Musulmans de France.


Chibani

J’éprouve le besoin d’exprimer mon point de vue sur la controverse qui concerne aujourd’hui les « Musulmans de France ». Je reprends à ce sujet, l’expression utilisée par toute la Presse: « Musulmans de France », même si je déteste cette expression. Car je préférerais qu’ils se disent « Français Musulmans »….

J’ai suffisamment pesté contre leur silence devenu pesant, pour ne pas saluer le courage de ceux qui aujourd’hui, iront manifester pour affirmer que, « Musulmans », ils sont aussi « Français ».

Jusqu’ici, on était en droit d’en douter. Car beaucoup d’entre eux, soit par leurs déclarations, soit par leurs silences, donnaient parfois le sentiment que, « Français », ils étaient avant tout « Musulmans ».

En inversant « l’ordre des facteurs », ils s’affranchissent du postulat selon lequel la Loi du Coran est supérieure à celle de la République. C’est bien. On n’en demande pas plus, car c’est le coeur du problème.

Leur démarche, si elle est sincère, est courageuse. Je la respecte et je l’apprécie à sa juste valeur. Car je sais quelles sont leurs angoisses et combien leurs craintes sont justifiées.

Il suffit de lire la Presse algérienne, la Presse tunisienne et marocaine pour mesurer à quel point l’inquiétude grandit au Maghreb devant la progression d’un djihadisme assassin et destructeur dans les pays arabes, et en Afrique sub-saharienne. La menace de cette progression incite les gouvernements de ces pays à renforcer leurs dispositifs de sécurité, et même chez certains d’entre eux à mobiliser des troupes pour protéger leurs frontières, si difficiles à défendre.

L’Algérie a traversé, durant les années 90, une période tragique, une guerre civile meurtrière. Plus meurtrière encore que la guerre menée contre la France.

Les « égorgements »symbolisés par ce geste que les Arabes connaissent bien ( l’index utilisé pour faire le signe du couteau tranchant la gorge ), les Algériens en ont vécu l’horreur. Les familles massacrées pour avoir refusé de se soumettre au FIS, ou simplement, pour avoir voulu rester neutres, ils savent que c’est un cauchemar qui peut très vite redevenir une réalité.

Les Musulmans de France savent mieux que quiconque, que si demain, la terreur islamiste prenait racine des deux côtés de la Méditerranée, ils en seraient les premières victimes. Les « Chibanis », ceux qui ont mon âge et qui ont vécu la période de la guerre d’Algérie, et celle du FLN en France, savent que s’ils ne se « mouillent » pas en faveur de ceux qui ont choisi la lutte clandestine, ils mettent en danger les membres de leurs familles restées « là-bas », en Algérie…..

Dans un passé qui n’est pas si lointain, même s’il a tendance à être évacué des mémoires, beaucoup de Musulmans fidèles à la France ont payé de leur vie cette fidélité qui leur vaut notre respect.

Les Français ont la mémoire courte, ou…sélective. Les Arabes n’oublient rien.

La plupart d’entre eux n’aspire, il est vrai, qu’à vivre en paix dans notre pays devenu le leur. Ils souhaitent vivre leur foi, dans la discrétion, à l’abri des Lois d’une République laïque.

Mais cela ne doit pas nous faire oublier qu’il en est parmi eux, qui sont animés d’un tout autre esprit: un mépris de nos moeurs, un rêve fou de « reconquête », un goût de revanche ( contre quoi ???), une tentation de recourir aux provocations et à la violence dont nous avons de trop nombreuses et de trop visibles manifestations. Et que parmi ceux-là, il existe une minorité extrêmement dangereuse, capable du pire.

Cette « minorité » cherche à profiter de « l’amalgame à rebours » de ceux qui veulent nous persuader que tous les musulmans sont bons et ne nous veulent que du bien. A l’abri de ce discours ( naïf ???) se cachent ceux qui, en embuscade cherchent tous les moyens de nous imposer des Lois qui ne sont pas les nôtres, et guettent l’opportunité de montrer leur force à cet Occident qu’ils exècrent….

Les Musulmans de France savent, mieux que quiconque, que cette guerre qui est déclarée à l’Occident, les met, eux aussi, en situation de danger, et même qu’ils sont probablement « en première ligne ». Car ils sont encore minoritaires en France…..

C’est pourquoi je salue leur courage…. mais je reste attentif à leurs ambiguïtés.