Présidentielles.


Dans un dernier sursaut de curiosité, je regardais, hier soir, l’émission de France 2 « Des Paroles et des Actes », espérant secrètement y trouver une ou deux raisons de continuer à m’intéresser à cette campagne électorale, la plus médiocre, la plus décevante de toutes celles aux quelles j’ai pu assister depuis que j’éprouve un certain intérêt pour la chose publique.

Sans doute, n’aurais-je pas dû consacrer une partie de l’après-midi à la lecture de la Presse étrangère, et en particulier de la Presse espagnole, qui porte sur ces élections un regard à la fois sévère, incrédule et ahuri.

Car il est vrai que nous donnons au monde le spectacle d’un pays où tout sens des réalités a disparu, où des pulsions totalement irrationnelles se sont emparées du corps électoral, au point de faire ressurgir des concepts idéologiques que la plupart des états avancés ont, depuis longtemps rangé au placard des idées usées par le temps et surtout par le souvenir tragique des pays où elles ont trouvé un champ d’application.

J’ai donc abordé le spectacle de cette émission, avec de lourds préjugés, et sans illusion.

 D’autant qu’il paraît que la veille, dans la même émission, le candidat Poutou, dans un élan de naïveté touchante, avait avoué que son ambition, c’était de travailler moins, et de gagner plus….

 Cela nous promettait de bons moments…Et mon pessimisme n’a pas été déçu.

 Sarkozy, dont j’ai toujours pensé qu’il ne serait battu que par lui-même, en raison de l’inadéquation de son personnage avec l’idée que se font les Français de ce que doit être le comportement du Premier personnage de l’Etat, a été conforme à lui-même. Son incapacité à défendre un bilan trop sévèrement jugé par ses adversaires le plombe lourdement.

 En outre, nous avons pu constater, « de visu », la différence de ton utilisé par les journaleux questionneurs lorsqu’ils s’adressent à lui, ne lui épargnant aucune allusion, aucune des questions soulevées par ce que, lui, considère comme des ragots, alors que s’adressant à ses adversaires, le ton est différent, la question est posée avec une « rondeur »mielleuse à la limite de la complaisance.

Ainsi, nous avons pu assister ( effectivement !!!) à l’extraordinaire numéro de Nathalie Arthaud, dans un déballement du bric à brac d’idées anarcho-révolutionnaires qu’affectionnent ( effectivement !!! ) les Trotskystes, et qui sous tendent une conception déjà vue ( effectivement !!!) de l’Etat Collectiviste et Totalitaire, dans ses pires effets sur le plan des libertés et de l’économie.( Effectivement !!!).

Avec une candeur qui fait froid dans le dos, elle nous a appris qu’elle était enseignante, mais qu’elle était capable dans son métier de professeur d’économie, de faire la part entre ses idées personnelles et les théories qu’elle doit enseigner. Vu le « tempérament » dont elle a fait preuve tout au long de son questionnement par le journalistes, j’en ai conçu quelques doutes….

Mais le « clou » de la soirée fut  le numéro de Mélenchon.

 Les sondeurs d’une opinion en pleine dérive, nous disent que 15 % de nos concitoyens infantilisés par les médias s’agenouillent, avec Mélenchon, pour adorer la résurrection de la déesse Révolution.

 Ce camelot talentueux, au bagout intarissable nous a ressorti de la naphtaline, de meeting en meeting, tout l’attirail de la bigoterie révolutionnaire : la prise de la Bastille par les sans-culotte, le CAC 40 à la lanterne, la Carmagnole et le « Temps des cerises ».

Tout y passe.

 Pour la gauche de la gauche qui adora Castro, Mélenchon exalte désormais le modèle vénézuélien Chavez. À coups de vociférations, il nous concocte un État fiction, à l’écart du reste d’un monde qu’il entend bien « mettre au pas » en commençant par les financiers. En deux coups de manches, il efface les dettes de la France, distribue l’argent qu’il n’a pas, met les riches sur la paille.

 L’Europe et l’Internationale socialiste en restent sur le cul.

La Presse espagnole n’en revient pas, à la sortie de dix ans « d’expérience social-démocrate »et de « Zapaterisme »….

Car on se dit que, si Zapatero, si Socrates, si Papandreou avaient su toutça, ils auraient appliqué le programme de la Gauche française !!! Et l’Epagne, le Portugal est la Grèce n’auraient pas connu l’humiliation d’être considérés comme des pays criblés de dettes et insolvables….

 Pour enfoncer le clou, les sondages nous apprennent que plus d’un Français sur deux, 52 %, souhaitent que François Hollande fasse alliance avec Jean-Luc Mélenchon dans la perspective du second tour de la présidentielle. 

En particulier, le Sondage LH2 réalisé pour Yahoo et diffusé vendredi indique que  « dans une perspective de rassemblement au second tour de l’élection présidentielle », 52 % des personnes interrogées souhaitent que François Hollande « fasse alliance » avec Jean-Luc Mélenchon, contre 38 % qui ne le souhaitent pas. Ils étaient 38 % à le désirer en octobre 2011, quand Jean-Luc Mélenchon était crédité de 6,5 % des voix, alors que selon la dernière enquête LH2/Yahoo! il a doublé son score depuis (13 %).

Et voici que Hollande est pressé sur sa gauche, de tenir compte des exigences de ce « partenaire » qui pointe d’un doigt menaçant les tentatives du Président préssenti par les sondages, de lui faire « le coup de la savonnette » et d’échapper à la pression populaire canalisée par Mélenchon.

Tout cela nous promet une alternance pleine de surprises et de rebondissements. 

Ce psychodrame entraîne la France, dans un tourbillon surréaliste, et dans un univers où nous serions seuls au monde, où nos dettes compteraient pour du beurre, grâce à la force de caractère d’un Hollande, qui se prépare à « dompter les marchés »et à la force du verbe de ses alliés pour qui la crise, n’a existé que dans la cervelle de Sarkozy.

Et je me dis que la France a peut-être besoin de faire une bonne cure de socialisme, et de descendre au fond du trou, sous la conduite d’un clone de Mitterrand, pour trouver, enfin, sa vraie place dans le « nouvel état du monde », celle d’un pays qui ayant renoncé à l’effort nécessaire à son redressement, et ayant abdiqué toute souveraineté, serait livrée, par une génération de politiciens sans envergure, à la déchéance et à la ruine.  

2 réflexions au sujet de « Présidentielles. »

  1. berdepas Auteur de l’article

    @Jacques:
    En effet, le « portrait » de Sarko a « sauté » lors de la mise en page de ce billet.Je répare !!!
    Mais, franchement ??? C’est tout ce que vous avez-pu émettre comme commentaire sur le thème de cette élection ??? ça vole bas à gauche….

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  2. Jacques

    Tiens, vous n’avez donc pas trouvé de belle caricature pour votre paragraphe sur M. Sarkozy ????
    Etonnant, non ????
    Quant à Mélenchon, quelques soient certains « sondages », les choses sont très claires:
    « Hollande ne veut pas négocier avec Mélenchon dans l’entre-deux tours »
    Comme c’est L’Express qui le rapporte, nul doute que cette « petite phrase » remportera le concours que vous affectionnez tant….

    jf.

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