Sources.


Assad

Quelques lecteurs assidus de ce blog semblent avoir été surpris par les arguments auxquels je me suis référé, dans mes derniers billets, pour étayer mon opinion sur l’imbroglio syrien dans lequel la France a imprudemment mis les pieds, sous l’impulsion de « Zigounette 1er ».

Notre « Grand Président »est atteint, – depuis qu’il a affronté, héroïque et seul, dans l’immense désert saharien, les « Djihadistes » qui menaçaient l’existence du Mali -, d’une sorte de prurit agressif à l’égard de ceux qui mènent en Syrie, autour de Bachard El Assad, une guerre fratricide et meurtrière.

Mais il a rencontré sur le sentier de la guerre, un obstacle redoutable en la personne de Poutine, le « nouveau « Tzar » de la Russie, qui en quelques années a transformé son pays, épuisé par les années noires du Communisme, pour en faire avec l’aide des technologies occidentales, un « pays émergent »grâce à son immense territoire et ses richesses en pétrole et en gaz, et qui rêve de devenir « l’autre grande puissance », face à l’Amérique.

Pour comprendre les mutations qui s’opèrent dans le monde du XXI ème sècle, et pour tenter de se projeter dans un futur qui avance à grands pas, il ne suffit évidemment pas de lire « le Monde » et « le Figaro » chaque matin, et de laisser venir à soi les informations en regardant TF1, France2, ou « C’est dans l’air » sur France5 !!!….

Il faut élargir le champ de la réflexion, en diversifiant ses sources d’information, en consultant régulièrement la Presse étrangère, et lorsqu’il s’agit des problèmes soulevés par l’Islam, se référer également, mais avec prudence, à la Presse du monde arabe : on peut ainsi mesurer l’écart qui existe, dans la relation de l’actualité, entre la présentation formatée et « politiquement correcte » de nos médias et d’autres manières de percevoir cette actualité, et se faire ainsi une opinion personnelle, parfois décalée par rapport à celle que l’on tente de nous imposer…

Il faut également lire beaucoup, et pas seulement les ouvrages dont les éditeurs, « bien placés »auprès d’une classe médiatique complaisante, suscitent la promotion, et contribuent à « façonner l’opinion ». Il faut lire aussi, et surtout, des ouvrages dont on parle peu, dont les auteurs sont discrets, – ce qui n’amoindrit pas leur compétence -, et qui ont une approche originale des évènements de la vie internationale.

Ce qui m’a inspiré dans la rédaction de ces derniers billets, ce sont, – outre la lecture de la presse arabe, et particulièrement la Presse de langue française du Liban et du Maghreb, – principalement deux ouvrages. L’un , relu récemment, et l’autre que je viens de terminer et auquel j’ai fait allusion dans mon billet sous : https://berdepas.wordpress.com/2013/08/29/petite-frappe/.

Le premier ouvrage s’intitule  » J’ai vu finir le monde ancien », d’Alexandre Adler, qui fait partie de mes « auteurs favoris ». Cet Agrégé d’Histoire, ancien Directeur éditorial de Courrier International (une de mes sources), et éditorialiste associé au Figaro et présentateur des « Mercredis de l’Histoire » sur Arte.( Hachette Littérature, Collection Pluriel ).

AdlerDans ce livre, Alexandre Adler démontre qu’il y a un « Avant » et un « Après » le 11 Septembre 2001, dont nous fêtons l’anniversaire aujourd’hui même.

Il analyse les conséquences de cet évènement majeur dans l’Histoire de la première puissance militaire mondiale, les Etats Unis, touchés en plein coeur de New York et pour le seconde fois dans leur Histoire, sur leur sol, depuis l’attaque de Pearl Harbour.

« Il développe les conséquences de cette attaque qui révèle la vulnérabilité des Etats Unis, et l’émergence d’une « irrationalité politique radicale » . Il souligne l’irruption des conflits d’une nature culturelle et civilisationnels qui constituent désormais les racines profondes d’un terrorisme international d’inspiration religieuse et principalement islamique. »

Il détaille les adaptations auxquelles les Etats doivent s’astreindre, dans leur stratégies de défense, et dans leur approche des relations internationales. Il analyse les conséquences, en Europe, et sur les équilibres du monde, de la renaissance d’une Russie qui n’a pas renoncé à son rôle de Grande Puissance.

L’autre ouvrage, cité dans mon précédent billet s’intitule : « L’Islam va-t-il gagner ??? ».(Editions du Rocher ).

Ce livre se présente sous la forme d’un dialogue passionnant, parfois contradictoire, parfois consensuel, entre Alexandre Adler, et Vladimir Fedorovski qui fut un diplomate de premier plan pendant les grands bouleversements consécutifs à l’effondrement de l’Empire Soviétique, et qui fut longtemps l’interprète de langue arabe des rencontres « au sommet » du Kremlin. Il a connu ou il connaît personnellement les grands dirigeants arabes, de Boumedienne à Kadhafi., d’Arafat à El Assad.

Les deux auteurs abordent, notamment, dans ce livre, la régression des Etats Unis en tant que première puissance mondiale, l’impuissance de l’Europe à exister autrement que comme une force économique, sans existence politique et ils évoquent la stratégie de la Russie de Poutine, face aux évolutions, et aux « révolutions » du monde arabe.

Les conclusions qu’ils en tirent laissaient présager sans ambigüité ce que pouvait être la position des Russes dans l’affaire syrienne.

Des Russes qui observent avec méfiance les errements de notre politique face à la montée en puissance du fondamentalisme dans une partie du monde si proche de l’Europe mais aussi des frontières de la Russie.

Des Russes auprès desquels il eût été bien plus efficace de conduire une action diplomatique réaliste, plutôt que de spéculer sur un rapprochement avec nos « alliés » américains qui, dans cette affaire sont sous l’influence de leurs intérêts pétroliers et de leurs liens avec les « roitelets » du Golfe.

Fabius, dont on de demande ce qu’il fait à la tête de la Diplomatie française, aurait dû lire ce livre plutôt que de se laisser « manipuler » par des fonctionnaires d’un Quai d’Orsay qui semble être en retard sur l’évolution du monde…..

Car l’Allemagne, pragmatique ne s’encombre pas, elle, de nos prétentions moralisatrices .

Elle a compris depuis longtemps que la Russie sera demain, un acteur majeur dans une Europe qui n’en finit pas de ne pas exister. La Russie est pour elle, un marché en pleine expansion et un fournisseur majeur d’énergie et de matières premières.

Il ne sert à rien, en France, de « diaboliser » un Poutine, qui s’en contre-fout, et qui avance ses pions avec l’habileté diabolique apprise de sa longue pratique du KGB et du Kremlin.

PoutineA côté de lui, « Zigounette » fait figure d’une souris face à un vieux matou.

( à suivre ).

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