La tête dans le sable ???


Autruches2Je suis souvent frappé par le caractère superficiel des analyses et commentaires des « pseudo-experts » abonnés de nos émissions de télévision, dès lors qu’il s’agit de l’Islam et du monde arabe.
On sent bien que dans la plupart des cas, les opinions qui sont émises le sont à partir d’une connaissance purement « livresque » de ce monde qui a toujours exercé sur les européens une sorte de fascination qui s’est exprimée dans la littérature, et dans la peinture à travers le courant « orientaliste », et qui portent sur ce sujet un regard bienveillant et sensible à une sorte d’esthétique dont l’exotisme stimule la curiosité. Le côté « Conte des Mille et Une Nuits » a souvent pris, dans l’imaginaire occidental, le pas sur celui « d’Ali Baba et les Quarante voleurs »…

Cela contribue à aveugler les opinions et à maintenir, la tête dans le sable, ceux qui devraient ouvrir leurs yeux pour percevoir la montée des menaces qui, comme de gros nuages noirs, s’accumulent sur notre horizon…
Seuls ceux qui ont longtemps vécu dans les pays arabes sont armés pour échapper à cette fascination et sont habitués à distinguer ce qu’il y a d’enrichissant dans une culture qu’on ne peut pénétrer que si on en connaît bien la langue, les mœurs, du reste, peu compatibles avec nos valeurs….
Les autres oscillent en permanence entre attirance et « tolérance » à l’égard d’un monde qui leur est étranger, et « aveuglement » ou rejet.
Ma perception de l’Islam et du Monde arabe d’aujourd’hui se fonde, évidemment sur l’observation de l’actualité à travers la Presse arabe, sur celle des « experts » qui peuplent nos écrans de télévision, mais aussi, sur une (déjà longue) vie passée à plonger dans la lecture d’ouvrages appartenant à la littérature arabe, souvent méconnus en Occident, et peu commentés dans les médias, et sur l’expérience acquise en trente années de vie parmi les Arabes.

Ma perception est aussi influencée par le souvenir de longues conversations avec des amis algériens lettrés, grâce auxquels j’ai pu m’approcher de « l’âme arabe », et percevoir les courants d’idées qui sont véhiculées dans les couches populaires et qui ne correspondent pas toujours à la perception qu’en ont nos « zélites »….
J’ai toujours protesté contre « l’eurocentrisme » dont la prétention illusoire est, encore aujourd’hui, de répandre les « bienfaits de la démocratie » dans des sociétés que l’Islam, – qui est une religion « structurante » -, maintient dans une conception patriarcale et tribale, plus solide qu’on ne le croît. L’échec des « Printemps arabes » dans lesquels nos experts avaient vu les signes d’une avancée de la « démocratie » en est une illustration, parmi tant d’autres….
J’ai toujours été surpris de la naïveté de ceux qui imaginent que nos modèles de société « occidentales » pourraient, un jour, séduire les peuples du Moyen-Orient et du Maghreb, au point de s’imposer, au nom de la « modernité ».
C’est ignorer que, dans le peuple, l’image de nos société n’est séduisante que pour ses conquêtes matérielles, ses progrès technologiques, sa capacité à créer des richesses. Tout le reste est rejeté en bloc.
Notre « morale » qu’ils évoquent avec mépris, nos mœurs considérées comme « diaboliquement » corrompues, s’opposent violemment aux prescriptions d’un Coran qui « légifère » de manière excessivement stricte, et diffuse une morale adaptée à une société patriarcale.

Au centre de tous les différents entretenus à notre égard se trouve le problème de la femme.

J’ai raconté, dans un précédent billet, mes discussions avec un de mes bons camarades à Alger, qui trouvait normal de m’accompagner dans des « surprises-parties »à la mode dans les années 50, et de danser, voir de flirter avec des « européennes », alors que lorsque j’allais chez lui, dans sa famille, j’étais fort bien reçu, mais je n’ai jamais pu voir le visage de ses sœurs, comme si le seul fait d’échanger quelques regards avec elles, pouvait avoir un caractère de pêché à l’égard de « son Coran »…
Il faut avoir fréquenté de jeunes arabes pour savoir à quel point l’opinion qu’ils ont des femmes occidentales est teinté d’un mépris que cache mal un puissant désir refoulé d’en « posséder » une.

Dans nos conversations de jeunes hommes, il ressortait inévitablement que nos femmes étaient des « putes » en puissance, alors que les leurs étaient propres et pures….Ces discussions se terminaient toujours par une impasse, car mes interlocuteurs en étaient sincèrement convaincus !!!
Pour comprendre leurs états d’âme, il faut avoir à l’esprit le fait que dans le monde musulman, il est interdit à une femme d’avoir été « touchée » par un homme avant le mariage, et encore plus d’avoir eu des relations sexuelles même « superficielles », sous peine d’être considérée comme « impure », pour avoir été « souillée »….
On peut lire dans un journal suédois évoquant la multiplication angoissante des cas de viols en Suède, ce témoignage édifiant : “Ça n’est pas aussi grave de violer une Suédoise que de violer une fille arabe. Elles ne sont probablement pas vierges de toute façon. Alors que la fille arabe aura des problèmes avec sa famille. Ce sera une source de honte pour elle. C’est important qu’elle reste vierge jusqu’au mariage. C’est presque trop facile de se taper une Suédoise. Beaucoup de garçons immigrés ont des copines suédoises quand ils sont ados. Mais quand ils se marient, ils prennent une femme convenable, de leur culture, et qui est vierge. Et c’est ce que je vais faire. Je n’ai pas beaucoup de respect pour les Suédoises. Elles se font sauter sans arrêt.“ ( http://www.islamisme.fr/viol-musulman/)

Ce n’est pas un hasard si Daech, parmi les exactions commises à l’égard des non-musulmans, a placé au centre de sa stratégie de séduction à l’égard des candidats djihadistes de toutes nationalités, l’accès à des esclaves sexuelles destinées à satisfaire les besoins des « célibataires »….(http://www.atlantico.fr/decryptage/comment-etat-islamique-organise-meticuleusement-esclavage-sexuel-pour-attirer-nouvelles-recrues-2281918.html)

http://premium.lefigaro.fr/international/2015/08/16/01003-20150816ARTFIG00165-al-baghdadi-aurait-viole-son-otage-americaine.php#xtor=AL-14

On touche là à une sorte de caricature de l’Islam, à une forme de déviance sexuelle, mais qui correspond à des pratiques ancêstrales, à une époque où l’esclavagisme, qui n’est pas une « invention » occidentale, mais un « emprunt » à la « civilisation islamique, qui sommeille dans le fond de l’âme de beaucoup d’Arabes….

Il faut ajouter à cela, que dans la société musulmane, on ne peut prendre femme légalement au regard de la religion, sans être capable de subvenir à sa famille, ce qui retarde jusqu’à un âge avancé, la capacité d’avoir des rapports sexuels « légaux » au regard du Coran. Jusque là, l’attente est longue… mais les pulsions sexuelles n’en sont pas moins présentes….

Le Coran codifie, jusque dans les détails, la vie sexuelle des couples, ce qui dans nos sociétés acquises au principe d’une « liberté sexuelle » presque sans limite, accroît les incompatibilités et suscite chez les Musulmans une sorte de mépris à l’égard de pratiques courantes dans notre société. ( http://true.salaf.over-blog.com/article-5886880.html)

(http://www.liberation.fr/monde/2015/08/16/daech-et-la-theologie-du-viol_1364263)

Toutes ces différences de moeurs rendent la cohabitation des musulmans avec des occidentaux  pour le moins difficile….

La « décolonisation », notamment dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient, a entrainé, dans la plupart de ces pays, l’exode des « européens ». Après notre départ, les Arabes qui, peu à peu, s’étaient assimilés à leur colonisateurs, et qui « vivaient à la française », selon l’expression courante à l’époque, ont été stigmatisés par les courants populaires favorables au retour à « l’arabisation ».
C’est dans les milieux les plus engagés dans le combat pour la décolonisation que s’est élaborée, peu à peu, une sorte de doctrine considérant qu’il n’était pas suffisant de s’affranchir politiquement de l’Occident, et qu’il était désormais nécessaire de combattre tout ce qui pouvait rappeler le « modèle des colonisateurs », afin de retrouver les racines de l’arabité à travers l’Islam.
C’est le courant de « l’arabisation » qui, venu du Caire, s’est répandu dans tout l’Islam, par les Frères Musulmans d’abord, puis par les prêcheurs du salafisme, et « récupéré » par des politiciens, qui inspire le djihadisme de ceux qui considèrent que pour être eux-mêmes, ils doivent combattre, rejeter, détruire tout ce qui vient de ceux qui les ont « dominés », pour revenir à la « Charia », la Loi « divine », la seule à laquelle il convient de se soumettre.
On aurait tort de sous-estimer la puissance de ce courant dans l’imaginaire des Arabes.

Sa force, sur laquelle l’Etat Islamique s’appuie pour jeter les bases d’un Califat conforme aux vœux du Prophète, traverse tous les pays où vivent des musulmans.

On ne peut pas comprendre la décision qui, il y a cinquante ans, aurait été considérée comme inimaginable, de beaucoup de chrétiens, d’agnostiques, ou de laïques, égarés dans une société occidentale en pleine perte de repères, de se convertir à l’Islam, sans tenir compte de cette force qui constitue une donnée élémentaire de la situation actuelle.

De même qu’on ne peut appréhender la complexité des données du conflit auquel nous sommes confrontés, et pour longtemps, sans tenir compte du ressentiment suscité par « , l’hostilité de l’Europe à l’entrée de la Turquie dans sa communauté, l’attitude inconséquente par rapport aux violations des droits de l’Homme dans les Etats et les régimes soutenus par « l’Occident démocratique protecteur des libertés et des droits humains ». Ce sont autant d’ingrédients qui favorisent les sentiments d’injustice, d’exclusion, de frustration, d’humiliation à l’origine de l’identification, voire de l’adhésion, à Daech et à d’autres expressions de rejet du modèle de société occidental. »
( D’après un article paru dans Atlantico, sous : http://www.atlantico.fr/decryptage/etat-islamique-superstar-deja-pourquoi-projet-politique-est-beaucoup-plus-rationnel-et-moderne-qu-on-croit-en-occident-et-est-2187964.html#hY68Dc1krOkJfcSr.99).

De même qu’on ne peut appréhender la profondeur du fossé qui s’est créé entre l’Occident et le monde arabe, sans prendre en compte la montée en puissance d’un mythe renaissant qui est celui de « l’Oumma al-arabiya », qui vise à reconstituer une entité ignorant les frontières des Etats tracées dans le passé par les puissances occidentales ( en l’occurrence la France et l’Angleterre), afin de créer une « Communauté islamique »s’opposant aux « nationalismes arabes » instruments de division d’un monde arabe réinventé par les colonisateurs…
L’islamisme en tant que moyen de réunir, enfin, tous les Arabes dans une communauté puissante qui retrouverait les délices de « l’âge d’or » est un courant d’idées qui actuellement traverse le monde, partout où il y a des Arabes.
Certes, il s’agit d’un mythe. Un mythe qui, porté par la dynamique d’une religion qui « redresse la tête », se transforme aujourd’hui et sert de justification à un rêve de conquête du monde.

Lisez bien les commentaires de Musulmans répondant, sur internet, à ceux qui contestent leur présence sur le « territoire national », en Norvège, en Suède, en Hongrie ou en Autriche, et quelques fois en France: vous y trouverez l’argument qui coupe court aux attaques de ceux qui veulent « renvoyer les Musulmans chez eux ». « Cette terre où nous nous sommes installés ne vous appartient pas plus qu’à nous !!! Elle appartient à Dieu !!! ». C’est en quelque sorte « l’extension du domaine de l’Oumma »…. La « mondialisation de l’Islam », en quelque sorte….

Comme d’autres mythes , celui-ci peut conduire le monde à la catastrophe, comme l’on fait d’autres mythes avant lui….

Ce n’est pas en fermant les yeux sur les réalités esquissées dans cet article, que le monde échappera aux menaces qui s’accumulent et se précisent, et qui visent à la destruction de nos sociétés à la dérive.