Prise de la Bastille…


En avance sur le calendrier révolutionnaire, le « Super-Marchais » de la Gauche de la Gauche est « monté au Front » comme on disait en 1914, et il est parti, hier, à la conquête de la Bastille.

Tout comme le Don Quichote de Cervantès qui partait à l’assaut des moulins, Mélenchon s’est lancé dans une opération de « conquête révolutionnaire » des symbôles…

Je ne conteste pas la force de la gouaille, ni le talent oratoire de Mélenchon, mais je crois que tout comme ses « ancêtres » révolutionnaires, il risque fort de se heurter aux murs de la forteresse des illusions…

La propagande révolutionnaire, dans laquelle s’illustrèrent des journaleux comme Jacques Hébert, qui dirigeait le Père Duchesne, une sorte de pamphlet périodique, à l’image du « Canard Enchaîné » qui deviendra l’organe officiel des « sans-culottes », avait réussi à persuader « le peuple » que la Bastille renfermait un grand nombre de victimes de l’arbitraire royal, qui par « lettres de cachet » pouvait « embastiller », sans aucune forme de procès, ses opposants…..

Lorsqu’en 1789, en ce jour de 14 Juillet qui restera dans l’Histoire, les révolutionnaires décident de « prendre la Bastille », pour libérer toutes les « victimes » d’une « royauté absolue », qui à coup de « lettres de cachet » pouvait « embastiller » ses « sujets », ils découvrent après des heures de combat meurtrier, leur désillusion. ( François Furet, Denis Richet « La Révolution française ». Pluriel).

cf. Wikipedia:

 « On dut se rendre à l’évidence lors de sa chute, le 14 juillet 1789 : elle ne comptait que sept prisonniers[1] : quatre faussaires, dont le procès était en cours d’instruction ; deux fous, Auguste Tavernier et de White ; un noble, criminel, enfermé à la demande de sa famille, le comte de Solages. Les autres prisonniers, comme le marquis de Sade, avaient été transférés ailleurs peu avant. »

« Après la prise de la Bastille, des auteurs inventèrent de toutes pièces des supplices qu’auraient subis les détenus. Une vieille armure, et une imprimerie, furent présentées comme des instruments de torture. On retrouva des squelettes dans le remblai d’un bastion, et on prétendit qu’il s’agissait de ceux des victimes de la tyrannie. »

« La légende raconte aussi que les révolutionnaires auraient trouvé le squelette du célèbre « Homme au masque de fer ». « Quasi vide sans doute, mais surchargée : surchargée de la longue histoire entretenue entre la monarchie et sa justice ». »

« L’imagerie révolutionnaire, notamment par des gravures, a largement contribué à entretenir le mythe d’une Bastille abritant des cachots où pourrissaient les victimes de la monarchie. »

« En fait, la Bastille avait perdu pour partie sa fonction de prison d’État qu’elle avait gardée pendant les siècles de la monarchie absolue, où furent emprisonnés sans jugement les adversaires ou désignés comme tel du monarque ou d’autres grands personnages. La Bastille était le symbole de la tyrannie monarchique. Elle était aussi la forteresse dominant Paris, en particulier le populaire faubourg Saint-Antoine, et dont l’ombre rappelait l’usage que pouvait en faire le pouvoir en période de troubles. »( Fin de citation).

Mélenchon me fait irrésistiblement penser à, Henri, ce personnage d’un roman de Chistophe DONNER qui raconte le triste destin du « Roi sans lendemain », le Dauphin de Louis XVI, que les révolutionnaires traiteront de manière indigne en laissant mourir cet enfant malade dans les géoles de la République. 

Je le cite:

 » Henri avait adoré la Révolution, comme d’autres la conquête spatiale ou le football. Jusqu’à l’âge de treize ou quatorze ans, il n’avait ambitionné qu’une chose, devenir le chef de la révolution, la conduire jusqu’au sommet des sentiers escarpés du marxisme, du léninisme, du bolchevisme dont il connaissait finalement l’essentiel: les chansons ».( Christophe Donner. Un Roi sans Lendemain ». Grasset.Page 21.) Fin de citation.

 Mélenchon à la conquête de la Bastille ? L’homme qui considère que Castro n’était pas un dictateur, qui justifie l’invasion du Tibet par la Chine de Mao et la destruction de la culture tibétaine pour ne plus voir ces « moines à chapeaux pointus (sic) », qui admire Hugo Chavez et regrette les bonnes vieilles républiques soviétiques, c’est presque, pour moi, un personnage de roman. 

Les électeurs de Mélenchon sont, en général, des « pros » de la manif et « des luttes ». Leur talent pour organiser une « manif » est impressionnant.

Mais c’est un trompe-l’oeil, un double trompe l’oeil, parce que ces « révolutionnaires » nostalgiques de l’Union Soviétique qui ressortent les vieilles rengaines du Parti Communiste, rejoindront gentiment François Hollande, au second tour pour que celui-ci fasse la politique autorisée par les Agences de notation, avec l’absolution de  Merkel et de la Commission Européenne !

Car laissons élire « l’autre Matamore » qu’est Hollande, et, très vite on constatera que toutes ces rodomontades ne serviront qu’à créer l’illusion. Très vite ces « révolutionnaires en peau de lapin » se heurteront à la force des réalités.

Car la révolution, la vraie, celle qui est entrain de changer l’état du monde, elle a lieu dans les pays qui par la souffrance, par le travail, par l’orgueil, ambitionnent d’accéder au bien être, mais avec lui, à la puissance que confèrent la taille, les ressources immenses, la démographie, la flexibilité,la rage de vivre et dont il faudra bien affronter la volonté de conquête….

Michel Rocard avait coutume de dire « les faits sont têtus ». Mitterrand arrivé au pouvoir en faisant croire au peuple qu’il était celui qui allait « changer la vie », a dû bien vite déchanter.

« Ah!!! ça ira, ça ira », on pendra les riches à la lanterne, ah, ça ira, ça ira….etc.

Car, qu’adviendra-t-il de la France, lorsque tous « les riches », devenus des « citoyens du Monde », – un « Monde sans Frontières »-, l’auront quittée, et qu’elle ne sera plus que le refuge de « toute la misère du monde » ???

3 réflexions au sujet de « Prise de la Bastille… »

  1. berdepas Auteur de l’article

    Reconnaître le talent oratoire de Mélenchon ne signifie pas pour autant que l’on partage ses idées.
    Elle sont à l’opposé des miennes.
    Quand aux propos qu’il suscite, ils sont représentatifs de la bienveillance qui accompagne toutes les gesticulations d’une Gauche extrême, ringarde, qui n’est jamais sortie du XIXème siècle,au sein de laquelle bougent encore les derniers Trotskystes de la planète, et ceux qui ont soutenu le Pacte Germano soviétique avant de se parer des habits de la résistance, qui ont occulté les goulags, ce qui ne les a pas empêché de joindre leur voix à celle de ceux qui dénonçaient les camps de la mort, ceux qui ont combattu, parfois les armes à la main, la France coloniale, en feignant d’ignorer que l’Empire soviétique fut le plus grand empire colonial de la planète, avant de s’effondrer sous le souffle du « vent de l’Histoire », qui n’était pourtant censé souffler que dans un sens….
    Cette Gauche là, a toujours échappé à la « diabolisation », et elle serait bien capable de nous refaire le coup de la « démocratie populaire », si l’opportunité s’en présentait, et si les « apparatchiks » qui sommeillent chez beaucoup de communistes pouvaient entrevoir la possibilité de « lendemains qui chantent »….pour eux, mais pas pour le Peuple.
    Heureusement pour nous, les Français qui ont appris l’Histoire, connaissent déjà la chanson.

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  2. llopis andré

    le commentaire est bien construit,et la formule chinoise vaut ce qu’elle vaut à savoir « quand les riches maigrissent les pauvres meurent.J’ai été à cuba,j’ai vu et j’ai compris,quand à chavez c’est pareil,c’est marrant comme Mélantchatch peut faire des comparaisons et les gogos peuvent les avaler.

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  3. Jacques

    On dirait que vous ne comprenez pas bien la situation en France……:

    L’UMP continue de vanter les qualités de Jean-Luc Mélenchon pour mieux souligner les faiblesses de celui du PS, François Hollande. Le camp Sarkozy se montre bienveillant à l’égard du candidat du Front de gauche, qui a le vent en poupe, pour qu’il contribue à faire baisser le score de premier tour de M. Hollande.
    Nicolas Sarkozy avait donné le ton, dès mardi. « Je trouve que c’est un homme qui a du tempérament et qui a une forme de talent ».
    Le conseiller spécial de M. Sarkozy, Henri Guaino, a poursuivi lundi 19 mars cette entreprise de charme du camp présidentiel. « Je trouve très intéressant que M. Mélenchon soit là et fasse vivre une partie de l’échiquier politique ».
    « C’est un républicain comme moi, il croit à l’Etat, la Nation, la République. Il a des analyses souvent très intelligentes, c’est quelqu’un de très cultivé », a-t-il ajouté.
    De son côté, Jean-Pierre Raffarin a parlé de Jean-Luc Mélenchon comme quelqu’un de « respectable », dimanche, lors de l’émission « Internationales », diffusée sur TV5-Monde.

    jf.

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