Echec au Roi.


« Sarko l’obstiné »

Sarkozy sera battu, non par « la classe » de ses adversaires, ni par la consistance de leurs programmes….mais, par lui-même !!!

L’affaire du « Triple A » n’est pas la goutte d’eau qui fait déborder le vase des échecs de Sarkozy. Car le vase a débordé depuis longtemps.

Certes, ses adversaires, et parmi eux tous ceux qui lui vouent une haine quasi « physique et viscérale », cherchent à l’accabler en lui faisant porter le chapeau de « la mauvaise note » attribuée à « la France des cancres ». Pour tenter de faire oublier que la plupart d’entre eux avaient commencé depuis de nombreuses années à fossoyer « le trou » dans lequel elle est enlisée aujourd’hui.

Il n’en reste pas moins que ce « trou », Sarkozy n’a fait que l’approfondir.

 Certes, « la crise » est passée par là. Mais elle ne suffit pas à tout expliquer.

Comme le démontre, chiffres et documents à l’appui, le Livre de Mélanie Delattre et Emmanuel Lévy, « Un quinquennat à 500 Milliards », les errements, les mauvais choix, les dépenses de prestige ont considérablement « alourdi la mule », annulant ainsi, les effets bénéfiques de quelques mesures symboliques de réductions budgétaires, tel que le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux.

Mais les raisons de la défaite probable de Sarkozy sont à rechercher ailleurs.

Elles reposent essentiellement sur l’image qu’il a donnée de sa personnalité, image qui s’est répercutée sur sa manière d’exercer la fonction présidentielle.

Car, en France, on ne « désacralise » pas impunément la fonction présidentielle, qui dépasse celui qui l’occupe, parcequ’elle est une véritable « institution ».

Certes, l’Histoire jugera. Et avec le recul des années, la silhouette de ce Président, encore confuse dans la perception de nos concitoyens, se précisera, à la lumière de la trace que laissera son successeur….

L’Histoire dira si Sarkozy aura été un Président-courage, un Président lucide, un Président efficace, et surtout, un Président qui aura fait honneur à sa fonction et à la France.

Car il est indéniable que ce Président ait tenté de faire « bouger les lignes » d’une France assoupie, endormie par un Jacques Chirac en fin de règne, dont la seule préoccupation était devenue de durer, alors que les conditions dans lesquelles il avait été élu, face à Jean-Marie LePen, lui offrait l’occasion de s’attaquer aux réformes indispensables dont la France avait besoin, en s’appuyant sur le consensus et la légitimité que lui conféraient son score électoral.

Sarkozy a ouvert un nombre impressionnant de chantiers qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait osé affronter.

Il s’est attaqué au marché de l’emploi, à la représentativité syndicale, au regroupement de Pôle emploi et des Assedic, à la réforme (partielle) du système judiciaire et à la carte des tribunaux, à la formation professionnelle, à l’âge de départ à la retraite, et même aux régimes spéciaux de retraite (tout juste écornés, cependant), à la réforme de l’Administration Fiscale toute puissante, ainsi qu’à la réforme des Universités dont l’autonomie nouvellement acquise devient une source de dynamisation déjà perceptible.

Il a ouvert, en quatre ans, beaucoup plus de chantiers que ses prédécésseurs n’en avaient ouvert en plusieurs septennats.

Mais le sentiment qui se dégage de son action, est un sentiment confus.

Sans doute parce que le travail de pédagogie nécessaire pour accompagner toute réforme en profondeur, n’a pas été réalisé correctement, et surtout parce que chacune de ces réformes a été accompagnée par un vacarme de contestations et de protestations d’une opposition revencharde qui pendant les cinq années de ce quinquennat finissant n’aura fait que de l’obstruction frontale, de la critique systématique et destructrice, s’opposant à toute réforme structurelle, et n’hésitant pas à accompagner, ou à laisser accompagner ses critiques par des attaques « ad hominem », comme peu de Président n’en avaient connu jusqu’ici.

La violence des attaques a été à la mesure de la peur suscitée, à Gauche, par son volontarisme et sa détermination.

Les attaques violentes subies par Sarkozy, ont été alimentées par une Presse noyautée par les sous-marins trostkystes, et qui au lendemain de son élection nous avait enfumés, en sonnant le tocsin, et en laissant croire que les médias étaient passés sous la coupe du nouveau Président.

Ces attaques n’étaient pas toutes justifiées. Mais toutes n’étaient pas injustifiées, non plus.

Les plus percutantes on été celles qui pointaient du doigt certains aspects de sa personnalité qui dérangeaient les Français.

Car ce peuple régicide, on le sait maintenant, a la nostalgie des « souverains ».

Celui qui a su le mieux s’identifier au modèle que préfèrent les Français, c’est François Mitterrand, qui pendant toute la durée de son « règne » a su camper le personnage d’un « monarque républicain », traitant avec hauteur ses adversaires, et fustigeant chacun de ceux qui, dans le petit monde des « journaleux » osaient lui poser les « questions qui tuent »….

Cela, Sarkozy n’a pas su le faire. Ses « casse-toi pôv’ con » et autres maladresses du même gabarit, lui ont coûté très cher. De même que ses familiarités d’un goût douteux, avec des personnages de la scène politique internationale.

Il a commis, dés le début de son quinquennat, des erreurs qui lui ont fait perdre beaucoup de soutiens dans l’opinion de Droite. Car cette opinion existe et son poids ne fait que s’accroître, en France, n’en déplaise à ceux qui ont fait des « idées de Gauche » leur catéchisme.

Ses velléités d’ouverture à Gauche, en tentant de « débaucher » quelques personnages emblématiques du camp adverse, se sont traduites par des échecs, mais ont contribué, en outre à desservir son image auprès de ceux qui pensaient avoir élu, et bien élu, enfin, un vrai Président de Droite.

Un Président capable de mettre en application une vraie politique de Droite, ( car Chirac n’a jamais été un Président de Droite, seulement un faux-cul que la Gauche , d’alleurs vénère aujourd’hui ).

Les électeurs de Sarkozy pensaient avoir élu, enfin, un Président capable de s’attaquer à tous les privilèges consentis au cours des trente dernières année à une clientèle d’assistanat, aux « droits acquis » de toutes sortes et non assortis de « devoirs », à la réforme d’un « modèle social » dont la charge était devenue exorbitante, et en revalorisant le travail, l’effort et le mérite de moins en moins récompensés dans une société devenue « hyper-égalitaire ».

De même pour le bilan de son action, face à la vague envahissante de l’immigration, et à la dégradation de la sécurité des Français, et le développement d’une délinquance éthnique, agressive et de plus en plus criminelle.

De même ses velléités de « rupture » en matière de politique étrangère n’ont pas convaincu.

Le sommet de l’erreur a été commis lors de la réception officielle, à Paris du Dictateur Kadafi. Ses hésitations devant les soulèvements populaires baptisés « Printemps Arabe » par quelques « zozos »,avant de « lâcher » les Ben Ali et autres Moubarak, les fautes commises par la Ministre des Affaires étrangères de l’époque, ont sérieusement terni le bilan de son action, même si, avec beaucoup d’intelligence, et même une certaine classe,  Alain Juppé s’efforce de « remonter la pente ».

La décision de rejoindre les rangs de l’OTAN, même si elle se justifie partiellement, n’a pas été payée de retour, notamment aux Etats Unis où la France reste considérée, malgré ses efforts, comme une alliée peu fiable.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce qu’aura été le quinquennat de Sarkozy.

Celui ci aura été contraint de faire face à une double crise, sans précédent depuis celle des années trente.Il aura tenté de faire entendre la voix de la France dans toutes les confrontations internationales engendrées par ces crises.

Mais il n’est pas certain, qu’au moment de mettre leur bulletin dans l’urne, la Français lui en sauront gré.

Car, cela fait partie des aspirations profondes de ce peuple, qui n’a jamais été tendre pour ceux qui l’ont gouverné : les Français sont attachés à ce que ceux qui les gouvernent leur donnent, d’eux-mêmes, une image valorisante. Ce qui n’a pas été le cas de Sarkozy qui a cru, avec un certain détachement, et avec parfois, une certaine vulgarité, pouvoir s’affranchir de cette exigence.

Pour tout cela, s’il perd la prochaine élection présidentielle, il ne pourra s’en prendre qu’à lui-même.  

2 réflexions au sujet de « Echec au Roi. »

  1. berdepas Auteur de l’article

    Mes critiques concernaient probablement des assauts d’anti-sarkozysme primaire, comme celles que j’ai souvent combattu sur le net, car je les trouvais souvent injustes et excessives. Mais je ne l’ai moi-même jamais épargné, chaque fois que ses gesticulations le faisaient ressembler à sa propre caricature. Je pense que les réformes qu’il a engagées étaient nécessaires même si elles sont très largement insuffisantes pour replacer la France à un niveau de compétitivité convenable et correspondant à ses capacités.Mais il s’est arrêté en chemin dans de nombreux domaines. Son successeur, quel qu’il soit aura fort à faire….

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  2. Jacques

    Eh bien je dois dire que je n’aurais sûrement pas réussi à écrire un réquisitoire aussi brillant et aussi percutant.
    Il est vrai que tout au long de ce quinquennat finissant, j’ai largement critiqué nombre de faits et gestes que vous relevez ci-dessus.
    M’attirant des critiques acerbes, notamment de votre part……
    Et pourtant, je me suis toujours attaché à rester dans le domaine des idées sans jamais me livrer à des « attaques ad hominen ».

    Quoiqu’il en soit, votre constat ci-dessus est particulièrement lucide. Soyez-en félicité.

    jf.

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