Les « bons » et les « méchants »….


Bonshttps://berdepas.wordpress.com/2014/09/15/le-camp-des-saints-ou-celui-des-barbares/

Dans un récent billet intitulé « Le Camp des Saints ou celui des Barbares », je mets en doute le choix de nos alliances dans le conflit qui se profile, et auquel nous ne pourrons pas nous dérober, car cette guerre, ce n’est pas nous qui l’avons souhaitée.

Car nous avons beau « faire semblant », et « faire comme si » ce n’était pas le cas: la guerre nous a été déclarée !!!
Car, le conflit qui s’engage, sera long et meurtrier: il a une dimension mondiale. Il suffit d’étaler une mappemonde et d’entourer d’un cercle rouge toutes les régions du monde où l’Islam pose problème, où se produisent des attentats, des enlèvements, ou des groupes armés tentent de s’emparer du pouvoir, et sont en rébellion contre le pouvoir en place, sans parler des pays qui, hors de l’orbite d’influence de l’Islam subissent, de l’intérieur des pressions à connotations religieuses islamiques….
Pire encore, l’Islam est en guerre avec lui même: nous sommes à l’aube d’un conflit majeur entre Chiites et Sunnites, et nous ne savons pas très bien dans quel camp nous situer, car nous sommes prisonniers d’intérêts de toutes natures, pétroliers, financiers, commerciaux et vitaux pour nos industries d’armement….
Tout cela n’est pas simple.
Pour une fois nous allons, enfin, devoir admettre qu’il n’y a pas, dans le monde d’aujourd’hui, les bons d’un côté et les méchants de l’autre. Il y a des bons partout, mais il y a aussi des méchants partout, d’où la difficulté de savoir où se situent les lignes de front. On en trouvera une illustration dans cet article de l’hebdomadaire « Le Point »:

http://www.lepoint.fr/monde/syrie-pourquoi-la-turquie-laisse-kobane-tomber-08-10-2014-1870590_24.php

Les « politologues » vont devoir réviser et affiner leurs analyses. Car, il y a parmi « nos amis » ceux qui aident nos ennemis. Et parmi « nos ennemis » tels que l’on nous les présente, il y a ceux qui sont opposés à ceux que nous combattons. Je n’oublie pas ceux qui se disent « nos amis » et qui assistent immobiles à la victoire de « nos ennemis »…

Le « djihadisme », porte en lui, comme tous les mots en « isme » les germes d’une dérive quasi « totalitaire ». Le Coran, et les indénombrables interprétations aux quelles il se prête, régit tous les aspects de la vie individuelle et collective de ses « fidèles ». Pour ceux qui nous combattent au nom du Coran, celui-ci est à la fois, la Constitution de l’Etat planétaire qui hante leurs rêves fous, il en est le Code Civil, le Code Pénal, le manuel d’éducation dans la vie quotidienne, allant jusqu’à préciser la main avec laquelle on doit manger son couscous, et celle avec laquelle on doit se torcher aux toilettes….

Le Djihad que l’improbable coalition à laquelle nous appartenons doit combattre est l’expression d’une dangereuse boursouflure de « l’Islam Sunnite »qui veut imposer à la terre entière la rigueur de « son » interprétation du Coran. Une rigueur incompatible avec ce qui inspire nos sociétés de liberté ( de laxisme selon les « djihadistes » ).

Ce n’est pas la première fois, dans l’Histoire du Monde Arabe qu’une crise de cette nature éclate. Mais c’est la première fois qu’un Etat (auto proclamé, certes…) est un « Etat djihadiste », disposant d’une armée, d’un armement moderne, et de ressources financières énormes, émerge du monde musulman.

Or, il est vrai que tous les Arabes ne sont pas des « Musulmans pratiquants », et tous les Musulmans ne sont pas des fanatiques dans leur interprétation du Coran. Il y a chez ces « fidèles », des degrés divers dans l’application au quotidien, des prescriptions religieuses du « Livre vert ».

C’est pourquoi la menace « djihadiste » concerne au premier chef les Musulmans eux-mêmes. Elle vise à contraindre tous ceux qui se réclament de l’Islam, un respect absolu des règles qu’il préconise, dans leur interprétation la plus stricte. Elle vise à les contraindre par la menace physique : les Algériens qui ont traversé une terrible période, dans les années quatre vingt dix, dans une sorte d’indifférence polie de l’Occident, en savent quelque chose. La guerre civile qui a confronté le GIA à la nation algérienne a coûté près de 200.000 morts à ce pays proche de nous….Les Algériens savent mieux que quiconque, à quel degré de cruauté et de barbarie ils ont dû faire face au cours de cette guerre civile.

Une guerre civile qui a laissé des traces profondes, et encore visibles, à l’oeil nu : le « Haïk » blanc que portaient avec grâce, dans ma jeunesse, les femmes algériennes, a disparu dans les rues d’Alger où l’on voit de plus en plus de silhouette noires : les « corneilles » ont remplacé les « colombes », et une sorte de police religieuse, discrète mais efficace veille désormais sur ceux qui s’aventureraient à boire une bière en public…

La Presse algérienne fourmille d’articles qui font référence à cette époque qui a marqué profondément la société algérienne, car la frontière entre les deux camps passait souvent au coeur même des familles, souvent déchirées parfois décimées par l’horreur.

J’utilise cet exemple, parce que je le connais bien, pour montrer que dans ce genre de conflit, il n’y a pas « des bons » d’un côté et des « méchants » de l’autre.

L’excellent journaliste, Pierre Beylau, dénonçait récemment dans « Le Point », tous ces « spécialistes » de l’Islam dont le discours, stéréotypé, nous enfume plus qu’il nous éclaire.

http://www.lepoint.fr/monde/ou-va-le-monde-pierre-beylau/terrorisme-on-n-en-peut-plus-des-specialistes-27-09-2014-1867164_231.php

Ce que Pierre Beylau décrit, c’est exactement ce que je ressens en regardant les débats sur les Chaînes d’Information en continu et sur C’est dans l’Air, l’émission de Calvi sur France 5 ….
Ayant vécu trente ans de ma vie en Algérie et dans le Maghreb où je suis né, parlant autrefois couramment l’Arabe, j’ai la prétention de connaître ce monde auquel je continue à m’intéresser avec passion, cette culture, et même, dans une certaine mesure, cette religion et l’état d’esprit de quelques uns de ceux qui la pratiquent, pour avoir « grandi » avec eux….
Je suis effaré par les affirmations, les certitudes, les contre-vérités les analyses prétentieuses et purement intellectuelles de gens qui me paraissent n’avoir de l’Islam et du Monde Musulman qu’une connaissance purement « livresque ».
On se demande, en effet qu’est-ce que peuvent bien chercher ces « chercheurs »du CNRS et d’ailleurs…. Quand à ces « spécialistes » du Monde Arabe, leurs discours me fait souvent douter de leur compétence.

Un seul d’entre eux trouve quelques fois le moyen de m’intéresser par ses analyses: c’est Antoine Sfeir, qui aborde ces questions avec infiniment de nuances et de modestie.
Les autres ne font que brasser du vent. Mais ce sont toujours les mêmes que l’on voit……

Ces bavards nous ont habitués à une dichotomie du Monde qui sépare ceux qui sont du bon côté de ceux qui sont du mauvais côté. Cette perception binaire du monde va devoir être de plus en plus nuancée…

Plus près de nous, il va falloir prendre en compte, comme je l’ai souvent écrit sur ce blog, le fait que chez nous, « le ver est dans le fruit ». La « police de la pensée » va devoir réorienter ses objectifs et ouvrir les yeux sur ce qui constitue une vraie menace pour l’unité nationale : les bons d’aujoud’hui sont peut-être les méchants de demain et inversement….

Alors, certes, il ne faut pas « stigmatiser »aveuglément….. Mais gardons les yeux ouverts !!!

Une réflexion au sujet de « Les « bons » et les « méchants »…. »

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