Lettre ouverte à Mr Bilger.


Cher Mr Bilger,

Vous publiez sur votre blog, que je fréquente régulièrement, car j’apprécie la qualité littéraire de vos billets, et la pertinence de certaines de vos analyses, même si, comme vous le savez,  je ne partage pas toujours les points de vue que vous exprimez, malgré votre talent.

Tous ceux qui, comme moi, vous lisent régulièrement, et depuis longtemps,  savent quelle a été votre détestation de Nicolas Sarkozy. Et aucun d’entre nous, n’ignore votre fidélité à François Hollande, dont vous aviez, ouvertement défendu la candidature.

Dans votre dernier billet, vous pourfendez le livre que Valérie T. a commis en guise de règlement pour solde de tout compte, après sa répudiation par celui qui semble avoir été, pour elle, un amour fou, mais pas totalement aveugle.

http://www.philippebilger.com/blog/2014/09/quel-g%C3%A2chis-que-ce-livre-je-ne-me-suis-pas-content%C3%A9-des-extraits-je-suis-all%C3%A9-au-bout-et-puis-je-dire-que-je-suis-%C3%A0.html

On comprend, à la fois, votre embarras et votre colère, Mr Bilger .

Votre « idole » est à terre et aux abois.

Je ne partage pas votre sévérité pour ce livre que j’ai essayé de lire, sans pouvoir, cependant, aller plus loin que la centième page….

Ce livre est un cri de douleur. Celui d’une femme meurtrie, certes, mais de surcroît trompée et répudiée face au monde entier, d’une femme confrontée au mensonge permanent, aux esquives, aux petites lâchetés quotidiennes d’un homme manifestement dépassé par sa fonction, mais qui, enfermé dans ce déni de réalité qui enferme d’ailleurs toute la gauche, refuse d’assumer ce qu’il est, ce qu’il fait, ou ne fait pas, et qui en reporte la responsabilité sur celle qui est à ses côtés, témoin silencieux de son échec, de sa chute, une chute qu’il essaie d’oublier dans les bras d’une autre…

C’est vrai qu’au bout d’un moment de lecture, on n’en peut plus, de gêne, de honte presque…

On se dit que c’est « ça » que des Français ont élu. Par pur esprit de revanche, par une sorte de haine entretenue savamment, scientifiquement presque par des médias, des Instituts de sondages, qui aujourd’hui essaient de faire bonne mine devant le désastre.
Un petit bonhomme, dans un costume trop grand pour lui.
Un petit bonhomme qui n’a rien compris à la France, et encore moins aux Français. Rien compris au monde qui l’entoure. Car pendant dix années d’opposition, il n’a rien fichu, rien travaillé, rien mûri en vue d’un vrai projet digne de la France.
Confiant dans sa « bonne étoile » il pensait sans doute qu’il serait Président, parce qu’il est meilleur que tous « les autres », plus intelligent que la moyenne des « Enarques », plus roué aussi. Il attendait que le pilonnage incessant contre celui qui focalisait tout son mépris fasse son oeuvre et l’abatte.
Alors « Lui, Président » arriverait, juste au moment qu’il fallait. En surfant sur la vague du rejet de « l’autre », avec un programme délirant de démagogie.
Elu Président, il n’a pas compris qu’au lendemain de son élection, il devenait le Président de tous les Français, en vertu des lois de la démocratie.
Il est resté le Premier secrétaire du Parti socialiste, et il n’est même pas devenu, après quelques mois, le Président de la gauche, toute la gauche.
Les mots les plus durs contre sa personne, je ne les ai pas trouvés dans le livre de Valérie T., mais dans celui de Madame Duflot : à force de jouer au plus malin avec tout le monde, y compris avec ceux qui l’ont élu, il n’est devenu « le Président de personne », alors qu’il a été élu pour être « le Président de tous les Français ».

Il est déjà entré dans l’Histoire, en scooter, casqué, et il en sortira comme le Président des « Homosexuels à marier », des « récidivistes », « des impôts confiscatoires », du chômage et des déficits, de l’affaiblissement du rayonnement de la France, de l’échec tragique d’une Gauche qui s’est trompée de siècle.

Je ne sais M. Bilger, si vous faites partie des 14% de Français qui le soutiennent encore…

Il serait intéressant qu’avec le talent d’écriture que nous vous reconnaissons, vous nous disiez ce qui justifie, encore aujourd’hui,  votre fidélité au choix que vous avez fait en 2012.

Le Front National en questions…


Les résultats des derniers sondages affolent, autant la Gauche que la Droite. La perspective de devoir affronter Marine Lepen au second tour de l’élection présidentielle tétanise la « classe politique »….

La Gauche, après avoir, pendant des années, « joué avec le feu », en agitant pour « énerver » la Droite , des chiffons rouges qui, à chaque fois profitent au Front National, et après avoir, pendant un temps,  caressé l’idée de voir son candidat affronter Le Pen au second tour, en espérant actionner le « réflexe républicain »pour remporter l’élection, cette Gauche, héritière du machiavélisme mitterrandien, s’interroge, paniquée.

Car dans tous les cas de figure, son candidat serait battu au second tour par Marine Le Pen. La Gauche se sent donc prise à son propre piège.

La Droite, qui nous a habitués à traiter le Front National avec une sorte de dédain, refusant de placer Marine Le Pen au centre du jeu politique, est en train de prendre, à son tour, conscience du danger.

L’UMP, sur laquelle flotte un parfum de décomposition, éreintée par une impitoyable guerre des chefs, ne semble plus pouvoir jouer son rôle de rempart capable d’endiguer la vague protestataire qui porte le Front National.

Un dédain qui masque mal l’incapacité à répondre aux questions soulevées depuis des années par les Le Pen. Ces questions dont un Fabius disait autrefois qu’elles étaient « de bonnes questions », mais auxquelles, ni la Droite, ni la Gauche n’ont apporté de réponses crédibles.

Alors le « vieux chef », qui s’est tenu à l’écart du « tout à l’ego », à la fois brillant et digne, sort du bois, usé, meurtri par les accidents de parcours de sa longue carrière politique dans l’ombre d’un Chirac – qui portera aux yeux de l’Histoire la responsabilité de l’état pitoyable de la France, bien plus que Sarkozy -, héritier d’un roi fainéant qui a régné plus de dix ans, en faisant croire aux Français qu’il était « la Droite », alors qu’il n’a jamais été qu’un « rad-soc »habile et menteur  .

Ainsi, donc Juppé a décidé de partir en « croisade » contre le Front National.

Mais avec quelles armes ??? Avec quel discours ???

Sur le plan économique, comment parviendra-t-il à se démarquer de la nouvelle gauche « social-libérale » de Valls ???

En nous resservant la bouillie du « libéralisme-social »du « Centre-Droit » dont il se réclame, et dont Marine Le Pen n’aura aucun mal à démontrer qu’il a échoué et qu’il ne répond plus aux défis de la situation critique dans laquelle se trouve le pays ???

Tout en sachant, ici,  que les solutions proposées par le Front National, sur le plan économique, sont suicidaires.

Sur le plan sociétal, comment parviendra-t-il à convaincre un peuple français, qui désormais, – surtout grâce à internet – a les yeux grand ouverts sur le processus rampant d’islamisation de la France, qui avait largement débuté lorsque Chirac était au pouvoir ???

Qui ne se souvient que Chirac amateur de cultures exotiques, dont Juppé était le Premier Ministre, a été l’un de ceux qui se sont opposés, dans l’ex-futur projet de Constitution européenne, à la mention des racines judéo-chrétiennes de l’Europe et qui prétendait qu’il nous fallait « assumer » (???) nos racines musulmanes ???

IslamDans un livre paru récemment, Juppé était mentionné parmi les hommes politiques de Droite qui, pour des raisons électoralistes entretiennent des relations ambigües avec les organisations islamistes, en France. Cf: http://www.trouvetamosquee.fr/la-grande-mosquee-de-bordeaux/

MosquéesTous ces personnages, dont Juppé représente l’archétype, cherchent à se refaire une « identité politique ».

Un réflexe un peu tardif.

Car la France ne tardera pas à connaître, avec l’Islam et son appendice djihadiste, de graves difficultés après tant d’années d’aveuglement, d’ambiguïtés, de mensonges ou de déni de réalités, des difficultés qui détourneront un peu plus les Français d’une classe politique qu’ils n’écoutent plus parce qu’ils savent maintenant qu’à Droite comme à Gauche « les promesses n’engagent que les couillons qui les écoutent »….

Ce sont ces années perdues, ces accumulations d’errements, de fuites en avant, d’illusions entretenues par une classe politique qui s’est déconsidérée elle-même, qui ont poussé le peuple vers les extrêmes, tant à Gauche qu’à Droite.

La Droite, comme la Gauche, a besoin d’un sévère « aggiornamento » idéologique pour retrouver son électorat. « C’est dans les vieilles marmites que l’on fait de la bonne soupe » disait ma grand-mère. Mais le problème c’est que les Français n’aiment plus cette soupe là, et ne veulent plus de cette cuisine….

Pour redresser la barre, il faut faire confiance à la voix du peuple et cesser de la traiter avec dédain : le « populisme » n’est rien moins que l’expression de la colère du peuple envers ses « zélites » dont il a compris qu’elles ne sont plus à la hauteur de la situation.

Le navire est dans la tempête, et ceux qui rament dans les soutes, cherchent un Capitaine qui sait lire la carte et qui ne « gouverne » pas à la godille.

Et pardessus tout, avant de larguer les amarres, ils veulent un Capitaine capable de remettre de l’ordre à bord. Un Capitaine capable de restaurer l’autorité de l’Etat tellement affaiblie au cours de ce quinquennat.

Car, pour l’heure, les Français qui ont cru élire en François Hollande, un Président, n’ont élu qu’une pâle copie du Premier Secrétaire du Parti Socialiste qu’il a été. On ne gouverne pas la France comme on dirige la Corrèze. En outre, et si les Français rejettent massivement Hollande, c’est parce qu’il n’a rien compris à la France d’aujourd’hui, rien compris au nouvel état du monde qui l’entoure, et rien compris à la Fonction Présidentielle: car, et avant tout, il n’a pas compris qu’au lendemain de son élection, il devenait le Président de tous les Français et pas seulement des « socialistes ».

C’est pourquoi tous les Français, ou presque, le rejettent et vont même jusqu’à lui préférer Marine Le Pen !!!!