Sexe, clanisme et politique…


Les médias, autrefois souvent plutôt discrets sur les « turpitudes » sexuelles ou amoureuses de la classe politique, ont pris sous Sarkozy, un virage dangereux.

Tirant avantage de la « peopolisation » de la vie privée de l’ancien Président de la République, qui, par son agitation, et son goût du paraître, a alimenté, pendant la durée de son quinquennat, la chronique d’une Presse à la recherche de tout ce qui pouvait « nourrir » la curiosité du public, et faisant, de cette curiosité passablement malsaine, une source de profits.

Ce « phénomène » était, en effet, plus discret sous Mitterand ,qui a pu, par des moyens que la morale réprouve encore aujourd’hui, protéger le secret de sa « double vie », et celui de l’existence d’une enfant née « hors mariage », pendant de nombreuses années, alors que le microcosme journalistique et la classe politique parisienne était parfaitement au courant de sa situation.

Il est vraisemblable que l’entaille faite à la morale publique par celui qui fait encore figure aujourd’hui de « parrain » d’une génération de politiciens socialistes, a « libéré » les moeurs de cette génération, en même temps que les moeurs populaires « évoluaient » dans le sens d’une permissivité autrefois réprouvée par la morale commune.

Il n’est pas rare qu’aujourd’hui, des hommes politiques en vue,- et des femmes -, en faisant leur « outing », assument publiquement leur « orientations sexuelles », dans l’indifférence générale, alors que la même attitude leur aurait, autrefois, interdit toute carrière politique.

Un autre aspect de l’évolution du monde de la politique, émerge depuis peu.

Dévoilée par la curiosité intéressée de certains journalistes, c’est la connivence qui s’est développée entre deux mondes qui jusqu’ici entretenaient des rapports prudents, voire distants, sinon hostiles, régis par des règles ou des conventions inspirées par l’éthique.

L’un des journalistes qui s’est illustré en ouvrant « la boîte de Pandore », c’est un certain Jean Quatremer qui publie, le 1er mars 2012, un essai sur le journalisme tel que l’a révélé l’affaire DSK : Sexe, mensonges et médias, collection « Tribune Libre », Plon.

Jean Quatremer n’est pas n’importe qui, dans le microcosme médiatique: si on en croit Wikipédia, qui ne diffuse pas que des informations suspectes, il est chargé de la couverture de l’actualité communautaire depuis septembre 1990 et est le correspondant du journal Libération auprès de l’Union européenne. Il a été également responsable du défunt cahier « Europe » de Libération entre 1990 et 1992.

Entre 1984 et 1990, il a couvert la rubrique « immigration » et, plus généralement, les questions juridiques.

Son blog « Coulisses de Bruxelles », créé en décembre 2005, a obtenu le prix Louise Weiss du journalisme européen le 9 mai 2006.

Il a obtenu le prix de journalisme européen grec Konstadinos Kalligas, le 13 février 2009, pour son « éthique » et son engagement européen.

Le 27 mars 2010, le prix Richelieu lui a été remis par l’association « Défense de la langue française » et le 30 juin 2010, il a été récompensé par le prix de « l’initiative européenne » remis par la Maison de l’Europe et le Club de la presse européenne pour « souligner les efforts qu’il déploie pour présenter dans la presse les questions européennes d’une manière claire, précise et vivante. »

Il a, de plus, réalisé de nombreux reportages pour la télévision (France 2, France 5, Arte, Canal+ Belgique) sur des sujets européen ou de société. Parmi ses films: « Faiseurs d’euros » (2009), « L’Union et la force » (2009), « Euro, quand les marchés attaquent » (2010), les trois coréalisés avec Jean-Michel Meurice.

Il est membre du jury du prix du livre européen créé en 2007, du jury du prix Louise Weiss du journalisme européen et a été élu président de la section française de l’Association des journalistes européens depuis septembre 2008.

Il couvre, en outre, l’actualité européenne pour « Libération» depuis septembre 1990.

Autant dire qu’il s’agit d’une journaliste « sérieux », dont la spécialité n’est pas de fouiner dans les poubelles ou d’écumer les caniveaux….

 Cette connivence entre l’univers journalistique et le monde de la politique, qu’il dénonçait dans son livre Sexe, mensonges et médias et qu’il évoque sur son blog, est devenue trop récurrente pour passer inaperçue.

En le lisant, on apprend que, outre Arnaud Montebourg accouplé à Audrey Pulvar, deux autres ministres du gouvernement Ayrault sont en couple avec des journalistes : Valérie de Senneville travaille pour Les Echos tout en étant l’épouse de Michel Sapin, ministre du Travail Quand à Vincent Peillon, ministre de l’Education, il est marié à Nathalie Bensahel, journaliste au Nouvel Observateur, magazine qui affichait en couverture [le 31 mai] : « Les liaisons dangereuses ; femmes journalistes et hommes politiques ».

Et personne n’ignore, évidemment, que le président de la République partage sa vie avec Valérie Trierweiler, toujours salariée de Paris Match. De même que l’on sait que le Premier Secrétaire par intérim du Parti Socialiste, l’innénarable Harlem Désir ( dont le vrai prénom est Jean-Philippe, mais « Harlem » ça fait plus « noir américain » ) vit avec la journaliste Anna Angeli dont il a deux enfants. 

« Le phénomène n’est pas nouveau: on se souvient de François Mitterrand, interviewé le 14 juillet 1992 par Anne Sinclair, femme du ministre de l’Industrie de l’époque Dominique Strauss-Kahn, et Christine Ockrent, épouse du ministre de la Santé Bernard Kouchner.

« À droite, la liaison de Jean-Louis Borloo et de Béatrice Schönberg fut en son temps dénoncée par… Arnaud Montebourg ! Ce dernier,  qui n’était pas encore accouplé avec Mlle Pulvar dénonçait en avril 2006, avec imprudence, dans Télérama, la liaison entre Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Emploi, et de Béatrice Schönberg, journaliste à France Télévisions, dans ces termes : « il y a un conflit évident d’intérêts. Dans le monde politico-médiatique actuel, ceux qui ont le pouvoir se permettent de piétiner les règles du jeu. Il est temps que cela change ».

Il est, en effet, « temps que cela change »….

Car « si pendant des années, les médias ont gardé le silence sur la fille cachée de François Mitterrand ou les comportements de prédateur sexuel de Dominique Strauss-Kahn, les temps seraient en train de changer ».

D’après un sondage, 54% des Français estiment aujourd’hui que les journalistes politiques en couple avec des décideurs politiques devraient cesser leur activité. Si cela peut rassurer Valérie Trierweiler, ils n’étaient que 34% à partager cette opinion parmi les électeurs de François Hollande.

Il n’est donc pas surprenant que la crédibilité de la Presse française soit fortement entachée de suspicion quand à son impartialité.

Laissons, à « Montebourde » la responsabilité d’un point de vue qui ne l’a pas empêché de « piétiner », à son tour et à la première occasion « les règles du jeu »: c’est un travers bien connu des Socialistes français que celui de se donner la posture de donneurs de leçons de morale, d’une morale qu’ils « piétinent » volontiers.

Mais les « liaisons dangereuses » entre « femmes de plume » attirées par le « poil » des hommes de pouvoir ne sont pas les seules qui dans le paysage républicain sont sujettes à suspicion.

 Lorsqu’on lit dans Le Canard enchainé que l’époux de Fleur Pellerin vient d’entrer au cabinet de Marylise Lebranchu, que le mari de Najat Vallaud-Belkacem est devenu conseiller d’Arnaud Montebourg et que l’épouse du conseiller de l’Élysée Aquilino Morelle dirige le cabinet d’Aurélie Filippetti, on découvre que ceux qui ont dénoncé pendant cinq ans la clique du Fouquet’s forment également un clan.

On se serait attendu à autre chose, après la fameuse « tirade » de François Hollande clouant le bec de son contradicteur, au cours d’un débat télévisé qui restera dans les annales: « Moi, Président, je….. »

On aimerait savoir ce qu’en pense, du haut de son petit nuage, le « Tonton Mitterrand », parrain de cette génération de socialistes avides de renouer avec la fréquentation des « Palais Nationaux », les limousines de fonction, les majordomes et les chauffeurs, sans parler des escortes de sécurité qui les rendaient jaloux de ceux qui, appartenant à la même génération qu’eux, ayant fréquenté les mêmes écoles privées, et s’étant retrouvés, par pur hasard, parmi l’élite sortie de l’ENA, les avaient devancés, dans les allées du pouvoir.

Les relations incestueuses du monde politique ne se limitent pas à leurs relations avec les médias. De temps à autres, elles débordent sur le domaine de la Finance: on se souvient des prolongements judiciaires ( qui n’en finissent pas d’ailleurs…) qui, à travers les relations qu’entretenait un Ministre avec l’entourage d’une milliardaire célèbre, n’en finissent pas de noircir l’image de la Droite. 

Mais, à gauche, on n’est pas à l’abri des mêmes soupçons. Ainsi, la Presse vit, partiellement aux crochets de l’Etat, c’est à dire à ceux du contribuable : en 2011, leur montant des subventions qu’elle a reçu était supérieur à 300 millions d’euros.

Le journal Le Monde, souvent présenté comme un « journal de référence », qui appartient notamment à Matthieu Pigasse, a par exemple reçu 17 millions d’euros de subventions directes en 2010.

Du coup, on est en droit de s’interroger: doit-on voir une forme de compensation lorsque Matthieu Pigasse, qui participe en tant que banquier au pouvoir économique, recase les compagnes journalistes de ses amis politiques ?

En l’échange de quoi ?

On sait que la banque Lazard, qui est une banque d’affaires franco-américaine dont les trois principaux bureaux se situent à New York, Paris et Londres, a su profiter dans le passé de ses liens avec la gauche. En 1924, elle soutient le Cartel des gauches et obtient, en échange, le monopole sur le change officiel de la France lui a permis de réaliser de belles opérations à Londres. Après la victoire de François Mitterrand en 1981, la banque, que l’on surnomme “le ministère bis de l’Industrie”, échappe à la nationalisation grâce à l’intervention de Jacques Attali.

Lorsque, de surcroît, la Banque Lazard est choisie comme « opérateur » chargé de piloter la création de la nouvelle Banque d’Investissements concoctée par les Socialistes au pouvoir, on peut également se demander s’il n’y a pas là matière à suspecter des « renvois d’ascenseurs » ????

Il serait temps que, pour la santé de la République, se clarifient les relations entre des mondes qui sont faits pour cohabiter et non pour copuler ensemble, et que de nouvelles frontières s’établissent entre le monde de la politique, et celui des médias.

Quand au sexe et à l’argent, il rode depuis toujours autour des lieux de pouvoir. Mais autrefois, leurs ébats étaient beaucoup plus discrets… 

Post-Scriptum: la « peopolisation » de François Hollande et de sa vie amoureuse est en marche. Pas moins de quatre livres sont attendus en librairie qui vont traiter de cette question qui passionne les Français, bien plus que les causes et les remèdes à la crise actuelle. Ces livres nous rapportent de savoureuses anecdotes qui son résumées ici.

2 réflexions au sujet de « Sexe, clanisme et politique… »

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