L’Honneur de Denoix de Saint-Marc.


Le fait que le Maire de Béziers ait décidé de donner à une place de cette ville le nom de Denoix de Saint-Marc , pour remplacer la date du 19 Mars , date de signature des accords d’Evian considérés comme une victoire pour les uns, et comme un renoncement indigne par les autres, a une haute valeur symbolique.

Je veux seulement dire ici, à tout les petits journaleux, qui, en plumitifs asservis tentent de salir la mémoire du Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, qu’il y a un mot qui a disparu de leur pauvre vocabulaire: c’est le mot « Honneur ».

Aucun d’entre eux n’arrivera jamais à la cheville d’un homme dont ils feignent d’ignorer le parcours, qui fut un pur héros, un de ceux  dont le courage, le sens de l’honneur, et le respect de la parole donnée n’ont rien à envier à ceux d’un de Gaulle, qui fut, lui-même, un rebelle refusant une paix indigne.

A noter que Denoix de Saint-Marc n’a jamais été décoré de la Francisque, lui….

Pour ceux qui l’ont oublié, rappelons qu’il fut mis au ban de la société en 1962, mais gracié en 1966 par de Gaulle, amnistié en 1968, réintégré dans son grade de Commandant, puis élevé à la dignité de « Grand Officier de la Légion d’Honneur »à titre militaire et au titre de la Guerre d’Algérie. Ses obsèques furent un grand moment d’émotion et de solidarité entre ceux qui ont vécu cette guerre atroce.

Obsèques DenoixObsèques d’Hélie Denoix de Saint-Marc.

Pour ceux qui connaissent mal ce personnage que l’on devrait proposer en exemple à une jeunesse dont le courage et le sens de l’honneur ne sont plus parmi les vertus les plus répandues, je propose le texte dont il fit la lecture, au garde-à-vous, devant le Tribunal Militaire qui le jugeait pour sa participation au « Putsch des Généraux »

Déclaration d’Hélie Denoix de Saint Marc

devant le Haut Tribunal Militaire, le 5 juin 1961.

« Ce que j’ai à dire sera simple et sera court. Depuis mon âge d’homme, Monsieur le Président, j’ai vécu pas mal d’épreuves : la Résistance, la Gestapo, Buchenwald, trois séjours en Indochine, la guerre d’Algérie, Suez, et puis encore la guerre d’Algérie…« En Algérie, après bien des équivoques, après bien des tâtonnements, nous avions reçu une mission claire : vaincre l’adversaire, maintenir l’intégrité du patrimoine national, y promouvoir la justice raciale, l’égalité politique.

« On nous a fait faire tous les métiers, oui, tous les métiers, parce que personne ne pouvait ou ne voulait les faire. Nous avons mis dans l’accomplissement de notre mission, souvent ingrate, parfois amère, toute notre foi, toute notre jeunesse, tout notre enthousiasme. Nous y avons laissé le meilleur de nous-mêmes.

Nous y avons gagné l’indifférence, l’incompréhension de beaucoup, les injures de certains. Des milliers de nos camarades sont morts en accomplissant cette mission.

Des dizaines de milliers de musulmans se sont joints à nous comme camarades de combat, partageant nos peines, nos souffrances, nos espoirs, nos craintes. Nombreux sontceux qui sont tombés à nos côtés. Le lien sacré du sang versé nous lie à eux pour toujours. « Et puis un jour, on nous a expliqué que cette mission était changée. Je ne parlerai pas de cette évolution incompréhensible pour nous. Tout le monde la connaît. Et un soir, pas tellement lointain, on nous a dit qu’il fallait apprendre à envisager l’abandon possible de l’Algérie, de cette terre si passionnément aimée, et cela d’un cœur léger.

Alors nous avons pleuré. L’angoisse a fait place en nos cœurs au désespoir.« Nous nous souvenons de quinze années de sacrifices inutiles, de quinze années d’abus de confiance et de reniement.

Nous nous souvenions de l’évacuation de la Haute-Région, des villageois accrochés à nos camions, qui, à bout de forces, tombaient en pleurant dans la poussière de la route. Nous nous souvenions de Diên Biên Phû, de l’entrée du Vietminh à Hanoï. Nous nous souvenions de la stupeur et du mépris de nos camarades de combat vietnamiens en apprenant notre départ du Tonkin.

Nous nous souvenions des village abandonnés par nous et dont les habitants avaient été massacrés. Nous nous souvenions des milliers de Tonkinois se jetant à la mer pour rejoindre les bateaux français.

« Nous pensions à toutes ces promesses solennelles faites sur cette terre d’Afrique. Nous pensions à tous ces hommes, à toutes ces femmes, à tous ces jeunes qui avaient choisi la France à cause de nous et qui, à cause de nous, risquaient chaque jour, à chaque instant, une mort affreuse. Nous pensions à ces inscriptions qui recouvrent les murs de tous ces villages et mechtas d’Algérie :

« “ L’Armée nous protégera, l’armée restera “. Nous pensions à notre honneur perdu.

« Alors le général Challe est arrivé, ce grand chef que nous aimions et que nous admirions et qui, comme le maréchal de Lattre en Indochine, avait su nous donner l’espoir et la victoire. « Le général Challe m’a vu. Il m’a rappelé la situation militaire. Il m’a dit qu’il fallait terminer une victoire presque entièrement acquise et qu’il était venu pour cela. Il m’a dit que nous devions rester fidèles aux combattants, aux populations européennes et musulmanes qui s’étaient engagées à nos côtés. Que nous devions sauver notre honneur. « Alors j’ai suivi le général Challe. Et aujourd’hui, je suis devant vous pour répondre de mes actes et de ceux des officiers du 1er REP, car ils ont agi sur mes ordres.

« Monsieur le président, on peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier. On ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de mentir, de se renier, de se parjurer. Oh ! je sais, Monsieur le président, il y a l’obéissance, il y a la discipline. Ce drame de la discipline militaire a été douloureusement vécu par la génération d’officiers qui nous a précédés, par nos aînés.

Nous-mêmes l’avons connu, à notre petit échelon, jadis, comme élèves officiers ou comme jeunes garçons préparant Saint-Cyr. Croyez bien que ce drame de la discipline a pesé de nouveau lourdement et douloureusement sur nos épaules, devant le destin de l’Algérie, terre ardente et courageuse, à laquelle nous sommes attachés aussi passionnément que nos provinces natales.

« Monsieur le président, j’ai sacrifié vingt années de ma vie à la France.

Depuis quinze ans, je suis officier de Légion.

Depuis quinze ans, je me bats. Depuis quinze ans j’ai vu mourir pour la France des légionnaires, étrangers peut-être par le sang reçu, mais français par le sang versé.

« C’est en pensant à mes camarades, à mes sous-officiers, à mes légionnaires tombés au champ d’honneur, que le 21 avril, à treize heure trente, devant le général Challe, j’ai fait mon libre choix.

« Terminé, Monsieur le président. »
 
Le jour où la France, déchue par la médiocrité de ceux qui auront eu son destin entre les mains, ne comptera plus parmi ses enfants, des hommes de cette trempe, alors les générations futures pourront tout craindre, jusqu’à l’asservissement et la honte.
Il se trouve que dans mon parcours, j’ai rencontré, une seule fois, par hasard, le Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc.
C’était à Alger, quelques jours avant le « putsch des Généraux ». Le Lieutenant de la Bigne sous les ordres duquel j’avais servi, – qui fut gravement blessé dans un accrochage que j’ai relaté dans un billet antérieur (1), avait été affecté au 1er REP.
J’étais « libéré de mes obligations militaires », et, revenu à « la vie civile », le hasard me fait croiser, un soir, rue Michelet, celui dont j’avait été le compagnon d’armes.
Il était en compagnie de Saint-Marc. Nous sommes allés manger un couscous ensemble dans un restaurant que je connaissais, à l’El Baçour.
Je me souviendrai toujours de ce moment. Avec de la Bigne, nous avons évoqué nos souvenirs, les bons et …les moins bons !!!… Le Commandant était silencieux. Il a très peu parlé pendant ce repas. Il écoutait avec une attention intense, son officier évoquant nos souvenirs communs de l’époque où il était encore Chasseur Alpin à la 2ème Compagnie du 25 ème BCA. Sa présence était intimidante, malgré sa discrétion. Il paraissait soucieux. Je me souviens de sa poignée de main, énergique, et de son regard qui en disaient long sur le caractère de l’homme.
Quelques jours plus tard, c’était le Putsch.
De la Bigne s’engagera dans l’OAS. Il s’enfuira, ensuite en Espagne où je perdrai sa trace. Denoix de Saint-Marc, sera jugé et emprisonné comme tant « d’Officier perdus ».
Ils étaient pourtant des « Hommes d’Honneurs ».
Broyés par le destin tragique de ceux qui refusent d’être humiliés par ceux auxquels l’Histoire conserve le beau rôle par une de ces mystifications dont les politiciens savent user avec un art consommé, avec la complicité des médias ….
Post-Scriptum:  ceux qui vocifèrent contre la décision du Maire  de Béziers, n’ont-ils pas eu honte lorsque le Maire Communiste de St-Ouen a donné à une rue de cette ville le nom d’une terroriste poseuse de bombes criminelles, pendant la bataille d’Alger ???Dont une bombe au « Milk Bar », qui fit plusieurs morts innocentes sans parler de ceux qui furent défigurés ou perdirent un bras ou une jambe…..
Gendouze
 Post-Scriptum : Hypocrites ou « manipulateurs » d’opinion ???Denoix

2 réflexions au sujet de « L’Honneur de Denoix de Saint-Marc. »

  1. 60 années ont passé et les Français n’ont pas encore compris que leur enfants seront chassé comme l’ont été tous les non musulmans dans tout les pays,on peu citer le kosovo,la syrie, l’egypte le liban,l’afrique du nord,c’est irrémédiable a moins de se convertir

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