Olympisme.


Les Jeux de Londres viennent de s’achever.

Nous étions encore sous le coup des désillusions causées par le spectacle désolant que nous avaient infligé des footballeurs « honorés » par une sélection nationale lors  de la Coupe du monde, puis de la Coupe d’Europe de football, et qui s’étaient comportés d’une manière indigne, incapables de respecter les couleurs qu’ils portaient, en ayant « tout donné » pour atteindre le but qui leur était fixé.

 « L’esprit sportif » c’est ce qui provoque cet élan qui permet à des champions, dans les grandes occasions,  de se « sublimer », et de « se dépasser ».

Les Français qui aiment le sport,  ne reprochaient pas à ces « footballeurs »d’avoir connu une défaite pardonnable devant  des équipes européennes qui appartiennent au « gratin » de ce sport.

Le reproche, depuis l’épisode européen – qui suivait celui encore plus déplorable de « l’autocar »lors du Mondial en Afrique du Sud-, s’est transformé en un profond ressentiment.

Ce ressentiment se nourrit essentiellement du comportement de quelques joueurs, sur leur dilettantisme prétentieux, leur grossièreté provocante, et sur la manifestation, chez certains, d’un égo surdimensionné, révélateur des effets néfastes de l’argent, lorsqu’il se déverse trop abondamment chez des « jeunes surmédiatisés » et en déficit d’éducation. 

 Ainsi Alain Feinkelkraut a pu enfin se défouler dans « Causeur », en exprimant ce que beaucoup de Français pensent tout haut et disent tout bas. Je le cite:

« Face à des comportements aussi bêtement égoïstes et inspirés par une idée aussi primaire du respect, face également au refus ostensible de certains joueurs de chanter La Marseillaise et à cette manie qu’ils ont de ne jamais se séparer de leur casque MP3, je ne me sens pas plus philosophe qu’un autre, je partage l’écœurement d’une majorité de Français. Je suis comme tout le monde : j’attends autre chose de ceux qui ont l’honneur de représenter la nation, je déteste cette équipe de France parce qu’elle est, à quelques valeureuses exceptions près, détestable. On espérait qu’elle allait enfin descendre du bus de Knysna : elle a juste fait monter de nouveaux passagers« .(Fin de citation).

Les Jeux de Londres viennent de mettre sous la lumière des médias, une nouvelle génération de sportifs: de jeunes nageurs, des judokas, des handballeurs, des basketteuses, des cyclistes, des kayakistes et j’oublie probablement d’autres disciplines. Des sportifs qui ne gagneront au mieux qu’une modeste prime et qui se donnent à fond pour le seul plaisir de participer, dans le pur esprit du baron de Coubertin.

Leur fraîcheur, leur spontanéité, leur combattivité nous ont inspiré une vraie sympathie si bien que nous avons partagé leurs decéptions, leurs tristesses et leurs chagrins, chaque fois que la défaite les a contraint à accepter la supériorité de leurs adversaires.

Nous étions tristes pour Camille Lacourt, après tant d’efforts si mal récompensés. Nous nous sommes réjouis pour Yannick Agnel, ce grand jeune homme qui a tout juste vingt ans, tout simple, aux propos si modestes que l’on a peine à imaginer qu’il venait dêtre sacré champion olympique.

A tel point que Yannick Agnel fait désormais figure de symbole. Symbole de « l’esprit sportif », du « mental » sain, le modèle de gendre idéal et bien élevé, au point d’avoir sérieusement énervé certains « journaleux ».

Car parmi nos  « journaleux », il en est qui ont un penchant naturel et une sorte d’attirance vers les « sportifs » qui singent les « bad boys », quasi analphabètes, et qui s’exhibent, suffisants,  mal rasés, les oreilles coincées entre deux écouteurs, et la casquette de travers.

Ces mêmes « journaleux » n’aiment guère les garçons bien élevés, et de surcroît, performants,  qui les irritent au plus haut point surtout quand ils se piquent, en outre, de culture littéraire. Ils sentent bien que chez ces jeunes-là, il y a de la graine de « bourges », et qu’il ne faudra pas compter sur eux pour aider les médias à véhiculer des idées « révolutionnaires »….

Ainsi, Marianne, en mal de tête de Turc, depuis que Sarkozy a disparu de la scène politique, est à la recherche de nouvelles cibles, de préférence chez les sportifs, plutôt que chez les « zintellectuels » de la gauche bobo dont cet hebdo veut être le porte-parole…

http://www.marianne2.fr/Les-JO-sont-termines-A-mort-le-sport-_a221517.html

http://www.marianne2.fr/Comment-Yannick-Agnel-a-vole-la-vedette-aux-footballeurs_a221339.html

Je cite Marianne: « Il lit Nabokov, fredonne Barbara avant de prendre le départ d’un 200 mètres nage libre et il est double médaillé olympique. La presse nationale s’est entichée du nageur Yannick Agnel qui, même s’il n’a pas remporté le 100 mètres, épreuve reine de sa discipline, est devenu le héros des pages sportives du Monde, de Libération ou du Figaro. A 20 ans, le nîmois des bassins a déjà fait la une de tous les journaux. Quelques mois après l’échec moral – et sportif – de l’équipe de France de football à l’Euro, la natation française est devenue la bouteille d’oxygène – un comble – des analystes soucieux de faire le récit de champions, grands et sympathiques, cultivés et polis. »(Fin de citation)

Une manière de nous dire, en creux, que les médias cités ont été injustement sévères à l’égard de sportifs moins cultivés et moins polis….

Marianne poursuit: 

« Yannick Agnel est celui qu’il fallait au sport français. Bien élevé, il l’est assurément. Lorsqu’il descend de son podium, après avoir remporté sa finale du 200 mètres, il s’excuse auprès de Nelson Monfort d’avoir « encore quelques trémolos dans la voix après avoir chanté la Marseillaise ». Lorsqu’il échoue– d’un bras – au pied du podium olympique sur 100 mètres, il rend hommage à ses concurrents valeureux et prend son insuccès avec légèreté, sans gravité, « qui est le bonheur des imbéciles » comme le rappelle parfois Agnel et tel que l’écrivait Montesquieu. Les références littéraires de ce dandy en maillot de bain et au visage d’enfant ont souvent étonné sur les plateaux de Stade 2, dans les colonnes de L’Equipe. »(Fin de citation).

Tout le contraire de certains de nos footballeurs, évidemment. Pas tous, car il y a quelque chose de Agnel chez un Hugo Lloris, par exemple….

Le Figaro en rajoute une couche:

« Car ici sont aussi les raisons du phénomène journalistique qu’est devenu le nageur. Il y a quelques semaines, trois joueurs de l’équipe de France de football étaient sanctionnés par leur fédération. Pendant le dernier championnat d’Europe, ils avaient insulté journalistes, arbitres et entraineurs. Le contraste entre les footballeurs, dont l’ensemble de la presse brocarde la non exemplarité depuis des années, et l’élève consciencieux et réfléchi qu’est Agnel a mis les journalistes en émoi. « (Fin de citation).

Il n’est pas douteux que la parenthèse olympique laissera des traces dans notre « imaginaire collectif », dans notre perception du sport de haut niveau, et celle du comportement de ceux qui le pratiquent.

Bonne chance et bon vent à tous ces sportifs que nous ont révélés les Olympiades de Londres. Qu’ils aient été victorieux et couronnés, ou vaincus et sans médaille, notre sympathie, et notre respect les accompagne qu’il soient « sous-chiens », qu’ils soient « blacks » ou qu’ils soient « beurs »!!!

Ils ont mérité l’affection des Français, car ils ont redoré le blason d’une France sportive, courageuse, et qui se bat. Or, les sportifs, – cela fait partie de leurs qualités humaines et leur sensibilité -, ont besoin de se savoir aimés, pour endurer de durs sacrifices, sans lesquels le talent n’est rien.

2 réflexions au sujet de « Olympisme. »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s