La France,…les Français….


République

La France traverse une crise grave.

Il ne s’agit pas ici, de crise économique ou financière. Sur ces sujets, tout a été dit, ou presque….Et même, le contraire de tout.

Il s’agit d’un mal beaucoup plus profond, qui ronge ce pays depuis quelques décennies. Un mal qui, depuis peu atteint une sorte de paroxysme.

Les symptômes, de plus en plus apparents, se multiplient et conduisent à un diagnostic inquiétant: les Français s’admirent et s’aiment individuellement, mais se détestent de plus en plus collectivement.

Bien pis, ils sont de plus en plus nombreux à détester la France !!! Ce beau pays, si souvent dénigré, par les Français eux-mêmes, est soumis, depuis cinquante ans à un feu nourri de critiques qui, de l’intérieur, affaiblissent l’autorité et le prestige de ses Institutions.

Ce pays s’ est condamné à une éternelle repentance, à l’oubli de son passé prestigieux, au renement de son Histoire, au dénigrement de ceux aux quels il offre son hospitalité et qui sont les premiers à afficher leur détestation des Français et aux gesticulations hystériques de minorités qui veulent imposer à la majorité des Français, leur conception d’une société dans laquelle ils pourraient enfin « vivre et jouir sans entrave »….

Les signes de ce « désamour » se multiplient.

Depuis Ernest Renan, nous savions qu’un Français ne peut pas se sentir heureux, tant qu’un autre Français de son entourage, proche ou lointain, lui semble être plus heureux que lui. De même qu’un Français est prêt à accepter d’affronter tous les malheurs, à condition qu’il sache qu’autour de lui, d’autres Français sont plus malheureux que lui….Depuis 1789, les exemples de cette attitude viscérale se sont multipliés.

C’est sans doute ce qui explique, aujourd’hui, que les Français, qui savent que l’heure des sacrifices est arrivée, et que plus rien ne sert de nier d’incontournables réalités, soudain, n’aiment plus « les riches ».

Ils les détestent au point de créer, autour d’eux, un climat qui les fait fuir, de plus en plus nombreux, un peu comme si « les pauvres » avaient le sentiment qu’en demeurant entre « pauvres », la pauvreté leur paraîtrait moins insupportable. Le bon sens chinois enseigne pourtant, que lorsque les riches grossissent, les pauvres ont moins faim, mais que lorsque les riches ont faim, les pauvres crêvent dans la famine.

« Les riches », de leur côté, n’aiment plus la France.

Ou du moins « cette France là »……

Car le malaise créé autour des élites,- les vraies élites, celles qui enrichissent la France de leurs découvertes, de leurs œuvres, et de leur talent , celles qui contribuent à son prestige -, ces élites là ne pensent désormais qu’à fuir ce pays qui n’attire plus que des parasites, qui, tout en profitant d’une «générosité » débridée, tirent la France vers le bas.

L’affaire Depardieu, par ses outrances, en est une illustration médiatisée. Parmi tant d’autres. Car les médias prompts à saisir une occasion de masquer le vide de leur contenu ont « sauté » sur cette lamentable affaire, en faisant mine d’ignorer qu’avant elle, il y en a eu beaucoup d’autres, moins médiatisées…..

Je partage le point de vue de Jacques Attali, exprimé sur le site de l’Express.fr: http://www.lexpress.fr/actualite/societe/gerard-depardieu-miroir-des-francais_1206825.html

 Le « cas » Depardieu ( je cite), «  est d’abord le révélateur d’un peuple mal à l’aise avec lui-même: en France, les riches sont mécontents parce qu’ils sont dénigrés, montrés du doigt. Les pauvres le sont aussi, parce qu’ils sont au chômage ou menacés de l’être. Tous sont tentés de partir et admirent Gérard, qui ose le faire. Il est celui que tous voudraient être: multiple, insaisissable, refusant toute hiérarchie, tout à la fois Gavroche et Jean Valjean. Il est aussi, comme la plupart des êtres humains, incapable de se satisfaire d’une seule vie, et tente donc dramatiquement d’en vivre plusieurs à la fois, réelles et virtuelles. Gérard Depardieu est donc aussi le nom qu’on peut donner à la tragédie de l’être humain, incapable d’échapper à son enveloppe charnelle. Et qui, malgré tous ses subterfuges, malgré le divertissement de soi et des autres, sait qu’il reste mortel. Comme presque tous ceux qui ont cette lucidité-là, Gérard se déteste de se savoir mortel. Et il accélère ce qu’il redoute, pour ne pas avoir à l’attendre.

C’est cela qu’il faut le plus apprendre de Gérard Depardieu. Et c’est de cela qu’il faut le plus se méfier: que la fascination d’un peuple pour un homme, qui le représente si bien, ne le pousse pas à s’autodétruire. »(Fin de citation).

Cela ne me dérange pas, personnellement, que Depardieu, cet artiste au talent énorme, qui a si bien interprété Raspoutine, choisisse de devenir Russe: il y a eu tant de Russes qui, pour fuir la révolution bolchevique, sont devenus français, à une époque où la France attirait plus de talents que de parasites.

Qui oserait parmi les gens de culture, aujourd’hui, traiter les Diaghilev, les Noureev,les Nijinsky les Stravinsky de traitres à la Russie ??? Que Depardieu trouve refuge en Russie, à un moment où flotte en France un parfum révolutionnaire, ne serait-ce point une sorte de symbole ???

D’ailleurs, personne ne s’est étranglé de fureur, en France, lorsque Luc Montagnier, ce Prix Nobel français qui fut l’un des précurseurs en matière de connaissance du SIDA a dû s’exiler aux Etats Unis et prendre un passeport américain, pour poursuivre ses recherches, et échapper aux absurdités du carcan de la bureaucratie française qui l’obligeaient, à 60 ans, à prendre sa retraite de chercheur….

Vu de « l’étranger », ces soubresauts de rancoeurs des Français à l’égard de ceux qui réussissent, ont quelque chose de surprenant.

De nombreux pays sont prêts à accueillir, les bras ouverts, ceux qui, par leur goût d’entreprendre, par leur talent, par leurs succès, se sont attiré la détestation de leurs compatriotes.

Et la France, silencieusement, se saigne. Sous le regard indifférent de ceux qui restent….

La Silicon Valley accueille nos inventeurs, ceux qui dans les nouvelles technologies fabriquent les instruments de la croissance et de la prospérité de demain.  Le Canada encourage les jeunes français qui ont une qualification à rejoindre « la Belle Province ». Londres est devenue la quatrième ville française dans le monde,…bien devant Bruxelles. Cadres de la finance, mais aussi restaurateurs, pâtissiers, artistes y trouvent un cadre favorable à leurs projets, et souvent, à leur réussite.

Car « l’affaire » Depardieu n’est qu’un symptôme. Le problème n’est pas Depardieu, mais les raisons qui ont suscité sa révolte et l’ont poussé à s’expatrier.

La Gauche reprochait à Sarkozy, un discours « clivant », opposant « ceux qui se lèvent tôt le matin pour aller travailler », à ceux qui préféraient  « la condition d’assistés ».  A ce discours, la Gauche a substitué un discours non moins clivant, opposant ceux qui espèrent tout d’un Etat Providence, à ceux qui s’enrichissent en travaillant. Un discours teinté de haine…..  

Or, la racine du mal qui mine la France, c’est le comportement prédateur d’un Etat devenu boulimique, incapable de se réformer, incapable de réduire son « train de vie » autrement qu’en prenant des mesures cosmétiques, telles que la baisse (apparente) du salaire du Président de la République et de ses Ministres.

Victimes de leur déni permanent de la réalité, d’une absence de courage et d’un refus de dire, – à un peuple pourtant prêt à l’entendre -, la vérité sur le véritable état de la France, et sur les enjeux du défi qu’elle doit affronter, face à un nouvel état du monde, les Socialistes, s’ils ne se dégagent pas de l’emprise de « la Gauche de la Gauche », (cet euphémisme inventé pour éviter d’évoquer l’extrémisme de cette gauche là, celle qui par ses pulsions totalitaires fait peur à beaucoup de Français), entraîneront la France sur la pente dangereuse du déclin.

Car la France n’est pas gouvernée par des gens qui se sont illustrés par leur réussite dans un monde de compétition, tel que celui de l’entreprise, mais par des fonctionnaires, parfois brillants, mais dont l’intelligence s’est mise au service de leur « ego » et de leurs ambitions arrivistes. Ils sont habiles à se mouvoir dans un univers d’apparatchiks privilégiés,  grâce au talent acquis sur les bancs de Sciences Po, ou de l’ENA, où l’on apprend à discourir sur tout, même pour ne rien dire, afin d’endormir ceux qui les écoutent, à coup de « prêchi-prêcha » sur les « valeurs républicaines »….. 

La composition de notre Parlement en témoigne de manière éloquente….

Il n’est donc pas impossible que Depardieu n’ait fait qu’entrouvrir une porte qui n’est pas prête à se refermer….

Les entreprises françaises, et tout particulièrement les PME, ont été ruinées par une fiscalité aveugle, par un syndicalisme destructeur, et par un déficit d’innovation en partie dû à la fuite des cerveaux innovants. Appauvries, souffrant d’un manque de profits qui se traduit par une insuffisance de capitaux propres, elles ont trop longtemps survécu à crédit, et se heurtent aujourd’hui à la difficulté d’emprunter auprès des Banques.

Les actionnaires individuels, les épargnants qui en souscrivant aux actions des entreprises, contribuent à leur « capitalisation », ont été ruinés par la chute vertigineuse de la bourse en dix ans. Leur nombre est passé de 6,5 millions à 4 millions en vingt ans.

Les salariés français n’ont pas encore compris, – car personne n’a le courage de le leur expliquer -, que si leurs entreprises sont engagées dans une dure compétition mondiale, ils sont eux-mêmes en compétition avec d’autres salariés aussi performants qu’eux, et moins bien protégés et surtout moins bien payés.

Aucun de ces problèmes-là ne trouvera de solution dans la « chasse aux riches ». Bien au contraire..

La France ne s’en sortira pas avec plus d’allocations à ceux qui ne travaillent pas, mais avec plus d’efforts et de sacrifices pour ceux qui travaillent.

Les Français doivent réapprendre, en outre, à aimer leurs entreprises, à être fiers des réussites individuelles ou collectives, à honorer ceux qui contribuent à la création des richesses et qui se battent avec courage, dans un environnement économique impitoyable.

Il est significatif de faire le constat navrant du classement des personnalités les plus admirées des Français: en tête viennent, des « amuseurs publics », des humoristes qui bâtissent leur notoriété et leur fortune sur le dénigrement de la société française, sous prétexte qu’ils s’y sentent mal à l’aise.

Aucun des Prix Nobel attribués à la France en 2012 ne figure parmi les Français que le peuple admire….Etonnant, non ???

Comment peut-on aimer la France quand on ne s’aime plus entre Français ????