Après le doute, la chute…


Et, …. plus fort sera le doute, plus dure sera la chute….

Dans un précédent billet, j’évoquais « le doute » qui s’est emparé des Français, après les premiers cent jours de règne de notre « Grand Président ».

Le doute se transformant, peu à peu, en défiance, la côte de popularité du chef de l’État s’effondre dans le baromètre Ipsos-Le Point de cette semaine. François Hollande perd 11 points : 44 % de bonnes opinions (47 % de mauvaises).

C’est un déclin particulièrement rapide, après moins de quatre mois au pouvoir.

 Tous les signaux sont cohérents et démontrent que l’on passe insensiblement d’une perte de confiance, à un début de défiance profonde.

Car après trois mois d’anti-Sarkozysme quasi hystérique, le sondages font ressortir que chez Hollande, ce n’est pas la « personne » drapée dans une « normalitude » caricaturale ni le style rondouillard et décontracté qui sont désavoués mais bel et  bien sa politique.

Le pire, c’est qu’il entraîne avec lui, son Premier Ministre dans sa chute.

Certes Hollande est une victime de plus de la crise économique, qui n’a épargné aucun gouvernement au pouvoir en Europe, mais aussi – et surtout ? – de la crise de confiance qui touche l’ensemble du monde politique, dont on doute, partout, de la capacité à prendre les décisions douloureuses qui s’imposent, dans la plupart des pays, pour redresser la situation économique européenne.

En outre, la critique, souvent violente de l’action conduite sous l’anciènne majorité, n’a pas contribué à rehausser le prestige du personnel politique au pouvoir sous Sarkozy.

Mais surtout, elle a créée une attente démesurée chez ceux qui espéraient qu’un changement d’homme et de style à la tête de l’Etat suffirait à surmonter les énormes difficultés qui sont devant nous.

On se souvient des interventions « musclées » de Jean-Marc Ayrault, à l’Assemblée Nationale, à l’occasion des questions écrites au Gouvernement, assorties de critiques systématiques de toutes les initiatives de ceux qui étaient au pouvoir. On a envie de sourire, à l’entendre faire appel au « patriotisme » des catégories de Français qu’il a souvent fustigées, pour qu’elles participent au succès d’une politique à la quelle personne ne croit.

De ce point de vue, on peut dire que François Hollande récolte ce qu’il a semé : la confusion.

Les artifices et les faux fuyants dont Hollande a abusé pendant sa campagne, s’abritant derrière un anti-Sarkozysme virulent dont il a su entretenir la flamme jusqu’au bout, risquent maintenant de se retourner contre lui, car peu à peu, le brouillard se dissipe et le paysage est plutôt morne.

Personne n’entrevoit les perspectives nouvelles que ce changement de majorité a ouvert au pays, en dehors des recettes classiques, qui consistent à combattre le chômage en créant des « emplois bidons », à combattre le déficit budgétaire en alourdissant la dépense publique plutôt qu’en réduisant le « train de vie  » de l’Etat autrement que par des mesures symboliques et purement cosmétiques, telles que la réduction des salaires des Ministres ou en banalisant l’usage du TGV pour les voyages présidentiels.

 L’opinion de gauche commence à s’agiter car elle trouve les mesures sociales annoncées notoirement insuffisantes par rapport aux espoirs qu’avaient fait naître les promesses. En essayant de damer le pion de la Droite sur le terrain de l’insécurité, en durcissant ses positions sur les Roms condamnés comme sous Sarkozy à des expulsions, certes légalisées, mais non moins choquantes il surprend et déçoit « le peuple de Gauche »… 

 Car il faudra plus que de la rondeur pour  briser la spirale de mécontentements qui, à gauche, attend Hollande, dans les prochains mois. Il a du souci à se faire vu les mauvais résultats de la croissance, ceux du commerce extérieur, et bien entendu, ceux du chômage…..

Pour couronner le tout, ajoutons que la Presse, frustrée de n’avoir plus grand chose à se mettre sous la dent, habituée sous Sarkozy à être « nourrie » quotidiennement par la vie intime et  l’agitation de l’ancien Président, commence à se faire les dents sur la vie privée de ce nouveau Président « pas si normal que ça »….

Les articles, les livres commencent à fleurir dans le paysage médiatique et s’intéressent au trio infernal que forme notre François entre Ségolène et Valérie.

Dans La Favorite (Fayard), Laurent Greilsamer décrypte les faits et gestes de la première dame. Avec une familiarité qui rend son ironie encore plus mordante, il se livre à une critique décapante de ses premiers pas de « première dame ». ( Le Figaro ).

Dans un livre passionnant de la journaliste Anna Cabana qui va connaître un beau succès, à la rentrée, « Trierweiler-Royal, histoire secrète », on se délectera des scènes de guerre entre les deux dames, on savourera les déchirements qu’elles se sont infligés, et l’on découvrira un François Hollande, pas très glorieux, navigant, parfois piteusement, au milieu des mauvais coups échangés par ses deux égéries.

Dans la même veine, deux autres ouvrages sont à paraître aux Éditions du Moment: celui de Sylvain Courage, journaliste au Nouvel Observateur, qui s’attelle au parcours haut en couleurs de Ségolène Royal dans L’Ex. Et celui de Christophe Jakubyszyn, directeur de la rédaction de RMC, et Alix Bouilhaguet, journaliste pour France 2 qui publient Valérie Trierweiler, le cœur du pouvoir, à paraître fin octobre.

Tout cela nous promet de beaux débats à la Télé, dans des « émissions littéraires » où les faux-culs rivaliseront avec les faux-cons.

Pour notre divertissement….