Après le « gros bide »…le grand vide ???


vide

L’agitation est grande, dans les médias comme dans le microcosme politique parisien, après le « séisme » provoqué par le résultat, prévisible, des élections européennes de dimanche dernier.

Chacun sent bien que, après ce scrutin, plus rien ne sera  comme avant.

A gauche, le désarroi est immense: le score du Parti Socialiste, désastreux, est le pire de ceux réalisés par ce Parti de Gouvernement à un scrutin national, depuis la création de la Vème République. Le désaveu de Hollande, et de son Parti est brutal.

Mais le score des Partis de « la gauche de la gauche »( car en France, il y a une « extrême-droite, mais il n’y a pas de Partis « d’extrême-Gauche »!!!) montre qu’il n’y a pas de recours à gauche, devant l’échec d’une politique qui, on le sait depuis le début de ce quinquennat, mène la France dans le mur.

Qui parmi nos « journaleux », a relevé le fait qu’il y a aujourd’hui, plus de chômeurs que d’électeurs socialistes ????

Nous ne nous attarderons pas ici sur les causes de cet échec: à la démagogie congénitale de la gauche française, s’est ajouté le fait qu’elle est parvenue au pouvoir, presque par défaut, avec un programme bricolé dont le coeur reposait sur la vague anti-Sarkozy qu’elle avait su susciter et exploiter habilement.

Le Parti Socialiste, devenu un Parti de notables de Province, coupé de sa base populaire, n’a pas mis à profit les dix années pendant lesquelles il était dans l’opposition, pour travailler, préparer ses dossiers, prendre en compte le nouvel état du monde, analyser les transformations de la société française pour arriver au pouvoir avec un programme réaliste, courageux, et responsable.

Au lieu de cela, on a vu arriver au pouvoir, une bande d’apprentis sorciers, de politiciens bricoleurs, d’amateurs confits dans une culture idéologique d’un autre siècle, imprégnés des idées suicidaires répandues dans le Parti Socialiste par des « think-thanks »tels que « Terra-Nova, évoquées à plusieurs reprises sur ce blog…

Car il faut avoir lu les préconisations du rapport hallucinant de Terra-Nova pour comprendre comment le Parti Socialiste a perdu tout contact avec son électorat populaire. Ce rapport intitulé, « Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 » , exhibe un cynisme si époustouflant, si décomplexé dans « l’approche marketing » de l’électorat, il explique avec tant d’ingénuité comment manipuler et duper chaque catégorie populaire, ou pourquoi il faut tourner le dos à la classe ouvrière, que je ne puis faire moins que de contribuer à mon tour à sa publicité,

En fait, ce Président dont l’envergure est celle d’un sous-Préfet de province, qui s’est entouré d’une bande d’apparatchiks habiles dans l’art de rédiger des « motions de synthèse », mais dénués de toute culture en économie et de toute expérience en entreprise, a fait preuve d’une incompétence qui s’est traduite par une incohérence et une inefficacité dont les conséquences s’aggravent de semaine en semaine, au point de voir certains éditorialistes se demander si cela pourra encore durer trois ans….

A droite, la situation n’est guère plus brillante. La défaite de Sarkozy a plongé l’UMP dans une minable bataille d’égos, entre ceux qui, après avoir plus ou moins spéculé sur cette défaite, estimaient avoir la légitimité pour recueillir « l’héritage ».

Deux hommes portent une lourde responsabilité dans ce « sabordage »: Coppé et Fillon incapables de contenir leurs ambitions ont brisé un Parti qui reposait sur un fragile compromis entre les héritiers d’un RPR défunt et des Centristes en déroute….

Comme je l’ai écrit dans un précédent billet, au lendemain de la défaite de Sarkozy, ces deux personnages ont montré qu’aucun d’entre eux n’avait une envergure d’Homme d’Etat, capable de mettre de côté, pendant un temps, ses ambitions personnelles, et de s’élever, pour servir la France, au niveau nécessaire pour organiser une « alternative crédible » à la Gauche au pouvoir.

La victoire du Front national, et, bien pire encore, le score réalisé par les autres formations politiques, constituent un camouflet pour tous ceux qui pensaient pouvoir encore longtemps ignorer la colère d’un « peuple de droite »,- car il existe, en France, un « peuple de droite » – qui, depuis trop longtemps, se sentait incompris, ignoré, voire même méprisé…..

L’affaire Bigmalyon vient d’éliminer durablement l’un des deux coupables du déclin de l’UMP.

Un « putsch »de conspirateurs a placé, provisoirement, à la tête du Parti, un triumvirat de vieux chevaux de retour, parmi lesquels, deux d’entre eux ont encore des rêves de poulains de race….

Aucun, dans ce trio, n’a montré dans le passé, des convictions qui permettent d’attendre autre chose qu’une orientation politique ambiguë, une politique à « l’eau tiède », de compromis avec les tenants d’un discours « politiquement correct », que le peuple de droite reçoit avec exaspération.

Il faut attendre ce qui résultera du congrès du Parti, prévu pour Octobre prochain, pour clarifier une situation confuse.

Car il faut être clair: Coppé est « tombé » autant en raison des soupçons qui pèsent sur lui dans « l’affaire Bigmalyon », qu’en raison de ses inclinations en faveur d’une orientation politique dans la ligne de celle de Sarkozy, une ligne qui prenait en compte les messages, qu’à travers le Front National, une fraction croissante du peuple français, envoie à des élus qui refusent de l’entendre….

L’UMP nouvelle mouture ne pourra pas continuer, longtemps encore, à ignorer le glissement de son électorat vers une droite plus ferme, une « droite couillue et décomplexée », une droite s’attaquant enfin aux questions soulevées par le Front National, notamment en matière d’immigration et de souveraineté nationale, face à un « grand machin » européen totalement décrédibilisé dans la plupart des pays d’Europe….

Car il est clair que depuis une dizaine d’années, l’UMP n’est plus réellement représentative du « peuple de droite ». Complexée parce que coincée entre une gauche accusatrice, et un Front National qui travaille à sa vampirisation, l’UMP n’a pas su répondre autrement que par une dérive à gauche de l’ensemble du Parti  : le Front national a malheureusement réussi à vampiriser de nombreux thèmes de feu le RPR. L’UMP s’est laissée séduire par les idées centristes, alors que le Centre lorgne vers une alliance avec la social-démocratie.

Pendant ce temps, le Front National ratisse les déçus de la Gauche comme ceux de la Droite, et se fait l’interprète des voix populaires aux quels les « Partis de Gouvernement » sont restés sourds….

Fabius a dit un jour que « le Front National pose de bonnes questions, mais propose de mauvaises réponses » !!!

On attend toujours les bonnes réponses des autres Partis, …dont le sien, et celles de l’UMP !!!

Si ces réponses ne sont pas trouvées dans les trois années qui viennent, l’implosion de l’UMP ne pourra être évitée.

Car nous ne sommes plus dans une configuration politique suggérant que « la France veut être gouvernée au Centre ». Nous sommes en 2014, et la crise a produit ses effets dans toute l’Europe où l’extrême-droite prospère sur l’impuissance des Partis traditionnels. 

A défaut de prendre en compte l’état de l’opinion, 2017 risque de confronter le pays à une situation inédite, avec un Front National au deuxième tour affrontant des adversaires affaiblis par leurs erreurs passées.

Ce serait dramatique. Car si le Front National fait une analyse souvent juste de la situation de la France et sur l’état de sa société, il n’a encore rien compris aux défis économiques qui sont devant nous et au nouvel état du monde que les nouvelles générations vont devoir affronter. Quant aux solutions économiques qu’il propose, elles sont tellement irréalistes qu’elles précipiteraient la France dans un vide sidéral….

Alors ??? Prêts au grand saut dans le vide ????

Statistiques Wordpress.


Tempus Fugit….
Stats WordPress au 28 mai 2014, 22 h 51 min
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  • Top des Visites par Pays
  • pour les 30 jours précédant le 2014-05-28 (résumé)

Pays                    Visites
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Congo                 1
Égypte                1
Arabie                 1
Brésil                   1
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Ukraine              1
Turquie              1
Pays-Bas            1
Serbie                 1
Taïwan               1
Tchéquie           1
Hongrie             1
Viêt Nam           1

« Le Diable est dans les détails »….


Diable

* »Le Diable est dans les détails ». Cette expression est attribuée à Nietzsche, philosophe allemand du XIXème siècle. Elle ne fait aucunement référence à la religion, mais l’image qu’elle inspire renvoie à un être maléfique qui viendrait troubler ceux qui l’entourent en agissant sur les « détails » d’une situation….

Le Front National de Le Pen en sait quelque chose lui qui fut, trop longtemps, « diabolisé » pour l’utilisation stupide et provocatrice du « détail », pour qualifier la Shoah, cette tragédie qui laissera une tache indélébile sur notre civilisation.

La « diabolisation » du Front National et du chef charismatique de ce Parti a longtemps été le seul moyen que les autres Partis politiques, en manque d’arguments sérieux et crédibles, ont trouvé pour tenter de réduire le » diable » au silence…..

Vous voyez maintenant où je veux en venir…..

Les résultats, prévisibles, du scrutin pour l’élection du Parlement Européen, viennent de démontrer de manière éclatante, que la » diabolisation », ça ne marche plus.

Les Français, – ce vieux peuple rompu à l’interprétation des situations politiques les plus insolites, les plus complexes et les plus dangereuses pour le destin du pays, et de plus en plus attentif au verbalisme d’une classe politique coupée des réalités de la vie populaire, qui croit pouvoir « endormir »le peuple pour mieux l’instrumentaliser -, les Français, donc, ne marchent plus dans la « combine »….Ils n’ont plus peur du Diable !!!

Ils ont fini par se fâcher contre ceux qui les prennent pour des billes. Ceux qui se font élire sur un programme de gauche et font une politique que même la droite n’a pas eu le courage de faire…. après avoir, trop longtemps, subi des politiciens de droite, élus à « coups de menton », qui une fois installés au pouvoir oublient, par lâcheté, toutes leurs promesses.

En outre, la France, qui est une des plus vieilles démocraties d’Europe, ne pouvait plus continuer à tolérer qu’environ un Français sur six n’ait aucun droit à l’expression démocratique de ses angoisses, de ses difficultés, de ses déceptions, frustré par un ensemble de Lois électorales savamment conçues, de toute représentation au Parlement de la République. Alors même que des courants politiques représentant des opinions minoritaires disposent, à la suite de combinaisons politiques, d’une représentation sans rapport avec leur poids dans l’opinion….

Tout ces Français-là, traités avec une forme de mépris, comme s’ils appartenaient à une catégorie de sous-citoyens, aux idées « nauséabondes », sont exaspérés. Alors, ils se fâchent.

On peut se demander pourquoi refuser le droit d’exprimer leurs opinions à des Français qui aiment leur pays, qui travaillent, paient leurs impôts, qui sont attachés à leur Culture, à leurs Traditions, à leur Histoire, à leur « identité », mais qui refusent de voir les fenêtres de leur pays ouvertes à tous les vents, par lesquelles s’engouffrent des populations affamées de bien être et qui fuient leur pays,…. après en avoir chassé la France.

Dans la conception que nous avons de la Démocratie, même les imbéciles ont le droit de s’exprimer. D’ailleurs, un grand nombre d’entre eux ne s’en privent pas….

Alors, pourquoi refuser d’écouter les voix du bon sens populaire ??? Pourquoi s’obstine à traiter le « populisme », c’est-à-dire la voix du peuple, par le mépris ???

Interdire l’expression d’un courant politique, par des artifices reposant sur des modes de scrutin conçus pour barrer l’accès parlementaire à un Parti, quel qu’il soit, et en conférant aux médias le pouvoir abusif de décider si le Parti en question peut être considéré comme « fréquentable » par le microcosme journalistique, n’a jamais fait que nourrir le ressentiment de ceux qui légitimement, s’interrogent sur les raisons de les priver du droit à l’expression médiatique….

Mais ce que les couches populaires qui ont voté pour le Front National comprennent encore moins c’est la volonté d’une conjuration de certaines élites, de « diaboliser »ce Parti ostracisé, pour tenter de le décrédibiliser, et de l’empêcher d’exprimer librement une opinion qui dérange, mais qui est partagée par un grand nombre de ceux qui souffrent de n’être pas entendus.

Dans un ouvrage récent intitulé « Du Diable en Politique, Réflexions sur l’antilepénisme ordinaire » (Paris, CNRS Editions, 2014), Pierre-André Taguieff, philosophe, politologue et historien des idées, directeur de recherche au CNRS et rattaché au Centre de recherches politiques de Sciences Po tente d’analyser le processus de « diabolisation » du Front National, et son impact sur l’opinion de ces « Français de seconde zone »qui adhèrent au Front National.

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Cet ouvrage est édifiant, d’autant plus que son auteur ne peut être sérieusement suspecté de sympathie envers ce Parti dont on nous affirme abusivement, depuis ce matin, qu’il est devenu le « Premier Parti Politique français ».

Dans un article publié par le Figaro, Pierre-*André Taguieff analyse ainsi le processus de « diabolisation »*( je le cite):

« La diabolisation implique de réduire un individu ou un groupe à une manifestation du Mal ou à une incarnation du diable, et d’en tirer les conséquences pratiques, à savoir l’élimination de l’entité diabolisée. Dans les systèmes totalitaires, la diabolisation des opposants se traduit par leur extermination physique. Dans les démocraties pluralistes, les adversaires diabolisés sont en principe exclus du jeu démocratique, mis à l’écart du système politique.

*La diabolisation constitue ainsi une méthode d’illégitimation d’un adversaire, d’un concurrent, d’un contradicteur, qui sont ainsi transformés en ennemis redoutables et haïssables. En outre, diaboliser l’autre (l’opposant ou le différent), c’est se classer soi-même dans la catégorie des représentants ou des combattants du Bien. C’est donc se donner une légitimité, voire une respectabilité à bon compte. »
Le Front National s’est fait une spécialité dans la dénonciation d’un « désordre intérieur attribué à une immigration jugée non intégrable, et que la mondialisation et la construction européenne sont dénoncées comme des menaces pesant sur l’indépendance et l’identité nationales. » ( Fin de citation ).

Ses « diabolisateurs » l’accusent notamment d’être partisan d’un repli sur soi de la nation, de développer des thèses xénophobes ou racistes, et surtout d’être des fauteurs de division du peuple français, en alimentant les peurs et les haines entre groupes ou entre communautés.

En France, l’antinationalisme est devenu l’idéologie dominante à la faveur de la construction européenne. Les nations étant perçues comme des obstacles à cette dernière, le sentiment national lui-même a été réduit par les élites dirigeantes à une survivance nuisible d’un passé révolu, et d’un archaïsme détestable.

Or, le problème, c’est que le sentiment d’appartenance nationale, comme le souci de préserver une forte identité nationale, sont profondément ancrés dans ces couches populaires françaises qui s’estiment menacée par une immigration non maîtrisée, et par le discours « laxiste » répandu dans certains milieux, qui condamne la France à des « réformes de société » fortement contestées et à un « métissage »forcé*….

Les « zélites », influencées par le discours de certains « zintellectuels » éloignés des réalités populaires, ont eu beaucoup trop tendance à traiter par le mépris, l’opinion de ces mêmes couches populaires accablées par la chômage, et la perte de pouvoir d’achat et une insécurité niée par ces « zélites », mais violemment ressentie.

De même que ces « zélites » sont restées insensibles au désarroi des classes moyennes menacées par un déclassement et une paupérisation accélérés.

Ces mêmes couches populaires sont désormais convaincues qu’il existe une vraie conjonction d’intérêts pour favoriser une immigration qui de « richesse pour la France », s’est transformée, quoi qu’en disent les « belles âmes », en fardeau pour le pays et en menace pour le monde ouvrier : les « patrons » y voient la possibilité de l’utiliser pour peser sur les salaires à la baisse. Quand aux Partis Politiques de Gauche, et aux Syndicats, ils y voient l’opportunité de regonfler » leurs effectifs, et de disposer de « troupes fraîches » pour mener les combats futurs….

Mais le seul fait de le dire est considéré comme « nauséabond » et comme un « délit de populisme » !!!

S’ajoutent à cela, des menaces que la classe politique fait mine d’ignorer, ou au mieux, de minimiser en les traitant par le silence, qui sont réelles et font peser de graves incertitudes sur l’avenir de la cohésion de la nation et contribuent à l’angoisse des Français .

Que plus de 700 « Français » issus de l’immigration maghrébine soient partis combattre en Syrie pour le Djihad n’est pas un fait insignifiant. Le retour des survivants dans les « quartiers sensibles »constituera une menace que chacun perçoit déjà comme certaine….Quel st le Français de bon sens qui n’est pas convaincu que « le vers est dans le fruit », et que nous subirons un jour ou l’autre, les conséquences de la « radicalisation » de ceux à qui nous avions offert l’hospitalité ???

Le résultat du vote d’hier, est la résultante de tout cela.

Il est accablant pour l’ensemble de la classe politique, et devrait inciter nos élites à renoncer à la lâcheté de leurs petits calculs politiciens, à sortir enfin d’un autisme désespérant, et à prendre enfin la mesure du fossé profond qui les sépare d’un peuple en colère, sous peine de voir s’accroître le danger d’un glissement durable de l’électorat populaire vers les extrêmes, et d’accentuer l’isolement de la France, en Europe, et dans le monde.

Nous sommes à la veille d’un grand chambardement : à défaut du « changement c’est maintenant » dont les socialistes avaient fait leur slogan électoral….Il est des moments où il faut se résigner à détruire, afin de tout reconstruire. Sur des bases saines.

Esclavages…..


traite negriere

Les « grandes âmes » dont notre pays est abondamment pourvu, se sont émues d’un Twist du Député Thierry Mariani, qui s’est permis d’ironiser sur un sujet brûlant ;

http://www.lepoint.fr/politique/thierry-mariani-merci-boko-haram-07-05-2014-1819837_20.php

L’esclavage est, en effet, un sujet à n’aborder qu’avec des « pincettes ». Et surtout, en évitant de prononcer un mot qui fâche : « déculpabilisation » …..

C’est un sujet de prédilection pour ceux qui entretiennent l’idée  d’une culpabilité unilatérale de l’Occident, et tout particulièrement de la France où des associations prospèrent sur la « victimisation » de certaines « minorités visibles » et ne ratent pas une occasion de « monter à l’assaut » contre ceux, qui « dérapent » sur ce sujet délicat….

J’ai évoqué, dans plusieurs billets, l’injustice historique frôlant, une fois de plus, l’escroquerie intellectuelle, qui consiste à passer sous silence, le fait que l’esclavagisme a toujours été une pratique courante dans le monde arabo-musulman et continue de l’être….

Les « pirates barbaresques » qui infestaient la méditerranée, au profit de l’Etat Ottoman, ne se sont pas privés de faire un fructueux commerce d’esclaves européens revendus dans les pays arabes, pendant plusieurs siècles, jusqu’à ce que la prise d’Alger, – un de leurs repaires principaux – par la France, mette fin à ces activités que la morale coranique n’a jamais expressément condamnées….

Les razzias auxquelles les cavaliers venus du Nord de l’Afrique se livraient en Afrique noire ont laissé des traces profondes et les évènements récents au Mali ont fait ressurgir des haines ancestrales nées des « prélèvements » effectués dans les populations noires, destinés à alimenter ce commerce dont les Arabes s’étaient fait une spécialité….

Quelques » échantillons » de mes billets antérieurs sur ce sujet, destinés à raviver les mémoires endormies de nos « consciences » hémiplégiques…et à montrer la persistance actuelle de ce honteux commerce, une persistance qui devrait éveiller l’intérêt de ces « belles âmes »et justifierait alors, leur colère légitime:

https://berdepas.wordpress.com/2008/10/28/le-marche-aux-esclaves/

https://berdepas.wordpress.com/2008/06/26/eslavagisme/

https://berdepas.wordpress.com/2009/11/11/repentance-2/

https://berdepas.wordpress.com/2013/10/19/ah-taubira-taubira-taubira/

https://berdepas.wordpress.com/2013/02/12/sahel-lhistoire-begaie/

On en trouvera bien d’autres en utilisant la fonction « recherche » disponible sur la page de mon blog….

http://www.algerie-focus.com/blog/2013/10/lalgerie-compte-encore-70-000-esclaves/

C’est dire à quel point les réactions de ceux qui, avec plus ou moins d’esprit ou d’ironie, manifestent, à coups de tweets, leur « révolte » contre l’allusion jugée « nauséabonde » du Député Mariani, sont déplacées, et s’inscrivent dans une tradition bien française, qui consiste  lire l’Histoire avec un oeil, pour la réécrire à leur manière, en omettant les chapitres qui sont en contradiction avec leur idéologie sectaire.

La culture marxiste de nombreux « zintellectuels » français, en a fait des experts dans l’art  de « manipuler » l’Histoire au profit des polémiques douteuses qu’ils ont coutume de nourrir en portant un jugement accusateur sur la France. Et les « officines » spécialisées dans la culpabilisation des Français ne manquent pas d’utiliser les arguments polémiques de cette « intelligentsia »peuplée de borgnes et d’hémiplégiques….

Les situations d’esclavages, dans les pays dont sont originaires de nombreux aboyeurs de la cause anti-esclavagiste ne manquent pourtant pas. La carte qui suit publiée par le Washington Post, en donne un aperçu surprenant:

slavery

Comme on peut le constater sur cette carte, la France ne figure pas, aujourd’hui, parmi les Etats les plus esclavagistes de la planète, malgré un passé qu’elle doit assumer mais en face duquel on doit mentionner qu’elle fut parmi les premiers Etats abolitionnistes dans le monde.

L’angélisme humanitaire devrait trouver, dans le monde moderne, suffisamment de pays où l’esclavage prospère, loin de la France, pour exprimer ses « indignations » jusqu’ici bien trop sélectives, et nous épargner ses crises périodiques de propos accusateurs….

Bien entendu, il ne s’agit pas, ici, de nous exonérer de crimes qui noircissent certaines pages de notre Histoire passée, mais d’établir une sorte d’équité dans la répartition des responsabilités morales en face d’un fléau toujours actuel et que les temps modernes n’ont pas su éteindre sur notre belle planète….

Moi Président (suite)…


Hollande imbécile 

Hollande sera le seul Président de la République française à entrer dans l’Histoire…en scooter.

Après deux ans de mandat, il peut présenter aux Français un premier bilan, que chacun appréciera, au moment même où ses prévisions optimistes sur la croissance dans notre pays rejoignent celles de la météo sur le temps du prochain week-end…
Mais n’est-il pas l’auteur d’un célèbre « Gouverner c’est pleuvoir » ???

Ainsi que l’auteur d’une anaphore célèbre, qu’avec un talent destructeur, il s’est appliqué à pasticher…. Un talent qui lui est désormais reconnu par les Français qui, sondage après sondage, le lui signifient, avec une constance qui ne le désarme pas….

http://www.lepoint.fr/politique/barometre-hollande-bat-un-nouveau-record-d-impopularite-05-05-2014-1819291_20.php

1/ Moi, Président de la République, je suis parvenu, sans me vanter, à être  plus impopulaire, en deux ans, que Sarkozy en cinq ans.
2/ Moi, Président de la République, j’ai réussi en deux ans à couper la France en deux, et à conduire chaque moitié du pays, séparément,  dans le mur….
 3/ Moi, Président de la République, j’ai alimenté et fait la fortune de la Presse people grâce au vaudeville de mes galipettes sentimentales.
4/ Moi, Président de la République, j’ai, avec ma « boîte à outils », dû bricoler un programme de gouvernement, que j’avais pourtant eu le temps de préparer pendant dix ans , alors que j’étais encore dans l’opposition…..
 5/ Moi, Président de la République, j’ai changé de collaborateur en remplaçant Ayrault, une moule,  par Valls, un oursin, afin que « qui s’y frotte s’y pique »…
 6/ Moi, Président de la République, je ne tolère pas que l’on cire les pompes de mes collaborateurs sous les dorures de l’Elysée. Même celles de Morelle, « ma plume », que j’ai vidé, et qui, après m’avoir traité de salaud.  se retrouve « à poil »….
 7/ Moi, Président de la République, j’ai réorienté l’Europe, qui pour me remercier a placé la France sous « surveillance spéciale ».
8/ Moi, Président de la République, je fais une large place aux femmes dans mon gouvernement, sans oublier la mère de mes enfants.
 9/ Moi, Président de la République, je ne me déplace qu’en scooter lors de mes escapades nocturnes, et en « Sarko One », le reste du temps…
10/ Moi, Président de la République, je ne me préoccupe que de la baisse du chômage, dont dépend ma réélection. Le reste m’indiffère.
 11/ Moi, Président de la République, je considère que mon ami Cahuzac a été trahi par « mon ennemie »… la finance.
12/ Moi, Président de la République, je loge « aristocratiquement » ma maîtresse à la Lanterne , faute de pouvoir l’y pendre, après l’avoir virée….
 13/ Moi, Président de la République, je ne tolère pas que le chef de l’Élysée, dont j’apprécie la cuisine, soit diffamé par mes ministres les plus médiocres.
14/ Moi, Président de la République, je consulte les partenaires sociaux sur toutes les grandes orientations de la nation, et je les associe, par le « dialogue », au redressement du pays,… dans la Justice.
15/ Moi, Président de la République, je suis à la hauteur , sans « talonnettes », et je représente, aux yeux du monde, « la grandeur de la France » ….                                                                                   16- Moi, Président de la République, lorsque Mme Merkel me montre le chemin à suivre pour sortir de la crise, je ne regarde que son doigt…..

Etc…….Etc….

Cette anaphore historique aura, évidemment, une suite, ….. car l’Histoire ne s’arrêtera pas là.

On en trouvera d’autres interprétations dans la Presse…..

Les paroles en sont légèrement différentes, mais la « musique » est la même.

Et ce n’est pas fini….

Alger, ou nostalger….


algerOn sait ici, mon intarissable curiosité sur ce qui se passe en Algérie, une curiosité qui me pousse à rendre fréquemment visite, grâce à internet, à la presse algérienne.

Tiré d’une publication dont on trouvera les références ci-dessous, ce texte, est empreint de la causticité de cet humour algérien qui a illuminé ma jeunesse de petit « pied-noir » qui a grandi parmi les « petits Arabes »(1) de son quartier, mes copains, avec lesquels je jouais au foot, en sortant de l’école, dans une impasse de Belcourt….

Son auteur est un Algérien, probablement de retour « au pays », après une longue absence. Sous prétexte de chercher un bar pour y boire une bière, il décrit la misère sociale et…intellectuelle, qui transpire, partout, dans les plus belles avenues de cette ville superbe…..

J’ai aimé ce texte car il nous promène dans Alger, celui de notre jeunesse : tous les lieux qu’il évoque me sont familiers : les bars, les librairies, les disquaires, les boulevards, les avenues, les rues….Tout cela ravive pour moi des souvenirs…..

Mais comment ne pas poser la douloureuse question qui vient à l’esprit: Algériens, qu’avez-vous fait de cette ville superbe que nous vous avons laissée ???

Cette question, je ne suis pas seul à la poser. D’autres Algérois « authentiques se la posent, avec une pointe de nostalgie, qui s’exprime avec sincérité sur un site que je visite régulièrement, pour y retrouver la trace des lieux de ma jeunesse, à l’époque où Alger était encore « Alger- La Blanche »….

https://www.facebook.com/Algeraunecertaineepoque/notes

Je laisse à chacun le soin d’interpréter le texte ci-dessous, selon sa sensibilité et ses souvenirs….

On le trouvera en intégralité, ainsi que les commentaires de ses lecteurs algériens, qui valent, eux aussi, la peine d’être lus…….sur:

http://www.chouf-chouf.com/chroniques/lincroyable-et-inimaginable-histoire-dun-homme-qui-voulait-prendre-une-biere-a-alger/

Je cite:

L’incroyable et inimaginable histoire d’un homme qui voulait prendre une bière à Alger

 Alger est une ville de lumière. Mais il suffit que le jour décline pour que la Blanche se transforme en gouffre. Vers dix sept heures, et avant que les milliers de minarets ne hurlent la prière du crépuscule, les rues se vident d’un coup des filles et des femmes, déjà toutes voilées et il ne reste, collés aux murs, qu’un magma d’hommes, barbus, moustachus, ou coiffés à l’iroquoise et dégoulinant de gel, fumant clope sur clope. Alger devient alors une coulée de mélancolie. Tout y tombe en ruines, les hommes, les chats famélique, jaunes et sales, les immeubles haussmanniens dont toutes les cages d’ascenseur n’ont plus d’ascenseur depuis des lustres; et même la mer perdue sous des rafiots qui crachent leur mazout avec des bananes, de la semoule, de l’ail chinois et des escalopes de dindes importées de Patagonie. Le ciel, noir, se remplit alors du parfum d’Alger, de la pisse mélangée à l’huile de friture des sardines.

J’y étais il y a trois semaines. Et un soir, je ne sais pas pourquoi, je me suis dit, je vais prendre une bière, pourquoi ? Comme ça pour le plaisir. Les yeux fermés, je me suis dirigé vers la brasserie des facultés, la Brass, notre Flore à nous, comme on dit, située juste en face du lycée Delacroix où se trouvait notre département de littérature française. J’ai poussé la porte, le lieu était vide, deux serviteurs perdus au milieu d’une salle avec des nappes rouges et sales m’accueillent : – C’est pour prendre un verre ? – Oui, par exemple – On ne sert plus. Le plus jeune me regarde d’un air méprisant. je lui demande s’il existe encore un autre bistrot dans le coin. Il me répond – Non, je ne peux pas vous le dire. C’est haram. J’ai claqué la porte. Je me suis dit il suffit que j’aille juste à côté, à la rue Charasse, là il y a le Marhaba, le bar fait les meilleurs sandwichs à la viande hachée et à la coriandre fraîche et il est juste à côté de la librairie Dominique où pour dix dinars j’achetais l’intégrale de Soljenitsyne et de Maïakovski.

J’ai pris la rue Charasse. Le Marhaba n’existe plus, ainsi que la librairie scientifique. Dominique est devenue librairie Ijtihad, « exégèse coranique ». Qu’à cela ne tienne, il suffit de descendre vers Maurétania; au bout, il y a la grande brasserie Maurétania juste en face de l’immense immeuble bleu d’Air France, et si elle est fermée, il suffit de prendre à gauche, le boulevard Amirouche, passer devant le magasin des beaux arts, l’Arc en ciel, avant d’arriver au Boul Mich. L’établissement jouxte le restaurant universitaire. Il dispose d’une salle au sous sol, avec un dancing et ses fenêtres donnent sur le port d’Alger. On y mangeait des sardines servies à foison avec de la pelure d’oignon avec nos copines étudiantes qui fumaient des Craven A. J’ai pris la rue Charasse, la brasserie a été remplacée par un magasin de meubles, l’immeuble d’air France n’existe plus, pas plus que l’arc en ciel et j’ai poussé la porte du Boul Mich. A la place des filles fumant des Craven A, une foule de barbus sirotant des cafés crème et suçant avec avidité des cigarettes électroniques. Je ressors, face au commissariat central et sous les arcades de la banque extérieure d’Algérie, des dizaines de femmes, avec des bébés et des enfants, disposent des cartons et ou des couvertures par terre pour passer la nuit. Je demande au policier ce qui se passe: – Ce sont des jeunes mariées, chassées par leur mari. Elles viennent passer la nuit face au commissariat central pour ne pas être violées. Elles partent à l’aube.

Je me rappelle alors du Coq Hardi, la brasserie mythique d’Alger, avec Wahab on y passait du temps, elle est située au cœur de la rue Didouche avec une double baie vitrée, les serveurs étaient en nœud papillon et on y vendait le Monde à la criée. J’ai repris la rue Berlioz, où le Berlioz n’existe plus, en haut de l’escalier, un immense trou a remplacé la pâtisserie la Parisienne, ah les croissants de la Parisienne, Je me suis dit que je devrais passer par le passage souterrain de la place Audin. Sur les escaliers, il y avait un joueur de banjo aveugle et à l’intérieur un disquaire aux cheveux très longs qui m’avait fait découvrir le 666 des Aphrodite Childs. Au fond du passage, il y avait un pèse personne automatique et un horoscope mécanique rouge. On y glissait une pièce de 20 centimes et on avait imprimé sur du papier kraft toujours cette même prédiction: « Bonjour, vous allez être très heureux et connaître beaucoup de bonheur. » Longtemps, j’ai soupçonné Boumediene lui même d’être l’auteur des messages de cet horoscope démoniaque. Dans le passage, il n y a plus de musicien, mais des vendeurs à la sauvette de fausses Nike et de vraies culottes rouges; le disquaire a disparu, il est sûrement grand père et a du vendre toute sa collection de Rock pour se payer un Voyage à la Mecque et laver son « passé », comme on dit.

Plus haut, je cherche le Coq Hardi partout et ne le trouve pas. J’arrête des gens: – Les coq quoi ? – Le coq Hardi, c’est bizarre, c’était au temps de la France ? – Non au temps de Boumediene – Et on acceptait des noms comme ça? – Et il faisait quoi le coq hardi, il vendait du poulet ? — Non c’était une brasserie Souvent l’échange se terminait ainsi – Que Dieu vous ramène dans le droit chemin. Je tombe à la fin sur un algérois, un fils du quartier: – Vous cherchez quoi? – Le Coq Hardi, je ne rêve pas il était bien là, sur ce trottoir, je ne rêve pas – Non, il était bien là, mais la ville d’Alger l’a rasé – Pourquoi? – Parce qu’il gênait la circulation – Mais il n’était pas au milieu de la route, il était sur le trottoir – Justement, les gens picolaient à la terrasse et ça gênait les gens qui passaient en voiture. La brasserie faisait pourtant partie de l’histoire de la bataille d’Alger…. En remontant la rue Didouche, j’ai vu que les librairies, Ibn Khaldoun, et les Beaux Arts avaient fermé. Le cinéma l’Algéria, également ainsi que tous les autres bistrots, le Debussy, le Tassili, la Cafette, le Quatz’Arts, le Kenko, …

Je suis remonté jusqu’ au Rostand, transformé en magasin de chaussures. Quant au Debussy qui était l’une des plus belles salles de la ville, il a été transformé ainsi que le Français en dépotoir. Au Debussy, je crois que j’ai vu tous les films de Visconti et j’ai même assisté aux émeutes provoquées par  » Cris de Femmes  » de Jules Dassin. Le film avec Melina Mercouri était une variation autour du mythe de Médée. Mais le titre était trompeur et tous les algérois avaient compris qu’il s’agissait d’ un film sur l’orgasme. Le jour de la première, il a fallu faire intervenir la police anti émeutes pour contenir les assauts de la foule et Jules Dassin lui même étaient sidéré par cette marée de cinéphiles, venus de Cap Matifou, de Tipaza, de Tizi et même de Boussaâda pour voir Mélina Mercouri. Le lendemain el Moudjahid, notre Pravda titrait  » Le public algérois en liesse pour la mythologie grecque. La preuve que le niveau intellectuel des masses populaires augmente de jour en jour grâce au socialisme « . Ce que le quotidien ne disait pas c’est que la salle, au bord de l’explosion, se vidait dix minutes après le début du film. Je me suis rendu compte aussi de l’absurdité de la situation, il est impossible d’arrêter quelqu’un dans la rue et lui demander s’il connaît une brasserie. C’est con de se faire lyncher pour une Kronenbourg.

La nuit tombe. Alger s’enfonce davantage dans le noir. Les jeunes délabrés se confondent avec les murs délabrés. Des policiers sales hurlent dans des talkies walkies d’un autre âge. Sur les balcons, tous condamnés par de lourdes grilles en fer, des femmes adipeuses secouent des nappes trouées. De tout Alger que j’ai connu, il ne reste qu’une seule boutique  » L’étoile d’or », un bouquiniste chez qui on peut trouver le chasseur français de 1964, ou les œuvres complètes de Castoriadis. Malgré le temps qui a passé on se reconnaît. Il faut dire que j’y allais presque tous les jours – Tu es passé où ? – A Paris – Comment tu fais pour vivre là bas, les bouquins sont hors de prix – Et toi, comment tu fais pour tenir – Pour le plaisir, chaque jour j’ai dix offres pour faire de la boutique une pizzeria mais je préfère crever au milieu des livres que de la mayonnaise. A Alger, la mayonnaise est considérée comme un signe de luxe, on en recouvre les pizzas et même les glaces à la vanille. Vers 19 heures, j’ai traversé le marché Meissonnier, je suis descendu vers la rue Hoche et là je vois un établissement avec une porte blindée, gardée par un cerbère large comme un frigo américain. Je lui murmure à l’oreille: – Mon frère, c’est un bar Lui me susurre à son tour – Oui, vite rentre. Je pousse la porte. D’abord il y a la fumée et puis cette odeur âcre de la transpiration quand on essaye de la camoufler avec des litres d’eau de Cologne. Une lumière tamisée. Des hommes assis, ou affalés devant des tables recouvertes de monticules de bières.

Personne ne parle à personne. Chacun boit seul. Chacun soliloque dans son coin. Au fond de la salle, il y a un immense poster avec des montagnes du Canada enneigées. A côté des toilettes, deux putes, qui doivent être là depuis René Coty et qui achèvent de tomber en poussière. On entend les toilettes qui débordent et on voit l’eau qui arrive à la salle. Personne n’est là pour s’en rendre compte. Au bar, une serveuse, les cheveux passés mille fois à l’eau oxygénée, les dents en or, le décolleté qui lui arrive jusqu’à la pomme d’Adam et le ventre qui tombe sur les genoux. Elle vient en courant vers moi – Que puis je vous servir, Monsieur A ce moment là retentit l’appel à la prière de la nuit, la dernière. Je me sens d’un coup las et au bord de la conversion. Je sens que ce bar algérois sera mon chemin de Damas. Je jette un coup d’oeil au putes qui rient, aux hommes saouls, et je me sens dans la peau de Saint Paul quittant dans un couffin la chapelle d’Ananie. Je regarde la serveuse dans les yeux et lui dis: – Je voudrais un verre d’eau et un tapis de prière bien frais, ma sœur, que Dieu nous protège tous les deux.

(Avec l’aimable autorisation de l’auteur)

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Ce texte se passe de tout commentaire, surtout venant d’un Pied Noir, que l’on accuserait de toutes sortes de sentiments coupables, alors que je n’éprouve que des regrets sincères pour ce peuple et ce pays que j’ai quitté le coeur serré, à l’âge de trente ans…..

(1).- A l’époque que j’évoque ici, à Alger, on pouvait, sans crainte d’être accusé de « stigmatisation », parler des « Arabes », des « Juifs », des « Français », des « Italiens », des « Mahonais », des « Maltais » etc…. Ces qualificatifs, courants dans notre langage et dans nos échanges, n’avaient pour nous, aucune connotation péjorative.

Il fallait bien que chacune de ces communautés, qui, contrairement à « la légende », ont vécu si longtemps côte à côte, et paisiblement, chacune respectant les coutumes, les traditions, les cultes des autres, portent un nom.

Car « de mon temps » on appelait un « chat, un chat »….et non pas un « chien » et encore moins un « animal de compagnie appartenant à la race des félins »……

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