Délinquance syndicale.


 Les « patrons voyous » sont souvent dénoncés, à juste titre, dans la période de crise que nous traversons.

Mais s’il existe une « délinquance en cols blancs » qui fait régulièrement « la Une » de certains médias, il est rare que la Presse s’intéresse à la « délinquance en bleu de chauffe », peu connue, car bien souvent occultée, par souci de ne pas « désespérer Billancourt » ( c’est une image ).

L’actualité vient de placer sous la lumière, une affaire significative.

Après les nombreuses irrégularités dénoncées par la Cour des Comptes au sein de Comités d’Entreprises, à EDF, à la SNCF, à la RATP, où des comportements de syndicalistes, devenus intouchables au sein de leur entreprise et abusant des protections légales dont ils bénéficient, ont été soupçonnés de malversations diverses portant sur des sommes considérables.

Après les abus de pouvoir exercés par des représentants syndicaux sur du personnel placé sous leur « protection » qui ont dégénéré en viols et abus sexuels, voici ce que l’on apprend à la lecture de Libération, un journal peu suspect de parti pris anti-syndical :

 http://www.liberation.fr/economie/01012381655-seafrance-les-derives-de-la-cfdt

On comprend mieux à la lecture de cet article, comment on a abouti à la menace de mise en liquidation judiciaire de cette Compagnie de Navigation, qui n’est pas la première à avoir été « sabordée » par son personnel syndiqué.

Une cogestion contestable entre les dirigeants de l’entreprise et le syndicat majoritaire tout puissant, des soupçons de «vol» ayant donné lieu à plusieurs plaintes pour « abus de confiance » restées sans suite, une gestion du Comité d’Entreprise obscure, des violences et des menaces de mort, toute la gamme des comportements de voyous a été déployée au sein  de cette compagnie de navigation.

Quand au Journal du Dimanche, il est encore plus catégorique :

http://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/SeaFrance-Des-annees-de-gratte-mafieuse-447046/

je cite :

« Alors que la société de ferries SeaFrance se rapproche de la liquidation judiciaire, les langues se délient et évoquent des pratiques illégales instaurées depuis toujours. « L’omerta est en train de voler en éclats », résume un des dirigeants du port. Pointant les bateaux SeaFrance à quai, il n’hésite pas à décrire l’existence d’un « système mafieux très sophistiqué ». Si Didier Cappelle et Éric Vercourtre, deux piliers CFDT du comité d’entreprise de SeaFrance, sont considérés comme les cerveaux, ils n’étaient pas seuls. »

Plus loin:

« En 2009, un audit avait révélé des « manques dans les ventes » pour environ 3 millions d’euros par an. « C’était un sujet structurel, sur plusieurs années, qui concernait les cigarettes, l’alcool et les parfums », souligne Lionel Gotlib, commissaire aux comptes chez Mazars. Après une plainte de la direction, le parquet de Lille a ouvert une enquête pour « vol en bande organisée » dont l’issue ne devrait pas tarder. Sur les docks de Calais, personne n’est surpris de ces révélations. Sauf les salariés… CFDT. »

Ainsi, la CFDT contrôlait tous les postes « stratégiques », ceux qui permettaient de se remplir les poches : « Les serveurs, les personnels de boutiques et des restaurants étaient protégés par la CFDT », explique Daniel Cholley qui a été le médiateur de SeaFrance lors du plan social en 2010. La technique consistait à ne pas enregistrer en caisse la vente d’un produit et à récupérer l’argent. »

« Installé à la cafétéria du terminal qui surplombe le port, un salarié à terre n’hésite pas à dénoncer ces marins qui « travaillaient à leur compte » et pouvaient toucher jusqu’à 20.000 euros par mois quand ils gagnaient 2.000 euros de salaire. À l’époque, la valeur élevée de la livre provoquait un afflux d’Anglais pour acheter les produits en euros. À la descente des bateaux, « les bureaux de change étaient pris d’assaut par les marins pour changer leurs livres », décrit Roger Lopez, ancien salarié CGT. »

Ce scandale protégé jusqu’ici par l’omerta qui recouvre tout ce qui touche au financement des activités syndicales, devrait trouver un dénouement dans les prochains jours.

Un dénouement dont il ne faut pas exclure l’éventualité d’une liquidation de l’entreprise, ruinée par les multiples excès d’humeur syndicale, par les grèves à répétition, comme l’ont été avant elle, d’autres fleurons de la navigation commerciale française.

Le « France » dut, ainsi, être revendu à une compagnie norvégienne, car les grèves multiples condamnant des passagers « haut de gamme » à poireauter sur le port du Havre, en attendant la reprise du travail par l’équipage, conjuguées à la concurrence de l’aviation commerciale pour la destination de New York, ont accéléré la cession de ce navire, qui transformé en navire de croisière a fait les beaux jours de ses acheteurs.

On se souvient de récentes circonstances dans lesquelles le port de Marseille a fait l’objet d’un blocage par la grève des grutiers, dont on appris, à cette occasion qu’ils bénéficiaient de conditions salariales et d’horaires hebdomadaires de travail exorbitants.

Nul n’ignore la régression des Ports français, dans le classement des Ports les plus actifs en Europe. Barcelone est de plus en plus préférée à Marseille, et Amsterdam au Havre…..

Dans la même veine, on se souvient des « difficultés » rencontrées par la SNCM, qui relie la France à la Corse. On avait pu lire dans Le Parisien et Le Monde, que les recettes des bars et des boutiques des bateaux de la SNCM avaient été détournées pendant des années au profit des marins mais aussi de certains syndicats, causant un grave préjudice à la Compagnie.

S’agissant de Seafrance, Michel Sardou pourra chanter à nouveau son « tube » fameux :

« Ne m’appelez plus jamais SeaFrance : c’est ma dernière volonté !!! »

Il faudra sans doute trouver un autre nom à la Compagnie Sea-« France », si elle survit à ce tsunami de révélations sulfureuses.

 

4 réflexions au sujet de « Délinquance syndicale. »

  1. Mais il ne faut pas oublier non plus la délinquance des syndicats patronaux….:
    Les affaires sur la collecte du « 1% logement » et celle pour la médecine du travail qui sont en cours « d’investigation » depuis au moins trois ans…..malgré des Rapports de la Cour des Comptes !!!!

    Le bas de laine occulte de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) – véritable état dans l’état au sein du Medef – est estimé ainsi à 1 milliard d’euros.

    jf.

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