Hommage à une diva noire.


Billie

J’achève aujourd’hui, la lecture de deux ouvrages qui m’avaient été offerts au printemps dernier,et qui traitent d’un même sujet. Ceux qui m’ont offert ces livres savent que je suis passionné de Jazz depuis toujours: ils ne pouvaient pas m’offrir un plus beau cadeau que ces deux biographies d’une immense artiste et chanteuse de Jazz qui a enthousiasmé mes jeunes années.

L’abondance des livres que j’avais à lire pendant l’été, avait quelque peu retardé mon immersion dans ces deux ouvrages. Il s’agit de « Billie Holiday, Portrait d’une Diva par ses intimes » de Julia Blackburn (Editions Rivage Rouge) et de « Vivre cent jours, Billie Holiday, Paris 1958 » de Philippe Broussard (Editions Stock ).

Quelle destinée que celle de cette femme issue de la misère la plus sombre, qui, encore enfant, dut faire « des ménages » dans une pension pour personnes âgées, avant de devoir, un peu plus tard, se prostituer, avant de passer par la case « prison »pour trafic de drogue, puis d’imposer son talent de chanteuse, avec déjà, un timbre de voix exceptionnel dans d’obscurs petits clubs de Harlem, avant d’être « repérée »par John Hammond qui la présente à Benny Goodman….point de départ d’une carrière éblouissante !!!

L’originalité de Billie Holiday, c’est la sensualité, l’expressivité, et même l’aigreur de sa voix dont le timbre exceptionnel et parfois dérangeant s’adapte à toutes les nuances du Jazz des années 30 aux années 50. La voix, chez Billie Holiday, est un véritable instrument, capable de transformer les mélodies les plus mièvres en petits chefs-d’oeuvres, avec un art de l’improvisation qui, à mes yeux a toujours été à la racine de ce qu’est le Jazz. D’instinct, elle exprime toute la richesse rythmique et mélodique de la musique d’inspiration afro-américaine.

Sa vie de femme est un drame bouleversant. Elle collectionne les échecs sentimentaux. Mais sa détresse a souvent inspiré son chant, lui donnant une puissance émotionnelle qui s’exprime dans le blues, que pourtant elle n’a que très peu chanté. Hélas.

https://youtu.be/YtqjW2uhBT4

Elle a tout connu : la misère, la prostitution, la drogue, l’alcool, la prison pour trafic de stupéfiants,les amours éperdus, les déceptions et les chagrins destructeurs. Mais de tout cela, elle a nourri son talent….

Sa vie est aussi faite de rencontres exceptionnelles: tous les grands noms du Jazz de cette époque bénie, ont souhaité l’accompagner: Duke Ellington, Teddy Wilson, Ben Webster, Lester Young, Johny Hodges, Armstrong, Count Basie et j’en passe…. ont souhaité jouer avec elle, et souvent, pour elle…Elle raconte ses moments de bonheur mais aussi ses moments de détresse dans un autobiographique « Lady Sings The Blues »qu’elle enregistre avec Mell Waldron.

Pour moi, Billie Holiday reste le symbole musical de ces êtres, sortis de rien, qui par leur talent , leur volonté, puisée dans la souffrance d’avoir connu la plus profonde misère, se hissent au niveau des meilleurs, mais ne parviennent jamais à se débarrasser du fardeau de leurs origines misérables. Poignant.

Deux livres que j’ai eu du mal à refermer…

=:xw<

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