Espagne: SOS jeunes !!!


Hier soir, nous marchions, comme chaque soir, sur le paseo, le long de la plage. Le ciel avait revêtu son manteau de nuages cotonneux et plongeait son image dans le miroir d’ émeraude que lui tend la Méditerranée, lorsque celle ci, d’un calme huileux, se pare  « des reflets d’argent », si bien chantés par le poète… »le long des golfes clairs ».

La petite brise marine qui accompagne le coucher du soleil nous faisait oublier qu’ailleurs règne la « canicule »…

A cette heure-là, sur la plage, encore noire de monde, des groupes de jeunes s’ébattent, apparemment insouciants.

Les uns s’adonnent au volleyball, les autres à de spectaculaires plongeons collectifs. Mais nombreux sont ceux qui ont choisi d’offrir leurs corps jeunes et beaux aux derniers rayons du soleil. Allongés, formant de larges cercles sur le sable, garçons et filles discutent, ou rêvent, ensemble.

Des rêves de jeunesse, sans doute. Quoi de plus beau que les rêves que l’on fait quand on a vingt ans ???

Je songeais à nos rêves, à leur âge, au lendemain de la guerre. Et à nos espoirs.

Même si la guerre d’Algérie et l’exil qui a suivi les a brisés, nous avons pu nous en fabriquer d’autres, à une époque où nos exigences étaient bien plus modestes que ceux de la jeunesse actuelle. Une époque où ceux qui, dotés de bons diplômes, n’ayant pas peur de travailler et de consentir quelques sacrifices, ignoraient l’angoisse de ne pas trouver un emploi à la hauteur de leurs ambitions.

Je m’interrogeais. 

De quel avenir peut-on réver, quand on a vingt ans, aujourd’hui en Espagne ???

Face à la pression des marchés, qui s’accentue, les manifestations contre l’austérité, la quasi-faillite des régions, et en particulier celle de Valencia, le gouvernement espagnol n’a plus beaucoup de marge de manoeuvre.

La jeunesse espagnole est la principale victime de l’irresponsabilité et de l’imprévoyance de ses aînés. Ceux-ci, qui n’ont pas encore pris la juste mesure de la situation de leur pays, sont coupables d’avoir vécu largement au-dessus de leurs moyens.

Mais refusant de regarder les réalités en face, ils essaient de se trouver toutes sortes de justifications, et se lamentent contre la dureté des temps et surtout contre la sévérité des contraintes qui leur sont imposées par un gouvernement qui a perdu la maîtrise du destin de ce pays.

(http://www.presseurop.eu/fr/content/article/2397281-la-bce-joue-la-politique-du-pire)

Les médias entretiennent le peuple espagnol dans le sentiment qu’un véritable complot s’acharne à tirer le pays vers le bas.

Pourtant, il suffit d’ouvrir les yeux pour comprendre que les raisons de désespérer d’un miracle, ne manquent pas : économie surendettée, résistance des dirigeants à élaguer les structures administratives, à supprimer les « emplois de complaisance », mutinerie des communautés autonomes contre la réduction obligatoire du déficit, faillite de certaines communautés, capitulation de Valence (la Région a  dû faire appel à l’aide de l’Etat espagnol, mais refuse encore de se plier à une discipline budgétaire ), appareil tentaculaire et intact des pouvoirs locaux et territoriaux  trop souvent corrompus .

L’aveuglement des médias qui spéculent sur l’ignorance populaire, contribue à entretenir le malaise civil, qui révèle une société incapable de comprendre la gravité de cette situation d’urgence.

La Presse étrangère sonne pourtant le tocsin: effondrement de l’économie, implosion du marché immobilier, banques grevées par des pertes colossales, et taux d’emprunt à 10 ans à 7,5 % : on ne peut plus faire comme si l’Espagne pouvait encore s’en sortir seule, estime le Guardian. 

L’Espagne s’achemine inexorablement vers un plan de sauvetage, et sans doute à très court terme. La promesse que le déblocage de 100 milliards d’euros pour soutenir les banques allait suffire n’a jamais été qu’un leurre, et la preuve en est aujourd’hui faite.

Mais ce qui menace le plus l’Espagne, c’est l’effondrement programmé de la Grèce. Car une trappe est en train de s’ouvrir sous les pieds de la Grèce.

Les Allemands sont à bout de patience avec Athènes, et le FMI a été contraint lundi de nier toute intention de suspendre son aide financière. Le gouvernement grec est placé devant l’alternative suivante : accepter toute une nouvelle série de mesures de rigueur, dont il sait parfaitement  qu’elles seront à la fois contre-productives et politiquement suicidaires, afin de pouvoir honorer ses créances dans la zone euro, ou bien dévaluer et se placer en faillite hors de la zone euro.

Une sortie volontaire de la Grèce de l’euro semble devenue l’issue la plus probable, pour les milieux économiques allemands.
Cette « issue » déplacerait la ligne de front, et placerait l’Espagne sur la ligne de feu des « marchés ».

Une perspective qui serait loin de réjouir le Gouvernement français, qui serait alors contraint de descendre de « son petit nuage ».

Heureusement pour la jeunesse espagnole, il y a la plage….

2 réflexions au sujet de « Espagne: SOS jeunes !!! »

  1. llopis andré

    A force de faire tout au black,croyant toujours que la manne européenne,pourra les sauver la fable la cignale est la fourmie,prends toute sa saveur,je ne pense pas que l’Allemagne puisse continuer a accepter de cautionner cette situation.Quand à nous il y a un réveur qui pense que cela va s’arranger attention que cela se transforme en cauchemard pour lui est les Français,qui l’on élu avec des bulletins blancs et des abstentions.

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