« Le Livre » ou « le baiser qui tue »….


BaiserTout le monde en parle. Il fait un tabac, nous dit-on, dans les Librairies, au point que certains libraires ( qui font sans doute partie des 13% de Français qui « supportent » encore Hollande ) ont décidé de boycotter sa vente, au prétexte que son succès nuirait à celui des livres de la rentrée littéraire.

On ne peut plus feuilleter un hebdomadaire sans qu’il soit question de « ce Livre », soit pour le pourfendre et dénigrer celle qui l’a conçu, soit pour en condamner le sujet principal, François Hollande dont il met à mal la « normalité »…

Mais tous les Français n’ont pas lu ce livre, et nombre d’entre eux ne le liront pas, par principe.

Par pure curiosité littéraire obéissant à ma nature de dévoreur de livres, j’ai tenté de m’imposer le pensum de cette lecture : je n’ai pas pu aller jusqu’au bout de l’ouvrage, tant j’ai fini par être envahi par l’écoeurement, la honte, la gêne même que procurent certaines des scènes qui sont décrites et qui transforment le lecteur en « voyeur »involontaire de l’intimité de ce couple étrange.

Afin de dispenser les lecteurs de ce blog d’une lecture éprouvante, j’ai décidé de publier, ici-même, une sélection , toute personnelle, de passages de ce livre, que j’ai regroupé, arbitrairement, sous des rubriques évoquant leur contenu. Les sous-titres sont de moi :

Dans le genre « Roman de Gare « :

« J’ai résisté le plus longtemps possible à cette attirance entre François et moi. C’est lui qui était pressant, lui qui a fait basculer notre amitié amoureuse en amour-passion. Mais in fine, c’est moi qui fais les frais de cette relation. J’ai dû quitter le journalisme politique.
Et j’incarne désormais aux yeux de tous la tentatrice, la méchante, la briseuse de couple.
Je viens de voter à gauche, et je pense à ma famille, ce mari brillant et ces garçons magnifiques que j’ai quittés pour François sept ans plus tôt. Personne ne croyait en lui, je n’avais aucun rêve secret d’Élysée. Jamais nous n’avions évoqué le fait qu’il pourrait être candidat un jour. Rien d’autre que de l’amour. »

Rubrique des « petites jalousies »:

« En 2000, il m’invite dans les jardins de la Maison de l’Amérique latine. Je suis convaincue que Jean-Pierre Chevènement va démissionner du ministère de l’Intérieur, à cause d’un différend sur la Corse avec Jospin. Hollande est Premier secrétaire du PS, et n’y croit pas. Les évènements me donneront raison un mois plus tard à peine. Lui et moi parlons de tout, nous irons. Soudain, je vois arriver Ségolène Royal, fonçant vers nous. Je préviens François qui tourne le dos à l’entrée du restaurant. Il croit à une plaisanterie, jusqu’à ce qu’elle s’installe à notre table. Elle est glaciale.
– Je vous y prends, j’espère que je ne vous dérange pas.
François est incapable d’émettre le moindre mot. C’est moi qui lui répond.
– Nous parlions du tour de France.
– Arrêtez de vous foutre de moi !
– Pas du tout, c’est vrai. Et d’ailleurs, nous ne faisons rien de mal, nous ne sommes pas à l’hôtel, que je sache.
Mon aplomb la bluffe autant qu’il l’agace. Elle se tourne vers lui.
– Et moi, tu ne m’emmènes jamais dans des endroits pareils.
Le ton monte. Le sien seulement. François est toujours silencieux. Gêné de cette scène.
Avant qu’un véritable esclandre éclate, elle se lève et part aussi vite qu’elle était arrivée. »

Les gros mensonges :

« – Alors ?
– Alors, c’est vrai, répond-il.
– C’est vrai quoi ? Tu couches avec cette fille ?
– Oui, avoue-t-il en s’allongeant à demi, appuyé sur son avant-bras.
Nous sommes assez près l’un de l’autre sur ce grand lit. Je n’arrive pas à accrocher son
regard, qui se dérobe. Les questions se bousculent :
– Comment c’est arrivé ? Pourquoi ? Depuis quand ?
– Un mois, prétend-il.
Je reste calme, pas d’énervement, pas de cris. Encore moins de vaisselle cassée comme la rumeur le dira ensuite, m’attribuant des millions d’euros de dégâts imaginaires.
Je ne réalise pas encore le séisme qui s’annonce. Peut-il laisser entendre qu’il est seulement allé dîner chez elle ? Je le lui suggère. Impossible, il sait que la photo a été prise au lendemain d’une nuit passée rue du Cirque. Pourquoi pas un scénario à la Clinton ? Des excuses publiques, un engagement à ne plus la revoir. Nous pouvons repartir sur d’autres bases, je ne suis pas prête à le perdre.
Ses mensonges remontent à la surface, la vérité s’impose peu à peu. Il admet que la liaison est plus ancienne. D’un mois, nous passons à trois, puis six, neuf et enfin un an.
– Nous n’y arriverons pas, tu ne pourras jamais me pardonner, me dit-il.
François revient pour le dîner. Nous nous retrouvons dans la chambre. Il semble plus abattu que moi. Je le surprends à genoux sur le lit. Il se prend la tête entre les mains. Il est dans un état de sidération :
– Comment allons-nous faire ?
François et moi nous retrouvons l’un en face de l’autre, chacun assis sur un canapé différent. Ils ont beau être fleuris, l’ambiance est pesante, la distance est déjà palpable.
C’est alors qu’il me parle de séparation. Je ne comprends pas la logique des choses. C’est lui qui est pris sur le fait et c’est moi qui paie les pots cassés, mais c’est ainsi. Sa décision ne semble pas encore irrévocable, mais je n’ai pas la force d’argumenter. Il tente de se montrer le moins dur possible mais la sentence est terrible. Je ne réalise pas vraiment, je suis comme anesthésiée.
Nous rejoignons la salle à manger pour le dîner. Avec la présence des maîtres d’hôtel, la conversation devient presque banale. Nous allons nous coucher, chacun dans une chambre différente. Cela ne nous était jamais arrivé. Cette fois, il veut marquer la fin. Ma nuit est agitée de cauchemars et d’hallucinations, sous l’effet des médicaments. Je me réveille en sursaut, convaincue que quelqu’un est dans la pièce. Je pense à François ouvrant ses bras à une autre femme. Qui a fait le premier pas ? Que lui a-t-il dit de nous ? Que cherchait-il chez elle que je ne peux pas lui donner ? Les images me blessent, je les repousse, mais elles remontent, encore et encore. Elles m’étouffent et je m’étrangle dans mes sanglots.

Quand il n’a pas de réception ou de dîner officiel, il me propose de dîner avec lui. Il essaie de surveiller mes sorties, mes déplacements. À New York, comme à Marrakech, des fleurs de sa part m’attendent dans ma chambre d’hôtel sans que je lui donne le nom de l’endroit où je descends. Il multiplie les gestes symboliques et les déclarations enflammées.
Mais il continue à me mentir, à faire des promesses qu’il ne tient pas. Il me paraît impossible de revenir vers lui, je sais qu’il ne changera pas. Pendant qu’il me supplie, il transforme « l’aile Madame » en bureaux pour ses collaborateurs dont le nombre necesse de grandir. Personne n’est encore dans mon ancien bureau. J’attends.
Il assure être prêt à des excuses publiques. Je n’y crois pas. Je ne crois plus à aucune de ses paroles. Chacun de ses mensonges a lacéré cet amour immense que nous avions l’un pour l’autre.

Les « petits calculs » sordides d’un divorce…

« Le sol s’est ouvert sous mes pas. J’ai peur de l’inconnu, de ce qui va se passer après notre séparation, y compris sur le plan financier. Je fais part à François de mes inquiétudes. Depuis le jugement de divorce avec le père de mes enfants, c’est moi qui ai la charge financière à 100 % de mes trois garçons. À l’époque, c’était le prix à payer pour ma liberté et pour le rejoindre, je n’avais pas hésité. J’avais aussi décidé de conserver le nom de Trierweiler, mon nom de plume depuis plus de quinze ans. Je voulais m’appeler comme mes enfants. Je divorçais de leur père, je ne voulais pas avoir le sentiment de me séparer d’eux.
François sait que mon salaire de Paris-Match ne me suffira pas pour assumer seule à la fois le loyer de notre appartement et les dépenses de mes enfants, leur logement et leurs études.
Plus loin…
Lors d’un beau dimanche de septembre, à la Lanterne, d’une voix très sèche, il m’a ordonné :
– Tu dois renoncer à la télé.
Le ton ne laissait aucune place à la négociation, j’ai accepté aussitôt. Il y avait déjà eu au printemps « l’affaire du tweet » et la défaite de Ségolène Royal à La Rochelle. Je ne voulais plus de polémique, plus de problème entre nous. Mais en renonçant ce jour-là, j’avais perdu les deux tiers de mes revenus et il le savait.
L’argent n’a jamais été mon moteur, mais j’ai peur du lendemain, c’est viscéral. Peur de la précarité, de ne pas avoir un toit quand je n’aurai plus l’âge de travailler. Je sais dans quel dénuement est morte l’une de mes grands-mères. J’ai toujours été indépendante. Je me souviens de ma mère, avant qu’elle ne se trouve un emploi de caissière, obligée, pour faire des courses, de « quémander » de l’argent à mon père, qui puisait alors dans sa maigre pension d’invalidité. Enfant, je vivais ces scènes comme une humiliation, une privation absolue de liberté. Je me suis construite sur ce rejet : jamais je ne dépendrais financièrement de personne. Pas une fois dans ma vie, je n’ai demandé d’argent à quiconque. Qui plus est à un homme. »

Gauche « Bobo » :

« J’ai repensé avec amertume au « pas jojo »(1) en apprenant que François s’est rendu au cours de sa liaison dans le somptueux château des parents de Julie Gayet, avec ses façades du XVIIe au milieu d’un parc magnifique. Cela a plus d‘allure qu’une maison HLM dans une ZUP nord de province. C’est beaucoup mieux qu’un mobile home installé dans un camping sans étoile pas trop loin de la mer.
Voilà une famille comme François les aime : un grand-père chirurgien, une mère antiquaire, un père médecin renommé et conseiller de ministres. Un petit monde « bien jojo », « bien bobo », au goût sûr et raffiné, où les convives sont célèbres, où tout le monde vote à gauche mais ne connaît pas le montant du Smic. Chez moi, pas besoin de notes rédigées pour le savoir, il suffit de regarder au bas de la fiche de paie. »

(1).- Allusion à la famille de Valérie, des « pas jojo », et des « sans-dents »….

Classe politique de Gauche :

« Quelques jours après l’élection, je m’envole aux côtés du président pour Washington. En montant dans l’avion présidentiel, je découvre ce que la presse a appelé « Air Sarkozy » : une grande chambre, une salle de bains, un bureau pour le président et une salle de réunion ou de déjeuner. Onze à table. La plupart du temps des ministres, ainsi que le général Puga, chef d’état-major et Paul-Jean Ortiz, conseiller diplomatique, malheureusement décédé depuis. Deux hommes de grande valeur. En dehors de Laurent Fabius, il ne faut pas être expert pour comprendre que la plupart des nouveaux ministres n’ont pas le niveau. Je suis affligée de ce que j’entends. Je les observe en silence, en me demandant comment tel ou tel a pu être nommé ministre. Equilibre de courant, équilibre de sexe, équilibre régional ou de parti. Peu sont là pour leur compétence. Cela crève les yeux de l’ancienne journaliste politique que je suis toujours au fond de moi. La presse critique leur amateurisme. Si j’étais toujours au service politique de Match, écrirais-je autre chose ? »

La duplicité du Président normal:

« L’affaire avait commencé avant même la présidentielle, quand la victoire se dessinait et que Ségolène Royal rêvait tout haut d’un poste prestigieux. Candidate malheureuse à la présidentielle cinq ans plus tôt, elle jette son dévolu sur la présidence de l’Assemblée.
Nous en discutons à plusieurs reprises avec François. Il n’y est pas favorable. Il sait ce qu’il en coûtera, à la fois sur le plan médiatique et en termes de complications politiques.
Personne ne peut nier leurs liens privés, et moi pas davantage. Ils ont quatre enfants , il n’y a rien de plus précieux. Mais l’éventuelle accession de Ségolène Royal au perchoir de l’Assemblée relancerait le roman médiatique du trio amoureux dont nous avons tous déjà trop souffert.
Plusieurs juristes l’alertent également sur le risque inédit que comporterait un lien privé entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, alors que la Constitution exige la séparation des pouvoirs. Depuis 1875, le président de la République n’a pas le droit de se rendre à l’hôtel de Lassay ni d’entrer dans l’hémicycle.
François Hollande en Président et la mère de ses enfants à la présidence de l’Assemblée, c’est la certitude de polémiques sans fin. François le sait, mais il laisse Ségolène Royal à son rêve. Il l’encourage même puisque c’est ce qu’il a négocié avec elle lors de son ralliement après le premier tour des primaires socialistes, lorsqu’elle lui a apporté son soutien contre Martine Aubry. Mais officieusement, il assure qu’il n’en veut pas comme troisième personnage de l’État. Cette duplicité ne m’étonne pas. Combien de fois l’ai-je ainsi entendu, lorsqu’il était Premier secrétaire du PS, encourager un candidat et tout faire ensuite pour qu’il n’ait pas l’investiture ? Organiser en sous-main des opérations de barrage à une élection en faisant porter le chapeau à d’autres ? C’est un politique, par toutes les fibres de son corps. La tactique est une seconde nature. »

Moi, Président….

« Nous nous retrouvons dans une pièce entre l’étage présidentiel et notre chambre, où Mitterrand entreposait ses livres et ses affaires de golf. Le couple Sarkozy en avait fait une chambre d’enfant. Je l’ai transformée en bureau personnel. J’y ai installé des photos de mes fils lorsqu’ils étaient petits et quelques-uns de mes souvenirs, ceux que j’ai voulu mettre à l’abri des regards des visiteurs que je reçois dans le bureau officiel juste en dessous. Je m’y retire toujours à un moment ou à un autre de la journée pour échapper à la lourdeur du Palais.
Mais cette fois, la lourdeur est dans le bureau. L’atmosphère est tendue, comme à la minute qui précède un orage prêt à exploser, avec ses coups de tonnerre et ses premiers éclairs secs qui zèbrent le ciel. J’éclate de colère. C’est notre plus grosse dispute depuis que nous nous connaissons. Je ne comprends pas sa trahison, il lui suffisait a minima de ne pas me mentir. Si seulement il avait été capable de me dire, les yeux dans les yeux : « Comprends-moi, je ne peux pas faire autrement pour mes enfants… » Je suis capable de comprendre l’importance de la mère. J’en suis une. J’aurais essayé, oui, de l’admettre. Il tente de me calmer.
Mais il me ment encore. Il m’assure qu’il n’y est pour rien, que c’est le secrétaire général de l’Élysée qui s’est occupé de cette affaire. C’est le coup de grâce : le mensonge est énorme. Pierre-René Lemas réfutera ensuite cette excuse dérisoire : au contraire il a voulu empêcher François d’apporter ce soutien qui mélange tout, vie privée et vie publique. Et il n’est pas le seul conseiller à avoir tenté de l’en dissuader. François l’a fait. Au plus profond de moi, sa décision réveille mon sentiment d’illégitimité, qui me fait tant de mal depuis l’officialisation de notre relation.

Le « revanchard », et le « muffle ».

« Je suis déjà et j’ai toujours été convaincue que Sarkozy sera, malgré ses dires, candidat en 2017. Il aura besoin de sa revanche.
Nous continuons à échanger, presque comme deux amies. Elle me confie son mal-être avec ses kilos pas encore perdus, mais cette petite victoire de rentrer enfin dans le tailleur-pantalon qu’elle porte ce jour-là. Me raconte encore combien elle a souffert des attaques sur Internet. À plusieurs reprises, ses yeux s’embuent. À ma demande, elle me montre des photos de ses enfants.
Le temps passe à la vitesse grand V. Notre conversation dure trente-huit minutes. Carla et moi aurions pu échanger bien plus longuement, mais José, qui va gérer les questions du protocole pour moi, comme il l’a déjà fait pour Bernadette Chirac, Cécilia Sarkozy et Carla Bruni-Sarkozy, vient nous interrompre et nous prévenir que les deux Présidents ont terminé leur entretien.
Nous partons les rejoindre dans le hall. Sarkozy m’adresse quelques paroles aimables en me vouvoyant. Il dit à son tour combien c’est difficile pour la famille. Nous voilà tous les quatre sur le perron. Naturellement, j’embrasse Carla. François leur serre la main à l’un comme à l’autre. Il ne raccompagne pas le désormais ex-Président à sa voiture. Une polémique sur un éventuel affront fait à son prédécesseur se développera.
Mais je le connais. Les règles de savoir-vivre ne lui sont pas tout à fait familières, il lui faudra du temps pour s’habituer au protocole. Et il est pressé. Infiniment pressé de la suite : être officiellement investi. D’ailleurs, il tourne les talons sans m’attendre non plus… »

Hollande et la mort :

« François et moi n’avons pas le même rapport à la mort. Il la redoute plus que tout. Il fait partie de ces hommes qui se construisent un destin pour échapper à celui du commun des mortels. Pour laisser une trace, pour survivre d’une façon ou d’une autre. Pour rester dans les livres et dans l’Histoire. C’est sa quête d’immortalité. Il refuse de parler de la mort, il ne sait pas faire avec les mourants ni avec les grands malades. Il en a peur. Il fuit ceux qui vivent des drames, comme si le malheur était contagieux. Je m’en rends compte après la découverte de la grave maladie de sa mère, pendant la campagne de 2007, quand il me demande de l’appeler à sa place pour prendre de ses nouvelles. Il n’arrive pas à les recevoir lui-même, de plein fouet. »

« Le meilleur », ou « le pire » ???

« Retour à la case départ, quand il se prépare mais que personne ne croit en lui. Il est le seul à penser qu’il peut y arriver. Et moi je suis prête à le suivre n’importe où. Tout a commencé un matin de novembre 2010. Alors qu’il s’habille dans notre chambre, il évoque sa candidature à l’élection présidentielle.
Ce n’est pas un sujet que nous abordons. Je sais que c’est son objectif. C’est ainsi que nous l’évoquons parfois, à demi-mot, « l’objectif ». Jamais nous ne prononçons les mots « élection présidentielle ». Un voile de pudeur entoure son ambition. Ce tabou saute une seule fois, alors que nous passons avec ma voiture rue du Faubourg-Saint-Honoré. C’est lui qui conduit. À ma grande surprise, au moment où nous longeons le palais de l’Élysée, il me dit :
– Regarde, on passe devant la maison.
J’explose de rire. Il m’a tellement souvent fait rire. Capable de dérision, comme d’autodérision. Ce matin de novembre, c’est différent, aucune lueur de malice dans ses yeux. Il est plus grave, il me demande ce que j’en pense. C’est la première fois. Je lui dis ce que je pense :
– Après ce qu’il s’est passé en 2002 et 2007, tu n’as pas le droit à l’erreur. Tu n’as qu’une question à te poser. Soit tu penses que tu es le meilleur, et tu y vas, soit non et tu laisses la place à quelqu’un d’autre.
Sa réponse fuse aussitôt :
– Je suis le meilleur.
– Alors dans ce cas, tu t’en donnes vraiment les moyens.
Nous continuons à échanger. Il n’a pas de doute sur lui-même. Il sera toujours convaincu de l’emporter sur Dominique Strauss-Kahn, même quand le patron du FMI est au firmament des sondages. Il est persuadé que Ségolène Royal ne sera pas candidate s’il l’est, lui. En 2007, il l’a laissée se présenter. Cette fois, c’est son tour.

Onze ans, ça suffit :

« Depuis deux ans, il travaille à cette candidature dans la plus grande discrétion. Il est parti du plus bas de l’échelle. En 2008, après le désastreux Congrès de Reims, François était totalement discrédité. La présidentielle avait été perdue, Ségolène Royal l’accusait de l’avoir fait perdre. Comme à chaque échec, il fallait un coupable et le coupable, c’était lui. Tout le monde voulait tourner la page Hollande. Onze ans à la tête du parti socialiste, ça suffisait ! »

Les « trahisons » :

« La suite, on la connaît. Quelques semaines après la défaite de Ségolène Royal, quelques lignes dans une enquête sur sa campagne, Une femme fatale, de deux journalistes du Monde, révèle notre relation sans me nommer et met le feu aux poudres.
Dans la foulée, Ségolène Royal annonce lui avoir « demandé de quitter le domicile conjugal ». La phrase est aussitôt transformée en dépêche « urgent » par l’AFP, alors qu’ils s’étaient mis d’accord pour un communiqué commun.
C’est de bonne guerre et je comprends aujourd’hui à quel point la trahison peut amener à tant de ressentiment. J’imagine que François a dû se comporter avec elle durant toute cette période comme avec moi depuis le début de sa liaison avec Julie Gayet, c’est-à-dire comme le roi du double discours, de l’ambiguïté et du mensonge permanent. »

Voilà. Je laisse à chacun le soin de se faire une opinion. Ces extraits choisis arbitrairement, ne sont qu’un échantillon. Ils donnent une idée de la tonalité de l’ouvrage, et surtout de la personnalité de celui qui en est le sujet central….

Ceux qui préfèreront d’autres extraits, plus significatifs, auront la possibilité des nous les proposer dans leurs commentaires….

5 réflexions au sujet de « « Le Livre » ou « le baiser qui tue »…. »

  1. berdepas Auteur de l’article

    @Jacques: Ok !!! si vous scannez et que vous allez au-delà de la 98ème page ( je n’ai pas pu aller plus loin ), et si vous trouvez des passages intéressants, je suis ppreneur. Au besoin j’irai les consulter sur votre blog. Cordialement.

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