Seul contre tous…


Hollande bashing

Pendant que la côte de popularité de Hollande et celle de son Premier Ministre s’effondrent, la France est en train de glisser lentement mais sûrement vers un isolement  préoccupant. Un isolement diplomatique qui se conjugue avec une lente descente aux enfers, sur le plan économique.

Un isolement que Franz-Olivier Giesbert dans un éditorial du Point, compare à de l’autisme : » l’autisme, qui, rappelons-le, se caractérise par un « détachement de la réalité extérieure, la vie mentale du sujet étant occupée tout entière par son monde intérieur », ainsi que par une « forte tendance à l’introversion et à l’égocentrisme » (Littré). »

En froid avec la Grande Bretagne, la Suisse et la Belgique en raison de contentieux fiscaux avec des pays qui ouvrent un peu trop ouvertement leurs portes aux « exilés fiscaux », la France traverse une période d’isolement sur le plan européen, aggravée par les difficultés relationnelles entre François Hollande et Madame Merkel.

Le Ministre des Finances au cours d’une courte visite en Chine a reçu un accueil plutôt froid, les Chinois n’ayant pas apprécié les suspicions émises en France par le pouvoir, au sujet d’un projet commun de centrale nucléaire qui bât de l’aile, la France reculant devant les conséquences, à long terme, des transferts technologiques importants qu’exige le « partenaire » Chinois…En outre, les Chinois dont les « Fonds Souverains » détiennent une part importante de notre dette, n’ont pas manqué d’exprimer leur inquiétude, face à la dégradation de la situation économique de la France.

La visite de François Hollande en Algérie, sans être un véritable échec, a déçu les Algériens, et n’a pas permis d’obtenir, de l’Algérie, la participation attendue au rétablissement de l’Etat malien dans ses frontières. L’image de François Hollande, venant « cirer les pompes » de Boutef n’a pas séduit le peuple algérien qui reste sceptique sur ce que la France peut encore apporter à l’Algérie…..à part des Visas !!!

Le Maroc, froissé de la troublante proximité qui, selon les Marocains, existerait entre la France et l’Algérie, reste distant vis à vis de la nouvelle équipe au pouvoir en France.

Tout cela fait beaucoup….

L’année 2013 sera, pour la France, observée par « les marchés », c’est à dire par ceux qui lui prêtent de quoi respecter ses échéances, un redoutable moment de vérité.

Car la France est devenue le premier risque pour la zone euro. Son appareil de production qui se désagrège, est pris en tenaille entre la compétitivité des pays d’Europe du Nord et le retour de la compétitivité des prix de l’Europe du Sud. Les mesures de rigueur,- que dis-je, d’austérité,- mises en oeuvre en Italie, au Portugal, et douloureusement en Espagne vont commencer à produire leurs effets et engendrer un timide retour à la croissance.

 Or, selon l’économiste Christian Baverez, l’un de nos analystes les plus lucides et les plus objectifs, la production industrielle a chuté, en France, de 12 % depuis 2007 et le taux de marge des entreprises, ( 28 % de la valeur ajoutée), atteint son plus bas niveau historique. Le taux de chômage réel s’élève à 15 % de la population active. La dette publique atteindra 92 % du PIB.

En 2013, la France sera devenue le premier emprunteur mondial en euros.

Elle cumulera ainsi, l’endettement record, la récession, l’aggravation du déficit commercial, l’explosion du chômage et l’incapacité à remplir l’objectif de 3 % du PIB pour le déficit public. « Les Marchés »ne resteront pas longtemps immobiles face à cette situation et une attaque sur la dette française redevient donc possible.

Un nouveau choc, contre la dette française serait dramatique pour notre pays comme pour la zone euro:  chacun sait que les mécanismes de solidarité et de réassurance de la monnaie unique reposent sur la double signature française et allemande.

Un choc financier qui pourrait dégénérer en crise politique: le mélange d’incompréhension, de colère et d’humiliation qu’éprouveront les Français, qui ont été entretenus dans le déni de la gravité de la crise par leurs dirigeants constitue un mélange explosif.

L’année 2013 sera donc une année redoutable pour la France, qui se trouvera en première ligne, dans le collimateur des « marchés ». 

Hollande aura-t-il le courage de profiter du sursis miraculeux que lui accordent ces marchés financiers dont il a fait son « principal ennemi » pour redresser la compétitivité de ses entreprises, libéraliser son marché du travail, ouvrir le secteur des services à la concurrence, réformer l’État et engager la diminution des dépenses publiques en ramenant le nombre de ses fonctionnaires à un niveau comparable à celui de l’Allemagne qui compte deux fois moins de fonctionnaires pour 1 000 habitants que la France alors qu’elle paie ses enseignants deux fois plus que les nôtres  ???

À défaut, s’il persiste à vouloir avoir raison, seul contre tous, « les marchés »le saisiront à la gorge. Et la zone euro tremblera de nouveau….