Anniversaire.


moutons

Le 4 Mai. Depuis 1956, j’y pense, chaque année, comme d’autres pensent à leur anniversaire.  Le 4 Mai, c’est juste quelques jours avant mon propre anniversaire.

Depuis cette date, j’ai considéré, tout au long de ma vie, que j’étais un « survivant ». Cela m’a aidé à surmonter bien des infortunes….

Et depuis plus de 60 ans, je revis, chaque année cette journée, que j’ai racontée dans un billet intitulé « l’Oued »…. ( https://berdepas.wordpress.com/2013/05/04/loued/ ).

Après l’accrochage sanglant, au cours du quel Andolfo, mon éclaireur de pointe a été tué, sous mes yeux, à quelques mètres de moi, la journée s’est poursuivie….

Après que la navette d’hélicoptères emmenant les blessés et les morts ait cessé de rompre, par son vacarme, le silence de cette vallée, nous avons repris notre progression , dans l’oued, parmi les buissons de lauriers roses. Et j’ai entendu, de nouveau, le chant des merles récemment accouplés qui résonnait entre les parois rocheuses…

Au loin, quelques cris et quelques détonations indiquaient que « l’opération » était loin d’être terminée.

Opération

Au bout de quelques heures de marche, nous avons rejoint le reste de la Compagnie, et avons eu droit à une pause casse-croûte. Avec les hommes de ma section, nous nous sommes installés sur un éperon rocheux d’où nous pouvions contempler le paysage qui nous environnait. Un paysage minéral, et une rare végétation qui nous faisaient sentir combien nous étions des intrus, dans cet environnement hostile.

Pendant que le Lieutenant Toma, qui commandait la Compagnie, prenait, par radio, les ordres du PC du bataillon, nous avons goûté ces quelques instants de repos. Puis nous avons reçu l’ordre de nous déplacer pour occuper une colline, de l’autre côté de l’oued que nous avions longé pendant toute la journée, pour dresser une embuscade jusqu’à la tombée de la nuit. Elle était destinée à intercepter des petits groupes armés qui pénétraient en Algérie à travers la frontière tunisienne, à une époque où le « barrage » n’existait pas encore.

La colline se trouvait en limite de la « zone interdite » : à partir de son sommet nous pouvions apercevoir Ouenza et ses premières lumières, et dans la plaine quelques mechtas d’où partaient, dans le silence d’une nature prête à s’apaiser, à la tombée du jour, et après le bruit des armes, des voix de femmes et des rires d’enfants pour qui la vie semblait avoir continué comme si rien ne s’était passé à quelques kilomètres de leurs habitations.

Je me souviens d’un âne qui ne cessait de braire. Et des chiens faméliques qui aboyaient, comme si, de loin, ils percevaient et dénonçaient notre présence….

Mais je me souviens surtout d’une musique, lointaine et obsédante, celle d’une « jaïta », cette petite flûte en roseau qu’affectionnent les bergers. Celui-là ramenait ses chèvres au gourbi, et faisait résonner sa musique au coucher du soleil, comme dans une scène de Virgile, accentuant, dans ma mémoire, et avec le recul, le sentiment d’étrangeté du moment que nous étions en train de vivre…
A cet endroit, et à cet instant, la vie pastorale reprenait ses droits. Elle côtoyait la mort qui rôdait partout dans cette zone de combats….

Dans quelques jours, les « survivants » de la 2ème Compagnie du 25ème Bataillon de Chasseurs Alpins, se retrouveront en Savoie, comme chaque année depuis la fin de la guerre, pour évoquer , avec une émotion juvénile, outre la joie de se retrouver, des souvenirs qui n’appartiennent qu’à nous et que malgré nos 80 ans passés ( c’est l’âge de la plupart d’entre nous…) nous avons maintenus vivants.

Improvisation…


Islamisation                           Il n’est pas de pires aveugles que ceux qui ne veulent pas voir.
L’aveuglement s’enracine le plus souvent, dans un enfermement intellectuel qui se nourrit de prétendues « convictions » idéologiques, ou d’un « prêt-à-penser » que l’on refuse obstinément de remettre en question, car il est devenu un « acquis culturel » indissociable de ce que l’on est devenu, au fil des années, après avoir subi de fortes influences, ou pour avoir reçu un héritage, quelques fois ancestral, de préjugés « de classe ».

J’ai souvent été frappé par la coïncidence entre le déni de réalités de certaines personnes, et leur refus de s’ouvrir à d’autres idées, ou d’autres opinions que celles qui forment leurs convictions.
J’ai rencontré des gens qui se refusaient à lire ou à entendre tout ce qui pouvait s’inscrire en contradiction avec leurs certitudes et qui n’acceptent de lire que ce qui viendrait les renforcer dans leurs convictions, à l’exclusion de toute source susceptible de les en dévier.

A certaines époques de notre Histoire récente, cette forme d’aveuglement a pris un tour collectif, au point de s’étendre à la fraction de la classe intellectuelle dominante du moment.
Dans « l’après-guerre », à une époque où le marxisme régnait sur le monde des idées, et où le communisme était présenté et vécu par certains intellectuels comme un horizon indépassable, ma génération a été confrontée à cet aveuglement collectif.

La naïveté et les « erreurs de jeunesse » n’expliquent pas tout.

Ainsi, comment a-t-on pu, pendant si longtemps, passer sous silence les atrocités du Goulag et ignorer les effets dévastateurs de la Dictature communiste, ignorer les dérives psychopathes du système policier en vigueur dans l’Europe soviétique, et le scandale de la STASI ???

Comment a-ton pu applaudir à l’invasion du Cambodge par les hordes criminelles de Pol-Poth, et fermer les yeux sur le génocide qui lui a succédé ??? Feindre d’ignorer les camps de redressement du Vietnam communiste, et plus récemment encore, accepter l’énorme imposture que fut la « guerre des Balkans » et l’enfantement d’un Kosovo livré aux mafias albanaises, d’où sont chassés progressivement les Serbes, les Roms, par un Islam d’Etat qui impose désormais sa lois à toutes les minorités.

Quand on songe que, si des voix éclairées ne s’étaient élevées, la Turquie serait aujourd’hui, un membre à part entière de la Communauté européenne où s’exprimerait, sans frein, un pouvoir islamique qui sombre peu à peu dans une dictature qui jour après jours s’applique à mettre à bas l’Etat moderne et laïque hérité de Mustapha Kemal.

Avez-vous entendu un seul de ces « zintellectuels » partisans de l’entrée de la Turquie dans l’Europe, dénoncer la complicité de l’Etat turc dans de nombreux massacres – et pas seulement celui des Arméniens  !!!

En Syrie, les Turcs soutiennent le Front al-Nosra et d’autres groupes islamistes, qui bénéficient ou ont profité de leur mansuétude dans leur campagne antichrétienne. Le 21 septembre 2014, des militaires turcs auraient même prêté main-forte à l’État islamique pour dynamiter le Mémorial du génocide arménien de Deir ez-Zor (Syrie), un lieu d’études et de pèlerinages situé sur un ancien camp de déportation.

Aujourd’hui comme hier, les Turcs s’associent à une barbarie qui traduit la même volonté d’épuration religieuse sur les terres bibliques.

Si quelques courageux intellectuels turcs n’hésitent plus à parler de “génocide”, aucune autorité politique, religieuse ou intellectuelle d’Ankara ou d’Istanbul ne s’est associée à leur démarche.

Qui aura le courage de dénoncer, une fois encore, l’incompatibilité de ce pays de 82 millions d’habitants (100 millions en 2050) avec l’Union européenne ??? Un pays dont les responsables rêvent d’une « reconquête » des terres autrefois soumises par l’Empire Ottoman…

Qui aura le courage de dénoncer l’imprudente promesse qui lui fut faite par des Européens en 1963 , ignares en tout ce qui concerne l’Histoire de l’Islam et aveuglés par leurs bons sentiments, inspirés par une pseudo-tolérance religieuse comparable à un crétinisme puéril.

Hanna Arendt s’est longuement interrogée sur l’aveuglement complice de nombreux intellectuels de ma génération, avec la complicité de journalistes pourtant réputés pour leur « professionnalisme », tels que Jean Lacouture, par exemple ???

Pendant toute ma jeunesse, je n’ai cessé d’entendre dénoncer la France en tant que puissance coloniale, et d’assister à la mise en accusation de ce pays par ses meilleurs esprits, qui, dans le même temps fermaient les yeux sur l’immense Empire soviétique, et sur la mise à sac, par le peuple russe, de ses satellites, sous le couvert de « l’amitié entre les peuples »…..

Or la rétrospective montre que cet aveuglement a été celui de tout une famille de pensée, qui, dans notre pays a régné sans partage, ne tolérant aucune critique, aucune mise en doute, aucun soupçon sur ses certitudes pseudo-humanistes, ceux qui s’aventuraient à émettre le moindre doute sur un système de pensée destructeur, étant catalogués parmi les « ennemis du peuple », les suppôts du « fascisme » et les « alliés du Grand Capital »…..

Albert Camus en fut la victime, mise au ban de la classe intellectuelle du moment sur laquelle régnait le « maoiste »visionnaire Jean-Paul Sartre.

C’est cette même famille de pensée qui est là, aujourd’hui encore, pour tenter de museler ceux qui dénoncent l’entreprise de démolition sournoise de notre Histoire, de nos valeurs, de nos traditions et de notre culture, au nom d’une soit disant « tolérance » que nous devrions avoir à l’égard du nouveau totalitarisme qui émerge dans des pays ravagés par la guerre civile, au nom d’un Dieu et d’une religion que l’on veut à tout prix nous présenter comme un modèle de substitution à notre héritage spirituel vieux de plus de mille ans.

Ce sont les mêmes « artistes », ou leurs « héritiers » qui veulent désormais, nous interdire, au nom du « padamalgam » de mettre des mots sur des situations, sur des actes ou sur des comportements incompatibles avec notre culture et notre art de vivre.
Un art de vivre au quel on veut substituer l’obligation d’accepter le soit disant « vivre-ensemble », avec des gens avec lesquels nous n’aurions aucune envie de cohabiter, tant leurs mœurs et leurs mode de vie sont différents des nôtres.

La Gauche intellectuelle française porte de lourdes responsabilités dans le malaise identitaire qui a envahi la France.
Les méthodes accusatrices, et culpabilisatrices qu’elle utilise depuis toujours, dans les débats d’idées, sont à l’origine des difficultés qu’a notre pays, pour débattre paisiblement, raisonnablement des questions vitales auxquelles il est confronté pour son avenir.
Drapée dans une Morale factice, souvent prise en défaut, elle toise, avec arrogance et mépris, ceux qui ne partagent pas un système de valeurs qu’elle s’est bricolé au fil du temps, avec la caution intellectuelle de quelques « philosophes autoproclamés »….
Un système de valeurs « improvisé » qui serait devenu le seul acceptable pour tout le genre humain.

Il est encore temps pour que les nouvelles générations ouvrent les yeux.
Il est encore temps pour éviter de tomber dans le piège de l’aveuglement dans lequel quelques politiciens sans envergure veulent nous enfermer : notre unité nationale, nos traditions, nos valeurs sont en grave danger. Un réveil tardif serait fatal à la France que nous aimons et qui n’est pas exactement celle dont « ils » rêvent….
La perte de crédibilité du personnel politique français s’explique en grande partie, par sa soumission intellectuelle à des diktats dont il n’a pas eu le courage de se départir quitte à s’écarter des attentes de son électorat.

Or l’électorat populaire, rejette la morale des « petits marquis de la République », dont il voit bien qu’elle est loin d’être exemplaire, car il est imprégné d’un solide bon sens : son humeur traduit, élection après élection, son scepticisme à l’égard de ceux qui veulent lui dicter des obligations dont il ne perçoit pas la justification.

Sondages après sondages, le peuple français montre qu’il n’est pas dupe.
Or, les « zélites », déçues par le scepticisme populaire, ont la tentation de céder au réflexe qu’évoquait Berthold Brecht : « changer le peuple », en le dénaturant,en s’attaquant à son identité, en le métissant et en lui imposant une cohabitation avec une immigration plus malléable, en attendant d’être « corvéable à merci »…..
Ces « zélites », pour assurer leur survie, sont prêtes à sacrifier la survie de la spécificité du peuple français, dans un élan d’improvisations frénétiques qui frise parfois, le ridicule le plus achevé…

Vivre ensemble

L’Enfer est peuplé de bonnes intentions. Or, on ne peut laisser « les clés du Paradis » entre toutes les mains, même quand les intentions sont bonnes. Encore moins quand elles sont suspectes….

Najat