Touaregs (suite).


C’était à la tombée du soir. Le grand disque du soleil se parait de teintes orangées, et le sommet des dunes encore baignées par ses derniers rayons viraient lentement au rouge, avant d’être happées par la nuit.

Je m’étais installé, pour passer une nouvelle nuit à « la belle étoile », à l’écart du campement où raisonnaient encore les mélopées de nos chauffeurs et guides, rythmées par le claquement des mains et le bruit sourd des tambours….

Soudain surgit de derrière une dune proche de celle où j’avais étalé mon sac de couchage, un vieil homme suivi d’un chameau qui boîtait, une patte arrière brisée. J’interpelle le chamelier et lui demande dans mon arabe approximatif ce qui lui est arrivé, et où il va ainsi, avec ce chameau blessé.

Avec une infinie tristesse, le vieillard me fait comprendre qu’il va jusque derrière la dune, pour égorger l’animal, car un chameau ne peut survivre dans le désert, avec une patte cassée. Et me disant cela, il caresse les naseaux de la bête qui avait appuyé sa tête sur l’épaule du vieil homme.

Je comprends alors le drame qu’est en train de vivre cet homme, qui va devoir se séparer d’un vieux compagnon.

 

 

Saisi par l’émotion l’homme se détourne. Et d’un pas lent et résigné, il s’éloigne suivi de la bête claudiquant.

Je les ai suivis du regard, jusqu’à ce qu’ils disparaissent derrière la dune.

Cette nuit-là, j’ai eu beaucoup de mal à m’endormir, malgré la fatigue d’une longue journée en 4×4.

Je regardais les étoiles: au Sahara le ciel est si sombre, la nuit, que les étoiles brillent plus qu’ailleurs, et semblent si proches qu’on a parfois l’impression qu’en tendant le bras on pourrait les toucher.

La voûte céleste et ses millions de lumières, et notre petite planète si belle et si fragile, et le miracle de la vie sur cette terre où, comme ce pauvre chameau,  nous ne sommes que de passage, et le mystère du temps qui fuit et celui de la mort au bout du chemin….

Tout cela tourbillonnait dans ma tête, avant que la fatigue, que dis-je, l’épuisement me plonge dans un profond sommeil….( à suivre).  

Une réflexion au sujet de « Touaregs (suite). »

  1. lazarhumeurshistoire

    bonjour,

    il est vrai que le désert est un lieu fascinant !!!

    et de belles aventures humaines, que celles vécues …. j’en ai vécu aussi de personnes évacuées de sites dangereux en divers poins du globe et ces souvenirs surpassent les autres …..

    que de belles âmes, malgré tout, et dire que c’est la noirceur qui triomphe tellement souvent, comme en Syrie en ce moment !!!

    une honte de se dire humains pour tous ces politiciens de l’ONU …. mais qu’attend t on ?

    je sais par expérience que les observateurs et autres expéditions onusiennes ne servent à rien !

    à Haïti j’ai vu une émeute, un commissariat décimé à la machette, le commissaire brûlé dans un

    pneu enflammé !!!! et ordre de rester statiques …..

    je ne sais pas pour les décideurs, mais moi je passe de bien mauvaises nuits parfois, et ce n’est

    qu’un épisode parmi tant d’autres …..

    enfin …… bref !! il y aurait des tomes à écrire ……. mais la vérité n’est pas toujours bonne à dire,

    le secret professionnel persiste en tant que devoir de réserve, à la retraite !!!!

    bonne journée à vous …et merci pour ce récit et le diaporama d’hier ….

    patrick

    (( je déguste sévère en ce moment, une grosse montée en puissance … ))

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