Les mots et les maux….


J’ai souvent ironisé dans les pages de ce blog, sur une tendance puérile de notre époque: celle qui consiste à se voiler la face devant des réalités qui dérangent.

Le « déni de réalité » est devenu une sorte de « sport national » entretenu, voire encouragé, par nos élites en politique.

Jouer sur les mots, en détourner le sens, remplacer des mots durs à entendre par des mots plus doux à prononcer, diaboliser l’usage de certains mots sous prétexte qu’ils véhiculent un contenu « discriminatoire »ou « stigmatisant », tout cela est devenu pratique courante, une pratique dans laquelle excellent certains journaleux.

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer la disparition, – grâce à un tour de « passe-passe »sémantique -,  des pauvres, des vagabonds, des aveugles, des infirmes, des sourds, des balayeurs, des prostituées, avantageusement remplacés, dans notre société au verbe généreux, par « les catégories défavorisées », les « sans domicile fixe ou SDF », les « non-voyants », les « handicapés », les « mal-entendants », les « techniciens de surface » ou les « travailleuses du sexe ».

Je ne m’étendrai pas sur les catégories régulièrement classées par les « médias », sous la rubrique des « jeunes », au risque de me voir reprocher une « stigmatisation »qui frôle un délit puni par la Loi, plus sévèrement que les « incivilités » auxquelles, ces mêmes jeunes ont coutume de se livrer, à l’occasion de « festivités »que les « bonnes âmes » comparent volontiers aux « Feux de la Saint-Jean »lors du solstice d’été….

Grâce à cet exercice de substitution, les citoyens de ce pays, ont avec une bonne conscience naïve, le sentiment de réparer des injustices, et de soulager notre société des « maux »dont elle souffre.

Cette dérive se poursuit, grâce à l’arrivée de la Gauche au pouvoir.

On apprend ainsi, à la lecture de la Presse, que notre Grand Président, dans une de ses crises de « normalité »compulsive, aurait décidé de modifier la Constitution de la République, afin d’en faire disparaître le mot « Race ».

Cette trouvaille géniale aurait pour but de faire disparaître toute trace de « racisme » dans la Loi républicaine, et de supprimer les « racistes »par le même artifice que celui qui a permis de supprimer, les aveugles, les sourds, et les infirmes…..

Cette mesure radicale me paraît d’autant plus nécessaire que j’apprends en parcourant, cette semaine, le site d’Algérie-Focus, que la France figure, en bonne compagnie, aux côtés de l’Algérie, parmi les pays les plus racistes de la planète !!!!

http://www.algerie-focus.com/blog/2013/05/16/lalgerie-lun-des-pays-les-plus-racistes-au-monde/

Je cite cet article stupéfiant:

« Quels sont les pays les plus racistes de la planète? Et, a contrario, quels sont ceux où la population est la plus ouverte d’esprit ? C’est à cette question que tente de répondre une étude suédoise, publiée mardi 15 mai. Et l’Algérie compte parmi les mauvais élèves.

Suit une carte édifiante:

racismeCarte accompagnée du commentaire qui suit:

« Seriez-vous gênés de vivre aux côtés d’une personne de race différente de la vôtre ? C’est en somme la question posée aux habitants de 80 pays sondés retenue par deux économistes suédois pour déterminer le niveau de racisme de ces populations

Après avoir rassemblé l’ensemble des données recueillies par le World Values Survey, un institut de mesure des opinions internationales, le quotidien américain The Washington Post a publié hier une carte dessinant les contours de la tolérance dans le monde. En bleu, les pays considérés comme les plus tolérants de la planète ; en rouge, ceux supposés être moins ouverts à la différence.

Les Algériens aussi racistes que les Français

Et, en rose pâle sur la carte, l’Algérie apparaît comme aussi peu tolérante que la France. En effet, avec un Français sur cinq ayant répondu ne pas apprécier résider près d’une personne de race différente, l’Hexagone se distingue comme l’un des pays le moins tolérants d’Europe.

Mais les champions mondiaux de l’intolérance sont la Jordanie, l’Inde, Hong Kong et le Bangladesh. Ainsi, 43,5% des Indiens, 51,4% des Jordaniens, 71,8% des Hong Kongais et 71,7% des Bangladais ont répondu ne pas supporter avoir pour voisin une personne étrangère à leur race. »( Fin de citation).

La Presse française s’est bien gardée de commenter les « révélations » de cette étude suédoise, pour éviter, sans doute de « stigmatiser » les Algériens vivant en France, et pour nous épargner une nouvelle cure de « repentance »…..

Car comme on peut le constater ci-dessus, ce n’est pas demain que le « racisme » sera éliminé de la planète, et notre Président risque fort d’isoler la France parmi les pays les plus racistes du monde, car elle serait la seule à en avoir supprimé « le mot », à défaut d’en supprimer « les maux » qui en résultent….

A ce propos, je ne resiste pas au plaisir de citer Alain Finkelkhraut, dans l’excellente revue « Causeur », à propos du racisme:

« Dans son livre Limonov, Emmanuel Carrère cite le grand historien Martin Malia : « Le socialisme intégral n’est pas une attaque contre des abus spécifiques du capitalisme mais contre la réalité. C’est une tentative pour abroger le monde réel. » De même, l’antiracisme intégral sous lequel nous vivons n’est pas une attaque contre les abus spécifiques du racisme, mais contre la réalité. Cette idéologie mobilise tous ses experts, tous ses chercheurs, tous ses sociologues pour récuser les données de l’expérience. Ce qui ne veut pas dire que le racisme a cessé d’exister. Nous sommes voués à nous battre constamment sur deux fronts, contre l’abrogation antiraciste du monde réel et contre le déchaînement raciste des bas instincts. Et ce n’est pas une pétition de principe : ceux qui choisissent la voie de l’intégration, qui font de bonnes études, qui obtiennent un diplôme, sont souvent au chômage parce qu’ils payent pour les autres. Ils payent pour ceux qui ont un tout autre agenda, qui se considèrent comme des ayants droit voire comme des conquérants. »( Fin de citation ).

A méditer….

Dans le même temps, la « rumeur » prête, à certains membres de la secte des « pédagogistes » de notre Education Nationale, l’intention de s’attaquer à un mal qui ronge nos société depuis la plus haute antiquité, à savoir le « sexisme ».

Pour respecter la « Loi du Genre », nos élites, faute de pouvoir nier ce que j’ai appris quand j’étais tout petit, à savoir que j’étais un garçon, -car comme disait ma mère -, j’avais une « zigounette », à la différence de ma petite soeur qui, elle, n’en avait pas, nos élites donc, nous concocteraient une nouvelle révolution sémantique, destinée à purger les manuels scolaires de toute trace de différenciation entre les sexes.

Le mariage « pour tous » constitue une « avancée » dans cette direction: il n’y a plus de différence, désormais, entre un homosexuel et un hétérosexuel, quel qu’en soit le sexe. 

L’arme absolue, en quelque sorte, pour éradiquer, une fois pour toutes, le sexisme.

L’obsession éradicatrice et un tantinet « orwellienne » de nos dirigeants actuels impressionne. Ils finiront bien, à force d’éradiquer, par faire de la Langue française, une monstrueuse « langue de bois »…. Mais parviendront-ils à contrôler nos pensées, et à éradiquer nos pulsions, nos sentiments, nos goûts et nos dégoûts ???

Orwell(1), un auteur de plus en plus actuel, doit se trémousser dans sa tombe…..

(1) George Orwell, de son vrai nom Eric Arthur Blair, est un écrivain anglais né le 25 juin 1903 à Motihari (Inde britannique, aujourd’hui en Inde) et mort le 21 janvier 1950 à Londres.

Témoin de son époque, Orwell est dans les années 1930 et 1940 chroniqueur, critique littéraire et romancier. De cette production variée, les deux œuvres au succès le plus durable sont deux textes publiés après la Seconde Guerre mondiale : La Ferme des animaux et surtout 1984, roman dans lequel il crée le concept de Big Brother, depuis passé dans le langage courant de la critique des techniques modernes de surveillance.

L’adjectif « orwellien » est également fréquemment utilisé en référence à l’univers totalitaire imaginé par l’écrivain anglais.