Printemps de Calpe.


Amandiers

Depuis quelques jours, les signes timides de l’approche du Printemps se multiplient.

Je les perçois, à travers les premiers frémissements de la Nature.

La lumière, tout d’abord: les clartés  de l’Hiver, la lumière crue des jours où le ciel bleu méditerranéen, balayé par le vent froid venu du Nord laisse place aux lueurs nuancées du Printemps.

Au coucher du soleil, les nuages moutonneux avancent en troupeaux serrés teintés d’une lumière étrange, aux couleurs irréelles où se mélangent des mauves bleutés et des taches orangées qui ressemblent à celles que l’on rencontre sur la palette de l’aquarelliste à la recherche de la nuance qui confèrera à son oeuvre sa singularité….

Les premiers bourgeons donnent aux arbres cette couleur d’un vert tendre caractéristique du renouveau printanier. Sur la côte, quelques amandiers fleurissent déjà, et d’ici peu ce sont des champs entiers  qui, dans l’arrière-pays, revêtiront leur manteau blanc.

Bientôt, ce sont les jasmins puis les bougainvillées et enfin, les lilas, qui redonneront à la nature ces couleurs qui ont inspiré tant de peintres fascinés par les paysages méditerranéens.

Les vols d’étourneaux se sont raréfiés, puis, ont disparu, comme ont presque disparu les petites bergeronnettes à longue queue et au plumage bleuté qui pendant l’hiver venaient du Nord disputer leur nourriture aux moineaux sédentaires et batailleurs. Ces derniers n’ont pas attendu pour s’accoupler et avant peu résonnera le champ aigu et désespéré des petits tombés du nid, appelant leur mère.

Les pigeons ont repris leurs roucoulades pour accompagner leur danse de séduction autour des femelles qui feignent l’indifférence. C’est l’époque où les chats, pourtant rassasiés de croquettes, retrouvent leurs instincts de félins prédateurs…..

Sur les eaux tranquilles des salines, les flamands, à leur tour, nous offrent leurs danses nuptiales dans une sorte de ballet rose sur leurs longues pattes avec la blanche élégance des ballerines, pour le grand bonheur des amateurs de photos qui passent par là….

Les oranges sont à nouveau abondantes sur les marchés et les femmes retrouvent, pour notre plaisir, les vieilles recettes surgies des traditions ancestrales pour confectionner les confitures…..

Dans la campagne le thym sauvage fleurit et embaume l’air encore frais. Les abeilles s’activent sur les premières roses dans un bourdonnement qui semble exprimer la joie de retrouver les pollens aux saveurs du printemps.

C’est le moment de s’occuper des semis, et des plantations.

Cette année, nous organiserons un jardin de plantes aromatiques: le thym, le romarin, la sauge, la lavande, le basilic, la menthe, le coriandre, le persil et le céleri ont trouvé leur place, dans un alignement géométrique rigoureux, au fond du jardin.

Les journées s’allongent et nous pourrons, sous peu, profiter de la lumière du soir dans le jardin, en respirant les parfums sauvages qui mêlent, aux essences des plantes aromatiques, l’odeur de la fleur d’oranger, du jasmin et du « galan de noche », tout en contemplant la descente du soleil derrière la montagne.

C’est le moment d’écouter l’andante du Concerto n°21-K467 pour piano de Mozart en fermant les yeux, en se laissant aller à une douce nonchalance, comme pour empêcher le temps de s’écouler, dans une sorte de défi à l’éternité……

Rétropédalage.


Babar

François Hollande aurait dû se souvenir de la phrase désormais célèbre de son « maître à penser », l’autre François, l’impavide, le cynique, le manipulateur de génie que fut Mitterrand : « On ne sort de l’ambigüité qu’à son détriment »……

Jusqu’à hier, nous flottions dans l’ambigüité ( Cf mon billet précédent ) : aujourd’hui les masques tombent.

Ambigüité de la démarche du Premier Ministre passant commande d’un rapport inouï sur les voies possibles d’une « refondation » de la politique d’intégration des immigrés, – ce n’est qu’un rapport nous dit-on, mais qui en dit long sur les arrières-pensées ou les rêves qui traversent certains courants de la Gauche au pouvoir.

Ambigüité des initiatives conjuguées des Ministères de « l’Education Nationale » et des « Droits de la Femme », visant à expérimenter dans les écoles maternelles et primaires des méthodes issues des élucubrations de ceux auxquels on attribue une « Théorie du Genre », qui certes n’existe pas, mais qui inspire ceux qui dans le souci louable de tendre vers « l’égalité Femme-Homme », jouent, en apprentis sorciers, avec l’innocence des enfants, en tentant de leur inculquer des concepts dangereusement déstabilisateurs pour leur équilibre sexuel futur.

Ambigüité d’un Projet de Loi sur la Famille, telle que la conçoivent certaines minorités, et qui a été perçue par les Français comme une menace sur la continuité des familles traditionnelles, celles qui sont, depuis toujours, constituées d’un Papa, d’une Maman, et de leur progéniture…..

Le recul du Gouvernement sur ce dernier projet auquel une certaine Gauche attache une importance stratégique vitale a profondément secoué la majorité au pouvoir.

Car François Hollande a compris que les mesures dites « sociétales » nécessitent un certain mûrissement et ne peuvent être imposées à un peuple méfiant et réticent, qui dans un monde où tout bouge, où les repaires sociétaux traditionnels disparaissent l’un après l’autre, reste attaché à des valeurs qui jusqu’ici ont fait leurs preuves et reste méfiant à l’égard d’un « progressisme » militant aux motivations idéologiques suspectes.

Gauche et Droite confondues, les « élites » politiques découvrent qu’il existe un courant populaire important prêt à se mobiliser pour défendre son identité et ses valeurs, et l’on perçoit une certaine forme de désarroi dans les Partis traditionnels qui ont le sentiment d’être débordés sur leur Droite.  Le Front National même, totalement absent des débats actuels, ne sait plus comment « récupérer » la montée d’un mécontentement populaire qui s’exprime en dehors de toutes les conventions et de tous les Partis.

Notre « Grand Président » a compris qu’il lui fallait siffler la fin de la récréation dans le domaine des réformes sociétales, comme il venait de le faire pour les réformes économiques.

Mais dans ces deux domaines, sa marge de manoeuvre est très limitée: la majorité hétéroclite avec laquelle il a conquis le pouvoir n’arrive plus à le suivre. Les lobbies de marginaux devenus excessivement puissants au sein de la République réagissent avec force, On pense entre autres au LGBT qui a inspiré les réformes du Statut de la Famille pour l’adapter à ses orientations sexuelles, qui exige le droit d’accéder à la procréation assistée et à l’adoption, et qui souhaite l’adaptation de la nomenclature de notre Etat Civil….

On assiste à un véritable tournant dans ce quinquennat qui n’a pas fini de surprendre…ou de  décevoir ceux qui ont accordé leurs suffrages à celui qui aura, plus que son prédécesseur, divisé profondément les Français.

Car tout ceux qui en ont fait l’expérience, savent qu’il est extrêmement difficile de « rétropédaler » sur un « pédalo »quand la mer est agitée.

Le « Capitaine » qui est à la manoeuvre va devoir puiser dans toutes ses réserves d’habileté….