Anaphore et oxymore…


François Hollande nous a gratifié, d’une anaphore, qui restera probablement comme le seul moment surprenant d’un débat décevant.

La longue litanie de ce que lui, Président, ne fera pas s’il est élu, lui a permis d’esquiver l’énumération de ce qu’il fera. Et ceci ( on me pardonnera l’oxymore ) sur le ton d’une « humble arrogance »…

 La victoire de François Hollande, que les médias n’ont cessé de nous présenter comme inéluctable, n’aura pas pour conséquences immédiates la baisse du chômage, la relance de la croissance, la suppression des inégalités et le retour à l’équilibre budgétaire

Les « illusions » ne tarderont pas à s’évanouir…

Car, de deux choses l’une: ou Hollande s’attaque avec la vigueur qu’en attendent les marchés, aux causes structurelles de notre situation de dépendance à l’égard de ceux qui nous prêtent de quoi continuer à payer nos fonctionnaires, à couvrir le déficit de notre Sécurité Sociale, ainsi que les dépenses courantes d’un Etat budgétivore, et dans ce cas il aura affaire au ramassis des révolutionnaires en peau de lapin rassemblés par son comparse Mélenchon, qui tenteront de lui imposer l’épreuve de force de la rue.

Ou bien il tergiverse, en essayant de « noyer le poisson » selon la méthode qui lui a permis d’enfumer une majorité de Français. Dans ce cas la France subira à son tour les attaques qu’ont connues d’autres pays ruinés par des années de gestion « sociale-démocrate ». 

En tout cas, une chose est sûre: la défaite de Nicolas Sarkozy aura au moins pour résultat la mise en sourdine d’une sorte de « délit de faciès » qui a pourri le débat politique pendant des années. 

Cette « sarkophobie » il nous faut la dénoncer avant qu’elle ne sombre dans l’oubli à la faveur de l’effacement de l’intéressé, et malgré l’exceptionnelle violence avec laquelle elle s’est exprimée, pendant toute la durée du quinquennat de Sarkosy. 

Qu’est-ce que la sarkophobie? Et que fut-elle? La question mérite d’être posée, car « elle transcende sa cible », tant elle s’inspire des méthodes éprouvées et concoctées dans les milieux mal connus du trotskisme, et des cellules où se cultive la nostalgie d’un communisme stalinien.

On en trouvera la trace détaillée dans des ouvrages tels que « Le Livre Noir du Communisme », cet énorme pavé que l’on doit à un « collectif » d’Historiens, et qui décrit avec précision, les méthodes utilisées dans les pays de « Démocratie Populaire », pour discréditer, puis détruire avant de l’éliminer, l’adversaire politique, considéré nécessairement, comme dangereux.

La « sarkophobie », souvent dénoncée sur ce blog, – qui pourtant n’a jamais épargné ses critiques à l’égard de la manière dont Sarkozy « habitait » la fonction présidentielle -, a concentré ses tirs sous la ceinture de sa cible, en s’en prenant sans vergogne, au physique, à des détails vestimentaires, aux talonnettes de ses chaussures, et au prix de ses montres.  

Il s’agissait de construire, dans l’opinion, l’image d’un individu méprisable, d’un parvenu obsédé par tout ce qui brille, ce qui en période de crise où s’aggravent les souffrances du peuple, ne pouvait que susciter des sentiments de haine et de mépris.

La question est de savoir si ces méthodes survivront, sous d’autres formes, à son éventuel départ.

Car, derrière l’excommunication populaire de l’homme dont on a organisé la détestation, fermente un ragoût de frustrations, qui emprunte au tréfond de la tradition révolutionnaire française, nourrie de sa méfiance à l’égard de l’argent et de sa haine des « riches », du dogmatisme de sa « bien-pensance » qui s’alimente d’un sectarisme indigné et théatral.

L’opposition systématique, le déni de vraies réussites, même quand elles sont profitables à la Nation a trouvé sa justification dans le refus d’accorder le moindre crédit à la personne du Chef de l’Etat, sous le prétexte de quelques uns de ses travers ridicules ou de sa supposée connivance avec « les riches ».

Supposée, mais jamais réellement démontrée, malgré l’acharnement de quelques juges rouges : jusqu’ici nous n’avons eu connaissance que de rumeurs, de témoignages de gens qui croient avoir entendu d’autres gens dire que…etc, mais jamais de preuve formelle qui soit retenue par la Justice dans un acte d’accusation.

Cela viendra peut-être, mais pour l’heure, ceux qui « tirent les ficelles » de cette pantomime, n’ont rien produit de convaincant. 

En faisant tour à tour de Nicolas Sarkozy un calotin et un homme sans morale, un nationaliste et un mondialiste, un professionnel et un amateur, un flic et un voyou, un métèque et un raciste, la Gauche a méticuleusement agi pour remplacer la réflexion par le réflexe de haine et de rejet.  

La critique (parfois légitime, et souvent nécessaire) de la politique de Nicolas Sarkozy, a été remplacée par un ostracisme bien-pensant, une sorte de « crachat vertueux », pratiqué sous une forme de « snobisme »entaché de mépris à l’égard de ceux qui refusaient d’entrer dans ce jeu.

L’accusation la plus étonnante c’est celle qui consiste à qualifier son « discours » de « clivant ». Comme si le discours d’un Mélenchon ne l’était pas !!! Comme si était innocent, le fait de désigner à la vindicte du « peuple », les « riches » coupables d’avoir entrepris, travaillé, et réussi, ou le fait de refouler un Français sur cinq en dehors de la République et de ses Institutions, au prétexte qu’ils ne sont pas des fanatiques du « métissage », du « multiculturalisme », et qu’ils refusent de se pâmer devant un folklore qui nous vient d’un Orient moyen-âgeux…..

Au fond, si Sarkozy n’existait pas, le sarkophobe l’aurait inventé. 

Car la sarkophobie fut -et demeure- une manne, un filon pour quelques uns de ses pires détracteurs. 

Elle a fait la fortune de quelques comiques sans talent qui ont pu, à la faveur du climat ambiant, faire passer leur vulgarité pour de l’insolence .

Elle a fait la fortune des « plumitifs » adversaires de la loi du « bizness »et a favorisé l’émergence d’une presse où « des procureurs déguisés en journalistes maquillent des réquisitoires en reportages, pratiquent la présomption de culpabilité et vous font la morale en fouillant dans vos poubelles » .

Si Sarkozy, écoeuré, devait, demain, abandonner la politique, on se demande ce que deviendront les grands hebdomadaires et les quotidiens, qui ont, en moyenne, depuis 2007, consacré le cinquième de leurs « Unes » à Nicolas Sarkozy.

Plus d’une de ces « feuilles de choux », sans la « sarcophobie »ambiante serait aujourd’hui, menacée d’un dépôt de bilan.

L’une des premières attaques, et non la moins mensongère, a porté sur les « connivences  » supposées de Sarkozy avec la Presse. On connaît la suite….

Mais le « rejet » de Sarkozy, scientifiquement orchestré sous la forme d’un « anti-sarkozisme » primaire n’aura pas suffit pour rendre crédible le programme de son adversaire.

Car si demain, Hollande est élu, ce ne sera sans doute pas grâce à un large vote d’adhésion.

La France aura, enfin, « son » Président de Gauche, mais un Président qui sera élu par défaut. Elle fera sa cure périodique de sociale-démocratie, au frais du contribuable, un peu comme ceux qui font chaque année des cures d’amaigrissement dans des établissements spécialisés, au frais de la Sécurité Sociale…. à moins que la rue ne l’entraîne sur les chemins d’un modèle de démocratie « populaire » mais anachronique.

Elle en prendra pour 5 ans. Juste le temps de faire le bilan d’un contre-sens historique..

Car « l’obscure clarté » qui enveloppe le programme de Hollande ne tardera pas à se dissiper, et il faudra bien que la Gauche, qui détiendra alors les pleins pouvoirs, invente de nouveaux subterfuges pour entretenir les illusions d’un peuple frileux et endormi, sans avoir, cette fois la possibilité de se défausser sur un bouc émissaire….

8 réflexions au sujet de « Anaphore et oxymore… »

  1. Jacques

    Le rapport ????
    Cette phrase de vous:
    « l’expérience “Tonton” a duré trop longtemps. Nous en payons encore les factures aujourd’hui…. »

    jf.

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  2. Jacques

    Quant à « l’expérience » Giscard, c’est sûr qu’il ne fallait pas qu’elle se renouvelle…
    Son grand emprunt avait recueilli 7,5 milliards de francs., Mais l’Etat, après son départ a du rembourser (en intérêts et capital) plus de 90 milliards de francs……..parce que Monsieur VGE avait inventé d’indexer son emprunt sur le cours de l’or…..

    jf.

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  3. Jacques

    Mes excuses pour les doublons mais c’est WordPress qui a un bug.
    Un jour il me « reconnait » et pas le lendemain…
    Quand à mon autre bloc-notes, vous savez très bien que je l’avais ouvert lorsque vous aviez
    décidé de me censurer systématiquement.
    Il y a donc belle lurette qu’il n’est plus alimenté.

    jf.

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  4. berdepas Auteur de l’article

    Il faut croire que mon blog vous obsède, au point d’en avoir ouvert un, juste consacré à des commentaires sur ce qui ne vous plaît pas dans mes « écritures »….

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  5. berdepas Auteur de l’article

    Merci. Hélas pour la France, l’expérience « Tonton » a duré trop longtemps. Nous en payons encore les factures aujourd’hui….
    PS: Vous n’êtes pas obligé de m’envoyer tous vos commentaires en double, car cela pollue mon système de « modération » par Wordpres.

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  6. Jacques

    Bravo pour ce chant du cygne.

    jf.

    PS: Il est vrai qu’en 1981 la Droite avait prédit que « l’expérience socialiste » ne durerait pas six mois….

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