Les « matins clairs » du mois de Mai…..


Rose

Hier soir, nous avons eu une petite averse. Et ce matin, comme chaque fois qu’il a plu, le jardin embaume: se mélangent, au gré de la brise venue de la mer, des parfums de menthe, de thym, de romarin et de coriandre qui luttent, pour notre bonheur, contre ceux du jasmin et du chèvrefeuille sauvage.

Passant devant les rares rosiers de notre jardin, je m’arrête un instant devant une superbe rose rouge dont les pétales de velours, humides sous la rosée du matin s’offrent insolemment, à la caresse d’un regard … Je la hume et me laisse griser par son parfum, si féminin.

Je m’attarde, un instant, dans la contemplation de ce qui m’entoure pour m’émerveiller des beautés que la Nature, – pourtant bien plus modeste que tous ces hommes qui se prennent pour Dieu -, offre à notre admiration…

Les abeilles sont déjà à l’oeuvre, et les fourmis, en longues files disciplinées, s’affairent depuis l’aube, pour ramener à la fourmilière, les graines destinées à nourrir les larves promises à la survie de l’espèce.

Le merle, celui qui niche dans le cyprès, et qui a sans doute réussi à s’accoupler, a repris son chant mélodieux qui était hier, un appel à celle qui voudra bien partager son nid.

Comment ne pas songer, un bref instant à Ronsard dont les vers célèbres, appris par coeur quand nous étions encore au Lycée, sans en apprécier vraiment l’inaltérable beauté, sont inoubliables:

« Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose,
En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose;

La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d’odeur;
Mais battue, ou de pluie, ou d’excessive ardeur,
Languissante elle meurt, feuille à feuille déclose. »

Car, hélas, les plus belles roses se fanent. Irrémédiablement.

Comment ne pas songer également, aux vers d’André Chénier, « ce grand poète, que des révolutionnaires imbéciles ont conduit à l’échafaud. Il faut dire qu’en l’occurrence, ceux qui l’ont condamné ont fait preuve du même discernement que les crétins qui ont condamné Lavoisier en déclarant: « La République n’a pas besoin de savants ni de chimistes; le cours de la justice ne peut être suspendu. » ». Et cela, au nom des « Valeurs de la Philosophie des Lumières »….

« Ô jours de mon printemps, jours couronnés de roses,
A votre fuite en vain un long regret s’oppose.
Beaux jours, quoique, souvent obscurcis de mes pleurs,
Vous dont j’ai su jouir même au sein des douleurs,
Sur ma tête bientôt vos fleurs seront fanées ;
Hélas ! bientôt le flux des rapides années
Vous aura loin de moi fait voler sans retour. » (1).

Le « flux des rapides années »… Il me faut le subir, chaque année, au Printemps. Raison de plus pour savourer les présents d’une Nature généreuse, et pour savourer les petits bonheurs simples du Présent en laissant au Temps qui passe, le temps de s’étirer….

(1).-Citation empruntée au site excellent de:

 » https://litteratureetphilosophie.wordpress.com/ »

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