Chômage: Réalisme versus Providence….


© Dessin de Mix & Remix paru dans L’Hebdo, Lausanne.

L’Etat-Providence se heurte partout au « Mur des Réalités ». Je ne parle pas de la France où le choc avec « le Mur » ne s’est pas encore produit. Mais cela ne saurait tarder: « l’affaire » est en bonnes mains….

En Europe, les réalités prennent le dessus, un peu partout, et chaque jour nous offre un exemple nouveau de la prise de conscience des limites atteintes par un « assistanat » qui encourage les « tire-au-flanc » à se laisser porter par la collectivité de ceux qui bossent et se battent pour survivre dans un monde où la compétition n’épargne aucun secteur.

L’Europe joue sa survie, face à des pays émergents où règne le « chacun pour sa peau », et dont les populations sont prises d’une frénésie de conquête du bien être – en attendant celle de la Liberté – et ne reculent devant aucun sacrifice au travail, pour accéder à une prospérité comparable à celle de l’Occident. 

La semaine dernière, la Presse espagnole se faisait l’écho des dispositions prises dans certaines communes de Catalogne, pour pousser les chômeurs à reprendre le chemin du travail.

http://www.courrierinternational.com/article/2012/09/17/du-travail-obligatoire-pour-recevoir-ses-allocations

« A partir du mois d’octobre, la municipalité de La Seu d’Urgell (dans la province catalane de Lleida), gouvernée par Albert Batalla, obligera les bénéficiaires réguliers des services sociaux à accomplir des tâches pour la communauté afin « d’éviter la dépendance chronique aux aides publiques”.
Cette mesure, une première en Catalogne, concernera toutes les personnes qui reçoivent actuellement au moins une forme d’aide de première nécessité, que ce soit pour l’alimentation ou le paiement de factures comme l’eau ou l’électricité. La nouvelle a pris par surprise de nombreux allocataires, qui se rendent compte que leur situation économique précaire continue de s’aggraver.

Nayeli, nom fictif d’une femme de 43 ans qui préfère garder l’anonymat, touche le revenu minimum d’insertion sociale (RMI), soit environ 450 euros. Elle est veuve et a deux enfants à charge, âgés de 15 et 21 ans.
Elle s’inquiète donc de ne pas pouvoir accomplir les tâches qui demandent un effort supplémentaire. Les personnes qui souffrent d’un handicap seront exemptées de ces travaux sur présentation d’un certificat médical. Cependant, ce privilège n’est pas une source de réconfort pour Nayeli, car un autre membre du foyer doit alors se charger du travail. “Je n’ai que mes fils et je ne veux pas qu’ils fassent des travaux d’intérêt général pour pouvoir manger” ajoute-t-elle.

Ceux qui n’exécuteront pas les tâches imparties perdront l’intégralité de leurs prestations sociales.  »

Mais tous les chômeurs ne raisonnent pas comme Naely.

« Pour sa part, Ramon, qui bénéficie également des aides de La Seu car il est au chômage depuis trois ans, voit cette nouvelle mesure d’un bon œil : « Comme ça, on peut rendre à la société ce qu’elle nous donne. »

Cette semaine, c’est « Le Monde » qui prend le relais.

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/10/03/rien-sans-rien-a-rotterdam-les-chomeurs-doivent-travailler-pour-la-municipalite/#xtor=RSS-3208

A Rotterdam, pas question de profiter impunément de l’Etat providence : les chômeurs en fin de droits sont tenus de travailler huit heures par semaine pour la municipalité, notamment comme nettoyeurs de rue, pour recevoir l’équivalent néerlandais du revenu de solidarité active (RSA).

« Tu recevras de l’aide de la société si tu en as besoin, mais la société attend en retour que tu fasses quelque chose si tu peux le faire », explique à l’AFP Marco Florijn, vice-maire travailliste de Rotterdam, dans l’ouest des Pays-Bas : « On ne peut pas à la fois travailler au noir et recevoir » un RSA.

« Ce n’est pas la fin de l’Etat providence », assure à l’AFP Paul de Beer, professeur en sciences du travail à l’université d’Amsterdam : « Disons plutôt que l’Etat-providence évolue de sa fonction originellement protectrice vers une augmentation des devoirs des citoyens ».

J’aurais pu multiplier les exemples qui montrent que l’Europe a « touché le fond », et que les Etats, dont les ressources sont taries ne peuvent plus remplacer « la Providence ».

Le mot d’ordre qui partout se répand, c’est: « aides-toi et l’Etat t’aidera » !!!

Certains objecteront que l’Etat, dans nos démocraties, ne peut se livrer à une nouvelle forme de « chasse aux pauvres ». Ce sont souvent les mêmes qui pensent, à tort, que la « chasse aux riches » permettra d’échapper à la faillite de « l’Etat Providence ».

Or quand l’Etat est ruiné, il faut, pour créer des emplois, créer de nouvelles richesses, et pour cela, il faut investir, et pour investir il faut faire appel à ceux qui ont un capital ou une épargne qu’ils sont prêts à risquer, car « entreprendre, c’est prendre un risque ».

C’est élémentaire. Et pourtant, on constate sur ce point, un déficit de pédagogie de la part de ceux qui nous gouvernent, qui favorise les élucubrations les plus folles, et les affirmations les plus illusoires.

Or, en économie, les illusions se paient toujours très cher.

3 réflexions au sujet de « Chômage: Réalisme versus Providence…. »

  1. llopis andré

    Pour peugeot ils n’ont pas pris le bon cheval en route, en misant tout sur le diésel,de plus la qualité des voitures ne vaut pas celle des allemandes et des japonaises,parlez en aux propriétaires de taxis et à ceux qui font beaucoup de routes, Nous en France nous n’avons pas voulu faire les réformes nécessaires .

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  2. berdepas Auteur de l’article

    @Jacques : Vous n’êtes pas le seul !!! Quand j’étais étudiant en Economie, on enseignait qu’en période de difficulté, l’entreprise devait investir, en priorité, sur la recherche, l’innovation et surtout renforcer la fonction commerciale.

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  3. Jacques

    Tout cela est « bel et bon » mais moi ce qui m’énerve et même me révolte, c’est d’apprendre que des grandes sociétés licencient au sein de leurs services « Recherche et Développement ».
    C’est le cas actuellement chez PSA et Sanofi.
    Comment de telles sociétés peuvent-elles espérer se redresser en n’ INVESTISSANT PLUS dans la R & D ????
    Surtout qu’on nous explique dans le même temps que le succès des entreprises allemandes vient du fait qu’elles ne cessent d’être innovantes….
    Moi, ça me dépasse!!!

    jf.

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