Qui « rase » Poutine ???


Europe

J’avoue ne pas très bien comprendre la démarche de la France, et de l’Europe, dans le litige qui nous oppose à la Russie de Poutine, dans l’affaire Ukrainienne.

J’ai parfois l’impression que nous sommes gouvernés par des petits coqs, prêts à affronter un ours dont on nous dit qu’il est méchant et pas du tout fréquentable….Et pour reprendre une expression que j’emprunte à Chevènement, « pourquoi aller chatouiller les moustaches de l’Ours Russe » ????

Ma remarque vaut aussi bien pour la « diplomatie française » que pour celle, – s’il en est une -, de l’Europe dont la Ministre Anglaise des Affaires Etrangères ( rappelez-moi son nom ???), chargée de défendre les positions de notre Union,  pratiquement inscrite aux abonnés absents, est inaudible…

En effet, qu’est-ce  que l’Europe avait à espérer dans un bras de fer avec Poutine ? On se le demande.

De Gaulle rêvait d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural, mais pratiquait une politique étrangère de subtil équilibre entre Washington et Moscou, jouant de l’opposition entre deux blocs dont il se faisait plus ou moins l’arbitre.

Or, sans en mesurer les conséquences, sans aucune pédagogie sur ce projet fou, sans aucune consultation, ni populaire, ni parlementaire, les « Eurocrates » de Bruxelles aux quels la France a décidé d’emboîter le pas, ont décidé, comme dans les cas précédents ( Roumanie, Bulgarie, etc.. ), d’ouvrir grandes  les portes de l’Europe à l’Ukraine, un pays exsangue, un pays de maffieux, endetté au-delà du raisonnable (ne le sommes-nous pas nous-mêmes ?), un pays qu’en pleine crise économique l’Europe n’a pas les moyens de soutenir ni financièrement, ni économiquement !

En outre il est proposé, sous l’impulsion américaine, que l’Ukraine rejoigne l’OTAN.

Mais les autorités qui ont succédé à M. Ianoukovitch, dont personne ne semble regretter la chute et la fuite, ne se seraient certainement pas lancées dans l’aventure sanglante dont nous suivons les péripéties si elles n’avaient été encouragées par l’Union européenne et surtout si elles n’avaient obtenu des assurances de l’OTAN et du « nouveau protecteur de l’Est européen qui, de Washington, tire les ficelles de ses marionnettes et s’embarrasse souvent dans ses fils. »

Et qui pouvait croire que devant de telles perspectives Poutine resterait immobile, sans compromettre sa popularité qui, en Russie, est bien au-delà de celle qu’on lui accorde en Occident ?

Qu’aurions-nous fait si la Belgique, à l’époque soviétique, après avoir élu à sa tête un gouvernement communiste, avait décidé cédant aux sollicitations du Kremlin, d’entrer dans le « Pacte de Varsovie » ????

Au lieu de nous embarquer dans cette aventure, que cette Europe, incapable d’avoir une vraie politique étrangère dans une région aussi sensible que le Proche Orient, incapable de mettre sur pied une « Défense Commune », dont on nous rabat les oreilles depuis des années, n’a pas les moyens d’affronter,  n’y avait-il pas mieux à faire ???

Car la France risque de ne pas sortir à son avantage de ce marathon diplomatique entretenu par Obama qui tente de redorer un blason, terni sur le plan de la politique intérieure des USA, et définitivement terni dans un Moyen-Orient où il a accumulé les faux pas, et où sa parole n’a plus aucun crédit.

Qu’Obama cherche à se construire, pour terminer son dernier mandat « en beauté », une « stature » en s’opposant à un Poutine plus retord que jamais, c’est plus qu’évident. Car, du destin de l’Ukraine, il n’en a rien à cirer, lui qui comme tout dirigeant américain regarde volontiers du côté de l’Asie plus que de celui d’une Europe, qui s’accroche au parapluie américain, comme l’enfant s’accroche aux jupons de sa mère…

N’y avait-il pas lieu de prendre en considération, au nom du « Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », dont on m’a rabattu les oreilles pendant toute ma jeunesse, les affinités culturelles et linguistiques, les aspirations, des revendications qu’exprimait une fraction non négligeable de la population ukrainienne située géographiquement, depuis toujours dans une zone fortement dépendante de la Russie ??? Et se rallier à la solution « gaullienne » et démocratique de « l’auto-détermination », dont les organisations internationales auraient contrôlé le scrutin ???

Au lieu de cela, on veut nous faire avaler, à coups de propagande, – car c’est bien à cela que nous sommes soumis depuis plusieurs semaines – l’idée que l’URSS de la « Guerre froide » a ressurgi, et que sous le masque impénétrable de Poutine se cache un nouveau Staline ???

On peut se demander si les « petits chefs » qui nous gouvernent, dépassés par un incendie qu’ils ont eux-même allumés, ne se sont pas fourvoyés dans le rôle de pompiers dotés d’une lance sans eau….

De Gaulle, dont je ne suis pas un fanatique, mais dont je ne peux contester les qualités de visionnaire, prêchait en faveur d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural.

Il faut dire que dans une telle Europe, il aurait été capable de donner à la France une place à la hauteur de ses ambitions. Mais peut-on en dire autant des cancres qui nous gouvernent ????

5 réflexions au sujet de « Qui « rase » Poutine ??? »

  1. Ping : Les « Primaires …. | «Tempus Fugit….

  2. Ping : Mourir pour l’Ukraine ??? | Tempus Fugit….

  3. berdepas Auteur de l’article

    @ Chéné Alain: La question n’est pas d’aimer ou de ne pas aimer Poutine, dans cette affaire. Les sentiments quand il s’agit d’affaires internationales ont très peu de place. Il est certain que Poutine, dont la popularité en Russie est bien supérieure à celle qu’on lui prête en France et en Europe, profite de cette curieuse affaire pour renforcer son image de défenseur de la « Grande Russie », de ses valeurs, de sa culture, de sa langue…et de sa zone d’influence traditionnelle.
    Mais là n’est pas la question.
    La question que je pose à travers ce billet, c’est : comment des Eurocrates, non élus par le peuple européen, peuvent décider, sans pédagogie, sans débat, sans aucune consultation populaire ou parlementaire d’élargir les frontières de l’Europe, déjà bien difficiles à défendre, à l’Ukraine, comme à la Roumanie, la Bulgarie, la Moldavie, le Monténégro, l’Albanie et d’autres encore ??? Car c’est à ce stade que la voix de la France aurait dû être entendue.
    Alors que nous sommes placés devant un fait accompli qui engendre une tragédie humaine dont on ne sait si elle débouchera pas sur une tragédie encore plus grande.
    Que des personnages comme de Villiers manifestent leur admiration face à un Poutine, avec lequel il est « en affaire », comme on dit, cela n’a rien de surprenant.
    Par contre ce qui est plus intéressant c’est qu’on peut lire sur internet des commentaires de plus en plus nombreux, sur le déficit d’autorité dont souffre la France, et nombreux sont ceux qui approuvent l’attitude patriotique de Poutine, non seulement dans l’affaire Ukrainienne, mais également vis à vis du Moyen-Orient où il apparaît de plus en plus que nos « alliances », notamment avec l’Arabie saoudite et le Qatar, sont devenues douteuses. Nous sommes « dans le camp » des Sunnites qui soutiennent des Djihadistes qui sont probablement la plus grave menace pour notre avenir, alors que Poutine, plus subtilement a choisi le camp des Chiites, avec l’Iran, et Assad devenu le « défenseur des minorités opprimées », car il appartient lui-même à la minorité allaouite…..

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  4. Chéné Alain

    J’approuve vos propos et je constate que nous ne sommes pas les seuls. Philippe de Villiers cette semaine sur RTL(avec un peu de provoq.) n’hésitait pas à préférer un Poutine défenseur de son pays et de ses valeurs à notre Président ….je ne trouve même plus de qualificatifs sans tomber dans l’irrespect de la charge.

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