux progressistes aveugles. Plus la gauche est terne, morne ou répulsive, et plus elle se montre arrogante et intolérante, voire venimeuse, à l’égard de ceux qui s’éloignent d’elle. »

(http://premium.lefigaro.fr/vox/societe/2015/10/23/31003-20151023ARTFIG00305-pierre-andre-taguieff-denonce-les-chasses-aux-sorcieres-de-la-gauche-divine.php)

Le peuple a fort bien compris que nos oligarques, Merkel en tête, sont prêts à sacrifier le destin des générations futures, pour sauver leur propre destin politique.

Lorsque Angela Merkel se rend, seule à Istambul, sans aucun mandat, sans aucune concertation, pour promettre à Erdogan un assouplissement des conditions et une accélération des procédures d’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne, en échange d’un petit effort pour contenir la poussée des flux migratoires qui, partant de Turquie, convergent vers l’Europe, le tout dans un silence général de nos gouvernants, on touche le fond de la duplicité, du cynisme et des lâchetés de nos « oligarques ».

angela merkel

C’est une visite symbolique. Elle est humiliante pour les peuples européens.

Alors, le temps est venu pour que les peuples européens fassent entendre leurs voix, et fassent savoir que tout ne se passera pas selon les rêves cyniques de ceux qui, « jouant avec le feu », ont renoncé, et depuis longtemps à défendre ce qu’ils sont.

(1).-http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/09/22/la-crise-des-refugies-dechire-la-pologne_4766645_3214.html