Egypte. 2.- La France: tétanisée ou Qatarisée ???


Sphinx

Les « Révolutions arabes » en sont le révélateur: la Diplomatie française est empêtrée dans le filet de ses relations vénales avec un Qatar qui, pour tenter d’échapper à des révoltes internes, joue à fond la carte des « islamistes », partout où les pays arabes sont en crise….

 La France n’a plus de réelle « politique arabe », depuis que ses prétentions de « donneuse de leçons » en matière de Démocratie et de Droits de l’Homme, ont pris le pas sur le pragmatisme et la « realt politik », dans sa stratégie diplomatique. Avec, pour conséquence, le risque de se trouver, de plus en plus souvent, dans des situations paradoxales, comme c’est le cas actuellement, en Syrie ou en Egypte.


Fidèle à « ses valeurs », la France se doit, (du moins le croit-elle), de venir en aide à ceux qui luttent contre la dictature de despotes comme le monde arabe en secrète périodiquement .

Cela l’amène à soutenir indirectement, ici, en Syrie, le « djihad » des « islamistes », qu’elle combat ailleurs, là, au Mali, où d’autres djihadistes lui ont déclaré la guerre….

Chacun de nos « commentateurs », feint d’ignorer que partout, ce sont les mêmes qataris qui tirent les ficelles de ces combattants illuminés….

En dehors de quelques pseudo-chercheurs du CNRS ou de quelques « spécialistes » qui travaillent pour des officines, la France semble ne plus avoir de vrais spécialistes du monde arabe capables de dénoncer les contradictions de ces postures…. 

On le constate à l’occasion des débats télévisés de certaines chaînes qui font toujours appel aux mêmes « experts », englués dans un discours convenu, le plus souvent « téléguidé »……….

Rares sont ceux qui, ayant longtemps vécu dans cet Orient auquel le Français moyen ne comprend rien, sont aptes à éclairer le grand public sur les mutations qui sont en train de bouleverser les équilibres et la stabilité cet « Orient compliqué ».

Rares sont ceux, parmi ces « scientifiques », qui se livrent à une analyse intelligible de la fracture sociale et culturelle qui ébranle, de l’intérieur, les sociétés arabes.

A l’évidence, ces sociétés sont déchirées par l’impossibilité d’un dialogue constructif entre les » musulmans traditionalistes » et les »modernistes » qui aspirent à une société libérée de ses tabous religieux, et à une pratique paisible de leur foi.

Un fossé de plus en plus large sépare la population éduquée, connectée à internet et aux réseaux sociaux, sur laquelle la « propagande religieuse » n’a plus beaucoup de prise, et qui aspire à de profonds changements, et une population restée d’autant plus crispée sur ses valeurs conservatrice, qu’elle sent ses traditions archaïques menacées par la modernité.

Entre ces deux fractions des sociétés arabes la rupture est consommée, et les chances d’un compromis, pourtant nécessaire à la stabilité du monde arabe, s’éloignent à vue d’oeil.

L’autre fracture, encore plus profonde, parce que plus ancienne, entre Chiites et Sunnites, remonte au VIIe siècle. Elle est fondamentale pour comprendre la complexité des forces qui s’opposent dans le conflit en cours en Syrie ou dans les événements de Bahreïn ou du Liban, et plus généralement dans la lecture des événements qui secouent de nombreux pays musulmans.

A ces paramètres s’ajoute désormais la rivalité de plus en plus ouverte qui oppose l’Arabie et le Qatar. Cette rivalité intervient en toile de fond dans de nombreuses situations, qu’il s’agisse du conflit Malien, ou de la guerre civile qui ruine la Syrie.

Cette même rivalité est entrain de produire ses ravages collatéraux en Egypte.:http://www.lepoint.fr/monde/comment-le-qatar-et-arabie-saoudite-s-affrontent-en-egypte-21-08-2013-1716008_24.php

Ajoutons que l’on ne peut comprendre la révolte des Egyptiens descendus dans la rue pour combattre l’Etat islamique que le Président déchu était entrain d’installer avec une sorte d’arrogance qu’il justifiait par sa « légitimité » démocratique, si on omet de se pencher sur le passé historique de l’Egypte.

L’Egypte n’est pas seulement une pièce maitresse de « l’oumma », ce à quoi les islamistes voulaient la réduire, en espérant y installer le Califat de leurs rêves fous, rayonnant sur tout le monde arabe.
L’Egypte existait en tant qu’Etat, 3.500 ans avant que Mohamed ne surgisse du fond des déserts d’Arabie et n’impose, par le glaive une nouvelle religion. Une religion qui a dû cohabiter pendant des siècles avec celle qui lui était antérieure, la religion des Coptes qui ont fourni à la nation égyptienne les plus brillantes de ses élites.

L’Egypte est donc une vraie nation, la plus puissante du monde arabe, riche de son Histoire et d’une culture spécifique. L’Egypte a été pharaonique, romaine, byzantine, ottomane, et elle est restée partiellement chrétienne: l’église d’Egypte a été fondée par Saint Marc, et c’est à Alexandrie que cet apôtre du Christ fur martyrisé.

Les Frères Musulmans ont cru pouvoir réduire, en très peu de temps, l’identité égyptienne à une version étriquée et sectaire de l’Islam, et ils ont sous-estimé la capacité de révolte de ce vieux peuple devant l’emprise croissante sur la société égyptienne, d’une conception rétrograde d’un Islam qui peine, – comme d’autres religions d’ailleurs -, à s’adapter aux évolutions accélérées du monde moderne.

Sans tenir compte de toutes ces réalités, malheureusement peu évoquées par les commentateurs, il est difficile de définir et d’adopter un ligne de conduite politique cohérente.

C’est sans doute tout cela qui explique les atermoiements et les ambigüités des attitudes occidentales face à ces nouveaux conflits dont la violence surprend les « belles âmes »qui dominent la pensée politique contemporaine dans nos pays.

La perte d’influence de l’Amérique d’Obama est évidente dans l’ensemble du Moyen Orient. Ne parlons pas de celle de la France de plus en plus absente d’une aire géographique dans laquelle son influence politique n’avait d’égal, au siècle dernier, que son influence culturelle.    Aujourd’hui, les États du Golfe, ainsi que l’Arabie saoudite et le Koweït, envoient plus d’argent  à l’Égypte que les États-Unis, et le Qatar est devenu l’un des principaux soutiens financiers des Frères musulmans, et des djihadistes qui prolifèrent en Afrique sur le terreau de la misère….. 

On comprend mieux, à la lumière de ce qui précède, l’embarras de la diplomatie française, car soutenir les révolutions arabes revient progressivement à soutenir les mouvements les plus radicaux, les plus actifs, les mieux organisés et les mieux dotés financièrement, c’est-à-dire les mouvements islamistes soutenus par notre « grand ami », le Qatar….

Ne pas les soutenir revient à aider les dictatures, – que la culture traditionnelle et « tribale »du monde arabe génère un peu partout -, à se maintenir en place….

La France est donc en train de perdre influence et crédibilité dans la jeunesse du monde arabe émergent qui aspire à un accès à la modernité et qui rejettent un islamisme sectaire, fut-il issu d’un vote « démocratique »….

Tout ça pour les quelques poignées de dollars que le Qatar investit dans nos meilleures entreprises industrielles.

Une « amitié » qui nous coûtera cher….et dont il faudra, un jour ou l’autre, payer le prix.

Une réflexion au sujet de « Egypte. 2.- La France: tétanisée ou Qatarisée ??? »

  1. Cooldom83

    Bonjour,
    Bien qu’il n’existe pas de reconnaissance d’expert (il s’agit souvent d’une auto-proclamation), je pense que nous avons tous trouvé un nouvel expert du Monde Arabe ! 🙂
    Sincèrement, vous devriez vous faire inviter sur ces plateaux de télévision pour contrer les experts ! et leur botter le derrière !
    Je ne suis ni un connaisseur, ni un amoureux du Monde Arabe (même si je reconnais volontiers tous les bénéfices qu’il nous a apporté, et apporte encore) mais il y a un point que vous avez soulevé dont je m’inquiète depuis quelques mois : la frénésie des investissements Qatar dans notre pays. Sans vouloir paraitre un raciste primaire, je crains que l’Islam ne soit en train de conquérir la France : a contrario des Egyptiens, je ne suis pas convaincu que les Français ont assez de c……s pour lutter contre ce nouveau type d’Envahisseur. D’ailleurs, je ne pense pas non plus que nous puissions compter sur les « Irréductibles Français » (ceux qui ont l’âme, la force et le caractère des héros) car, ma foi, ils sont de moins en moins nombreux. Notre style de vie nous dicte de succomber à nos Emotions plutôt que suivre la voie de la Raison.

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