Intégration…


Je lis toujours avec beaucoup d’intérêt, El Watan, le quotidien algérien de langue française, qui m’apporte les nouvelles de « là-bas », ce qui fait que je sais ce qui se passe en Algérie, comme si j’y étais, et que je continue à suivre les débats, sur les sujets qui préoccupent les Algériens.

Je suis toujours surpris de la place que la vie en France, et tout particulièrement la vie politique, occupe dans les informations diffusées par ce quotidien. L’Algérie ne fait plus partie de la France, certes, mais mentalement, les Algériens, après plus d’un demi-siècle, n’ont pas complètement rompu le lien, tant sur le plan affectif que sur le plan intellectuel.

Au fond, ce qui se passe en France, dans tous les domaines, préoccupe énormément les Algériens, alors que les Français sont de plus en plus indifférents à ce qui se passe en Algérie. A tort, selon moi.

Le lien ci-dessous, renvoie à un article dans lequel, une « Franco-Algérienne »,- pourquoi ne pas dire une « Algéro-Française » ???-, Philosophe de son état, se plaint du manque d’intérêt que ses travaux ont suscité en France où « elle ne s’est jamais sentie chez elle », et de l’indifférence de « la classe intellectuelle »de notre pays à l’égard des écrivains algériens et d’une manière plus générale à l’égard de toute production intellectuelle « d’origine algérienne ».

 http://www.elwatan.com/hebdo/france/en-france-je-ne-me-suis-jamais-sentie-chez-moi-11-04-2012-166389_155.php

La déception et l’amertume qui ressortent de son propos sont compréhensibles. Mais on a envie de lui répondre que si elle ne s’est jamais sentie chez elle en France, c’est sans doute parce qu’elle se sent, selon son propre aveu, plus Algérienne que Française.

Car c’est bien là, le fond du problème que beaucoup de Maghrébins issus de l’immigration rencontrent.

Nombreux sont ceux qui ont adopté un mode de vie « à la française », tout en conservant leurs pratiques religieuses dans leur vie privée, et qui sont parfaitement intégrés en France.

Le problème est identique en Belgique. J’aurai l’occasion d’y revenir.

Ceux qui se heurtent à certaines difficultés, sont ceux qui considèrent déjà la France comme un pays conquis, avec la complicité de nombreux « Français de souche », et qui voudraient vivre leur vie en France, comme s’ils étaient encore en Algérie.

 

Je ne parle pas évidemment, des voyous, qui eux se sentent traqués pour leur « faciès », en raison de comportements qu’ils n’auraient pas le loisir d’exprimer dans leur pays d’origine, où la Police ne se gène pas pour utiliser des méthodes qu’ils se plaisent à dénoncer en France pour leur brutalité.

Quand on ne veut pas être montrés du doigt, on évite d’attirer l’attention sur soi :

http://www.elwatan.com/hebdo/france/ces-etrangers-qu-on-montre-du-doigt-04-04-2012-165455_155.php

Il m’est arrivé de faire sur certains articles d’El Watan traitant de ces questions, des commentaires dans lesquels j’évoquais des circonstances dans lesquelles l’Algérie, et les Algériens n’avaient pas un comportement exemplaire à l’égard de ceux qui essaient de vivre sur leur sol : les relations, souvent évoquées dans El Watan, entre les Algériens et les Chinois venus travailler en Algérie, en sont une illustration. Bien entendu, mes « commentaires » ont été, à chaque fois « modérés »….

Je citais, ainsi, en exemple, la place qu’occupe dans les Institution Françaises, certains citoyens d’origine algérienne, alors que je ne sache pas que l’Algérie ait fait preuve d’une particulière ouverture dans ce domaine, à des Algériens de fraîche adoption….

Le cas de Mme BARIZA  KHIARI, Vice-Présidente Socialiste du Sénat Français, qui a la double nationalité « Franco-Algérienne », et dont tous les propos et tous les écrits démontrent qu’elle est restée algérienne de cœur, est significatif…et l’on pourrait citer de nombreux exemples de réussite chez les Algériens désirant s’intégrer au peuple français.

D’ailleurs, l’auteur de l’article visé par le lien ci-dessus, exprime l’opinion de beaucoup d’Algériens, qui se considèrent comme parfaitement intégrés, comme le montrent des enquêtes américaines qui soulignent (je cite) :

« ….la qualité du modèle français d’intégration laïque qui prône la tolérance, à l’inverse des préjugés anglo-saxons». Le deuxième point concerne l’islamisation de la jeunesse… Une enquête TeO (Trajectoires et origines), de l’Ined et l’Insee, montre que «le sentiment d’appartenance à la nation progressait fortement chez les immigrés arrivés jeunes en France, et plus encore dans la seconde génération. S’ils éprouvent le sentiment d’appartenir à une minorité, ce n’est pas, dans leur immense majorité, par repli identitaire, mais parce qu’ils ressentent vivement le fait d’être désignés comme tels».

On ne peut donc pas affirmer une chose et son contraire, et ceux qui se sentent désignés comme « appartenant à une minorité » sont souvent ceux qui se comportent de manière agressive, quelquefois insultante, et dont l’accoutrement, casquette à l’envers, survêtements « tombés du camion », chaussures Addidas sur les quels le pantalon tombe en accordéon est tellement provoquant qu’il devient un élément d’auto-stigmatisation quasi folklorique….sans parler d’un « parler » dont les accents et les tournures de phrases ressemblent plus au « charabia » des « rappeurs » qu’à une forme d’expression intelligible par le plus grand nombre…. 

Et pour répondre à notre « philosophe » algérienne, je dirai que l’on peut difficilement se sentir chez soi, et se sentir aimé, dans un pays que l’on aime pas…..

Et j’ajouterai que personne ne l’oblige à vivre dans un pays qu’elle n’aime pas….