Ne jamais oublier…..


Defferre2

(Suite). Tout au long de cette série d’articles, je n’ai pas cherché à faire oeuvre autobiographique. Je n’en avais ni l’ambition, ni le talent.

Mon but était de rendre hommage à mes deux grand mères: deux femmes d’exception qui ont profondément marqué ma jeunesse. J’ai voulu, en évoquant leur mémoire, à travers des souvenirs personnels, les faire revivre, et les préserver de l’oubli qui guette ceux qui ont disparu, surtout lorsque de douloureuses circonstances nous ont éloignés de leur sépulture.

J’ai voulu également, à travers l’évocation de leur mémoire, montrer la part qu’elles ont prise, dans l’éducation de l’enfant, puis de l’adolescent que j’étais, puis du jeune homme que je suis devenu, et enfin, l’influence qu’elles ont exercé dans la construction de l’homme que je suis.

Ma grand mère paternelle était, avec ses parents, originaire de Jalon, un petit village à l’intéreur des terres, sur la Costa Blanca espagnole, ce petit village que ses parents, ouvriers agricoles, ont quitté,  fuyant la misère qui avait envahi cette région d’Espagne à la suite de plusieurs années de sécheresse. Chaque fois que je vais à Jalon, devenu, grâce à son agriculture et au tourisme un village riche et coquet, pour y faire des achats de miel, d’huile d’olive, de moscatel, d’oranges, et de charcuteries, je ne manque jamais d’avoir une pensée pour cette femme fragile et courageuse.

Elle est décédée prématurément d’un cancer et elle repose auprès de mon père et des siens au cimetière de Saint Eugène, près d’Alger. Paix à son âme. 

Ma grand mère maternelle a vécu plus longtemps et j’ai eu la chance de vivre auprès d’elle pendant de longues années. Cette femme forte, volontaire, était issue, elle aussi, de ces familles pauvres qui ont émigré en Algérie, non pas pour y faire fortune mais pour vivre de leur travail.

Pour ma grand mère, il n’y avait point de salut hors d’une vie de travail. Elle m’a enseigné que l’on pouvait être pauvre, sans cesser d’être digne, et je lui dois d’avoir su, toute ma vie, que « nul ne sait où il ira, s’il oublie d’où il vient ». Elle m’a fait comprendre que c’est par le travail que l’on acqièrre le droit d’avoir « la tête haute »et que pour arriver dans la vie, il n’y a qu’un chemin, « le droit chemin ».

Les circonstances de sa mort sont, pour moi, une blessure jamais refermée.

Le 23 Mars 1962 éclatent de graves incidents qui opposent certains éléments de l’OAS à des unités de l’Amée Française.

 Le 23 mars est une date terrible, car c’est pour les partisans de l’Algérie Française une journée fatale: entre eux et l’Armée désormais il y a du sang.

Le pouvoir gaulliste déclenche alors une offensive militaire sans précédent dans les rues d’Alger. La riposte à la tentative d’insurrection est directement conduite par le commandant en chef, le général Ailleret assisté du général Capodanno. Tous deux sont installés à la caserne Péllissier, située en face du Lycée Bugeaud, là où j’ai étudié, et à l’entrée même du faubourg de Bab-el-Oued, à deux pas de chez ma grand mère.

Gendarmes et CRS interviennent les premiers. Ils sont reçus, comme on pouvait s’y attendre par des tirs. La troupe venue en renfort, se joint alors au mouvement précédée par des blindés qui tirent, au jugé, sur les façades des immeubles.

Ma grand mère terrorisée, se cache sous la table de sa cuisine. Heureusement pour elle: des balles de gros calibre transpercent ses persiennes pourtant fermées, et vont se loger dans les murs, pulvérisant le grand miroir qui se trouvait dans sa chambre à coucher.

Le même jour, à 17 heures, l’Armée de l’Air intervint avec des T6 et mitraille les immeubles.

Dés lors, Bab-el-Oued est soumise à un couvre-feu permanent : ses habitants ont une heure par jour pour faire leurs courses dans les rares magasins encore ouverts, et qui ont échappé au saccage, certains diront par les Arabes, d’autres par l’Armée française..  Pendant quatre journées consécutives, le faubourg subit un véritable blocus, tandis que les immeubles sont perquisitionnés et certains saccagés.

A cette époque, je suis en mission d’Inspection à Constantine. Apprenant ce qui se passe à Bab El Oued par la radio, j’appelle mon oncle pour avoir des nouvelles de ma grand mère: il m’indique qu’il a obtenu du Consulat Suisse que ma grand mère se joigne aux citoyens suisses bénéficiant d’un rapatriement dans « leur pays d’origine », organisé par la Suisse.

Ma grand mère qui possède la double nationalité « franco-suisse »par son mariage avec mon grand père, est donc « rapatriée sanitaire », seule et à 77 ans, dans un pays où elle n’a jamais mis les pieds….

Pendant son rapatriement mouvementé, car il n’est pas évident de sortir de Bab El Oued fermée par le blocus, et encore moins évident de se rendre à l’aéroport de Maison-Blanche, ma grand mère est prise de violentes douleurs au ventre.

Le 28 Septembre 1962, alors que je suis toujours à Constantine, j’apprends, par un coup de fil de ma mère, desespérée, que ma grand mère est décédée, seule, loin de tous les siens, d’une occlusion intestinale quarante huit heures après son entrée à l’hôpital de Nyons, où elle a atterri, on ne sait pourquoi ….. Nous n’avons jamais pu obtenir des explications sur les circonstances de sa mort.

Elle sera enterrée dans le petit cimetière de Nyons au bord du Lac de Genève…..Plus tard, lorsque ma situation me le permettra, je lui rendrai visite, une fois par an.

La fin de l’année 1962 sera pour toute notre famille, une période tragique: celle d’un exode qui ressemble plus à un « sauve-qui-peut », un épisode vécu par des centaines de milliers de familles, sur lequel tout et le contraire de tout a été dit ou écrit.

Je n’y ajouterai pas mon propos. Si ce n’est pour dire, qu’après avoir envoyé ma femme et mes deux enfants en France pour les mettre à l’abri d’une situation violente et anarchique, je quitte à mon tour l’Algérie, la rage au ventre.

Cette année là, il fait si froid que la glace flotte sur les eaux du Port de marseille.

Le premier journal que j’achète pour savoir ce qui se passe de l’autre côté de la Méditerranée, m’apprend que Gaston Deferre, le Maire Socialiste maffieux de Marseille, souhaite que ces « rats pas triés » aillent s’adapter ailleurs….

Defferre

La suite appartient à mon histoire personnelle. ( FIN)

18 réflexions au sujet de « Ne jamais oublier….. »

  1. berdepas Auteur de l’article

    @Jean-Pierre: je vous répondrai en reprenant à mon compte une formule qui n’est pas de moi,….mais de Boumedienne: « tourner la page, oui. J’y suis prêt, à certaines conditions. La déchiirer, NON » !!!!

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  2. Jean Pierre

    C’est un sujet que je préfère oublier. Je penses quand même que l’erreur fût de vouloir s’installer à tous prix dans le midi, autour de la Méditérannée. Ailleurs en France et dans l’ouest en particulier ou je me suis établi nous n’avons pas rencontrer ce type d’accueil. Il en est de même dans l’est du pays, dans le centre et dans le Nord. Le véritable drame a été vécu par les gens de plus de 50 ans, non fonctionnaire qui n’ont pas retrouvé une situation professionelle équivalente à celle qu’il avait en Algérie.
    Pour Carnoux en Provence que je connais, un oncle venant du Maroc m’avait dit que Carnoux avait été implanté sur le territoire de Roquefort la Bédoule et que le maire communiste avait préféré partager la commune afin de créer celle de Canoux (peut être avait t’il peur de perdre sa place).

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  3. berdepas Auteur de l’article

    Ne vous fatiguez pas: tous les Pieds Noirs connaissent ce « florilège » de conneries par coeur….Ils véhiculent tous les clichés, les préjugés, les fantasmes aux quels nous sommes habitués. Ils reflettent les lâchetés d’une France qui n’a jamais assumé sa politique algérienne, et pour qui les Pieds Noirs ont été de commodes « boucs émissaires ». Pour « les nuls », « si nous avons perdu l’Algérie, c’est à cause des Pieds Noirs ». La France et les Français n’ont rien à se reprocher !!! A part leur indifférence …

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  4. Jacques

    @ Berdepas:

    Alors dans ce cas, voici un florilège de citations des véritables acteurs des accords d’Evian :

    Robert Boulin
    « Entre le 1er et le 26 juin 1962, il a été enregistré 169 000 retours vers la métropole. Ce rytme de passage correspond exactement à celui des départ en juillet 1961. Ce sont bien des vacanciers jusqu’à la preuve du contraire soit apportée ».

    Alain Peyreffite :
    « La cause de l’arrivée des pieds-noirs est due à une trop forte chaleur en Algérie ».

    Robert Boulin :
    « Ce sont des vacanciers un peu pressés d’anticiper leurs congés ».

    Robert Boulin :
    « Ce sont des vacanciers. Il n’y a pas d’exode, contrairement à ce que dit la presse ».

    Robert Boulin :
    « La plupart des ‘repliés’ à Marseille ne tiennent pas à travailler ! ».

    La Croix :
    « Eviter de laisser notre jeunesse se contaminer au contact des garçons qui ont pris l’habitude de la violence poussée jusqu’au crime ».

    Louis Joxe :
    « Les Pieds-Noirs vont inoculer le fascisme en France. Dans beaucoup de cas, il n’est pas souhaitable qu’ils retournent en Algérie ni qu’ils s’installent en France où ils seraient de la mauvaise graine. Il vaudrait mieux qu’ils s’installent en Argentine ou au Brésil ou en Australie ».

    Robert Boulin :
    « Il faut les obliger à se disperser sur l’ensemble du territoire . Leur répartition et leur emploi exigent des mesures d’autorité ».

    Georges Pompidou :
    « Pourquoi ne pas demander aux Affaires Etrangères de proposer des immigrants aux pays d’Amérique du Sud ? Ils représenteraient la France et la culture française ».

    De Gaulle ;
    « Mais non, plutôt en Nouvelle Calédonie ou en Guyane qui sont sous-peuplées et où on demande des défricheurs et des pionniers ».

    jf.

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  5. berdepas Auteur de l’article

    Je connaissais ce texte. Il n’apporte rien à votre argument . Il ne s’agit pas pour moi de « leur réussite » ou de leur « intégration ». Il s’agit de l’accueil qu’ils ont reçu.

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  6. Jacques

    Mais non, mais non, ne perdez pas votre temps avec moi…..Gardez votre temps précieux pour vos fans….

    La Rouvière, dernier bastion pied-noir
    Créé le 06-07-2012 à 11h20 – Mis à jour à 11h27

    Si l’intégration des rapatriés dans la société marseillaise a mis fin à leur ségrégation géographique originelle, un quartier continue de faire exception

    Où vivent les pieds-noirs marseillais ? Si une question aussi ouverte peut aujourd’hui paraître absurde, elle avait davantage de sens dans les années qui ont suivi leur arrivée. Ainsi, en 1968, selon le recensement effectué cette année-là, on comptait moins de 5% de rapatriés dans la population des sept premiers arrondissements ; à l’inverse, ils représentaient au moins 30% des habitants des 8 e , 9 e , 10 e , 13 e , 14 e et 15 e arrondissements. Au sein de ces quartiers périphériques, au sud et au nord du centre-ville, la concentration des rapatriés d’Algérie pouvait même dépasser 50% dans des secteurs comme Sainte-Marguerite, la Panouse ou la Rose. Autant de quartiers où venaient de sortir de terre d’imposantes cités, dont les pouvoirs publics avaient décidé de réserver 30% des logements HLM aux pieds-noirs.
    Or, dès les années 1970, la réussite d’une bonne partie des rapatriés a eu raison de cette ségrégation géographique, et les familles pied-noires se sont peu à peu diluées dans l’espace urbain, en même temps qu’elles s’intégraient à la société marseillaise. Une tendance à laquelle un quartier continue toutefois de faire exception : aux marges de la ville, posées à flanc de colline, les imposantes barres de la Rouvière abritent toujours une importante colonie pied-noire.
    Ce « ghetto » de rapatriés est, il faut le dire, plus qu’accueillant. Avec ses parterres manucurés, son centre commercial, ses terrains de sport, son école et sa poste, cette petite ville de 8 000 habitants n’a rien d’une cité laissée pour compte. Les habitants sont d’autant plus soucieux de leur environnement qu’ils sont pour la plupart propriétaires, ce qui fait de la Rouvière l’une des plus grandes copropriétés d’Europe. Parmi eux, certains rapatriés y vivent depuis la livraison de la première tranche, en 1963 : ils avaient acheté leur appartement sur plans deux ans plus tôt, depuis l’Algérie, après avoir été séduits par les prospectus que les promoteurs, les frères Cravero, flairant le vent de l’histoire, avaient opportunément expédiés de l’autre côté de la Méditerranée. La vue imprenable sur cette mer reliant l’Algérie à Marseille apparaissait comme une légère consolation de l’inévitable exode à venir.

    Une petite Algérie de substitution
    Danièle Sanchez, pour sa part, habite La Rouvière depuis bientôt 48 ans. Cette Algéroise, jeune fonctionnaire au ministère de l’Intérieur au moment de son rapatriement, en juin 1962, ne supporta pas le climat de Paris, où elle fut alors nommée. En 1964, elle démissionne donc et rejoint ses parents dans leur appartement du grand ensemble marseillais. Deux ans plus tard, après s’être mariée avec Fernand, lui aussi natif d’Alger, elle s’installe avec lui, toujours à la Rouvière. Le couple ne déménagera, en 1977, que pour aller habiter à Super Rouvière, l’extension des années 1970, qui surplombe le reste du quartier. Dans leur appartement, les murs sont couverts de peintures et de photographies représentant Bab El Oued, le quartier de l’enfance de Danièle ; à l’apéritif, impossible de refuser un verre d’anisette. « On invitait souvent des métropolitains du quartier à venir prendre l’apéritif et des kemia (les « tapas » pieds-noirs traditionnels), se souvient M me Sanchez. Ils appréciaient notre hospitalité, mais n’y étaient pas habitués, et finissaient par nous demander «On vous doit combien ?», sans nous inviter en retour. Finalement, nous avons surtout fréquenté des pieds-noirs. »
    Avec le temps, la communauté soudée des rapatriés de la Rouvière s’amenuise peu à peu. Même si elle enregistre encore à l’occasion quelques arrivées : en 2003, Roger Bisquert, également originaire d’Alger, après une carrière de cadre chez Citroën achevée en région parisienne, a décidé avec son épouse de venir passer sa retraite dans le quartier, rejoignant sa belle-famille pied-noire. Très impliqué dans la gestion du syndicat de copropriétaires, il est loin de regretter d’avoir rallié cette petite Algérie de substitution, qui inspire à Danièle Sanchez cette formule : « J’ai déjà dû quitter l’Algérie. Jamais on ne me fera quitter la Rouvière ! »

    jf.

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  7. berdepas Auteur de l’article

    je ne vais pas perdre mon temps à argumenter avec vous sur un problème qui ne vous concerne en rien. Ce que je dis a été affirmé, vérifié, argumenté par de multiples acteurs de cette triste page de notre Histoire, sans parler des historiens s’appuyant sur une documentation abondante. Que certains Français en éprouvent de la gêne ou même de la honte, et souhaitent que tout cela s’oublie, ne change rien aux faits.

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  8. Jacques

    Moi aussi.

    Arrivée du « Jean Laborde » à Marseille vers minuit au bassin de la Joliette.

    En raison de cette importante arrivée nocturne ( 1430 passagers pour 420 places….) des mesures spéciales avaient été prises.
    C’est ainsi qu’un train attendait à quai pour prendre toutes les personnes voulant patir en direction de Paris. Les voyageurs voulant aller dans d’autres directions avaient la possibilité de passer la nuit dans le centre d’accueil de la gare Saint Charles, avant de prendre leur train.
    Enfin, ceux qui ne savaient pas où se rendre ou ceux qui étaient fatigués par suite de la traversée pouvaient se faire conduire au Centre de la Rouguière, dans la banlieue de Marseille, où des lits étaient mis à leur disposition.

    jf.

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  9. Jacques

    Mais oui, mais oui….rattrapez-vous aux branches.
    Pour avoir connu nombre des pieds noirs et leurs enfants je ne pense pas qu’ils aient été si mal accueillis. Mille fois mieux en tous cas que les Harkis.
    CARNOUX en Provence, à quelques encablures de Marseille est quasiment devenu une ville nouvelle et il suffit de regarder les villas qui sont sorties de terre à cette époque-là.

    jf.

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  10. berdepas Auteur de l’article

    Paraphrasant LaFontaine, je suis tenté de vous répondre, que si ce n’est pas lui qui a prononcé ces mots, « c’est bien quelqu’un des siens », car « ils » ne nous ont guère épargnés, ces faux « bergers » et « leurs chiens »….Je vous conseille la lecture de l’excellent livre de Brigitte Benkemoun, dont voci un extrait (Extraits de La petite fille sur la photo : La guerre d’Algérie à hauteur d’enfant, Fayard (7 mars 2012)
    « Au-delà des politiques, les archives sont hallucinantes. À l’aéroport d’Orly, la direction interdit aux pieds-noirs d’emprunter les escaliers mécaniques parce qu’elle estime que leurs valises et leurs ballots volumineux représentent une gêne pour les autres voyageurs. Dans le centre de Marseille, on peut voir ce panneau : « Les pieds-noirs à la mer ! » Jean-Louis avait raison : les dockers sabotent les cadres qu’ils débarquent des cargos. Quand ils ne sont pas immergés, ils sont éventrés et pillés. Et s’ils arrivent indemnes, c’est qu’ils ont, en outre, réussi à passer aussi entre les mailles de l’OAS, qui emploie les mêmes méthodes en Algérie pour décourager les gens de partir ! (…)
    C’est peu de dire qu’ils furent mal accueillis. Eux, comme tant d’autres, à Marseille, Sarcelles, Toulouse ou ailleurs….. » ( Fin de citation ).
    Les Pieds Noirs ont bénéficié de moins de sollicitude que les « immigrés sans-papiers » d’aujourd’hui…..
    Tout ça ne s’oublie pas…..

    ___________________________________

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