Hyper-crisis versus hypo-crisie.


Le monde traverse une crise grave, l’une des plus graves qu’il ait dû affronter depuis la « Grande Crise » de 1929.

Le choc de la crise financière qui s’est répercuté en crise économique sur les pays développés a mis en évidence les conséquences des trente années d’une « croissance » soutenue par un endettement débridé des pays les plus riches habitués à vivre sur la « rente de situation » que procurait aux économies dominantes une énergie et des matières premières à bas prix.

Personne ne s’interroge sur l’origine du dogme qui a permis à la plupart de ces pays d’accepter de vivre avec un déficit budgétaire de 3%, ce chiffre étant devenu, au fil du temps, une norme, avant de devenir ce qu’il est aujourd’hui, c’est-à-dire un carcan.

En fait, cette tolérance se fondait sur le pari permanent d’un retour à la « croissance », le taux de 3% étant celui considéré par les « économistes » comme le taux à partir duquel on pouvait escompter une reprise de la création d’emplois, grâce à laquelle, avec la croissance des recettes de Etats, le déficit toléré pourrait être résorbé.

On sait ce qu’il en est aujourd’hui. Il n’y a plus de place pour la « fuite en avant » et pour le déni de réalité. Le poids de la dette cumulée, pour financer les déficits successifs, jamais comblés par un mythique retour de la croissance, est devenu insupportable.Il menace la souveraineté des Etats européens, déjà bien amoindrie. Les intérêts de la dette grèvent désormais les budgets, au point de priver les Etats de toute « marge de manoeuvre ».

Dans les pays concernés, il n’y a plus de place pour les discours hypocritement lénifiants: les peuples ont, confusément, pris conscience des réalités et savent que rien ne pourra les exonérer des sacrifices nécessaires pour assainir les finances des Etats et revenir à des principes de saine gestion, le premier d’entre eux étant fondé sur l’impossibilité de dépenser l’argent que l’on a pas en poche, et sur la necessité de ne pas consommer, en valeur, plus que ce que l’on produit.

Il aura fallu beaucoup de temps pour que cette prise de conscience devienne une réalité.

Car l’hypocrisie de la classe politique commun à une génération entière de politiciens professionnels de tous bords pratiquant effrontément le « déni de réalité » souvent dénoncé ici, a favorisé « l’enfumage » des peuples qui préfèrent entendre les porteurs de « fausses bonnes nouvelles » plutôt que les « Cassandre »….

C’est le règne du « faire comme si on ne savait pas »…..

Ce qui est vrai dans le domaine de l’économie l’est également dans le domaine « sociétal ».

Nous avons été habitués, depuis la « révolution des idées » générée par l’agitation de Mai 1968, à considérer que le « progrès » consistait à mettre à bas « l’ordre établi », à contester tout ce qui pouvait être assimilé à des manifestations d’autorité, à renier tout ce qui provenait de l’héritage de ceux qui nous avaient précédé, et en particulier les valeurs sur lesquelles reposait l’équilibre de nos sociétés.

La manifestation la plus récente en est la présentation qui a été faite, en France, du « mariage pour tous », destiné à légaliser le mariage entre homosexuels, et accessoirement l’adoption par les couples de même sexe. Selon les inspirateurs de cette prétendue « avancée » législative, il s’agit d’un progès historique de nos sociétés.

L’ assurance, voire l’arrogance avec lesquelles ce point de vue a été défendu n’empêche pas qu’une fraction significative du peuple français considère qu’il s’agit, au contraire, d’une régression calamiteuse des valeurs familiales, au nom d’une conception égoïste de la liberté individuelle qui non seulement ignore les intérêts des enfants qui grandiront au sein de ces « unions » atypiques, mais introduit dans notre société des ferments dangereux, au nom d’une conception de la sexualité et de « l’amour » qui dérange bien des consciences.

Gay

Le concept de « tolérance » est devenu, au fil du temps, à son tour, une sorte de dogme qui s’introduit dans tous les domaines de la vie sociale. Dans le monde des « soixante-huitards » attardés, il n’y a de place au sein de la « société respectable » que pour ceux qui se couchent devant les ayatollahs de la nouvelle religion du « politiquement correct ».

Les autres, « les intolérants » sont à rejeter aux marges extrêmes et peu fréquentables de cette société malade d’elle-même.

La France traverse, ainsi, un grave crise morale qui vient s’ajouter à l’autre crise.

De tolérance en tolérance, nos « bobos-gauchos »sont devenus sourds et aveugles aux menaces qui se profilent et auxquelles notre société aura du mal à échapper. Et cela, malgré les signes avant-coureurs qui se multiplient sous nos yeux.

Car pendant que, chez nous, ceux qui tiennent le haut du pavé idéologique se complaisent dans un climat de laxisme plus ou moins festif, pendant que les « gay-prides » deviennent des manifestations guignolesques comparables aux carnavals d’antan, se multiplient, à nos portes des avertissements, que seule l’hypocrisie ambiante permet d’ignorer.

Je regardais, avant-hier soir, deux documentaires de grande qualité, diffusés sur France 3. C’était en « prime-time » le soir du 22 Mai.

Ces deux documentaires peuvent être revisionnés sur le site:

http://www.tv-replay.fr/documentaires/france3-pluzz/nc/date/1.html

Ils traitaient d’un sujet angoissant. C’est sans doute pour cela, qu’à mon grand étonnement, ce sujet n’a rencontré qu’une audience modeste. Je me suis précipité, le lendemain, sur la Presse spécialisée pour y trouver quelques réactions ou quelques analyses : silence radio absolu.

Car le sujet était:«  La Confrérie. Enquête sur les Frères Musulmans ». suivi de « Printemps Arabes. La Confiscation ».

Un sujet qui mérite pourtant que l’on médite sur ce qui se trame à nos portes, et qui n’a rien à voir avec les élucubrations de nos habituels « zozos » sur les progrès de la démocratie dans les Etats arabes.

Il suffit d’écouter le discours des Imams, « maîtres à penser » de « l’Islam Conquérant », pour réaliser à quel point il est illusoire de croire à une quelconque possibilité de cohabitation paisible entre l’Islam et la Démocratie, entre leur conception de la Loi Coranique et celle de nos lois « libérales », notamment sur le plan des moeurs….

A l’intention des naïfs, rappelons que Yusuf Al-Qaradawi, le cheikh égyptien qui a été acclamé par une foule en délire, place Tahrir, prêche La notion de patience dans l’islam et que ce livre est disponible en français.

Il faut savoir que Sayyid Qutb (1906-1966), le principal penseur des Frères musulmans, défend, contre toute définition minimaliste ou mystique du djihad, l’idée que le but ultime du djihad n’est nullement la protection d’un territoire, mais l’instauration du royaume de Dieu dans le monde entier : « Le genre humain est l’objet de cette religion, la terre entière est son champ d’opération. »

Pour ces Imams, ce que nous considérons comme des manifestation de « liberté », ne sont que les signes de perversion et d’immoralité d’une société décadente. A ce sujet, lire l’intéressant article publié dans « Le Point »:

http://www.lepoint.fr/societe/les-50-propositions-d-hassan-al-banna-fondateur-des-freres-musulmans-25-05-2013-1672212_23.php

Frères Musulmans

A l’heure où Paris, devenue une Capitale « dangereuse » pour les touristes du monde entier, à l’heure où la France est confrontée à la barbarie venue de ses banlieues, à l’heure où on égorge à Londres, en pleine rue, à l’heure où Stockholm est dévastée depuis plusieurs nuits consécutives, – Stockholm capitale d’un pays que l’on nous sert comme un modèle de tolérance et de (sociale) démocratie -, nous fermons hypocritement les yeux, et continuons, – après « l’affaire Merah », après la découverte de trafics d’armes de guerre sur notre territoire, et de réseaux de « franco-marocains, algériens ou tunisiens »partis combattre au Mali, puis en Syrie -, à défiler, en France, « pour » ou « contre » le « mariage-gay ».

Car, qu’on se le dise, si la Loi Taubira a l’ambition d’introduire un « changement de civilisation » ( ! ),il faut ramener l’affaire du « mariage gay » à ses justes proportions.

Comme je l’ai souvent souligné ici, les candidats au « mariage, chez les Gay, ne représentent qu’une minorité à l’interieur de la minorité Gay dont la majorité n’est pas prête à s’engager au « devoir de fidélité » devant un Maire… Trop habituée à la pratique du sexe avec des « partenaires multiples » !!!

Mais les défilés d’adversaires du « mariage pour tous », sont bien plus des manifestations qui traduisent une profonde inquiétude inspirée par ce qu’ils considèrent comme un nouveau recul  de valeurs morales qui sont conçues par ceux qui manifestent comme essentielles à la cohésion, voire la survie de notre société.

Le fait que quelques pays nous aient précédés dans ce mouvement de déclin, ne suffit pas à calmer les inquiétudes sur la portée de cette réforme.

Emeutes à Stockolm

Les précédents qui sont mis en avant ne sont significatifs que de la crise morale qui affecte l’Europe entière, et qui est encore plus grave de conséquences, à long terme, que la crise économique et les crises politiques qui en découlent.

C’est triste. Mais c’est surtout fort dangereux, car pendant ce temps le feu couve à nos portes…..alors que l’unité nationale est gravement menacée.

    

8 réflexions au sujet de « Hyper-crisis versus hypo-crisie. »

  1. En effet !!! Que faire !!! Rester vigilants, ne pas se laisser endormir par le « discours ambiant », dénoncer chaque fois qu’on le peut pour faire entendre « une autre musique » que celle avec laquelle on essaie de nous endormir. Ce qui est encore plus préoccupant, c’est que l’on est en train de pervertir notre jeunesse, d’affaiblir ses capacités de resistance, à travers des théories fumeuses telles que celle du « genre », du « mariage pour tous »,avec la « dépénalisation » de l’usage du cannabis, avec une consommation d’alcool dès la plus tendre jeunesse, etc……
    Le vieil homme que je suis vient de terminer la relecture d’un livre de Jean Dutourd, ex-Académicien, intitulé « ieil Homme et la France », qui date de 1994…. Prémonitoire.

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  2. J’ai très peur. Pour moi peu importe mais je pense à mes enfants, aux nouvelles générations qui, la plupart du temps ne soupçonnent pas ce qui couve ou bien s’habituent peu à peu (le pire
    d’ailleurs..).Nous avons les « qataris » qui nous étouffent par le haut avec leur argent et l’islam qui nous ronge par le bas. QUE FAIRE ?????

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  3. @ André:
    Ceux qui, comme nous, ont une expérience, et une histoire vécue dans un environnement où l’Islam est présent savent que le Musulman sait se faire discret, tant qu’il ne se sent pas en position de force, mais qu’il peut basculer à tout moment, s’il sent que la force faiblit et change de camp.C’est ce qui m’a toujours fait douter de « l’Islam modéré ». « Modéré » jusqu’à quand ???

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  4. Je pense que le Petit peuple de France n’a encore pas évalué le danger que représente cette diversité,le silence des musulmans de France est édifiant,dans les grandes villes les non musulmans sont chassés,viendra ensuite les petites villes et villages,on n’a pas encore compris qu’il faut agir fermement,la police a peur, et nos juges du sdm n’en en rien à faire des victimes qui subissent  » le mur des cons » est édifiant,notre laîcité part en quenille et notre civilisation est menacées,bienôt on aura des zones occupées,et quelques zones libres,je suis d’accord avec Jean Pierre,et inquiet pour ma descendance.Amitiés.

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  5. Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse et avec celles des commentaires. Sans vouloir être pessimiste j’ai le sentiment qu’ on se prépare à un affrontement pour ne pas dire une guerre. La Syrie va certainement entrer dans le giron des frères musulmans, Des bruits courrent qu’ une instabilité régne en Algérie et la suite est facile à deviner ce sont encore les rétrogrades qui vont remplacer le régime actuel qui est malgré tout moins retardé que le FIS. Les magouilles perpétrées par les USA au Moyen Orient pour « sauver » l’état d’Israel, etc…Tous ça pour dire qu’en plus d’une crise morale et économique nous risquons la guerre mais peut être que me trompe.

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  6. @ Anne-Marie: Je n’ai pas grand chose à ajouter à votre propos,car j’en partage l’essentiel.
    Ce qui m’a inspiré cet article, c’est le désintérêt des commentateurs à l’égard d’une émission passionnante, et révélatrice à la fois de la stratégie des « fondamentalistes », qui, comme vous le dites fort justement, « ont le temps » et savent qu’il jouera en leur faveur. Ce désintérêt contraste avec celui dont bénéficie le « mariage des homosexuels » dont je me fiche tout comme vous, car il s’agit d’une minorité, bruyante, agissante et quelque peu arrogante, qui ne mérite pas,dans la période de crise que nous traversons autant de sollicitude, et de place dans la vie politique du pays, comme dans les médias.
    Ce qui me surprend, c’est que ceux qui défendent une liberté de moeurs, qui a mes yeux, ne constitue pas une avancée majeure pour notre société, sont les mêmes qui défendent,et parfois justifient, au nom d’une tolérance pathologique, les manifestation provocatrices d’un Islam conquérant qui n’a pour eux que mépris, et pour notre société une aversion pour ses penchants libertaires, qui sont les signes précurseurs d’une décadence annoncée.

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  7. J’ai regardé aussi les deux émissions sur les printemps arabes dont vous parlez. Vous savez que je m’intéresse particulièrement à l’évolution des pays du Maghreb, pour des raisons familliales. Grâce à ces émissions, fort bien faites, j’ai enfin pu faire clairement le lien entre l’Egypte de Nasser et d’El Sadate et celle de la révolution de la place Tahrir; j’ai aussi mieux compris la différence entre la religion populaire de la Tunisie et l’islam pur et dur. J’ai aussi révisé mes classiques à propos des sunnites et des chiites, vous serez sans doute mieux à même d’expliquer ici pourquoi c’est important.
    J’ai toujours trouvé l’islam extrêmement arriéré à l’égard des femmes, ce qui n’est une découverte pour personne, j’ose l’espérer, et j’ai du mal à comprendre que des jeunes filles qui vivent en France et ont bénéficié de la culture française se voilent: par exemple à la faculté de médecine de Bobigny, dans les amphis le voile domine. J’ai du mal à comprendre aussi qu’au nom de la tolérance et de la sacro-sainte liberté de croyance, on permette aux hommes de s’afficher en djellaba et la tête couverte dans nos rues, et plus récemment de nous provoquer parfois _ cela m’est arrivé personnellement. Aussi, je me permets de rappeller ici que la France est un pays laïque, et que nul n’est censé faire du prosélytisme en pleine rue, dans notre pays. S’il fallait d’ailleurs en tolérer un, je préfèrerais que ce soit celui de la religion de nos pères, qu’ils aient été catholiques ou protestants. Mais certainement pas de celle d’Allah.
    Ce qu’il faudrait ajouter à ces émissions, c’est que, sur place, les islamistes / fondamentalistes (Frères musulmans et salafistes réunis) proclament que le Califat est pratiquement déjà réalisé, avec les épisodes tunisien, égyptien et lybien. On n’attend plus que l’épilogue de l’épisode syrien et la fin du régime hérité du FLN en Algérie, qui ne saurait tarder. Ce qui m’a semblé le plus terrible, c’est que l’entreprise repose sur la certitude des islamistes que le temps ne compte pas: ce qui n’est pas aujourd’hui réalisé le sera demain, et le projet d’un Califat sunnite en arriverait presque à paraître un moindre mal, par comparaison avec les régimes chiites d’Iran et de Syrie.

    Pour toutes ces raisons, je me contrefiche éperdument du mariage gay légalisé, quoique beaucoup moins de l’autorisation donnée aux couples homosexuels d’adopter des enfants. Ce sont des soucis de pays riches, évolués, mais, pour tout dire, décadents. Nous ne savons plus voir d’où vient le danger, et notre tolérance à cet égard, fondée sur de vagues réminiscences des libertés bourgeoises obtenues au XIXe siècle dans notre pays, n’est qu’un leurre: nous n’éviterons pas les véritables difficultés, qui sont le naufrage économique de notre pays, et son grignotement idéologique par les « ennemis de l’intérieur », que nous avons nous-mêmes invités à y entrer. Que disent les Tunisiens des Français, aujourd’hui? « Vous payez la colonisation ».

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