Notes de campagne.


Qui croirait, en écoutant les candidats, que nous sommes au bord de la récession et de la faillite  ?

A-t-on entendu l’un ou l’autre d’entre eux permettre aux Français de prendre l’exacte mesure de cette situation ?

Sans doute parceque ce diagnostic renvoie aux responsabilités passées des deux camps, droite et gauche, réunis dans la même irresponsabilité, et la même fuite en avant, pendant des décades….. 

On s’étonne que Nicolas Sarkozy soit si discret sur ce chapitre, alors que depuis trois ans il a contribué, non sans efficacité, à conjurer les périls par une action efficace au niveau européen, où il a joué avec Angela Merkel, un rôle majeur dans l’affrontement des convulsions financières qui secouent le monde.

Pourquoi négliger de faire un peu de pédagogie, pour permettre aux Français de prendre la vraie mesure des périls qui sont devant nous, même si l’Euro semble traverser une période d’accalmie ??? 

Sarkozy semble résigné à laisser sans réagir la gauche, le centre et l’extrême droite dauber sur sa soumission à Angela Merkel.

Certes, il peut ignorer les foucades de Marine Le Pen, ou les gesticulations d’un Mélenchon qui nous fait du Georges Marchais, avec, en plus, le talent d’un harangueur d’estrade. Du « super-Marchais », quoi !!!

Mais pourquoi n’avoir pas dénoncé avec plus de vigueur la lâcheté de François Hollande lorsque celui-ci a invité ses députés à s’abstenir lors du vote sur le Mécanisme européen de stabilité (MES) ? Comment s’étonner dans ces conditions que des électeurs peu informés, mais qui ne demandent qu’à l’être, jugent cette campagne pauvre, terne et décevante ? C’est donner des aliments à leur désarroi.

Car sur quoi les électeurs hésitants peuvent-ils s’appuyer pour affermir leurs convictions et faire un choix entre les candidats, si ces derniers esquivent l’analyse et la réponse à des questions vitales pour l’avenir de la France en tant qu’Etat souverain, et maître de son destin ? Et sur celui de l’Europe, dont la fragilité s’est révélée à l’occasion de la crise de l’Euro ??? 

On sait ce qu’il en est de la querelle autour du bilan de Sarkozy .

Que ce bilan soit décevant en raison de ses lacunes ( peut-être inachevé tout simplement ???), mais aussi de ses erreurs, cela ne fait pas de doute.. On n’attendait pas de Hollande et de ses partisans qu’ils se montrent objectifs sur le sujet.

 Dans un précédent billet, j’ai voulu démontrer que, même si ce bilan comporte des aspects critiquables, il était injuste de le considérer comme négligeable et de le balayer d’un revers de main.

Faute d’aborder les vrais problèmes, faute d’évoquer les vraies menaces qui pèsent sur le pays, faute d’évoquer la France face au « nouvel état du monde », mais faute d’évoquer également les opportunités que la crise actuelle est susceptible de créer, pour les pays dynamiques, inventifs et combatifs, les pays que ne paralyse pas la « peur du grand large », cette élection risque de se jouer sur « l’image » des candidats. 

L’image des candidats ? C’est un leurre, on le sait, et un leurre redoutable.

Le pilonnage que la Gauche a imposé à Sarkozy en prenant appui sur ses erreurs de comportement a sensiblement écorné son image, et il est clair que le déficit de sympathie dont il souffre sera exploité jusqu’à la corde par ses adversaires politiques. Pour masquer le vide des idées, et la confusion créée par une extrême Gauche qui entend bien peser sur le candidat Hollande.

Je lisais ce matin même un article dans la Presse étrangère qui s’étonnait que la France soit le seul pays d’Europe où des « trotskystes »soient encore aussi nombreux et aussi présents dans une compétition présidentielle…. 

Or, si le Président sortant ne mérite pas l’opprobre dont on essaie de le couvrir,  son adversaire principal a l’avantage de bénéficier d’une « image neuve », celle de celui qui n’a jamais rempli une fonction exposée,et qui même sous Mitterrand n’a jamais occupé aucune responsabilité ministérielle, et qui, en tant que parlementaire, n’a jamais été qu’un personnage assez terne.

François Hollande a fait une longue carrière d’aparatchik.

Longue,… parce que son sens de la « manoeuvre », son goût pour le compromis, sa faculté de « synthèse »,- comme on dit chez les socialistes -, lui a permis de se maintenir à la tête du Parti Socialiste, qui est resté, « grâce à lui », un parti ringard, un peu à l’écart des Sociaux Démocrates européens, parmi lesquels il ne joue aucun rôle de leadership, et se trouve relativement isolé. 

Ses caractéristiques de personnalité émergent dans le débat présidentiel, où il joue le rôle du « candidat-savonnette », lisse, insaisissable, inconstant et superficiel.

A lui, au moins, les médias ne pourront pas faire le reproche d’être un candidat « clivant ». Ne comptez pas sur lui pour shooter un journaleux qui pour faire le malin devant ses collègues, s’aventurera à lui poser une question débile. Son principal talent, c’est de ne jamais contrarier personne…

Mais là n’est pas l’essentiel. Car une élection présidentielle ne doit pas se  jouer sur des apparences, des postures, des côtes d’amour, ou des élans de sympathie…. 

 Le choix populaire n’a de sens, dans une vraie démocratie, que s’il s’opère sur des critères de fond et non sur des considérations de  forme. Une élection présidentielle n’est pas un concours de séduction, même si elle consacre « la rencontre entre un homme (ou une femme ) avec le peuple français….

Le choix des électeurs doit-il s’appuyer sur les sondages ?

La presse en abuse, au point que jamais leur fiabilité ne fut plus relative, tant ils ont actuellement du mal à « accorder leurs violons ». Signe du désarroi de l’opinion, puisqu’ils en sont le miroir.

Doit-il s’appuyer sur la télévision ? 

Elle nous offre un bien médiocre tableau. Mais qui incriminer, sinon les acteurs ? À une réserve près : est-il nécessaire d’organiser des happenings dans le seul souci du spectacle, et de capter « l’audience » ? Lorsqu’on oppose, par exemple, Le Pen et Mélenchon, on sait à l’avance que le débat démocratique en fera les frais.

Sans parler des émissions qui sapent, en permanence, l’image des politiques: Guignols de l’info, le Petit Journal, le Grand Journal, où,  Nathalie Kosciuzko-Morizet et Najat Vallaud-Belkacem ont dû répondre aux questions insignifiantes d’Ariane Massenet sur la féminité de Hollande et Sarkozy… Consternant. 

Il reste deux mois avant l’issue de cet affrontement capital.

Si les candidats ne haussent pas le niveau des débats, en permettant aux électeurs de prendre la mesure des épreuves qui s’annoncent, s’ils persistent à réduire le débat au mépris de l’adversaire et à l’invective, s’ils ne cessent de s’adresser à leurs militants pour s’adresser, enfin, au peuple, celui qui estime que sa parole est confisquée, et que personne, parmi tous les candidats ne s’exprime réellement en son nom, le risque est grand de concéder la victoire aux abstentionnistes, à moins que la protestation de citoyens ne s’exprime à travers un vote aux extrêmes….

Et alors la France ira dans le mur.

Car les Français, quoi qu’on leur promette, ne feront pas l’économie d’une cure d’austérité. Quand à « la relance », elle ne pourra être envisagée et réussir, qu’en repartant d’un bon pied et sur des bases saines.

C’est ce qu’ont fait, bien avant nous, l’Allemagne, les Pays Bas, ou l’Irlande, ce qu’a entrepris l’Italie, ou ce qui attend l’Espagne si durement frappée par la crise…..(ou par huit ans de socialisme???).  

5 réflexions au sujet de « Notes de campagne. »

  1. Jacques

    Vous écriviez, pas plus tard que le 9 mars dernier:
    « Sarkozy devrait venir, de temps à autres, chercher l’inspiration sur ce blog !!! »

    On dirait, si j’en crois « Le Figaro », que vous voilà exaucé:
    « Sarkozy : les exilés fiscaux paieront des impôts pour rester Français ».

    Il ne vous reste plus qu’à voter Hollande puisque, toujours selon « Le Figaro » :
    « Exilés fiscaux : Hollande étrille Sarkozy »

    jf.

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