L’Exilé


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– Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ?
ton père, ta mère ?
– Je n’ai plus ni père, ni mère,
– Tes amis d’enfance ?
– Vous vous servez là d’un mot dont j’ai, hélas, perdu le sens…
– Ta patrie ?
– Je ne la reconnais plus. Et elle déteste les hommes comme moi.
– La beauté ?
– Je l’aimerais volontiers. Surtout, celle de la Nature, Déesse immortelle.

               Mais je suis sensible aussi à la beauté que produit parfois le talent des hommes, celle de la Musique, des tableaux de grands-maîtres, et de la bonne littérature…                                                                                                                                                                              – Et l’or ?
– Je le méprise comme vous méprisez Dieu.

– Eh ! qu’aimes-tu donc, vraiment, éternel exilé ???
– J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas…
là-bas…au loin, les merveilleux nuages roses …..

Et la mer, surtout le bleu de la mer,  et le murmure de la vague qui vient mourir sur le sable….

Et le chant des oiseaux, au lever du soleil, les matins de printemps…